Mois: août 2014

Pas de retour possible de Mayotte dans son giron naturel

Tribune Libre. Pas de retour possible de Mayotte dans son giron naturel                        

Mayotte

Mayotte

Au cours de son périple dans l’océan indien, François Hollande a sillonné  les deux départements français de la région en réaffirmant la continuité de sa politique économique : le pacte de compétitivité pour redresser la France.

Lors de son passage à Mayotte le vendredi 22 août, le président français a accordé une interview à deux journalistes des deux télévisions locales. François Hollande a été formel sur le dossier de Mayotte qui oppose la France et les Comores en disant ceci : « Mayotte a choisi de rester dans la république, son retour dans son giron naturel n’est plus possible ».

A la veille de son déplacement pour Moroni dans le cadre du quatrième sommet de la COI, ce message avait un double sens. D’une part il voulait rassurer les Maorais quant à l’enracinement de l’ile dans la République française malgré les réclamations répétées des autorités de Moroni, et d’autre part, dire aux hommes politiques comoriens de tout bord que l’abolition du visa Balladur mis en place en 1995 pour limiter la circulation des iliens de l’archipel vers Mayotte n’est plus envisageable .

L’ouverture du quatrième sommet de la commission de l’océan indien a débuté le samedi 23 août par le discours du président Comorien. Il  interpella son homologue français sur les drames en mer causés par le visa Balladur.  il le suggéra de trouver une issue sur ce contentieux qui oppose les deux pays . La réponse du président français a été claire, il a botté en touche la question du visa, et en faisant une petite annonce sur l’annulation de la dette comorienne, pour permettre le pays de s’engager dans la voie du redressement. Pour lui la lutte contre l’immigration clandestine passe par une meilleure coopération entre les deux pays en matière de sécurité maritime, mais aussi pour aider les Comores à se développer afin fixer les ressortissants comoriens sur leurs iles respectives.

La question de Mayotte est devenue un nœud gordien entre la France et les Comores, François Hollande n’a pas voulu se démarquer de ses prédécesseur sur ce dossier et IKILILOU a fait comme les autres présidents comoriens, évoquer la question du retour de Mayotte dans son giron naturel est une revendication légitime pour les autorités comoriennes . Il y aura toujours un espoir de retour possible de Mayotte dans l’ensemble Comorien car la roue de l’histoire continue de tourner. Au siècle passé Macao et Hongkong entités chinoises sous domination portugaise et anglaise ont réintégré la chine .     

MOHAMED IBRAHIM MIHIDJAY

VOUS AVEZ DIT ELECTIONS COMMUNALES ?

VOUS AVEZ DIT ELECTIONS COMMUNALES ?

Archipel des Comores

Archipel des Comores

Le chef de l’Etat a fixé au 2 novembre prochain les élections des députés de l’Union, des conseillers des Iles et des conseillers municipaux. Mais tout observateur avisé du contexte politico-social comorien ne peut s’empêcher de s’interroger sérieusement sur l’opportunité d’organiser des élections locales.

Il est vrai que les comoriens ont expérimenté la gouvernance locale à travers des mairies dites pilotes implantées ça et là sur le territoire, des lois sur la décentralisation, sur l’organisation territoriale et sur le scrutin communal ont été adoptées par l’Assemblée de l’Union en 2011 et des délégations spéciales ont été installées par les autorités insulaires afin de gérer les communes en attendant l’organisation des élections locales. Sauf que nombreuses sont les difficultés qui jalonnent le processus de communalisation aux Comores. Des questions fondamentales liées à l’instauration et au fonctionnement des communes restent encore en suspens.

D’abord, la délimitation des territoires communaux reste une épine dans le pied pour les autorités étatiques. Nombreuses sont les communes dont le territoire n’est pas connu et les conflits liés aux découpages territoriaux sont légion. Nul n’ignore le conflit frontalier qui oppose la Commune de Moroni et la ville d’Itsandra au Nord et celle d’Ikoni au sud, pour ne citer que cet exemple. En dépit des efforts fournis par le gouvernement avec le concours du programme de coopération décentralisée (PDC) financé par l’Union Européenne à travers une étude menée par l’université des Comores, la cartographie de l’île de Ngazidja n’a jamais été finalisée et 11 des 28 communes de Ngazidja n’ont pas de territoire défini.

