De Bolero, Saïd Mohamed Cheikh et Ali Soilihi

Hamada Madi Bolero,           Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Beaucoup de Comoriens sur internet ont réagi contre les propos du directeur de cabinet du Président de la République, Hamada Madi Boléro qui mettaient en cause les présidents Said Mohamed Cheik et Ali Soilihi, en les désignant comme des Wangazidja. Certains demandent sa démission immédiate pour ce dérapage de trop. Il est normal que des voix s’élèvent contre tous les propos séparatistes, surtout quand ils viennent d’un responsable tel que le directeur de cabinet à la présidence, chargé de la défense. Depuis très longtemps, notre pays est confronté à la réalité des guerres de chefs. L’affaire du séparatisme touche beaucoup de nos dirigeants politiques et implique de nombreux intellectuels comoriens.

Cet article ne défend personne, encore moins HAMADA Madi Boléro qui a tenu des propos séparatistes, bien qu’il est vrai SAÏD MOHAMED CHEIKH, président du conseil de gouvernement et ALI SOILIH MTSACHIWA, président révolutionnaire ont respectivement pendant leur règne eu des comportements indignes pour le poste qu’ils occupaient. L’histoire est là. L’histoire ne peut s’empêcher de juger ces deux grands présidents, paix à leurs âmes. L’histoire est différente des juges qui siègent dans les palais de justice de notre pays. L’histoire ne procède jamais au jugement partiel. L’histoire n’ignore personne. L’histoire n’ignore aucun acte. L’histoire n’ignore aucun propos. L’histoire n’a peur de juger telle ou telle personnalité. L’histoire est exigeante. L’histoire nous ouvre grand les yeux pour regarder le passé afin de mieux avancer dans l’avenir sans nul doute sur qui que ce soit.

Donc l’histoire jugera HAMADA Madi Boléro certes. Mais, il est vrai qu’en 1966 SAÏD MOHAMED CHEIKH a ostracisé les Mahorais et a juré de ne jamais mettre ses pieds dans cette île parce que certains Mahorais l’ont hué. C’est un acte indigne pour un président. Oui c’est un acte indigne car il l’a fait. De 1966 jusqu’à sa mort, le président CHEIKH n’a pas remis ses pieds à Mayotte. Il est vrai que le président ALI SOILIH est le premier à organiser un coup d’Etat dans notre pays. Un acte barbare et détestable qui sera utilisé contre lui par AHMED ABDALLAH ABDEREMANE et les mercenaires de BOB DENARD. Ce sont des évènements que l’histoire a enregistré. Donc personne ne peut les effacer. Revenons un peu sur le coup d’Etat orchestré par ALI SOILIHI et les raisons qu’il a donné.

Dans l’interview qu’il avait accordée à Félix Germain et publiée par Libération, à Paris, les 8 et 12 septembre 1975, Ali SOILIHI MTSACHIOI avait déclaré: « Une autre raison majeure du coup d’État a été Mayotte ; Ahmed ABDALLAH allait publier le 4 août son décret sur la nouvelle Constitution et préparait une “solution” pour les trois îles, laissant Mayotte à l’écart… Nous ne pouvions pas rester impassibles. Il fallait lever l’obstacle ABDALLAH à l’intégrité territoriale. Depuis plus de dix ans, l’erreur du clan “vert” [parti conservateur] a été de vouloir imposer à Mayotte un groupuscule en y mettant les moyens contre la majorité qui soutient le Mouvement populaire mahorais. Le 6 août, je suis arrivé à Mayotte et j’ai rencontré Marcel HENRY, que je connais de longue date. Lui et le Conseil de son mouvement semblaient d’accord pour collaborer avec nous. Mais le lendemain, malgré ses promesses, HENRY a fait un discours très dur contre nous, qui m’a fait un coup. On dira que je suis un idéaliste, mais je crois à la parole des amis, et si on ne peut plus croire les gens, inutile de continuer. Je suis donc retourné les voir»[1]. Il est vrai que chez Ali SOILIHI MTSACHIOI, le réalisme allait de pair avec un idéalisme révolutionnaire ouvertement et clairement assumé.

