Mois: mars 2014

BUDGET DE L’UNIVERSITE DES COMORES : L’INSTITUTION EST EN FAILLITE

BUDGET DE L’UNIVERSITE DES COMORES : L’INSTITUTION EST EN FAILLITE

 

UDC

Université des Comores

L’Université des Comores (UDC) a réuni, ce samedi 29 mars 2014, son Conseil d’Administration en vue de l’adoption de son budget 2014. Les 27 administrateurs de l’UDC se sont penchés, toute au long de la journée, à la discussion du budget 2014 après les présentations du rapport d’activités de l’année 2013 par le secrétaire général de l’institution et celui de l’exécution du budget 2013 par l’agent comptable supérieur.

Ce fut l’occasion aussi pour le président Mohamed Rachad Ibrahim de présenter les quatre nouveaux élus du Conseil : Dr Said Hassane, Dr Achmet Said Mohamed, Dr Abdou elwahab Moussa et M. Ramadhoini Djoubeir.

Quant au budget, il faut reconnaitre que la situation est alarmante. Seuls les salaires ont englouti plus de 81% du budget 2013. Et la situation va s’aggraver en 2014, puisque les prévisions font ressortir que le budget de fonctionnement représente 84,25% et la rubrique « Charges du personnel » absorbe 91,40% de recettes prévisionnelles.

Afin de tirer la sonnette d’alarme et prouver que l’université n’a aucune marge de manœuvre en matière financière, l’agent comptable n’a pas fait l’économie des mots et ceux-ci sont déversés, tel un déluge de boue : budget de récession, insuffisance d’autofinancement, goulot d’étranglement pour l’institution… Sauf que, et cela n’a pas échappé à la vigilance des nouveaux élus, aucune mesure n’a été prévue pour réduire ce déficit record qui est de l’ordre de 477 097 789 KMF. D’où l’idée, qui a émergé un moment, de renvoyer l’étude du budget sine die. Un compromis fut trouvé in extremis. On allait soumettre le budget au vote sous réserve des modifications devant réduire le déficit. C’est ainsi que le budget fut adopté avec une légère majorité de 14 voix sur 25, car sept membres du conseil l’ont rejeté et 4 autres se sont abstenus.

Le budget 2014 de l’UDC est constitué d’un budget de fonctionnement de 2 053 613 309 avec de recettes estimées à 1 730 237 724. Pour les investissements, les prévisions en dépenses s’élèvent à 1 814 570 000 avec de recettes de l’ordre de 1 599 200 585 constituées exclusivement d’aides de pays et organismes partenaires, tels le japon, le Qatar, le PNUD et le Service d’Action Culturelle de l’Ambassade de France(SCAC). L’Etat comorien verse 63 millions de subvention d’exploitation par mois sous forme de salaires. Une somme qui s’avère largement insuffisante, car pour payer le salaire mensuel de son personnel, l’université ajoute à la subvention une somme presque équivalente à celle-ci qu’elle puise sur ses fonds propres. Tout le souhait de l’administration de l’UDC est que les autorités étatiques acceptent de verser la subvention sans attendre les moments de versements de salaires des fonctionnaires pour le faire. Il faut savoir que si l’Etat n’apporte pas rapidement son concours financier à l’UDC, celle-ci risque d’appliquer la mesure qui consiste à doubler les frais d’inscription. Ce qui risque d’intensifier la grogne des étudiants, comme celle déclenchée la semaine dernière sur le campus de Nvouni.

MLIMENGU

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D’Anjouan à Mayotte : La traversée de la mort

D’Anjouan à Mayotte : La traversée de la mort   

 

Mayotte

Mayotte, une des quatre îles de l’archipel des Comores, sous administration française

Géographiquement et culturellement, Mayotte fait partie des Comores. Si la consultation de l’ensemble de l’archipel donnait une très large majorité pour « l’indépendance dans la coopération et l’amitié avec la France », une fois l’indépendance proclamée d’une manière unilatérale, un autre référendum en 1976 a changé la donne naturelle et l’ile a rejoint la France.

Les bisbilles et les palinodies des autorités comoriennes successives sur la question de Mayotte n’apportent rien aux Comoriens, en revanche,  les milliers de morts enregistrés ces dernières années abiment voire anéantissent beaucoup de familles comoriennes des iles indépendantes.