La multiplication des conflits inter-villageois engendrés par les différends frontaliers et les dégâts matériels et humains que cela a causés plaide pour une prise en considération sérieuse et attentive de la question de délimitation des communes. Le traitement de celle-ci constitue un pré-requis à toute élection communale.

Se posent ensuite les difficultés relatives aux choix des lieux d’installation des Hôtels de ville. La question des sièges des communes se pose avec acuité d’autant plus qu’on a assisté à un embrasement de plusieurs localités de Ngazidja, provoqué par les fortes contestations de choix de certains sièges des délégations spéciales. De nombreux contentieux empoisonnent plusieurs régions de l’île de Ngazidja (Itsandra yadjou, Itsanra Mbagani, Hamahamet Nyumamro, Hambou djoumoipanga, Bamabao yadjou… et nombreuses sont les délégations spéciales installées au forceps par le gouvernorat de l’île.

Vient enfin la question du financement des communes. Jusque-là il n’y a eu aucune étude sérieuse faite par l’Etat sur la mobilisation des ressources devant financer les futures communes. La loi sur la décentralisation a prévu différentes pistes de ressources qui vont des impôts locaux (taxes foncières, taxes d’habitation, patentes) à des dotations étatiques. Reste que les impôts prévus sont en totale décalage avec la réalité économique et sociale comorienne. Il est difficilement envisageable qu’une mairie puisse demander à ses habitants de payer des impôts sur leurs lopins arides ou sur leurs abris en brique, en tôle ondulée ou en paille. Et l’on se demande, à juste titre, où l’Etat va trouver l’argent pour doter les communes alors que lui-même a du mal à joindre les deux bouts. Il ne faut pas perdre de vue que si l’Etat se révèle incapable de financer les communes, il aura du mal à exercer une autorité sur celles-ci. Ce qui constituerait une source supplémentaire d’instabilité de la République en plus des velléités sécessionnistes.

Il faut s’empêcher de jouer l’oiseau de mauvaise augure, mais rien qu’au vu des déchirements causés par l’installation de délégations spéciales à Ngazidja, on ne peut que craindre le pire avec les élections locales à venir.

Abdou elwahab Msa Bacar

Les Comores soutiennent le candidat mauricien à la Francophonie

Les Comores soutiennent le candidat mauricien à la Francophonie

 

Les chefs d'État de la COI

Les chefs d’État de la COI

Le secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien (COI) Jean Claude de l’Estrac, candidat mauricien pour les élections du secrétariat général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) prévues en novembre prochain, a obtenu le soutien des pays de l’Océan Indien. 

Les chefs d’États et de gouvernement de l’Océan Indien apportent « unanimement » leur soutient à Jean Claude de l’Estrac, secrétaire général de la COI, candidat mauricien aux élections du secrétariat de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Selon un communiqué publié par l’équipe de campagne Maurice-Francophonie, « les dirigeants de l’Océan Indien ont apporté ce 23 août 2014 à Moroni, leur plein soutien à la candidature mauricienne à la Francophonie ».

Le président de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina a souligné « la dynamique de Jean Claude de l’Estrac qui est pour beaucoup de la montée en puissance de la COI ». Quant au président seychellois, James Michel, il a vanté les qualités du candidat mauricien qui selon lui, a transformé la COI en la rendant plus audible et visible, « je ne doute pas qu’il saura transformer la Francophonie et toute la famille de la COI a pesé pour une issue heureuse à cette candidature.

Et le président Ikililou Dhoinine n’a pas manqué d’exprimer sa confiance dans la capacité de Jean Claude de l’Estrac à « lancer une nouvelle étape dans la vie de l’Organisation Internationale de la Francophonie », avant de faire part du soutien de son pays au candidat mauricien.

Rappelons que Jean Claude de l’Estrac n’est pas le seul candidat à ces élections. Deux autres candidats briguent le poste. Il s’agit de Henri Lopes, ancien premier ministre congolais (Brazzaville) et Pierre Buyoya, ancien président burundais.

Natidja Hamidou

LE CONTENTIEUX TERRITORIAL FRANCO-COMORIEN S’EST INVITE AU SOMMET DE LA COI

LE CONTENTIEUX TERRITORIAL FRANCO-COMORIEN S’EST INVITE AU SOMMET DE LA COI

MayotteLe contentieux territorial franco-comorien sur l’île de Mayotte s’est invité au quatrième sommet de la Commission de l’Océan Indien(COI).

