Mois: juillet 2014

Djibrile : entre rires et larmes

Djibrile : entre rires et larmes

Djibrile au centre

Djibrile au centre

Djibrile est le surnom qui a été donné à Saïd Mohamed Soilihi, un des jeunes religieux parmi les plus talentueux des Comores. Pourquoi Djibrile ? La légende raconte qu’il a reçu son surnom après avoir prié pendant toute une journée et avoir obtenu de Dieu que la pluie s’abatte sur les préparatifs d’une fête qu’il ne souhaitait pas voir dans le village de son père, Mtsamdu (Washili).

Pour mesure la popularité de Djibrile, il faut attendre la fin d’une de ses longues séances de prières qui ressemblent plus aux shows des évangélistes américains que de l’image austère des imams musulmans. C’est au moment où les chaises sont en train d’être rangées, qu’elles glissent sur le parquet mouillé par la sueur et les larmes qu’on comprend l’influence qu’a cet homme né voici près de trente ans à Moroni sur les foules des croyants aux Comores, en Afrique de l’est, dans certains pays arabes où il a fait ses études (Yemen, Jordanie, Egypte…) et maintenant dans la diaspora comorienne.

Dimanche 27 juillet, il était à La Courneuve, dans une salle trop petite (environ 300 personnes). Elle était remplie et il n’y avait pas de place pour circuler. Des gens écoutaient le prêcheur dans la cour devant la salle. Shaykh Djibrile était au milieu de l’estrade et derrière lui se trouvaient des notables de Ngazidja. Contrairement à ce qu’on voit souvent dans les cérémonies organisées par les Comoriens de France, les femmes (celles qui ont pu entrer dans la salle) étaient d’un côté, assises, tandis que les hommes étaient debout de l’autre côté de la salle.

Une de ses fans qui regrette beaucoup de ne pas avoir pu s’y rendre raconte : « Même s’il nous prévenait la veille, on y serait ! Il ne faut pas écouter ce que certains écrivent sur facebook, il a beaucoup de gens derrière lui ». C’est dit et vérifié.

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Djibrile à La Courneuve le 27 juillet 2014

Ce serait un peu court de dire qu’il est éloquent. Il a un don. Pendant près d’une heure et demi, il a tenu en haleine un public varié passant des prières aux anecdotes, des duwan aux prescriptions religieuses et même parfois aux conseils. En quelques minutes, les gens passent des larmes aux rires et inversement. Ce jour là, un homme en transe a manqué de perdre connaissance, il a été sorti de la salle, en nage.

Lorsqu’il eut terminé les prières, Djibrile passa encore plus d’une demi-heure à prendre des photos avec ses « fans » : des notables, des jeunes, des mamans et des enfants. Sorti de là, il a pris la direction de la mosquée la plus proche. Et justement, samedi prochain, c’est dans cette mosquée de l’UOIF à La Courneuve que Djibrile accueillera ses partisans qui n’ont pas apprécié qu’il prenne une si petite salle, en si peu de temps, pour venir leur parler.

Un dimanche ordinaire dans le monde de Djibrile.

Mahmoud Ibrahime

 

Houmed Msaidié : la COI doit passer à un autre palier

Houmed Msaidié : la COI doit passer à un autre palier

Houmed Msaïdié, Secrétaire Général du parti RADHI

Houmed Msaïdié, Secrétaire Général du parti RADHI

Le Secrétaire Général du Parti RADHI, Houmed Msaidié est intervenu dans les journaux de RFI ce matin du 25 juillet 2014.

À l’occasion du sommet de la COI, dont l’ouverture devait avoir lieu aujourd’hui, Houmed Msaidié s’est exprimé sur la nécessaire libre circulation au sein de l’espace indiocéanique (« l’existence d’une identité commune, d’une communauté de destin ») et sur la circulation au sein des quatre iles des Comores.

Sur la question de la libre-circulation au sein de la COI, le secrétaire Général du parti RADHI estime que la Commission devrait suivre le chemin de l’Union Européenne et que cela pourrait régler certains problèmes économiques.