Au niveau des deux pays, les majorités politiques passent, et on continue à pratiquer la politique de l’autruche. D’une part les autorités comoriennes, depuis les années 1970 réclament rituellement, parfois à cor et à cris pour monter les enchères lors de l’Assemblée générale de l’ONU, à d’autres moments la question de Mayotte est mise au placard ; et d’autre part Paris prend acte du choix des Maorais, consolide son implantation dans l’ile et dans l’océan indien  sans être inquiétée par une diplomatie comorienne, incapable de peser à l’Onu.

L’Union des Comores peut continuer à dénoncer la présence de la France à Mayotte, mais la France n’est pas la seule nation des pays européens qui occupe une terre étrangère. Gibraltar et les Malouines sont occupés par le Royaume-Uni. Ceuta et Melilla, entités marocaines sont occupées par l’Espagne.

Sept migrants  clandestins se sont noyés dans le naufrage de la barque de pêche qui les transportait, juste en arrivant dans le lagon de Mayotte, au début du mois de févier 2014. Ce drame maorais a remis au centre du débat la question migratoire entre les autorités des deux pays. Du côté de l’ Union des Comores, c’est l’émotion, des condamnations molles sans lendemain et à Mayotte, on se justifie en disant que l’ile n’est pas une passoire et que c’est aux autorités comoriennes de dissuader leurs ressortissants de ne pas risquer leurs vies en mer. Du coup, la question de l’émigration comorienne vers Mayotte est devenue une patate chaude entre la France et les Comores.

Pourquoi les Comoriens des îles indépendantes migrent vers Mayotte ? Les gens  migrent d’abord dans l’espoir d’offrir à leurs enfants un avenir meilleur. Ce ne sont pas des considérations à court terme qui les motivent, mais des aspirations à long terme. Nous tenons à rappeler ici  qu’auparavant la circulation des hommes et des biens se faisait sans restriction jusqu’à l’instauration du  « visa Balladur » en 1995. Extrêmement difficile à obtenir, il pousse certains à entreprendre clandestinement la traversée de la mort entre Anjouan et Mayotte.

De plus, une fois avoir échappé à ce couloir de la mort, ces comoriens sont  menacés par des mouvements de xénophobie qui reviennent périodiquement à Mayotte. En réalité, Mayotte ne sera jamais une citadelle impénétrable. La maitrise souhaitable de ce flux migratoire n’exempte pas, de toute façon, la France de son devoir humanitaire. On ne dissuadera pas les migrants des îles voisines en les laissant se noyer « pour l’exemple ». cette maitrise passe sans doute moins par la contrainte que par une politique de co-développement nettement plus ambitieuse entre les deux pays.

 

Mohamed IBRAHIM  MIHIDJAY

 

