Marie Simati : « JE SUIS POUR UN ENGAGEMENT POUR DES IDEES ET NON POUR DES PERSONNALITES »

« JE SUIS POUR UN ENGAGEMENT POUR DES IDEES ET NON POUR DES PERSONNALITES »

Marie Simati

Marie Simati

Née à Mavingouni et chtie d’adoption, depuis 1994, Marie Simati a fait ses classes dans le fief de Michel Delebarre à Dunkerque, avec Jean Le Garrec pour mentor. Passionnée de politique, militante associative dévouée, elle a su s’imposer et se faire un nom sur la scène politique locale. Economiste de formation, travailleur social infatigable, les challenges ne lui font même pas peur. Car sa principale motivation c’est d’« être utile ». Une femme au franc-parler, pour qui « l’humain est au centre de toutes ses actions »

Mlimengu : Marie Simati, vous êtes conseillère municipale sortante, « Saint-Pol en action » n’est pas votre première bataille politique à Dunkerque. Depuis quand êtes vous entrée en politique ?

Marie SIMATI :Je suis conseillère municipale sortante, j’ai été candidate pour la première fois en 1995 sur une liste PS, parti dans lequel, j’avais adhéré un an avant.

Mlimengu : Pourquoi « Saint-Pol en action » et non l’équipe sortante ?

M S : Je suis entrée en politique avec l’idée d’être « utile » aux gens. Et en tant que conseillère municipale, je suis souvent interpellée par mes concitoyens sur différents sujets. J’ai réalisé que ceux qui nous avaient élus ne se reconnaissaient plus dans notre équipe. Au départ, je pensais ne pas me représenter tout simplement. Un camarade socialiste m’a décidée de repartir mais en dehors du PS. Connaissant l’emprise du PS sur le dunkerquois ça pouvait paraître un pari fou. Mais je suis quelqu’un qui aime les challenges donc j’ai accepté.

Mlimengu : Que proposez-vous aux Saint-polois?

M S : Je suis en deuxième position sur les trente cinq candidats qui composent la liste de « Saint pol En action », nous avons d’abord proposé aux Saint-polois de nous dire sous forme de questionnaire, ce qu’ils attendaient de la municipalité, quelles sont leurs priorités … A partir de leur retour, nous avons écrit un programme qui leur ressemble et avons composé une liste dans laquelle chacun peut se retrouver. Nous mettrons l’accent sur leur cadre de vie, la solidarité, le logement et l’emploi. Avec une proposition phare en ce qui concerne logement et mixité, qui est de rendre les dossiers des commissions d’ attribution, anonyme lors des passages en commission.

Mlimengu : Quelle est votre implication personnelle pour la liste?

M S : J’ai l’honneur de composer le ticket de tête de cette équipe. C’est très enthousiasmant, même si je reconnais que sans parti politique derrière vous ce n’est pas facile. J’ai la chance d’être reconnue dans ma commune étant très investie dans le milieu associatif, donc le retour des habitants fait oublier les difficultés liées à la campagne.

Mlimengu : Saint-Pol-Dunkerque est une terre d’accueil des Comoriens, qu’en est-il de leur mobilisation?

M S :Il est vrai que Dunkerque est une ville comorienne quand on connait l’histoire de la diaspora comorienne dans le Nord. Cependant j’ai toujours essayé de faire la part des choses entre mon investissement politique et mon investissement auprès de ma communauté d’origine. Nous sommes deux candidates d’origine comorienne sur la liste. Mais nous n’avons pas cherché à mobiliser de manière intra communautaire les Saint-polois. Je suis secrétaire générale de l’association qui gère la mosquée fréquentée en majorité par les Comoriens. Mais je respecte aussi le fait que certains soutiennent mon ancien parti politique. Cela ne me choque pas car je suis pour un engagement pour des idées et non pour des personnalités. Je souhaite surtout que chacun s’implique car c’est seulement par cette implication que l’on pourra faire évoluer les conditions de tous.

Mlimengu : Quel est votre parcours politique et professionnel?

M S : J’ai toujours été passionnée par la politique et le militantisme en général. Je suis entrée au PS en 1994. Et en 2007, le député de la 12e circonscription du Nord m’avait proposé de le remplacer. Mais le PS dunkerquois s’est rendu compte que j’étais une femme, noire et musulmane. Donc ça ne le faisait pas ( une candidate « blanche » est sorti du chapeau) et surtout, la 12e a été donnée au MRC dans le cadre des accords électoraux. Je suis administratrice de différentes associations et travailleur sociale dans une structure du réseau de la Fondation Agir contre l’Exclusion. Donc je crois qu’on peut dire que l’humain est au centre des toutes mes actions.

Mlimengu : Le Nord est un territoire qui bascule de plus en plus vers l’extrême droite comment y remedier?

M S : Est-ce qu’il ne faudrait pas plutôt dire que le FN est devenu plus visible car je crois que les idées véhiculées par ce parti ont toujours été présentes. Il est vrai qu’avant il était plus facile de voter FN que de se déclarer FN. J’ai toujours pensé et je continue à le penser, le FN perdra du terrain le jour où la société française dans son ensemble s’acceptera telle qu’elle est aujourd’hui, et ce travail d’acceptation doit commencer au sein des instances politiques avant tout. Quand on voit la part de la diversité à l’ Assemblée Nationale et au Sénat, il y a encore beaucoup à faire.

Propos recueillis par Idjabou BAKARI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s