« Vous étiez comme ça aussi, en Europe. Les gens circulaient avec des visas, vous etes passés à un autre palier. Justement, nous demandons à ce qu’on passe à un autre palier, qu’il y ait la libre circulation des personnes et des biens entre les pays composant la COI. Beaucoup de problèmes seraient réglés y compris les problèmes de pauvreté que connaissent un certain nombre de pays de la sous-région ».

Sur la question de Mayotte, l’ancien Ministre, qui est persuadé depuis longtemps qu’il faut multiplier les échanges avec ses compatriotes de Mayotte malgré la situation actuelle, dénonce les entraves mises par le visa Balladur aux déplacements des Comoriens entre les quatre iles.

« Tout comorien qui veut se rendre à Mayotte, qui est comme tout le monde le sait un territoire comorien, est obligé d’obtenir un visa pour aller à Mayotte. Comme les autorités préfectorales sont très dures en matière d’octroi de visas, des Comoriens empruntent des pirogues pour se rendre à Mayotte et la plupart du temps ils se perdent en mer. Les 50 km qui séparent Anjouan de Mayotte sont devenus un véritable cimetière et ça c’est connu de tout le monde. »

Intervention que vous pouvez retrouver dans les journaux du matin de RFI du 25 juillet 2014.

A lire aussi…

dans Alwatwan :  « La COI ne peut pas être simple spectateur dans la question de l’ile comorienne de Mayotte »

dans lemohelien.com : Houmed Msaidie peaufine sa stratégie et ancre son parti sur la scène politique

Mahmoud Ibrahime

De la commission de l’océan indien (COI) à la communauté de l’océan indien. Quels enjeux ?

De la Commission de l’océan indien (COI) à la communauté de l’océan indien. Quels enjeux ?

 

COILe sommet des Chefs d’États qui devait se tenir à Moroni à partir de demain devait aborder la question du changement de nom. La Commission de l’Océan Indien (COI) peut-elle devenir la Communauté de l’Océan Indien ? Quelles en seraient les conséquences ?

« En cette année du 30e anniversaire de l’Accord de Victoria, je ne vois pas de plus beau cadeau que nous pourrions faire à nous-mêmes que de passer l’idée technique de Commission à l’ardente ambition de Communauté ». Ces propos sont du secrétaire général de la COI, M. Jean Claude de l’Estrac. Celui-ci affiche d’emblée cette ambition de changer la Commission en Communauté.

Il faut noter que cette volonté de changement de nom n’est pas, comme on veut le faire croire, dépourvu de conséquences, notamment juridiques.

 

Coopération ou Intégration ?

M. de l’Estrac le dit lui-même que la commission recouvre une « idée technique ». Il est vrai qu’avec la Commission, l’on est dans le domaine de la Coopération. L’idée centrale ici est de renforcer les liens d’amitié qui unissent les iles de l’Océan Indien dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité de chaque Etat. On vise à promouvoir une coopération diplomatique, économique et commerciale, ainsi qu’une coopération dans le domaine de l’agriculture, de la pêche maritime et de la conservation des ressources et des écosystèmes et la coopération dans le domaine culturel, scientifique, technique, de l’éducation et de la justice.

L’objectif principal de la COI est de rapprocher les diplomaties des pays membres. Cette organisation se donnent pour objectif de coordonner l’activité, les politiques des entités membres dans les domaines conjoints dans le respect constant de la souveraineté de ces dernières.

Cette institution se distingue aujourd’hui par la souplesse de son organisation et de son fonctionnement : présidence tournante dans l’ordre alphabétique, session ministérielle annuelle, secrétariat général, organisme permanent de liaison (OPL), et décisions qui se prennent en commun accord des parties contractantes (consensus).

Plusieurs organisations internationales se rattachent à l’objectif de coopération : OCDE, Conseil de l’Europe… En principe, les décisions se prennent ici à l’unanimité

 

Commission et communauté ne recouvrent pas les mêmes réalités

Bien que la COI jouisse de la personnalité juridique en tant qu’organisation internationale, les membres n’ont voulu renoncer à aucune compétence au profit de celle-ci. Ce qui nous éloigne de l’idée d’intégration qui caractérise la Communauté.