La question de Mayotte et le dérapage de trop de HAMADA MADI BOLERO

La question de Mayotte et le dérapage de trop de HAMADA MADI BOLERO

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Personne ne peut soutenir le directeur de cabinet du Président de la République en cautionnant les propos séparatistes qu’il a tenus à la télévision nationale. Personne ne peut oublier la question de Mayotte quel que soit le contexte. Je ne pense pas non plus que le dérapage de trop de Boléro détournerait le combat de long haleine engagé par les Comoriens pour l’unité et l’intégrité territoriale de notre cher pays. Je pense par contre que ceux qui ont réagi y compris moi-même l’ont fait parce que les circonstances nous y obligeaient. La réflexion faite par le directeur de cabinet du président de la République demeure jusqu’ici inadmissible et inconcevable. Certains parmi les commentateurs pensent que mon précédent article était fait pour soutenir Boléro. Je crois avoir bien dit qu’il a tenu des propos séparatistes et détestables. Que l’histoire le jugera comme elle juge désormais certaines figures importantes de notre pays qui, sans faire exprès peut-être, ont eu un comportement indigne pour le poste qu’ils occupaient. Maintenant, parler de l’histoire contemporaine de notre pays, c’est simplement pour rappeler à tous nos dirigeants politiques que le rattachement de Mayotte à la France depuis 1975 est dû à un dérapage de trop fait par le Président SAÏD MOHAMED CHEIKH qui a décidé de ne plus mettre ses pieds à Mayotte pour les raisons que tout le monde connait. Cela pendant 4 ans, car depuis 1966 jusqu’à sa mort en 1970, il ne s’est pas rendu dans l’île en question. AHMED ABDALLAH ABDEREMANE, père de l’indépendance de notre jeune Etat, était prêt à faire d’Anjouan un nouvel Etat indépendant après le coup d’Etat du 3 août 1975 orchestré par le Mongozi, ALI SOILIHI MTSACHIWA. En 1997 encore, bien que les idées séparatistes existées depuis longtemps chez quelques dirigeants politiques anjouanais comme grands comoriens et mohéliens d’ailleurs ; mais les anjouanais ont avancé comme argument, « le Président MOHAMED TAKI ABDOULKARIM ne veut pas de nous, car cela fait un an en 1997 depuis qu’il est élu et il est venu à Anjouan que deux fois seulement ». Ces rappels ne peuvent servir d’armes pour Boléro comme certains le pensent. Au contraire, c’est pour lui montrer et à ceux qui pensent séparatistes, que de tels propos fragilisent l’UNION DES COMORES et peuvent réveiller les démons du séparatisme. Je l’ai bien montré également qu’au stade où notre pays se trouve, demande très rapidement de rassembleurs et non des diviseurs. Il est normal que des voix s’élèvent contre l’auteur de ces propos, et je partage leur démarche pour que cela soit clair s’agissant de ma position sur cette affaire. Seulement, j’invite certains à penser en républicains. Depuis toujours, la République Comorienne est menacée par le pouvoir traditionnel. Nous tous, le disons souvent avec fermeté via internet, sur les pages Facebook, à travers nos blogs que la mainmise des notables sur le pouvoir politique dans notre pays est démesuré. Le gouverneur de Ngazidja s’est vu contraint par les notables de réaliser son grand mariage. La tradition l’a emporté sur le pouvoir de l’île. MOUIGNI BARAKA SAÏD a effectivement fait son grand mariage pour pouvoir occuper son poste. Le président de la République lui-même s’est vu ostracisé par ces mêmes notables, et pour se faire accepter il leur a payé une somme conséquente. L’argent venait-il de la poche du Président ou bien des caisses de l’Etat ? Les notables de telle ou telle région interviennent avec force et menaces pour acquitter une personne jugée coupable et condamnée par notre justice. L’argument que ces notables avancent souvent demeure régionaliste « mwana hatru » alors qu’il a détourné de deniers publics. Je pense qu’il est temps pour nous tous, cadres, intellectuels et même les étudiants comoriens de réagir pour sauver notre nation. Donnons force à notre République au lieu de laisser des notables faire leur loi dans notre pays. Par là, je veux dire que la démarche pour faire sauter Boléro du poste qu’il occupe doit-être citoyenne. Nous pouvons, entant que peuple indigné par des propos régionalistes et séparatistes, demander la tête de toutes personnes quel que soit son statut social, sa région, son île d’origine, ou le poste qu’il occupe. En laissant les notables réagir de la sorte dans tous les domaines, cela n’avantage pas l’Etat de droit chez nous. Réagissons en optant une démarche citoyenne. Ce sera bénéfique pour les comoriens et les Comores. Supposons que les notables de Ngazidja arrivent à couper la tête de Boléro qui s’est identifié de Mohéli, et que demain, les notables d’Anjouan ou de Mohéli demandent la tête d’un tel ou tel dirigeant originaire de la Grande comore. Les notables grands-comoriens ne s’opposeront-ils pas aux notables des autres îles ? Que deviendra l’Etat comorien ? Ne nous trouverons pas pris en otage par une guerre de notables qui risquerait de plonger notre pays dans une crise sans précédente ? Restons vigilants et raisonnables. Ne renforçons pas ce qui peut être utilisé par les séparatistes pour plonger notre pays dans le chaos.

Abdounrahim Bacari

L’émigration comorienne vers l’Europe

Les migrations internationales ont pris une ampleur inégalée au XXe siècle grâce à la modernisation des moyens de transport et aux colonisations du XIXe siècle qui ont mis en relation des populations qui s’ignoraient. Ces migrations sont un des phénomènes favorisés par la mondialisation. Elles ont doublé entre 1965 et 2011. Jusqu’au XXe siècle ce sont les Européens qui se sont expatriés très loin. Depuis le XVIe siècle , un flux de voyageurs incessant est allé de ce continent vers l’Amérique. Aujourd’hui les migrants sont à l’origine d’importants flux financiers vers les pays en développement. La plupart envoie en effet de l’argent à leur famille restée au pays. C’est le cas des Comoriens de France. Selon un chiffre de la Banque mondiale qui date de 1998, les émigrés comoriens ont transféré près de 42 milliards de francs au pays  sans compter les flux financiers qui passent par des réseaux informels. Cette masse d’argent envoyée par les émigrés comoriens constitue une véritable pompe à oxygène pour une économie asphyxiée par le sous-développement.

