Mois: février 2015

Les élections législatives aux Comores. Les jeux sont ouverts

Les élections législatives aux Comores

Les jeux sont ouverts

Les Comoriens sont appelés aux urnes ce dimanche pour le deuxième tour des élections législatives et pour l’élection des conseillers des communes qui éliront les Maires dans les différentes villes.

Ce premier tour a vu apparaître trois forces importantes : Juwa de l’ex-président Mohamed Sambi, Rassemblement Démocratique des Comores du Gouverneur Mouigni Baraka et l’UPDC, le parti présidentiel. Entre les trois partis, c’est celui qui réussira à rallier le plus de « perdants » qui l’emportera demain, ensuite, c’est celui qui pourra former une majorité à l’Assemblée qui pourra prétendre être la première force du pays. Le premier parti du pays sera au pouvoir au lendemain de ces élections car même si nous ne sommes pas en régime parlementaire, il est certain qui si l’UPDC n’arrive pas à constituer une majorité, elle sera obligée de faire entrer au gouvernement l’opposition ou à accepter un sabotage systématique de tous les projets qui passeront à l’Assemblée. Et puis, au-delà de la Constitution, il ne serait pas très démocratique qu’une minorité commande la majorité.

Juwa a sans doute fait le plein de ses voix, à quelques exceptions régionales près. Dans pratiquement toutes les circonscriptions, le « Tout sauf Sambi » s’est mis en place, sauf à Moroni où le parti a remporté dès le premier tour la circonscription de Moroni Nord, aux dépens surtout du député sortant, Abdoulfatahou Saïd Mohamed. Même en ballotage favorable, Mohamed Msaidié (Juwa), à Moroni Sud avait très peu de chance de gagner, mais à Moroni le « TSS » semble s’être transformé en « TSK » (« Tout sauf Kiki »), la plupart des candidats malheureux s’étant ralliés à la personnalité consensuelle du candidat de Juwa par opposition au bouillonnant Kiki de la République.

Il est certain que Juwa a déjà perdu son pari d’obtenir la majorité à l’Assemblée et les 2/3 au Congrès pour modifier la Constitution et permettre à leur président d’honneur Mohamed Sambi de briguer de nouveau la présidence pendant le « tour » de Ngazidja. Il lui reste à limiter les dégâts en concrétisant quelques victoires à Anjouan.

Le RDC quant à lui s’est vu soudainement fermer la porte par l’UPDC, le MOUROUA, la CRC, le RADHI, le PEC et d’autres partis qui dénoncent la manière dont le Gouverneur a utilisé les moyens de l’État et de l’Île de Ngazidja pour avantager ses candidats ou le recours abusif au vote par procuration qui prête à confusion. Mais, en réalité, plus que tout, les partis craignent que le Gouverneur Mouigni Baraka ne soit le véritable vainqueur de ces élections dimanche soir et que cela ne lui permette d’apparaître comme un candidat crédible pour les présidentielles de 2016.

Enfin l’UPDC dont plusieurs observateurs ont annoncé la mort dès la fin du premier tour pourrait être la surprise du second tour tant il semble que le gouvernement a décidé de mettre le paquet partout où le parti présidentiel est au second tour. Le débauchage d’un suppléant d’un adversaire à Mohéli en est une preuve. Les résultats de dimanche pourraient conditionner la manière dont le régime du président Ikililou Dhoinine finira. Mené par Mohamed Ali Soilihi, Ministre des Finances, l’UPDC s’éloigne d’un allié de l’avant premier tour : le RDC et semble se rapprocher du parti RADHI.

Quelque soit le parti qui sortira vainqueur dimanche soir, ce qui caractérise le second tour de ces élections, ce sont les alliances à « géographie variable », selon le lieu, selon la circonscription, les alliances sont différentes et les adversaires ne sont pas les mêmes.

Mahmoud Ibrahime

Communiqué de la FCC-F : soutien au mouvement Madji Na Mwendje

Communiqué

logoFCCFLa Fédération Comorienne des Consommateurs-France a appris hier l’arrestation de Mohamed Saïd Abdallah Mchangama, président de la Fédération Comorienne des Consommateurs et d’autres acteurs du mouvement Madji na Mwendje (« Eau et Electricité »).

Parce qu’ils étaient en train de préparer un mouvement de protestation pacifique contre la privation d’eau et d’électricité à toute la population comorienne, ils sont accusés par le gouvernement d’« incitation à la haine ».

Le travail qui a été mené ces derniers temps au sein de la FCC visait à faire prendre conscience à la population que les droits ne s’obtiennent que progressivement par une lutte obstinée et non par les seules incantations. Ce travail de conscientisation est en marche et cela fait peur au pouvoir en place.

L’arrestation de responsables d’associations de la société civile avant même la manifestation annoncée, la mise en place d’un climat de peur et la réquisition de magasins comme si le pays était en guerre dénotent manifestement d’une perte de sang froid de la part du gouvernement du président Ikililou et du Ministre de l’Intérieur, M. Houssen Hassan Ibrahim.

Cela participe surtout, hélas, d’une certaine régression par rapport aux valeurs de liberté et de démocratie puisque c’est sans doute la troisième ou quatrième manifestation que le gouvernement tente d’interdire, au mépris de la Constitution et des lois du pays.

La FCC-F, fidèle à ses objectifs, soutient sans réserve le mouvement Madji Na Mwendje dans son action en cours pour l’accès de la population à l’eau et l‘électricité.

Elle exhorte le gouvernement comorien à prendre de la hauteur et à relâcher immédiatement et sans condition le Président de la FCC et toutes les personnes qui ont été arrêtées depuis dimanche.

Fait à Paris le 9 février 2015

Fédération Comorienne des Consommateurs -France