De passage à Mayotte, le Président Hollande a annoncé les couleurs en déclarant que les Comores ne peuvent plus revendiquer Mayotte et que la question n’est plus négociable. Le président Ikililou Dhoinine a répondu à cette déclaration en prononçant un discours très offensif où il a d’emblée fait le vœu que les discussions entamées pour la résolution du différend qui oppose les Comores à la France, sur la question de Mayotte, permettent de parvenir à un dénouement heureux conformément aux résolutions des Nations Unies. Il a, dans la foulée, invité ses hôtes de la COI à engager l’organisation dans une démarche commune dans le but de mettre fin à un drame humain qui détruit quotidiennement des familles entières. Il a fait remarquer que nombreuses sont les victimes du visa instauré depuis 19994 entre les trois îles et Mayotte, la quatrième île des Comores. Des personnes à qui l’on refuse l’exercice des droits humain le plus élémentaires, à savoir la libre circulation des personnes dans les respects des traités et conventions internationaux.

A Moroni, le président français affirme que l’enjeu de sa présence sur la terre des Comores c’est de faire tomber les barrières qui séparent les deux pays et retisser le fil d’une histoire commune, trouver des formes d’unité différentes du passé et envisager des relations apaisées et constructives. Il a cependant esquivé la question du différend territorial qui oppose les deux pays. Reconnaissant qu’un drame se joue dans nos eaux territoriales, M Hollande a réduit le différend franco-comorien à une lutte contre l’immigration clandestine. En annonçant l’annulation par la France de la dette des Comores et en axant son discours sur l’engagement d’une politique de développement, on a l’impression que le chéquier peut tout résoudre.

Visiblement le véritable enjeu est ailleurs puisque le président français parle des ressources naturelles à puiser dans l’océan indien et d’espoirs sur des gisements à exploiter non loin des côtes comoriennes.

Abdou elwahab Msa Bacar

Mes 4 Questions à IDRISS MOHAMED

Moi: Bonjour Idriss

M. Idriss Mohamed: Bonjour Irchad.

1- Moi : Aujourd’hui se tient le 4ème sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de la COI. Quelle en est votre lecture ainsi que celle du Comité Maoré qui appelle par le biais d’un communiqué la population comorienne à manifester « sa rage » à l’occasion de la visite du président français M. François Hollande.

Ne pensez-vous pas que la question du VISA BALLADUR relève plutôt de la négociation bilatérale d’autant que les autres membres de la COI semblent s’en désintéresser ?

 

1- M. Idriss Mohamed : Je pense que ce qui est important de souligner dans le déplacement de François Hollande, c’est sa position intransigeante sur la question de l’ile comorienne de Mayotte. Il n’a aucun respect pour ses partenaires comoriens. Même sur un plan diplomatique lorsqu’on a des divergences, on essaie de les exprimer d’une certaine façon. Lui non ! Les gens ont entendu les déclarations qu’il a faites à Mayotte. Donc connaissant nos autorités malgré la résistance dont ils font preuve ces derniers temps en particulier lors de la dernière conférence des ministres, on ne peut qu’appeler à une RIPOSTE ENERGIQUE pour qu’au moins la dignité de notre peuple ne soit pas piétinée et bafouée comme si nous étions des moins que rien par des gens arrogants, qui n’ont aucun sens de l’amitié entre les peuples et qui croient que les grands pays peuvent malmener les petits pays sans aucun respect des principes.

Je crois que le général De Gaulle avait dit que les pays n’ont que des intérêts à défendre et c’est vrai, mais il faut les compléter avec autre chose. Il y’a des principes ! Si on n’applique pas un minimum de principe dans la défense de ses intérêts, le monde devient une jungle. Et c’est ce que font les français aux Comores. Donc c’est normal que nous demandions une réaction vigoureuse pour montrer aux dirigeants français et au monde que nous n’avons pas renoncé et que nous ne renoncerons pas !

S’agissant des négociations entre les Comores et la France,il faut savoir que tout conflit se règle en dernière analyse par la négociation. Nous, nous avons toujours demandé à ce que la France reconnaisse la vocation de Mayotte à réintégrer l’Etat comorien et qu’à partir de ce moment là, tout peut être mis sur la table. Mais, si la France veut négocier avec les Comores pour accorder des visas à ceux-ci et pas à ceux-là etcétéra, mais dequel type de négociation s’agit-il ? C’est de la moquerie !