Actuellement un comorien sur quatre vivrait à l’extérieur du pays. A l’indépendance des Comores en 1975, les migrants tournaient leurs regards vers l’Europe plus particulièrement vers la France, alors que les destinations traditionnelles des migrants comoriens étaient Madagascar, l’île de la Réunion ou l’Afrique de l’est.

Selon le  bilan annuel   du  monde de l’édition 2013 la population comorienne est de 0.8 million d’habitants, le nombre de Comoriens résidant en France est de 150000, selon la même source, jusqu’à ce jour les Comoriens apparaissent en effet rarement sur les listes d’étrangers communiquées par les autorités françaises.

Comment peut-on expliquer l’absence des Comoriens dans les statistiques officiels des immigrés en France ? Les Comoriens occupent une place particulière dans l’émigration africaine. Derniers  émigrés arrivés en France, leur présence très discrète a suscité jusqu’ici peu d’intérêt. Massivement installés à Marseille, ils apparaissent dans les médias pour la première fois à l’occasion d’un drame raciste, en 1995, d’un jeune comorien de dix  sept ans à Marseille  ou la montée inquiétante de la délinquance dans la citée phocéenne depuis 2011. La France  accueille la communauté comorienne la plus importante, le chiffre le plus exact est  difficile à évaluer pour le moment certaines sources disent 150000, d’ autres avancent 200 000 ceci nous amène  à nous interroger sur le désintérêt des  autorités comoriennes sur le dossier de l’immigration alors que l’ affluence des Comoriens de France qu’on nomme drôlement au pays « les je viens » relance l’activité économique au pays.

Les recettes douanières qui augmentent durant la période estivale, aux vendeurs des matériels de construction  en passant aux autres vendeurs des produits alimentaires, chacun double ou triple son chiffre d’affaire durant la période. Migrer pour la France ces dernières années, c’est la croix et la bannière, dans un contexte de crise économique, l’immigration a été officiellement arrêtée en 1974 et , des  dispositions de lutte contre l’immigration irrégulière mises en place en France  par les gouvernements successifs rendent difficile la venue en France, pour un ressortissant africain, en particulier  quelle que soit sa motivation ( études, tourisme,  visite familiale )  de plus en plus ardue : un vrai parcours d’obstacles  dès la demande de visa, qui nécessite des heures d’attente  devant des fonctionnaires consulaires au zèle méfiant et parfois hostile, considérant chacun comme un fraudeur en puissance. On constate enfin que les acteurs des institutions bancaires agissent plus vite que les politiques c’est le cas des antennes de la banque postale comorienne installées dans les principales villes françaises résidant une forte concentration des immigrés comoriens ou les responsables des Mecks  qui ont sillonné les grandes villes en France à la recherche d’une clientèle de la diaspora. Il est temps  de redynamiser l’apport financier de la diaspora pour relancer l’activité économique du pays

Mohamed Ibrahim Mihidjay

Tentative de Coup d’Etat. Une justice fondée sur une présomption de culpabilité

Tentative de Coup d’Etat, Une justice fondée sur une présomption de culpabilité

AccusesLes juges honnêtes doivent décider de balayer devant la porte de notre justice. Les éléments indésirables qui, depuis trop longtemps, ont terni l’image de celle-ci en condamnant souvent des innocents nous n’en voulons plus.  Que pouvons-nous dire d’autres ? Oui, des innocents dans la mesure où les politiques qui manipulent cette affaire et, qui ont leurs mains sur notre justice depuis des lustres n’ont pas encore donné la faveur aux juges corrompus de juger les présumés coupables de la soit disant tentative de coup d’Etat. Ces juges qui oublient habituellement l’exigence de leur noble profession, celui de dispensateurs impartiaux de la justice ne doivent pas continuer à exercer cette fonction.