En effet, plusieurs organisations internationales, instituées sous forme de communauté, affichent une ambition d’intégration : Communauté économique européenne(CEE), Communauté des Etats indépendants(CEI), Communautés économique des Etats de l’Afrique de Ouest (CDEAO), Communauté économique de l’Afrique Centrale (CEMAC)

Le concept de « communauté » renvoie habituellement à l’objectif d’intégration.

L’Intégration qu’on peut, selon les circonstances, opposer à la Coopération est définie comme une fusion de certaines compétences étatiques dans un organe super étatique ou supranational. Il s’agit ici d’accepter, d’avoir même la volonté de transférer d’une manière ou d’une autre des compétences relevant de la souveraineté des Etats à des instances administratives ou électives internationales. De telles organisations mettront en place des instances décisionnelles indépendantes (Commission, Parlement, Cour de justice…) des Etats membres ou des organes à composition intergouvernementale (Conseil…) mais délibèreront, du moins en principe, à la majorité.

Un droit communautaire (droit primaire issus des traités et droit dérivé qui résulte des directives, avis ou recommandations des instances administratives ou électives) nait. Il s’applique directement aux particuliers et il a une valeur supérieure à la loi nationale.

 

Commission ou Communauté ?

Il est normal qu’après trois décennies d’existence, la COI évolue. L’ambition affichée par le secrétariat de l’organisation de changer la Commission en communauté s’inscrit certainement dans cette logique. Mais cela n’est pas, comme on veut le faire croire, qu’une question de changement de nom. Il s’agira en réalité d’un bouleversement institutionnel aux conséquences multiples et diverses : transfert de compétences, accroissement institutionnel et budgétaire, changement de mode de prise de décisions, superposition d’un nouvel ordre juridique…

Pour ne pas porter un coup d’arrêt à l’évolution de l’organisation, on peut consentir au passage de la Commission à la Communauté tout en étant très vigilant à la méthode et au contenu. Le problème ne se posera pas sur la notion de « Communauté » mais sur le contenu dévolu à celle-ci.

ABDOU ELWAHAB MSA BACAR

Interview. Hamada Madi Boléro : « Je crois en la démocratie »

 

 

 

Interview. Hamada Madi Boléro : « Je crois en la démocratie »

Hamada Madi Bolero,           Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

 

Le Directeur de cabinet du président de la République des Comores, également chargé de la Défense était de passage en France à l’occasion du 14 juillet et du centenaire de la Première Guerre mondiale. À cette occasion les autorités françaises et comoriennes ont ouvert un chemin de mémoire dans l’Oise pour rappeler que des soldats comoriens sont venus se battre pour la France à cette occasion et que certains y sont enterrés. Nous avons voulu faire un bilan de cette visite avec Hamada Madi Boléro.

Mlimengu – Monsieur Hamada Madi Boléro, vous avez passé plus de dix jours en France, dans votre agenda qui était chargé, y a-t-il un moment qui vous a marqué plus que les autres ?

Hamada Madi Boléro – Oui bien sûr ! C’est lors la cérémonie d’inauguration du chemin de mémoire des soldats venus de l’archipel des Comores et morts pour la France en 1918 pendant la Grande Guerre.
Mlimengu – Alors est-ce que vous êtes encore venu « vendre Mayotte à la France » ? (Rires)

Hamada Madi Boléro – Je n’en sais rien ! Il faudrait peut-être demander cela à ceux qui distribuent les notes de « bons » et « mauvais Comoriens ».
Mlimengu – Comme vous en avez l’habitude maintenant, vous êtes allé à la rencontre du public et notamment des Comoriens de France. Pourquoi ce besoin ?

Hamada Madi Boléro – Vous savez, je crois en l’institution « Démocratie » dans le système politique et par conséquent, j’estime qu’il du devoir du politique, qui plus est a des responsabilités étatiques, d’essayer de répondre aux inquiétudes des citoyens, des contribuables ! J’avoue que peu font cet exercice lorsqu’ils sont au pouvoir et je ne leur en veux pas puisque cela doit être fait par conviction et non pour un autre objectif ! C’est donc pour cela que lorsqu’on me le suggère, je réponds affirmativement, si le temps me le permet !

Mlimengu – Certains se demandent pourquoi c’était vous qui avez fait ce voyage et pas le ministre des Affaires étrangères. Que leur répondez-vous ?

