Houmed Msaïdié : « il faut regrouper un maximum de partis autour d’impératifs de développement »

Houmed Msaidie : « il faut regrouper un maximum de partis autour d’impératifs de développement »

Houmed Msaïdié, ancien député, ancien Ministre

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Les anciens ministres Houmed Msaidié, Kamar Ezzamane et leurs amis ont lancé ce samedi 24 mai un nouveau parti : le RADHI (Rassemblement pour une Alternative de Développement Harmonieux et Intégré). Les organisateurs affirment avoir réuni près de 5000 personnes au foyer des femmes de Moroni, trop petit pour accueillir tout le monde. Du coup, selon certains témoignages, il y avait autant de monde dedans qu’à l’extérieur. Le Secrétaire Général du nouveau parti, Houmed Msaidié, a accepté de répondre aux questions de la rédaction de Mlimengu.

Mlimengu – Vous avez mobilisé un grand nombre de Comoriens au Foyer des Femmes samedi dernier pour l’AG constitutive de votre nouveau parti, vous attendiez-vous à un tel succès ? Comment l’expliquez-vous ? 

Houmed Msaïdié – Cela fait des années que nous sommes sur le terrain et que nous nous battons pour tout ce qui touche la vie quotidienne de nos concitoyens, c’est pour cela que nous avons pu mobiliser autant. Nous sommes donc satisfaits. Ce fut un plaisir de voir autant de monde, plus de 5000 personnes venues assister à notre Assemblée Générale constitutive.

Mlimengu – Certains ont dit que c’étaient essentiellement des gens du Mbude et ont donné à ce rassemblement un caractère régionaliste…

Houmed Msaïdié – Qu’ils sachent que j’en suis fier ! Un homme politique qui n’a pas un fief ne peut pas s’imposer sur la scène politique. Que des citoyens qui m’ont élu à trois reprises député pour les représenter à l’Assemblée Nationale (les habitants du Mbude, et ceux du Mitsamihuli en plus pour la troisième fois) soient avec moi pour un tel événement, je ne peux qu’en être fier. Je vous avoue que cela m’a fait plaisir. Ils représentaient environ un tiers des présents. Et s’ils n’avaient pas été là ? Les mauvaises langues auraient alors dit : « Il n’est même pas capable de mobiliser dans son fief ». Et bien, ils étaient présents et j’en suis heureux !

 

AG du Parti RADHI (Ph. Oustadh Padré)

AG du Parti RADHI (Ph. Oustadh Padré)

Mlimengu – Pourquoi un nouveau parti au lieu de recomposer le paysage et ainsi réduire le nombre de partis qui est encore trop élevé ?

Houmed Msaïdié – Il faut avoir en tête que les leaders qui étaient dans cette Assemblée Générale représentaient quatre mouvements ou partis politiques. Et nous avons discuté, au total avec huit partis politiques, mais seulement quatre ont répondu à notre appel. Donc, nous n’avons pas ajouté un parti, nous avons diminué le nombre ! Mais, nous n’allons pas nous arrêter là. Nous pensons qu’il faut regrouper un maximum de partis autour d’impératifs de développement. RADHI regroupe quatre partis existant et vise à en regrouper d’autres.

Mlimengu – Quelles sont les grandes lignes des idées de ce parti ? En quoi diffère-t-il des autres partis ?

Houmed Msaïdié – Nous voulons un parti pragmatique, avec des idées qu’on peut mettre en pratique rapidement.

Par exemple nous pensons qu’il faut réduire le train de vie de l’État et le rendre crédible auprès des citoyens. Il y a un train de vie inacceptable. On ne peut pas comprendre que le Président ou les ministres restent si longtemps à l’extérieur, à tel point que dans les conseils des ministres on n’a parfois que quatre ou cinq ministres parce que les autres sont en voyage. Le président ne devrait faire que trois voyages obligatoires : à l’Assemblée Générale de l’ONU et aux deux sommets de  l’Union Africaine que nous voulons renforcer pour en faire une fédération de type Union européenne. Le président pourrait également se rendre à l’extérieur pour signer des contrats importants qui apportent des bénéfices au pays. Il n’y a pas de raison que le président se déplace plus de huit fois dans l’année.

Nous voulons donner une importance particulière à la Justice. Cela passe par la désignation de magistrats conscients de leur rôle et décidés à travailler correctement. C’est pourquoi nous proposons de rendre plus libres ces magistrats en associant les élus de l’Assemblée de l’Union à leur désignation. Le Président de la République pourrait ainsi soumettre une liste à l’Assemblée qui la validerait ou non. Les deux instances pourraient aussi, sous le contrôle du Conseil de la Magistrature, engager une procédure pour démettre un magistrat qui a failli à sa mission.

L’éducation doit aussi être parmi nos priorités. Nous voulons qu’au niveau de l’enseignement secondaire, on puisse initier les jeunes à des métiers afin que s’ils sortent du système scolaire trop tôt, ils puissent exercer un métier. Au niveau universitaire, nous devons privilégier la recherche fondamentale basée sur notre environnement et arrêter de fonctionner comme une université d’un grand pays développé tout en mettant sur les places publiques de plus en plus de chômeurs.

On pourrait par exemple développer le tourisme, en comptant sur nos propres potentialités. Cela pourrait résoudre en partie le problème du chômage des jeunes.

 

Mlimengu – Quelle est votre position sur la question de l’île comorienne de Mayotte ?

Houmed Msaïdié – Nous espérons fortement que lorsqu’il sera ici cet été, François Hollande engagera les trois parties dans un véritable processus de réconciliation et de règlement du conflit franco-comorien. Et cela passe nécessairement par la suppression du « visa Balladur ».

 

Foyer des Femmes plein (source facebook Radhi)

Foyer des Femmes plein (source facebook Radhi)

Mlimengu – Pensez-vous pouvoir participer aux prochaines élections ? Pour les présidentielles, quel sera le processus de désignation de votre candidat ?

 

Houmed Msaïdié – Nous comptons participer aux prochaines élections et cela à tous les échelons. En ce qui concerne le mode de désignation de notre candidat aux prochaines élections présidentielles, nous allons instituer  un système de primaires, un système démocratique qui puisse permettre aux militants de désigner leur candidat, s’il y a plus d’un candidat à la candidature.

 

Mlimengu – Votre parti est-il représenté dans la diaspora ?

Houmed Msaïdié – Oui, nous sommes représentés en France. Tous ceux qui veulent nous rejoindre doivent contacter Mme Aniami Mchangama, en région parisienne. C’est une femme volontaire, une femme de conviction, militante du Parti socialiste en France et qui est chargée de mettre en place les structures du parti RADHI en France.

Non seulement nous sommes représentés dans la diaspora, mais nous avons également intégré dans nos statuts la représentation de celle-ci et nous allons soutenir d’une manière claire et avec force les revendications de la diaspora dans les questions cruciales comme celles de son droit de vote ou de ses déplacements vers la mère-patrie.

Nous allons aussi engager un dialogue avec la diaspora pour qu’elle diversifie son investissement au pays dans des secteurs porteurs comme le tourisme et ne pas mettre toutes ses capacités d’investissement uniquement dans les produits de consommation liés au grand-mariage.

propos recueillis par Mahmoud Ibrahime et Idjabou Bakar

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