Nous, nous avions avancé une idée : 1 pays, 2 administrations !

Je voudrais saisir cette occasion pour dire quelque chose. Les maorais disent que nous ne tenons pas compte d’eux lorsqu’on s’exprime sur cette question. Mais en fait ce sont eux qui ne tiennent pas compte de nous. Parce qu’ils considèrent que toutes ces questions qui concernent Mayotte, ça ne leur regarde qu’à eux seuls. Mais Mayotte est une ile comorienne, donc j’ai autant de droit qu’un maorais sur Mayotte de la même façon qu’un maorais a autant de droit que moi sur la Grande-Comore qu’un grand-comorien. C’est comme ça ! Donc, lorsque nous revendiquons Mayotte ça ne veut pas du tout dire   que nous ne tenons pas compte de leurs aspirations. C’est plutôt eux qui ne veulent tenir compte des nôtres parce qu’ils considèrent qu’ils ne sont pas comoriens. Il faut bien que les choses soient remises à leurs places. Nous savons aussi qu’à Mayotte il y’a des gens se battent pour l’indépendance et l’unité, mais jamais on ne les entend. D’ailleurs même ceux qui crient … quand on gratte un peu on se rend compte que finalement leur comorianité est là.

2-Moi : Vous venez de publier aux Editions Coelacanthes un livre sur votre parcours politique et militant. En quelques mots, pourriez-vous nous dire ses principaux jalons et les faits saillants qui vous ont marqué ? Et, votre livre constitue-t-il une forme aggiornamento ?

2-Idriss Mohamed : (rire) Je ne sais pas ce que veut dire aggiornamento !

Moi : Une forme de mise à jour!

M. Idriss Mohamed : Non. Moi ce qui m’a poussé à écrire ce livre, c’est parceque beaucoup de camarades n’arrêtaient pas de me solliciter pour que je le fasse.. Pour que j’écrive. Et même temps, plusieurs personnes ont écrit, et puis plusieurs expressions ont été faites dans les blogs. Et finalement ce sontdes personnes qui ont le droit d’écrire ce qu’ils veulent sur ce que nous avons vécu mais qui ne l’ont pas vécu de près. Et en même temps j’estime que nous avons incarné un grand espoir dans le pays et nous l’avons déçu ! Là, il y a des enseignements à tirer.

Donc le principal objet de mon livre est raconter comment j’ai vécu cette expérience de l’intérieur. Comment moi j’ai vécu les problèmes qui se sont posés à la révolution comorienne, quelles sont les réponses que nous avons apportées et pourquoi ça a échoué. Et en même temps lancer une idée d’un nouveau patriotisme qui pourrait rassembler les rescapés de tous les mouvements passés comme les nouveaux, un patriotisme qui allierait comme disait Hessel, le local à l’international. Un patriotisme internationaliste. Un patriotisme qui est fondé sur la solidarité aussi bien locale, régionale, nationale et internationale. Mon livre est une invitation à la réflexion pour la création d’un nouveau parti politique.

Je crois que parmi les nombreux problèmes que traverse aujourd’hui notre pays, je considère que depuis la fin du FD il n’y a plus de parti révolutionnaire qui incarne les aspirations profondes du pays. À partirde ce moment là tout va à vau l’eau..

Je vais vous donner un exemple pour que les gens puissent comprendre ce que je vais dire. Lorsque nous étions là, si quelqu’un vole l’argent du pays il devait se cacher. Et ceux qui étaient contre ces vols cherchaient tous les moyens pour débusquer l’infraction et nous donnaient l’information et nous on le disait ou on le publiait. Rien que cela faisait que ceux qui volaient n’avaient le front haut dans le pays, dans les madjiliss et autres, ils avaient honte parce qu’on les attaquait. Il y avait une certaine dynamique dans la jeunesse qui faisait que celle-ci s’intéressait à ces choses la.