Depuis 10 mois, des jeunes comoriens se trouvent en prison et aucun jugement n’est prévu dans les mois qui viennent pour que lumière soit faite sur cette affaire. Un acte du gouvernement qui soulève de graves inquiétudes sur l’illégalité et la partialité de la justice comorienne. Vous avez pu le constater. Récemment ABOU ACHIRAFI ALI, ancien directeur de la DNST est libéré sous caution par notre justice, alors que des preuves tangibles l’impliquant dans l’affaire de vente illégale de nos documents officiels existent.

Une justice à double vitesses. Quand on a les moyens ça passe, dans le cas contraire on périt dans les alvéoles de la prison de Moroni. C’est ce qui arrive en ce moment même à :

–       IBRAHIM ALI IBOUROI (Babatay),

–       TOYIB MAAROUF,

–       AHMED ABDALLAH,

–       AMDJAD SATOULOU,

–       ZAROUK et 9 autres personnes.

Dans notre pays personne n’est épargnée par une injustice d’une justice fondée sur une présomption de culpabilité. On voit bien une manipulation politicienne visant à détruire la vie d’autrui.  L’avenir proche nous dira le plan que nos actuels dirigeants envisagent pour ces jeunes. Qu’ils nous disent si ces jeunes sont désormais des « détenus perpétuels » dans l’enfer carcéral des Comores.

Voici  des faits qui  provoquent encore une vague d’indignation, une partie de l’opinion publique ayant la sensation que ce sont des innocents  que l’on poursuit, elle demande à la justice de relâcher les victimes, mais le tribunal de Moroni n’a donné aucune réponse sur le sort de ces personnes prises pour proies faciles. Nous nous rappelons du début de cette affaire, il y a encore 10 mois ; avec une certaine virulence, le gouvernement a tenté de persuader le peuple comorien que l’armée et la justice ont fait leur boulot en arrêtant des voyous qui voulaient renverser le pouvoir en place. Plusieurs noms des hautes personnalités y compris même du gouvernement ont été cités. Mais, comme c’était un coup monté, il va falloir pour le gouvernement garder certains individus pour que personne ne parle.

Sans vouloir faire le travail de la justice, nous nous permettons de dire que ces hommes sont gardés en prison pour rien car jusqu’à preuve du contraire la justice n’est pas prête à juger ces accusés, puisqu’il n’y a aucune preuve. Dans notre pays, les vrais organisateurs de coups d’Etat ont été honorés par notre justice.

Que la justice comorienne nous dise clairement qu’elle est là pour punir les faibles seulement ou bien si elle compte un jour faire son travail comme elle devrait le faire. Dans beaucoup de pays, des mouvements brutaux ont fait couler beaucoup de sang à cause de l’injustice sociale, mais souvent aussi contre une justice partiale et partielle.

Nous ne souhaitons pas que pareilles choses arrivent chez nous car ce sera pire. Notre pays souffre de ne pas avoir une vraie justice. Tout le monde en parle, mais personne n’est prêt à engager un mouvement véritable pour changer cette pratique hideuse qui ne cesse de gangréner notre société.

Nos dirigeants doivent mettre dans leur tête qu’ « une frustration encourue au cours de longues années engendre la révolte, la soif de liberté ». Et quand cela arrivera ce ne sera pas la révolte en elle-même qui sera noble, mais plutôt ce qu’elle exigera.

Abdourahim Bacari (Papadjo)

LA GREVE DES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE DES COMORES CONTINUE

LA GREVE DES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE DES COMORES CONTINUE

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Face à l’armée

Malgré le terrain d’entente trouvé hier entre les responsables de l’université des Comores et les étudiants, les cours n’ont pas pu reprendre ce matin sur le campus de Nvouni. Les étudiants et les professeurs qui se sont présentés en classe ont été jetés dehors par un groupe d’étudiants décidés à empêcher la reprise des cours. Ils contestaient la représentativité des étudiants ayant participé à la rencontre avec l’administration universitaire tout en exigeant l’exécution illico des revendications.

Ces étudiants récalcitrants attendaient la résolution immédiate du problème lié à la délivrance des relevés de notes et des attestations de réussite et se disaient déçus du début timide de l’exécution de leurs revendications.

Il faut noter que plusieurs factions d’étudiants se disputent le leadership de la grève et leur mouvement est miné par des divisions internes. Ce qui ne facilite pas les discussions avec l’administration de l’université. On a d’un coté les responsables de la coopérative et de l’autre les instigateurs de la grève réunis au sein de l’Union des étudiants de l’université des Comores, un groupement hétéroclite et inconnu de l’administration universitaire.

