Grève des étudiants à l’Université des Comores

Grève des étudiants à l’Université des Comores

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Les étudiants manifestent à Mvoun. © Ali Abdallah

Deux semaines après la grève des lycéens, les étudiants du campus universitaire de Nvouni ont observé ce mardi 25 mars un arrêt de cours, suivi d’une marche vers la capitale. Mais la force publique s’est interposée en s’employant à stopper cette marée humaine qui allait déferler vers Moroni. Des heurts ont eu lieu entre la police et les étudiants et sont soldés par l’arrestation de plusieurs étudiants.

Il faut savoir que le site de Nvouni abrite près de 3000 étudiants, soit la moitié de l’effectif des étudiants de l’université des Comores. C’est l’Union des étudiants de l’université des Comores, un groupement alors inconnu de l’administration, qui a été à l’origine du mouvement. Il a fait savoir ses revendications en adressant un courrier en date du 19 mars à certains responsables du site de Nvouni, ainsi qu’à la présidence de l’université en déplorant « l’aliénation » des droits des étudiants. Ce collectif exigeait que « les maux dont sont victimes les étudiants soient endiguées » et énumérait une liste de revendications dont il « implorait la réalisation » avant le lundi 24 mars, sinon les étudiants allaient exprimer leurs « mécontentements en arrêtant les cours jusqu’à nouvel ordre ». Les revendications sont axées sur les conditions de transports, l’absence de sanitaires dans le campus, le dysfonctionnement de la mutuelle de santé et surtout l’incapacité de l’université à délivrer les relevés de notes et les diplômes.

Il faut reconnaitre que les autorités universitaires ont fait preuve d’une négligence en n’ayant pas daigné recevoir ces étudiants avant la date butoire. Situé dans les hauteurs de l’île, le site de Nvouni n’est pas facilement accessible pour des étudiants dépourvus de moyens financiers conséquents et qui ne bénéficient d’aucune assistance financière de la part de l’Etat. Aucune disposition n’est prise pour assurer leur transport vers le campus. Les conditions de vie dans le site sont ardues. Outre le fait que l’électricité manque toujours aux heures de cours, le site n’est pas raccordé à l’internet et ne dispose pas de restaurant universitaire.

Le campus de Nvouni connait une surpopulation étudiantine à tous les niveaux, avec des salles exigües dépourvus de sonorisation.

Les responsables des étudiants ont fini par être reçus dans la journée par les responsables de l’université en présence du directeur de cabinet du ministre de l’enseignement supérieur. Après des heures de négociation, les responsables de l’université se sont engagés à honorer toutes les revendications des étudiants, même si aucun protocole d’accord n’est établi. Les étudiants ont exigé avant toute reprise des cours la libération de leurs camarades détenus dans les locaux de la gendarmerie. Il faut dire que toutes les conditions sont réunies pour qu’un jour cette cocote minute explose. Et nos autorités ne diront pas qu’elles n’auront pas été averties.

Mlimengu

https://mlimengu.wordpress.com/

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