Djibrile : entre rires et larmes

Djibrile : entre rires et larmes

Djibrile au centre

Djibrile au centre

Djibrile est le surnom qui a été donné à Saïd Mohamed Soilihi, un des jeunes religieux parmi les plus talentueux des Comores. Pourquoi Djibrile ? La légende raconte qu’il a reçu son surnom après avoir prié pendant toute une journée et avoir obtenu de Dieu que la pluie s’abatte sur les préparatifs d’une fête qu’il ne souhaitait pas voir dans le village de son père, Mtsamdu (Washili).

Pour mesure la popularité de Djibrile, il faut attendre la fin d’une de ses longues séances de prières qui ressemblent plus aux shows des évangélistes américains que de l’image austère des imams musulmans. C’est au moment où les chaises sont en train d’être rangées, qu’elles glissent sur le parquet mouillé par la sueur et les larmes qu’on comprend l’influence qu’a cet homme né voici près de trente ans à Moroni sur les foules des croyants aux Comores, en Afrique de l’est, dans certains pays arabes où il a fait ses études (Yemen, Jordanie, Egypte…) et maintenant dans la diaspora comorienne.

Dimanche 27 juillet, il était à La Courneuve, dans une salle trop petite (environ 300 personnes). Elle était remplie et il n’y avait pas de place pour circuler. Des gens écoutaient le prêcheur dans la cour devant la salle. Shaykh Djibrile était au milieu de l’estrade et derrière lui se trouvaient des notables de Ngazidja. Contrairement à ce qu’on voit souvent dans les cérémonies organisées par les Comoriens de France, les femmes (celles qui ont pu entrer dans la salle) étaient d’un côté, assises, tandis que les hommes étaient debout de l’autre côté de la salle.

Une de ses fans qui regrette beaucoup de ne pas avoir pu s’y rendre raconte : « Même s’il nous prévenait la veille, on y serait ! Il ne faut pas écouter ce que certains écrivent sur facebook, il a beaucoup de gens derrière lui ». C’est dit et vérifié.

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Djibrile à La Courneuve le 27 juillet 2014

Ce serait un peu court de dire qu’il est éloquent. Il a un don. Pendant près d’une heure et demi, il a tenu en haleine un public varié passant des prières aux anecdotes, des duwan aux prescriptions religieuses et même parfois aux conseils. En quelques minutes, les gens passent des larmes aux rires et inversement. Ce jour là, un homme en transe a manqué de perdre connaissance, il a été sorti de la salle, en nage.

Lorsqu’il eut terminé les prières, Djibrile passa encore plus d’une demi-heure à prendre des photos avec ses « fans » : des notables, des jeunes, des mamans et des enfants. Sorti de là, il a pris la direction de la mosquée la plus proche. Et justement, samedi prochain, c’est dans cette mosquée de l’UOIF à La Courneuve que Djibrile accueillera ses partisans qui n’ont pas apprécié qu’il prenne une si petite salle, en si peu de temps, pour venir leur parler.

Un dimanche ordinaire dans le monde de Djibrile.

Mahmoud Ibrahime

 

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