Après un remue-ménage, les étudiants ont finalement été reçus par les doyens des facultés de droit et de lettres, en présence du chef du site, des chefs de départements et du directeur de l’enseignement supérieur. Les discussions ont porté essentiellement sur l’exécution effective des engagements pris par l’administration de l’université pour satisfaire la plate-forme revendicative des étudiants. Ces derniers réclament, entre autres revendications, la délivrance des relevés de notes, les attestations de réussite, ainsi que les diplômes dans des délais raisonnables, de l’électricité sur le site, le raccordement du site à l’internet et des moyens de transport et des sanitaires dignes. Il a été décidé de la mise en place, dans un bref délai, d’un Comité de Suivi composé des représentants des étudiants et des représentants de l’administration afin de s’assurer de la réalisation des revendications et surtout de la reprise des cours dés demain jeudi 27 mars.

Mais au moment même où une entente était trouvée, des étudiants, mécontents de ne pas avoir été conviés à la rencontre, ont envahi le bureau qui abritait la réunion pour verrouiller la porte et confisquer le trousseau de clefs des bureaux de la faculté de droit. Cet incident malheureux a conduit les enseignants à prendre la décision de ne reprendre les cours qu’une fois que ces clés seront rendues.

Toujours est-il que rien ne garantit la reprise des cours. L’éventualité que la grève continue encore demain n’est pas exclue. Cette menace plane comme une épée de Damoclès au dessus des têtes des responsables universitaires. Affaire à suivre…

MLIMENGU

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Résumé de la thèse d’Ibouroi Ali Toibibou

Monsieur Ali Tabibou IBOUROI a soutenu sa thèse de doctorat en Histoire intitulée :  » Des Makua et de leurs descendants aux Comores « , sous la direction de Monsieur Sudel FUMA le 26 mars 2004 à l’Université de la Réunion.

Composition du jury :

  • Monsieur Yvan COMBEAU, Professeur, Université de La Réunion
  • Monsieur Sudel FUMA, Professeur, Université de La Réunion
  • Monsieur Barthélemy MANJAKAHERY, Université de Tuléar
  • Monsieur Iain WALKER, Senior Research, H.D.R., University of Oxford

Résumé:

« L’archipel des Comores composé de quatre îles : Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte dont le premier peuplement remonte au premier millénaire avant Jésus Christ, a connu l’esclavage avant la traite et la colonisation française qui commence. Les fonctions principales de l’esclavage dans ce petit pays au bout du monde sont agricoles et domestiques. Mais contrairement aux autres pays, c’est la rareté des documents écrits et le silence absolu des habitants qui prédominent face à ce phénomène.L’esclavage va connaître une croissance fulgurante avec le phénomène de la traite et l’histoire coloniale. De nombreux Mozambicains sont déversés dans les îles : les uns pour répondre aux besoins des bras dans l’économie agricole coloniale basée sur la culture des produits de rente ; les autres pour partir par la suite dans d’autres pays, et plus particulièrement l’île de La Réunion. Les Africains d’origine mozambicaine sont connus aux Comores sous le nom de Makua.Après un survol rapide de d’histoire générale de l’esclavage aux Comores, la thèse se penche spécifiquement sur la traite de Makua pendant une période précise d’un siècle : 1870 à 1970. L’analyse aborde successivement les aspects liés à la route, les perceptions, l’occupation des espaces, l’intégration et l’apport de Makua. L’abolition officielle de l’esclavagisme était diversement appréciée à l’image actuelle du pays dont les séquelles de cette histoire douloureuse sont toujours visibles jusqu’à enfanter ce que l’on appelle communément l’esclavage moderne. »

Mlimengu

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Ibouroi Ali Tabibou a soutenu sa thèse

 Ibouroi Ali Tabibou a soutenu sa thèse

Les enseignants chercheurs poursuivent leur formation à travers les quatre coins de la planète et soutiennent leurs thèses suivant un programme de coopération mis en place entre cette jeune institution et une grande partie des universités du monde surtout francophones.

Ce fut le cas par exemple de Mhoussine el Barwane, Ben Iman, Abdillah Youssouf (Charbon), Mohamed Ibrahim (Jésus), Maoulana Charif, etc.