3- Moi : Depuis la chute du régime du président Ahmed Abdallah il y’a ¼ de siècle, la plupart de vos anciens « camarades » ont participé d’une façon ou d’une autre à la gestion du pays, avec les résultats que l’on sait.  Est-ce que selon vous le désenchantement actuel de la jeunesse, jusqu’à l’absence de mobilisation en faveur des sujets et combats importants comme la journée du 12-Novembre appelée aussi« journée-maoré » par exemple, ne trouvent pas leur source dans les errements des anciens du FD ou de leurs avatars ?  

3-M. Idriss Mohamed : Je comprends bien la question. Mais ce qu’il faut bien retenir, c’est que si quelqu’un qui a été avec nous, qui s’est battu avec nous et qui à moment donné à décidé de rompre avec nous et d’aller de l’autre côté n’est plus représentatif de nous. Bien sûr que ce n’est pas aussi simple que ça car on voit des gens aujourd’hui auxquels on peut se demander s’ils pensaient vraiment une parcelle de ce qu’ils disaient il y’a quelques années. Quand on les voit piller le pays comme ils font et qui plus est, avec arrogance!

Souefou, .. Abodo Souefou, il s’est prêté je crois, des centaines de millions et il a affronté son Conseil d’administration pour lui dire.. « mais je me suis prêté !!! ». Ce sont des gens qui ont l’audace de ce qu’ils font. Pour moi, ils sont beaucoup plus venimeux, ils font beaucoup plus de tort car c’est des gens qui ont une culture, une façon de faire et qui osent. À partir du moment où ils ont choisi de rompre et qu’ilsont changé de camps ils ne nous représentent plus.

Maintenant il faut se dire que tous les mouvements révolutionnaires dans le monde ont eu leurs transfuges. C’est un peu ce qui s’est passé chez nous. Il y a des gens qui sont partis après 1985 avec la répression, d’autres après 1989, d’autres quand il y’avait le président Azaly parce qu’ils y ont vu une porte ouverte, d’autres sont partis pour ceci ou pour cela. Ce n’est pas un bloc monolithique, d’ailleurs si c’était le cas on aurait pu penser qu’ils allaient créer quelque chose pour aller encore plus loin maisnon, rien de tout ça ! C’est des gens qui sont descendu du train mais ça n’empêche que le train devait continuer..

Mais l’interprétation que les gens font de ces errements et de ces reniements est que la politique est une mauvaise chose, c’est vraiment pourri, c’est sale.. Et le résultat fait qu’aujourd’hui on a que des larrons enfoire sur la scène politique comorienne.

Moi c’est un combat que j’ai voulu mener à un moment donnépour inciter la jeunesse à s’engager en politique. Par exemple dans Habari, pour pousser les jeunes les plus sains, les plus déterminés à servir le pays à s’intéresser à la politique car c’est là où tout se passe. Toutes les décisions se mènent là et non sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui on voit par exemple Kiki,  qui se prétend candidat et qui ambitionne d’être président de la république. On ne sait même pas d’où il vient, enfin je n’en sais rien. Mais je crois que c’est un bon symbole pour montrer que la jeunesse doit s’intéresser à la politique et doit aussi s’impliquer.

Notre problème aujourd’hui c’est que les idées révolutionnaires dans le monde ont baissé, le libéralisme l’a emporté avec beaucoup d’arrogance et de force même si la crise qu’il a engendrée crée des situations extrêmement tendues y compris dans les grandes métropoles capitalistes mais il n’y a pas encore l’émergence d’un mouvement ou d’une riposte internationale malgré les quelques tentatives incarnées par les mouvements altermondialistes. Le monde manque de boussole mais je suis convaincu que ça viendra et que cette situation ne pourra pas perdurer.

4-Moi : Le Comité Maoré milite pour l’organisation de la prochaine tournante au profit de l’ile comorienne de Mayotte jusqu’à soutenir un candidat déclaré, alors que la Constitution vise l’île à laquelle échoit la tournante (Art.13), et non « une citoyenneté insulaire ». Ne faites-vous pas une lecture erronnée de la Constitution du 23-12-2001 sachant que tout comorien peut être candidat partout où il le souhaite ?

 

4- M. Idriss Mohamed :Tout d’abord une mise au point. Nous ne soutenons aucun candidat que ce soit clair et net. Aucun candidat !

