Diplomatie française : « Fais ce que je dis, pas ce que je fais »

Archipel des Comores

Archipel des Comores

Les Comores sont sans doute le seul pays dont a défini clairement les frontières au moment de son entrée à l’ONU. En effet, la résolution qui admettait les Comores au sein de cette organisation internationale le 12 novembre 1975 et en faisait donc un État reconnu par ses pairs, citait clairement la composition des Comores et définissait par le même geste les frontières du nouvel État : Grande-Comore, Anjouan, Mayotte et Moheli.

Or, la France, l’ancienne puissance coloniale, a tenté de modifier ces frontières à deux reprises après leur fixation le 12 novembre 1975 par le droit international.

D’une part, par le référendum du 8 février 1976, et par lequel, après le renvoi des opposants dans les autres îles, 99% des habitants se sont prononcés pour la « francisation » de l’île.

D’autre part, par le référendum du 11 avril 1976 par lequel les Maorais ont rejeté massivement le statut de territoire d’outre-mer.

En 1976, l’ONU avait condamné l’organisation de ces deux référendums estimant que la France avait violé « la souveraineté de l’État comorien » et son « intégrité territoriale ». L’organisation avait d’ailleurs condamné d’avance tout autre référendum que la France pourrait faire dans l’île.

Tirant sans doute la leçon de ces condamnation, la France avait évité d’installer une vraie frontière entre Mayotte et le reste de l’archipel. Pendant vingt ans, de 1975 à 1995, les Comoriens circulaient librement entre les quatre îles. Puis, soudain, en 1995, le gouvernement français a décidé d’une manière unilatérale d’installer une barrière entre Mayotte et le reste de l’archipel en exigeant un visa d’entrée dans cette île. Puis, en 2009, feignant de négocier avec le président Sambi dans le cadre du Groupe de Travail de Haut Niveau (GTHN), la France organise un nouveau référendum et transforme l’ile en département français. Sur la lancée, elle obtient le soutien des pays européens pour faire de Mayotte une région ultra-périphérique de l’Europe.

La France a donc modifié les frontières internationalement reconnues de l’Etat comorien, progressivement de 1975 jusqu’en 2010, au mépris d’une vingtaine de résolutions de l’ONU qui condamnent la présence française à Mayotte, mais avec la bénédiction silencieuse de la communauté internationale.

C’est donc avec un certain amusement que les Comoriens entendent régulièrement le gouvernement français évoquer le respect d’une résolution de l’ONU pour intervenir militairement dans certains pays du tiers-monde. Ils ont été encore plus amusés et on réagi nombreux sur les réseaux sociaux par la diffusion d’une phrase du Ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, déclarant dans le journal Le Monde du 6 mars, à propos de la crise en Crimée et de l’évocation d’un réfendum :

 » En droit international on ne peut pas faire un référendum pour modifier des frontières. Imaginez un département de France qui demande son indépendance ! Et si cela se généralisait à d’autres Etats… Après, tout dépend de la question qui va être posée. S’il s’agit d’aller vers davantage de décentralisation, d’accord. Mais si, en revanche, c’est une manière de changer les frontières, cela pose problème « .

En lisant cela, on se dit : soit Laurent Fabius, qui est en politique depuis plus de trente ans, ignore la politique qui a été menée par son pays aux Comores ces dernières années, soit il est cynique en remuant dans le coeur des Comoriens un couteau enfoncé depuis 1975.

Mahmoud Ibrahime

2 commentaires

  1. Docteur Mahamoud Ibrahime, vos articles m’intéressent surtout de leur richesse tant sur le fond que sur la forme. Nos paroles dérangent la France, nous devons pas nous calmer. Mais une idée me vient en tête, s’agissant de la communauté internationale, je pense qu’attendre sa réaction est une utopie car cette communauté est une entreprise dirigée aveuglement par les USA et l’ancienne « Triple Entente » dont la France faisait partie! Cette dite communauté NGWARIWONO WANA GNILA TITI MASKINI, les pays du reste de la planète. Un président américain que je me réserve de dire son nom disait un jour que « Le monde, c’est nous, le reste, je connais pas »…… Cette communauté s’en fout de Mchangama ou Tsizimihé morts dans une embarcation.

    1. Tout ca c’ est toujours les Occidantaux qui manipulent ces guerres sur tout les pays Arabes et en regardanf tout ces massacres sont les Pays Musulmans qui sont humiliers. Et voir dans certains Pays Africains Musulman c’ est bien les Auccidantaux qui manipulent ces gurres entre Chretiens et Musulmans. Mais quand a l’ ONU il est la sans jamais porte une solution pour une paix durable dans ce monde. Voir meme chez nous depuis 1975 dont la FRANCE a occupe une partie de notre Archipel des Comores ( Mayotte) sans chercher a nous retrouver une solution pour le retour de notre Iles dans l’ ensemble de leurs Iles soeurs (Grd. Comores, Anjouan et Moheli?) Il ne le faira jamais car le Comores est un Pays Musulman et que ces Occidantaux veulent erradiques ces Pays Musulmans. .Mais jamais ils n’ arriveront combatrent la puissance de Dieut

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