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Après la soutenance avec les membres du Jury. Au centre Yvan Combeau et Iain Walker. © Amir Mohamed

Ce 26 mars ce   fut le tour de l’ancien militant syndicaliste, IBOUROI ALI TOIBIBOU, enseignant chercheur à la faculté des lettres et sciences humaines de l’UDC, de valider son diplôme de troisième cycle de recherches à l’Université de la Réunion. Son thème de recherche était « Des Makua et leurs descendants aux Comores » et il a été bien abordé selon les membres du Jury. L’enseignant a finalement décroché son diplôme de Doctorat d’Etat avec la mention  « Très honorable ».

Pendant environ trois heures de temps de communication l’ancien syndicaliste a su convaincre l’assistance tant bien que mal en s’appuyant sur des arguments fondés essentiellement sur le fruit de ses recherches tout en précisant, à la fin, que son travail est loin d’être fini  : « les enquêtes pourraient être poursuivies sur la dynamique des vrais réseaux sociaux en complémentarité avec l’apport des sociologues, des anthropologues, des linguistes et des historiens »,martèle-t-il.

Apres avoir surmonté les rafales d’interrogations de part et d’autre des membres de jury, nous l’avons détourné quelques minutes pour lui poser certaines questions après nos félicitations.

Mlimengu – Quel sentiment éprouvez-vous après cette soutenance ?

Ibouroi Ali Toibibou – un sentiment de fierté, de réussite, sachant que l’essentiel de ma carrière est derrière moi.

Mlimengu – Que pensez-vous de la politique de recherche mise en place par l’UDC ?

Ibouroi Ali Toibibou – Il faudrait renforcer et dynamiser, et surtout s’ouvrir aux jeunes qui ne sont pas jusqu’à maintenant concernés par cette politique de soutien.

Mlimengu – Quel mot pouvez-vous adresser aux étudiants et enseignants chercheurs d’origine comorien de la Réunion ou d’ailleurs ?

Ibouroi Ali Toibibou – Le goût de la recherche, la ténacité et le travail en symbiose avec les spécialistes restent à prioriser.

AMIR Mohamed

Étudiant M2, Université de la Réunion

Grève des étudiants à l’Université des Comores

Grève des étudiants à l’Université des Comores

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Les étudiants manifestent à Mvoun. © Ali Abdallah

Deux semaines après la grève des lycéens, les étudiants du campus universitaire de Nvouni ont observé ce mardi 25 mars un arrêt de cours, suivi d’une marche vers la capitale. Mais la force publique s’est interposée en s’employant à stopper cette marée humaine qui allait déferler vers Moroni. Des heurts ont eu lieu entre la police et les étudiants et sont soldés par l’arrestation de plusieurs étudiants.

Il faut savoir que le site de Nvouni abrite près de 3000 étudiants, soit la moitié de l’effectif des étudiants de l’université des Comores. C’est l’Union des étudiants de l’université des Comores, un groupement alors inconnu de l’administration, qui a été à l’origine du mouvement. Il a fait savoir ses revendications en adressant un courrier en date du 19 mars à certains responsables du site de Nvouni, ainsi qu’à la présidence de l’université en déplorant « l’aliénation » des droits des étudiants. Ce collectif exigeait que « les maux dont sont victimes les étudiants soient endiguées » et énumérait une liste de revendications dont il « implorait la réalisation » avant le lundi 24 mars, sinon les étudiants allaient exprimer leurs « mécontentements en arrêtant les cours jusqu’à nouvel ordre ». Les revendications sont axées sur les conditions de transports, l’absence de sanitaires dans le campus, le dysfonctionnement de la mutuelle de santé et surtout l’incapacité de l’université à délivrer les relevés de notes et les diplômes.

Il faut reconnaitre que les autorités universitaires ont fait preuve d’une négligence en n’ayant pas daigné recevoir ces étudiants avant la date butoire. Situé dans les hauteurs de l’île, le site de Nvouni n’est pas facilement accessible pour des étudiants dépourvus de moyens financiers conséquents et qui ne bénéficient d’aucune assistance financière de la part de l’Etat. Aucune disposition n’est prise pour assurer leur transport vers le campus. Les conditions de vie dans le site sont ardues. Outre le fait que l’électricité manque toujours aux heures de cours, le site n’est pas raccordé à l’internet et ne dispose pas de restaurant universitaire.

Le campus de Nvouni connait une surpopulation étudiantine à tous les niveaux, avec des salles exigües dépourvus de sonorisation.