Hamada Madi Boléro – Je leur demande d’abord pourquoi cette question ! C’est à la fête du 14 juillet 2014, la France l’a placée sous la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, vous avez certainement remarqué que la majorité des pays invités, avec 3 militaires pour leur drapeau national, ont envoyé le Ministre des militaires, donc de la Défense. Ensuite, après consultation avec la partie française, les départements de la défense de l’Union des Comores et de la France, avons convenu d’inaugurer le chemin de mémoire des soldats comoriens morts pour la France pendant le premier conflit mondial, quelques jours après justement la fête du 14 juillet. Dans ces conditions, au lieu d’envoyer deux Ministres différents, le Gouvernement a jugé bon d’envoyer celui de la défense. Et enfin, un Gouvernement décide en Conseil des Ministres et tous les membres sont solidaires des décisions.

Mlimengu – Pourquoi était-il important que l’Etat comorien soit présent, par votre intermédiaire, le 14 juillet aux Champs-Elysées et le 19 juillet dans l’Oise ?

Hamada Madi Boléro – Pour le 14 juillet, le Gouvernement français a proposé à ce que tous les pays qui ont combattu avec la France pendant la Guerre 14-18, soient présents aux Champs-Elysées pour marquer la solidarité internationale. J’ajouterai si vous me le permettez que ce symbole est fort pour envoyer un message de paix aux pays où la guerre fait rage ! Je pense bien sûr à l’Est de l’Ukraine, à Gaza, et ailleurs.

Pour le 19 juillet à Ourscamps et Cuts, nous ne pouvions pas ne pas y être puisque la cérémonie était organisée en l’honneur des soldats venus de nos quatre îles, il y a cent ans !

Mlimengu – À l’occasion de la commémoration des tirailleurs comoriens, vous avez reçu la légion d’honneur, est-ce une récompense pour « services rendus » comme on peut l’entendre ici et là ?

Hamada Madi Boléro – C’est encore à moi de répondre à cette question ou au pays qui me l’a décernée ? La France comme l’Union des Comores d’ailleurs, étant un pays indépendant, les autorités de ce pays comme celles du mien, exercent librement les prérogatives que la législation nationale leur a dévolues !

Mlimengu – En quoi cette légion d’honneur revêt-elle une importance pour vous ?

Hamada Madi Boléro – J’avoue que je n’en sais rien ! Toutefois, permettez-moi de profiter de cette opportunité pour remercier le Chef de l’Etat français et tous ceux qui ont pensé que ma très modeste personne pouvais bénéficier d’une si haute distinction de la part d’un pays si important dans les relations internationales.

Mlimengu – Sur l’affaire des personnes arrêtées pour « tentative de coup d’Etat » ou « atteinte à la sûreté de l’Etat », le commissaire de la République a annoncé des révélations, qu’est-ce que les juges comoriens ont appris auprès des juges français ?

Hamada Madi Boléro – Très franchement je ne sais pas plus que vous. Par contre, je savais depuis longtemps que des personnes que la justice comorienne soupçonnait de faire partie de ceux qui étaient considérés comme commanditaire de la tentative de déstabilisation, étaient interpellés et placés en garde-à-vue en France. Certainement la justice comorienne a pris connaissance du dossier parisien et attendons justement qu’elle nous fasse cette communication lorsqu’elle sera en mesure de le faire.

Mlimengu – Dans quelques jours, les Comores vont recevoir le Président de la République française. Pourquoi est-il là ? Un accord sera-t-il signé entre les deux pays ?

Hamada Madi Boléro – Un Accord sur quoi ? Allons, replaçons les choses à leur place. Un Sommet de la Commission de l’Océan Indien (COI) se tiendra aux Comores, à Moroni le 26 juillet prochain. La COI est formée des Etats, Union des Comores, République française, République de Madagascar, République de Maurice et République de Seychelles. Et puisque c’est un Sommet, alors sauf cas justifié, les Etats sont représentés au plus haut niveau et ce sera le cas. Pour cette raison donc, oui les Comores vont recevoir François Hollande, Chef de l’Etat français comme tous les autres chef d’État de la COI.