En fait, la tournante dans la Constitution indique que l’île à laquelle échoit la présidence, il doit y avoir une primaire sur cette île. Et c’est ça l’obstacle car on ne peut pas organiser à Mayotte dans la situation actuelle pour sélectionner les 3 candidats finaux. C’est celle là la vraie question. Comment régler ce problème ? Certains vous répondent, de toutes façons on ne peut pas organiser les élections à Mayotte donc on arrête et ça retourne à Ngazidja. Les Kiki et consorts, qui sont bien évidemment des idées derrière la tête et qui soutiennent de toutes les façons possibles les positions de la France avec leur machin de France-Comores-Echanges.. Et il y’a nous qui disons qu’en fait c’est une disposition qui a été prise et qui peut être modulée. On peut penser une loi organique qui permet de sélectionner les candidats afin de pouvoir organiser des élections nationales avec eux. Mais en réalité, la vraie question est que ceux qui sont au pouvoir ne se prononcent pas.

Nous avions intenté une action auprès de la Cour constitutionnelle pour montrer que Maoré a droit à son Vice-président. Nous avons obtenu gain de cause mais ça n’a jamais été suivi d’effets. Donc on peut déduire que la vraie question est politique. Est-ce que oui ou non les Comores vont sauter le tour de la tournante maoraise sans même poser la question, sans même discuter ? Ensuite, on peut aussi pointer cette contradiction dans notre Constitution. On parle d’île mais il n’y a pas de citoyens d’île !

Nous, nous voulons que formellement l’Etat se prononce pour la tournante à Mayotte et qu’on cherche les moyens pour le faire. Certainsavaient avancé l’idée d’un scrutin numérique que tout comorien de Mayotte disposant d’une carte nationale d’identité puisse voter par internet. Lespistes existent à condition de s’y mettre. Mais la question reste politique. Il faut d’abord faire ce 1er pas. Ce sera un signal fort envoyé à la France et au monde entier. Un signal pour dire que nous n’avons pas renoncé et que nous ne renoncerons jamais..

Moi: Je vous remercie

M. Idriss Mohamed: C’est moi

Propos recueillis par Irchad ABDALLAH

Trait pour trait. Abdallah Abdou Hassane, animateur de la radio Baraka FM

TRAIT POUR TRAIT. ABDALLAH ABDOU HASSANE, ANIMATEUR DE LA RADIO LA BARAKA FM

Qui n’a pas écouté, au moins, une fois la radio La Baraka Fm ? Qui n’a jamais entendu parler de son animateur principal ? Personne, si l’on habite sur l’île de Ngazidja. Et pour cause : tous les soirs, à 21 h pétantes, nombreux sont les habitants de l’Île qui sont branchés sur cette radio libre pour s’enquérir de l’actualité politique, économique et sociale du pays. Tout le monde y est invité ou s’y invite : des hommes politiques, du pouvoir ou de l’opposition, des députés, des conseillers des iîles, des directeurs des sociétés d’Etat, des membres de cabinets ministériels, des juges, des avocats, des oulémas, des enseignants, des médecins et des étudiants. Tous les sujets y sont traités. Toute l’actualité y est scrutée. Et les appels téléphoniques des auditeurs font le succès de cette radio.

Abdallah Agwa

Abdallah Agwa

Un homme incarne à lui seul la voix de cette radio. Cet homme s’appelle Abdallah Abdou Hassane alias Abdallah Agua. Animateur vedette de cette radio libre sise à Ntsoudjini au centre de l’île de de Ngazidja, Abdallah Abdou Hassane est le cauchemar quotidien de tous ceux qui détiennent le pouvoir, au sein de l’Union et dans les gouvernorats. Il guète leur moindre scandale, leur moindre faux-pas. Il déplore la mauvaise gestion des finances publiques, le manque d’eau et d’électricité, le mauvais fonctionnement des services publics de la santé, de l’éducation, du transport. Il dénonce virulemment les détournements des deniers publics, la corruption, le favoritisme, le népotisme et « l’insularisation » des régimes.

Abdallah Abdou Hassane est né en 1976 à Ntsoudjini et il est père de trois enfants dont la bien nommée Daria, patience, résistance et persévérance en comorien. Un clin d’œil au fait que l’animateur était détenu en prison lorsque sa fille est née. Les décentes nocturnes des policiers chez lui, les arrestations musclées et les détentions, c’est son lot quotidien depuis qu’il fait de la radio et de la télévision. D’ailleurs il aime répéter que le régime de Sambi l’a radié de la fonction publique. Mais il rassure qu’il n’a jamais été condamné, car à chaque fois il rapportait la preuve de ce qu’il a dit à la radio où à la télévision. Son obsession, c’est la protection de ses sources d’information. En dépit des interrogatoires musclés, il ne les révèle jamais.

