Tentative de Coup d’Etat. Une justice fondée sur une présomption de culpabilité

Tentative de Coup d’Etat, Une justice fondée sur une présomption de culpabilité

AccusesLes juges honnêtes doivent décider de balayer devant la porte de notre justice. Les éléments indésirables qui, depuis trop longtemps, ont terni l’image de celle-ci en condamnant souvent des innocents nous n’en voulons plus.  Que pouvons-nous dire d’autres ? Oui, des innocents dans la mesure où les politiques qui manipulent cette affaire et, qui ont leurs mains sur notre justice depuis des lustres n’ont pas encore donné la faveur aux juges corrompus de juger les présumés coupables de la soit disant tentative de coup d’Etat. Ces juges qui oublient habituellement l’exigence de leur noble profession, celui de dispensateurs impartiaux de la justice ne doivent pas continuer à exercer cette fonction.

Depuis 10 mois, des jeunes comoriens se trouvent en prison et aucun jugement n’est prévu dans les mois qui viennent pour que lumière soit faite sur cette affaire. Un acte du gouvernement qui soulève de graves inquiétudes sur l’illégalité et la partialité de la justice comorienne. Vous avez pu le constater. Récemment ABOU ACHIRAFI ALI, ancien directeur de la DNST est libéré sous caution par notre justice, alors que des preuves tangibles l’impliquant dans l’affaire de vente illégale de nos documents officiels existent.

Une justice à double vitesses. Quand on a les moyens ça passe, dans le cas contraire on périt dans les alvéoles de la prison de Moroni. C’est ce qui arrive en ce moment même à :

–       IBRAHIM ALI IBOUROI (Babatay),

–       TOYIB MAAROUF,

–       AHMED ABDALLAH,

–       AMDJAD SATOULOU,

–       ZAROUK et 9 autres personnes.

Dans notre pays personne n’est épargnée par une injustice d’une justice fondée sur une présomption de culpabilité. On voit bien une manipulation politicienne visant à détruire la vie d’autrui.  L’avenir proche nous dira le plan que nos actuels dirigeants envisagent pour ces jeunes. Qu’ils nous disent si ces jeunes sont désormais des « détenus perpétuels » dans l’enfer carcéral des Comores.

Voici  des faits qui  provoquent encore une vague d’indignation, une partie de l’opinion publique ayant la sensation que ce sont des innocents  que l’on poursuit, elle demande à la justice de relâcher les victimes, mais le tribunal de Moroni n’a donné aucune réponse sur le sort de ces personnes prises pour proies faciles. Nous nous rappelons du début de cette affaire, il y a encore 10 mois ; avec une certaine virulence, le gouvernement a tenté de persuader le peuple comorien que l’armée et la justice ont fait leur boulot en arrêtant des voyous qui voulaient renverser le pouvoir en place. Plusieurs noms des hautes personnalités y compris même du gouvernement ont été cités. Mais, comme c’était un coup monté, il va falloir pour le gouvernement garder certains individus pour que personne ne parle.

Sans vouloir faire le travail de la justice, nous nous permettons de dire que ces hommes sont gardés en prison pour rien car jusqu’à preuve du contraire la justice n’est pas prête à juger ces accusés, puisqu’il n’y a aucune preuve. Dans notre pays, les vrais organisateurs de coups d’Etat ont été honorés par notre justice.

Que la justice comorienne nous dise clairement qu’elle est là pour punir les faibles seulement ou bien si elle compte un jour faire son travail comme elle devrait le faire. Dans beaucoup de pays, des mouvements brutaux ont fait couler beaucoup de sang à cause de l’injustice sociale, mais souvent aussi contre une justice partiale et partielle.

Nous ne souhaitons pas que pareilles choses arrivent chez nous car ce sera pire. Notre pays souffre de ne pas avoir une vraie justice. Tout le monde en parle, mais personne n’est prêt à engager un mouvement véritable pour changer cette pratique hideuse qui ne cesse de gangréner notre société.

Nos dirigeants doivent mettre dans leur tête qu’ « une frustration encourue au cours de longues années engendre la révolte, la soif de liberté ». Et quand cela arrivera ce ne sera pas la révolte en elle-même qui sera noble, mais plutôt ce qu’elle exigera.

Abdourahim Bacari (Papadjo)

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