D’ailleurs, en 1975, quand Ali SOILIHI a renversé Ahmed ABDALLAH ABDEREMANE, ce dernier s’était replié sur son île natale (Anjouan), avec la ferme intention de faire de l’île un autre État indépendant. Pour sa part, le ministre de l’Intérieur de l’époque et chef de l’État en 1996-1998, Mohamed TAKI ABDOULKARIM, avait tout simplement proclamé la sécession de sa région natale du Hamahamet, en Grande-Comore. L’histoire nous rappelle des choses ! C’est choquant mais vrai ! Il est vrai que ce sont tous des grands hommes, des hommes qui ont essayé de booster le pays mais n’étant pas des prophètes, acceptons aussi leurs erreurs s’il vous plait. Car c’est en acceptant leurs limites que nous pourrions à notre place tirer les leçons pour que pareils actes ne se répètent dans notre pays.

Avant l’organisation des élections qui ont amené IKILLILOU DHOININE à la tête de l’Etat, beaucoup de nos intellectuels et certains partisans de SAMBI disaient ouvertement qu’à Mohéli personne n’est à la hauteur de présider le pays. Récemment encore ABOUBACAR SAÏD SALIM, que nous respectons beaucoup par rapport à sa contribution dans la culture et littérature comorienne, a qualifié le président de la République « d’un petit président de la toute petite île ». Nous avons tous lu ses propos sur sa page Facebook.  Mais personne n’a réagi pour dire stop. Notre silence permet à certains de nos hommes politiques de dire n’importe quoi, n’importe où et à n’importe quel moment.

Le contexte du séparatisme est encore là. Donc, il est inadmissible d’entendre un dirigeant corroborer un discours qui risque de réveiller les séparatistes. Au stade où nous sommes, le pays a besoin des rassembleurs. Donc, il est temps pour les internautes de veiller sans relâche pour l’unité et l’intégrité territoriale des Comores. Réagir quel que soit la personne, car c’est comme ça que nous pouvons isoler les malfaiteurs de l’appareil de l’Etat. Arrêtons les arguments sélectifs et corporatistes, car, ils ne nous amèneront nulle part. L’amour envers la patrie doit être plus fort que les relations amicales ou entre frères que nous entretenons les uns avec les autres.

Abdourahim Bacari


[1] Cité par Emmanuel et Pierre VÉRIN : Archives de la Révolution comorienne 1975-1978. Le verbe contre la coutume, L’Harmattan, Collection « Archipel des Comores », Paris, 1999, pp. 13-14.

3 commentaires

  1. les propos de Bolero sont condamnables et je les condamne haut et fort lorsqu’il confond Cheikh, Ali Soilihi et les waganzidjas qui n’ont rien avec la gestion des affaires du pays par ces deux messieurs qui ont fait beaucoup de tort à ce pays.Mais Bolero au poste qu’il occupe ne doit pas se comporter comme s’il est assis avec ses militants crédules au container de Banatacha à Djoiezi. N’empêche qu’il est temps de sortir Said Mohamed Cheikh et de lui faire un jugement posthume. oui il y a Mayotte mais il y a aussi Mohéli qu’il a délibérément puni en lui refusant le moindre investissement. A la mort de Cheikh, il n’ y avait pas le moindre mètre de fil électrique à Mohéli, pas un mètre de route ou aéroport bitumé, pas le moindre collège….! A Mohéli il venait de temps à autre pour venir cracher sa haine contre les mohéliens coupables d’avoir voté massivement pour le Prince Said Ibrahime en commençant ses discours publics par un  » Eh ngomou wandzawo hindri wa mwali mapvoumbou »! à quant une commission vérité et réconciliation? Mais Bolero arrête de jouer sur un sujet aussi sensible .

  2. Quand j’ai lu sur le net les propos du directeur de cabinet du président de la république.

    Boléro ça ne m’a pas surpris pour un type comme lui. Je sais pertinemment que demain il va dire le contraire de ce qu’il viens de dire aujourd’hui.

    Je ne connais pas bien Boléro mais je me souviens quand il était au lycée de Moroni on me disait des choses sur lui pas vraiment bon en entendre que je vais m’abstenir de faire de commentaire .

    C’est quelqu’un qui a profité des régimes précédent sans exception pour arriver a ces objectifs très controverses.
    Alors de grâce ancien camarade peut tu regarder sur ton rétroviseur pour te rappeler d’où tu viens .Mais tu as une courte mémoire.
    Tu es quelqu’un qui n’hésitera pas de cracher dans ta soupe.
    ..

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