Les responsables des étudiants ont fini par être reçus dans la journée par les responsables de l’université en présence du directeur de cabinet du ministre de l’enseignement supérieur. Après des heures de négociation, les responsables de l’université se sont engagés à honorer toutes les revendications des étudiants, même si aucun protocole d’accord n’est établi. Les étudiants ont exigé avant toute reprise des cours la libération de leurs camarades détenus dans les locaux de la gendarmerie. Il faut dire que toutes les conditions sont réunies pour qu’un jour cette cocote minute explose. Et nos autorités ne diront pas qu’elles n’auront pas été averties.

Mlimengu

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Les étudiants comoriens manifestent pour leurs droits

Les étudiants comoriens manifestent pour leurs droits

 

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Les étudiants manifestent à l’UDC ©Ali Abdallah

Les forces de l’ordre sont intervenues à l’université des Comores (campus de Mvuni) ce matin pour réprimer une manifestation des étudiants, cela quelques semaines après les manifestations des élèves des lycées de la Grande-Comore.

Les étudiants ont avancé plusieurs revendications, notamment sur un tableau noir sur lequel on pouvait lire écrit en gros : « Irresponsabilité ». L’irresponsabilité dénoncée est celle de l’administration de l’Université. Les dysfonctionnements dont se plaignent les étudiants existent depuis de nombreuses années. A tel point qu’on se demande pourquoi ce n’est que maintenant qu’ils se soulèvent. En tout cas, si on en croit l’un d’eux, joint par la rédaction de Mlimengu ce matin, l’intervention de la gendarmerie ne risque pas de les décourager car ils sont déterminés à obtenir satisfaction.

D’abord les étudiants réclament leurs diplômes car, aussi incroyable que cela puisse paraître, depuis la création de l’Université en 2003, les diplômes obtenus n’ont jamais été délivrés. Depuis plus de dix ans les étudiants quittent l’université ou partent à l’extérieur parfaire leur formation avec des attestations.

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Face aux forces de l’ordre ©Ali Abdallah

Ensuite, ils veulent plus de transparence dans leur notation. En effet, ils ne peuvent avoir accès aux copies de leurs épreuves pour constater, au moins, que la note qui y est portée est celle introduite dans l’ordinateur. L’enseignant chargé de cette tâche peut donc mettre ce qu’il veut. C’est une des explications qui avaient été données lors de l’affaire des « Notes Sexuellement Transmissibles », par laquelle les Comoriens apprenaient que certains enseignants « sortaient » avec leurs étudiantes en échange de bonnes notes. Malheureusement, au lieu de rendre plus transparentes les notes des élèves, la direction a préféré employer toute son énergie à défendre les professeurs mis en cause (entachant ainsi la réputation de tous), alors qu’elle avait puni sévèrement les étudiants concernés en les excluant et en leur interdisant de passer des examens. Comme s’il pouvait y avoir des corrupteurs sans corrompus.

Les étudiants réclament également une cantine car ils sont obligés de descendre en ville à Moroni pour pouvoir manger. Pourtant, un projet de restaurant pour les étudiants avaient été proposé par un originaire de Mayotte, il y a quelque temps. On ne sait plus ce qu’il est devenu. De même, il a été prévu des possibilités de logement sur place, mais le bâtiment qui devait servir aux chambres universitaires a été transformé en hôtel.

Les étudiants demandent donc que l’État prévoit au moins une réduction au niveau des transports pour aller jusqu’à Mvuni. On se rappelle qu’au début, il y avait des bus spéciaux pour les y amener. Que sont-ils devenus ?

C’est après s’être rassemblés dans la matinée et avoir pris la décision de marcher pacifiquement jusqu’à Moroni que les étudiants ont été bloqués au niveau de Mavinguni par les forces de l’ordre. Les gendarmes ont lancé des grenades lacrymogènes et auraient même fait feu avec leurs armes.

Trois étudiants ont reçu des coups de matraques et ont été amenés à l’hôpital. Un gendarme a été également blessé.

Avec ce nouveau mouvement social qui, arrive un jour après le départ du président Ikililou Dhoinine vers le Koweit, c’est encore une fois la cocotte minute comorienne, longtemps maintenue fermée qui s’ouvre. Quand le gouvernement comprendra-t-il qu’il faut agir avant qu’il ne soit trop tard ?

Mahmoud Ibrahime