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De gauche à droite : Abdou Moussa, Irchad Abdallah et Abdallah Agwa

Abdallah Abdou Hassane est l’un des animateurs radio les plus en vue. Pourtant, il n’a pas fait d’études et n’est titulaire d’aucun diplôme. Il dit avoir fait seulement l’école coranique et quitté l’école française en cour préparatoire pour faire l’école de la vie. La radio est pour lui une passion et on le comprend en voyant les moyens dérisoires et rudimentaires avec lesquels il officie. Il faut vraiment aimer ce qu’on fait pour pouvoir travailler dans ces conditions-là. L’on se demande où il reçoit ces ministres, ces leaders politiques, ces avocats, ces juges, ces députés et conseillers, ces oulémas tellement l’espace est rare et l’ameublement sobre. Svelte, silhouette mince et des grosses lunettes barrant un visage déjà rempli de rides, Abdallah Abdou Hassane, l’homme, ne reflète pas Abdallah Agua l’animateur opiniâtre et zélé. L’homme courtois et discret qu’il est, l’antithèse de l’animateur à la voix combative et dénonciatrice qu’il incarne tous les soirs à la radio. On comprend pourquoi ses invités se dévoilent et se confient aisément. En bon père de famille, l’homme rassure. Mais il ne faut pas dire que d’aucuns pensent que sa radio prendrait la voix de la Radio Milles Collines et inciterait à la haine entre les populations des îles, car l’animateur refait surface. Il sort ses griffes, se défend d’inciter quiconque à la haine et explique que des radios comme la sienne existent à Anjouan et à Mohéli et Dieu sait que leurs animateurs n’encensent pas le grand-comorien. D’où lui vient cette passion de la radio? C’est juste qu’au début il appelait la radio Multimédia Com, une radio libre, en tant qu’auditeur pour émettre ses opinions, puis se faisait inviter à la CRTV, une chaine de radio et de télévision privée, pour commenter l’actualité politique nationale.

Mais le déclic pour s’engager en tant qu’animateur est venu avec l’avènement de la citoyenneté économique, chère à l’ex-président Sambi. Il a fait de la radio et de la télévision pour s’opposer au projet de Sambi de vendre les passeports comoriens à des apatrides Bédouines des monarchies du Golf persique.

Ne craint-il pas pour sa vie et celle de sa famille en s’attaquant à des personnalités ou à des dossiers sensibles comme le séparatisme, les détournements dans les sociétés publiques, l’assassinat du lieutenant-colonel Combo Ayouba ou les ventes des passeports ? Il répond qu’on ne meurt qu’une fois. Tant qu’il respire, il continuera de faire de la radio et de défendre ses idéaux.

A ceux disent que des personnalités du pouvoir lui versent des subsides, il nie être à la solde de quiconque. Sinon il y a longtemps il serait parti en France ou ailleurs. Ce ne sont pas les offres qui manquent : on lui propose souvent des voyages. Car, l’homme dérange. Sa langue est comme un couperet et Dieu sait combien de têtes il a fait tomber. A chaque fois qu’il s’attaque à une personnalité haut placée, le décret présidentiel de limogeage tombe. Il a l’œil partout et est au courant de tout (Djini bahari, aime-t-il se qualifier).

On raconte qu’une fois l’ex-président Sambi a refusé d’ouvrir le conseil des ministres en ironisant sur le faitqu’il manquait encore Abdallah Agua pour commencer. Car l’animateur racontait le soir ce qui a été dit en conseil le matin. Pourquoi critique-t-il systématiquement Mouigni Baraka Said Soilih, Gouverneur de l’Île de Ngazidja et natif de Ntsoudjini comme lui ? Il dit s’attaquer au bilan du Gouverneur de l’île et non à la personne de Mouigni Braka qui est dorénavant un ami propre. Est-ce que c’est parce qu’il critique le gouverneur qu’on a incendié sa radio ? Il dit ne rien savoir si ce n’est qu’il fait des jaloux, y compris dans sa propre localité.