Les Ministères des Affaires Etrangères de l’Union des Comores et de la France sont en pleine activité et on verra si pour certains départements comme celui des finances, nos administrations pourront proposer quelque chose à la signature de nos deux Présidents. Sinon, je répète, c’est une visite dans le cadre multilatéral et plus précisément de la COI.

Propos recueillis par Mahmoud Ibrahime

Zoubert Adinani est décédé

Zoubert Adinani est décédé

Zoubert Adinani (photo©Mayotte 1ere)

Zoubert Adinani (photo©Mayotte 1ere)

Après l’enterrement en avril dernier de Zena Meresse, avec Zoubert Adinane, c’est une autre grande figure de l’histoire comorienne en général et de l’histoire de Mayotte en particulier, qui a disparu ce 21 juillet 2014, à la Réunion, des suites d’une longue maladie. Il a été de ceux qui se sont opposés à l’indépendance comorienne et ont lutté avec le Mouvement Populaire Mahorais (MPM) pour le rattachement de Mayotte à la France.

Zoubert Adinani était à la fois huissier, homme politique et dignitaire religieux. Il était né en juin 1939 à Tsingoni. Son père, le shayh Adinani dont les ancêtres venaient d’Anjouan, était cadi et paysan.

Le fils avait suivi la voie du père et était devenu huissier de justice. En 1962, le pouvoir local l’affecte à Anjouan et l’année suivante, il rejoint le MPM, contre le gouvernement de Saïd Mohamed Cheikh et pour s’opposer à une indépendance comorienne qui paraissait inéluctable.

Il a été élu pour la première fois à la Chambre des Députés des Comores en août 1967 sur la liste du MPM, en compagnie de Marcel Henry, Younoussa Bamana et Abdallah Houmadi. Il sera régulièrement réélu (en 1971 et en décembre 1972) jusqu’à l’indépendance des Comores. Comme les autres élus de Mayotte, il sera absent de la Chambre des Députés le 6 juillet 1975, lors de la proclamation unilatérale d’indépendance.

En 1977, il est élu Maire de Tsingoni, poste qu’il occupa jusqu’en 1995. Après l’explosion du MPM, il devient le président du Mouvement Départementaliste Mahorais (MDM) qui se rapproche du Nouveau Centre en France. 

Exerçant son pouvoir de notable, c’est lui qui après les élections de 2008, sans être élu, négocie avec tous les partis présents au Conseil Général de Mayotte et trouve une majorité (la fameuse majorité « macédoine » allant du PS à l’UMP) à Ahamed Attoumani Douchina (UMP), majorité qui tint, au détriment du PS, jusqu’en 2011.

C’est pendant cette période qu’il fut désigné président du Conseil Régional du Culte Musulman. Mais, candidat aux sénatoriales de septembre 2004, il n’obtint que 16 voix (4,75% des suffrages).

C’est donc un homme qui reflète l’histoire récente des Comores qui est parti hier vers sa dernière demeure.

Mahmoud Ibrahime

Les tirailleurs comoriens à l’honneur dans l’oise

Les tirailleurs comoriens à l’honneur dans l’oise

Des enfants comoriens chantent les hymnes nationaux

Des enfants comoriens chantent les hymnes nationaux

C’est comme si on avait oublié depuis longtemps que des Comoriens, sujet de l’empire français depuis 1843 pour Mayotte et 1912 pour le reste de l’archipel, avaient participé à la Première guerre mondiale. Certains sont morts et enterrés en France, d’autres sont revenus dans leur pays et ont disparu pratiquement tous dans l’indifférence générale.

À l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale et après des recherches qui ont été menées surtout à Mayotte, notamment par un professeur d’Histoire-géographie, Pascal Marcilloux (doc aucune autorité n’a cité le nom, malgré le travail accompli depuis 2010), les autorités françaises ont décidé d’organiser une journée de commémoration pour rappeler l’action des soldats comoriens pendant la Première guerre mondiale.

Les deux États ont mis à la disposition des Franco-comoriens qui le souhaitaient des cars pour les amener dans l’Oise participer à la manifestation. Ils furent nombreux à être présents pour cet événement.

