Abou Achirafi Ali, en liberté provisoire

Achirafi

Abou Achirafi Ali en liberté provisoire

Après cinq mois de détentions, la justice comorienne a décidé de libérer sous caution Abou Achirafi Ali, accusé de vente illégale de passeports comoriens à des étrangers. Cette affaire que nous pouvons qualifier de haute trahison à l’égard de notre nation laisse beaucoup des Comoriens sans voix. Beaucoup d’entre eux critiquent les échecs de notre justice sur certaines affaires sensibles, mais ils pensaient que sur cette dernière, des investigations plus profonde allaient être menées pour que lumière soit faite afin d’arrêter les coupables.

Nous respectons la présomption d’innocence que toute personne a le droit de bénéficier. Toutefois, nous espérons que ce dossier ne fera pas l’objet d’une enquête partielle. Housnati Ismaël de Samba Bodoni et la fille du docteur Sounhadji, Nadia Athoumani ancienne secrétaire d’Abou Achirafi Ali ne sont que des pions. Et même Abou Achirafi Ali lui-même en est un.

Cette affaire de vente des documents officiels, précisément nationalité, passeports, cartes d’identité nationale a commencé au temps de Sambi. Un acte que ces prédécesseurs n’ont jamais osé pratiquer pour ne pas trahir la confiance que le peuple comorien leur a accordée. Cette affaire a fait l’objet d’un projet de loi voté par nos députés avant qu’elle ne soit exécutée par ses auteurs. Donc, il est temps d’écouter les personnes impliquées dans ce dossier.

Les députés peuvent-ils nous dire jusqu’à combien de passeports ils ont autorisé le gouvernement Sambi à vendre ?Peuvent-ils nous dire, sur quels critères nos documents ont été vendus à ces étrangers ? Il est probable qu’eux-même n’en savent rien.

Cette affaire concerne le commerce, donc nous avons le vendeur, le produit mis en vente et l’acheteur. Jusqu’à preuve du contraire, le peuple comorien connait une partie d’une vérité floue sur cette affaire. Il sait tout simplement qu’une loi a été votée pour la vente de nos documents officiels. Il sait encore que c’est Sambi qui a donné et exécuté l’idée. Mais il ne sait pas quelle part, quelle quanité et à quel prix son patrimoine a été vendu.

Ne serait-il pas mieux que nos juges interrogent l’ancien président de l’Union pour d’amples informations ? Un homme aussi intelligent que Sambi peut nous donner le nombre exact et le prix des passeports. Ce n’est pas un pécher d’écouter une haute personnalité politique sur un dossier sensible comme celui-ci, qui menace l’image de notre pays. Sa réponse permettrait à la justice d’entreprendre des enquêtes objectives.

Les révélations de SAMBI sur cette affaire permettront également à la justice comorienne de cadrer l’enquête en tenant compte du facteur temps. Cela permettrait de savoir surtout à quel moment le gouvernement de Sambi a arrêté de vendre nos passeports et durant combien de temps Abou Achirafi Ali a continué cette opération de vente. D’autres anciens ministres tel qu’Ibrahim Sidi, ancien ministre de la défense, Ahmed Jaffar, ancien ministre des Affaires étrangères et tant d’autres liés à cette affaire doivent être entendus par la justice.

Nous ne pensons pas que ces dirigeants politiques qui étaient au gouvernement lorsque le Président Sambi a promulgué la loi sur la citoyenneté économique refuseraient de nous apporter plus d’éclaircissements sur ce dossier. Nous ne pensons pas qu’ils seront choqués si la justice leur demande de lui apporter une lumière sur cette affaire montée par leur gouvernement. Nous avons confiance en notre justice et croyons à nos juges et à l’importance qu’ils donnent à cette affaire détestable qui ternit l’image de notre pays et celle des Comoriens.  Nous n’ignorons pas la crise que notre justice traverse dans les temps qui courent. Mais nous souhaitons que cette justice qui demeure depuis quelques années au centre de sérieux problème fasse son travail en résistant contre toute sorte influences. Si ce n’est pas le cas, le sentiment de méfiance, voire de suspicion qui anime les Comoriens à l’égard de leur justice  installera définitivement en eux un dégoût et une réticence envers elle. Ce qui serait dommage.

Abdourahim Bacari

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