Il faut reconnaitre qu’Abdallah Abdou Hassani participe activement et à sa manière à l’édification de l’Etat de droit et à l’enracinement de la liberté de la presse aux Comores. A défaut d’avoir les guignols de l’info, les comoriens de Ngazidja ont la Radio La Baraka FM.

Abdou elwahab Msa Bacar

La politique occidentale au Proche-orient

La politique occidentale au Proche-orient

Il serait temps pour les occidentaux, Européens et Américains essentiellement, de regarder en face les résultats désastreux de leurs interventions directes ou indirectes au Proche et Moyen-Orient et de faire leur autocritique.

Gaza, des immeubles d'habitation bombardés

Gaza, des immeubles d’habitation bombardés

Faire de la politique c’est anticiper. Les Occidentaux avaient-ils prévu tous ces conflits qui sont les conséquences des guerres qu’ils ont initié dans les pays arabes ? Quels changements constate-t-on dans ces pays après les interventions des Occidentaux ?

La première faute qu’ils ont commis c’est d’avoir décidé seuls, sans l’accord des pays Arabes de créer un Etat israélien en 1948 sur un territoire qui n’est pas le leur. Deuxième faute, ils continuent de soutenir Israël sur un des principes condamnés par la charte de l’ONU, précisément l’occupation d’un territoire étranger d’une manière illégale. Bref, ils soutiennent la colonisation au XXIe siècle. Ils savent tous que le gouvernement israélien est en train de coloniser une partie du territoire de la Palestine, mais ils adoptent la politique du silence.

Nous n’ignorons pas la dureté envers le peuple des régimes de Saddam Hussein, Mahamar Kadaffi, Hosni Moubarak, Ben Ali et Bechar El Assad aujourd’hui. Mais choisir la voie de la guerre et des assassinats n’était pas la solution véritable pour ramener la paix dans cette région.

En Irak par exemple, l’ex-président américain George Bush, seul, sans l’accord de l’ONU a décidé de frapper ce pays qu’il a accusé de détenir des armes chimiques, alors que des inspecteurs des Nations-Unis ont fini par prouver le contraire dans leur rapport. Après les massacres sur des milliers de civiles irakiens dont des enfants et des femmes, ils ont dit qu’ils étaient désolés. C’est par ces fautes répétitives que l’Irak se trouve d’ors et déjà, plus bas que terre, avec les massacres de nouveaux massacres et une guerre farouche entre chiites et sunnites.

En Lybie, le gouvernement Sarkozy a fait croire à l’opinion française, européenne et internationale que le problème c’était Kadafi. Aujourd’hui, avec les révélations de la presse française sur les relations entre les deux hommes, on s’aperçoit que Kadafi n’était qe le problème de Sarkozy. Après l’assassinat de Kadafi, la solution est loin d’être trouvée dans ce pays jadis prospère. Une situation qui menace les pays voisins comme l’Algérie qui prévoit une éventuelle intervention militaire pour rétablir la paix surtout dans ses frontières.

On dirait que l’ONU et les occidentaux sont là pour juger les dirigeants du tiers monde seulement. Obama et les autres dirigeants occidentaux interviennent en Irak pour soutenir les chrétiens persécuté et tués par les islamistes. C’est une bonne chose, une bonne initiative de palier ce danger, cette souffrance que George Bush a légué sans raison aucune aux Irakiens. Mais ces interventions de ceux qui se prennent pour les gendarmes de ce monde ne doivent surtout pas être partielles et partiales.

Pourquoi n’interviennent-ils pas contre l’Etat d’Israël qui tue des centaines d’enfants et de femmes palestiniens ? Cette façon de réagir des Occidentaux, nous laisse septique et très critique vis-à-vis de leur politique. Nous doutons du rôle de l’ONU pour la paix dans le monde. Nous n’avons plus confiance en ceux qui se prennent pour nos défenseurs. Les désordres qui déstabilisent partout : en Irak, Syrie, Lybie, Egypte, Tunisie, Palestine et en Afrique trouvent leur origine en Occident.

Les occidentaux doivent montrer leur capacité à dépasser l’intérêt et le profit de leurs pays respectifs pour la paix du monde. Et ceci, commencera par la paix en Palestine. La paix en Palestine permettra aux Occidentaux de trouver les arguments qu’il faut pour des solutions véritables afin d’aider d’autres régions.

Abdourahim Bacari