La cérémonie a commencé à vers midi à Ourscamps, en présence d’une demi douzaine de gendarmes français, des trois officiers comoriens qui ont défilé le 14 juillet aux Champs-Élysées, du préfet de l’oise et du Directeur de Cabinet, chargé de la défense, Hamada Madi Boléro. Le Secrétaire d’Etat français, chargé des Anciens combattants, Kader Arif, annoncé depuis plusieurs jours n’étaient finalement pas présent, mais représenté. L’Ambassadeur des Comores en France n’était pas présent non plus. Il serait parti le matin même pour les Comores et n’était pas représenté dans ces cérémonies.

Plaque dévoilée à Cuts (oise)

Plaque dévoilée à Cuts (oise)

Après les hymnes nationaux superbement chantés par des enfants comoriens et une jeune femme d’origine antillaise, les autorités ont déposé des gerbes de fleurs sous la plaque où sont inscrits les cinq noms de soldats d’origine comorienne « morts pour la France ».

Les gens se sont ensuite déplacés vers Cuts où une autre plaque a été dévoilée. Une vingtaine de noms de Comoriens « morts pour la France » y sont inscrits.

Enfin, c’est devant la mairie de Cuts que les officiels ont prononcé des discours qui ont mis l’accent sur les liens entre les deux pays, avant la remise de la légion d’honneur au Directeur de cabinet du Président Ikililou.

Mahmoud Ibrahime 

Le dérapage de trop de l’ex-président Sambi

Le dérapage de trop de l’ex-président Sambi

  

Photo officielle du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011)

Photo officielle du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011)

 

Trop c’est trop ! Comme disait l’autre, une fois ça suffit et deux fois c’est trop ! Le 6 juillet 2014 SAMBI a prouvé devant tout monde, plus-particulièrement le peuple comorien son incapacité à rester humble vis-à-vis de nos institutions. Lui, qui se déclare constamment loyal envers la République, il a affiché sa véritable image de mégalomane à la place de l’indépendance. Il n’a pas eu ce geste n’importe où et à n’importe quel moment chers lecteurs. Il a choisi d’humilier la République à cette place qui nous est très cher, en plus, à la date de la naissance de l’Etat comorien. Une arrogance de trop qui lui est naturel de toute façon.

   Quelle mouche l’a piqué ce jour-là à cette place symbolique pour nous tous, pour salir une énième fois son image déjà ternie par plusieurs dérives de ce genre, en s’attaquant à nos institutions ? Un geste qui restera à jamais dans nos annales. Beaucoup de nos compatriotes sont étonnés et totalement choqués de voir SAMBI s’autoriser à ouvrir le toit de son véhicule, et se mettre debout pour saluer la foule présente, comme le font les chefs d’Etat.

   Ce geste de SAMBI, il avait eu le soir même de l’investiture de l’actuel Président IKILILOU DHOININE. La tradition fait que le président sortant ne prend pas part à l’invitation du premier diner officiel du nouveau président qui doit marquer ses premiers pas auprès des représentants internationaux et ambassadeurs présent au pays.

     Mais ce n’était pas le cas. SAMBI ne s’est pas gêné. Il s’est pointé au diner officiel avec des gestes qui ont mis le tout nouveau président mal à l’aise. Chose qui a laissé le corps diplomatique présent sans voix. Du jamais vu, sauf aux Comores où SAMBI ne cesse de semer de trouble pour déstabiliser son successeur.

     On se rappelle encore fois du geste détestable qu’il a eu pour dénigrer le président Ikililou d’une part et noircir l’image de tout un pays d’autre part. En effet, en Tanzanie lors du 50e anniversaire de celle d’autre part. Sambi, à travers ses complices a pu trouver le moyen d’être à la Tribune officielle sans que son successeur le sache.

     Aussi, dans le cadre de la signature sur la délimitation des frontières maritime entre les Comores, le Mozambique et la Tanzanie, Sambi voulait coûte que coûte y participer alors qu’il n’est plus président. Heureusement le tanzanien Armando Emilio Guebuza a décliné la proposition de SAMBI qui finit par annuler son voyage pour le Mozambique.

   Ce qui est triste, c’est quand on sait bien que l’ex président est entouré par des anciens ministres, hommes de droit, voir avocats qui sont sensés connaitre le protocole à respecter à surtout dans les manifestations officielles comme ce jour de notre indépendance.

 

     Abdourahim Bacari