Mois: juin 2015

Anjouan vit au rythme du ramadan

Archipel des Comores

Archipel des Comores

La population anjounaise comme celle des autres îles de l’archipel des Comores observe le jeûne du mois sacré du ramadan. Cette année le climat est favorable dans toute l’île : il n’y a pas trop de chaleur ni de soleil. Dans le Nyumakele c’est plutôt le froid qui domine actuellement. On ne sent vraiment pas d’affaiblissement physique dans la journée.

Nyumakele, une région riche en agriculture

Les habitants du Nyulakele ne se plaignent pas de la nourriture pour rompre le jeûne le soir. La région a une auto-suffisante alimentaire qui permet à ces populations de vivre le ramadan sans crainte. Des marchés occasionnels dans les quartiers sont installés partout pour l’occasion. On peut trouver dans ces marchés des patates douces, des tarots, du manioc, de la banane et des légumes. Les prix sont dans la plupart estimé à 500 KMF le tas qui peut nourrir au moins deux bouches. Les revendeuses n’hésitent pas à descendre jusqu’à Domoni ou Mutsamudu pour revendre ces produits vivriers en vue d’engranger beaucoup plus de bénéfices. « L’abondance des tubercules et des légumes dans cette région est le fruit de travail de certaines ONG qui sont venues nous apprendre des nouvelles techniques pour l’agriculture. De même des nouvelles espèces venant d’autres pays ont été injectées et la production se fait plus rapidement que dans les espère d’avant » déclare Moussa Houmadi un habitant de Mrémani. Malgré la pauvreté dans cette région, les familles arrivent à joindre les deux bouts avec des produits locaux. Madame Hadija Bouchrane originaire de Adda agricultrice et vendeur au carrefour KOHANI (Rond point qui mène vers Domoni, Mrémani et Moya) se dit fière de son métier d’agricultrice car elle arrive à subvenir aux besoins de ses enfants « Si nous vendons nos récoltes c’est pour pouvoir acheter du poisson, des habits pour nos enfants et assurer leur scolarité. Aujourd’hui, nous sommes capables de nourrir toute la population comorienne sans que cela nous affecte. Par jour je peux faire un chiffre d’affaires allant jusqu’à 50000 KMF contrairement aux autres mois où on est entre 5000 et 25000 KMF ». Le même constat se fait sentir chez ses collègues qui voient le ramadan comme une opportunité pour réduire un peu leurs produits en abondance dans les champs.

Bazimini ou les bonnes affaires

A quelques kilomètres du Nyumakelé l’on trouve la localité de Bazimini communément appelée Dubai, un surnom dû à ses commerces à bas prix. Cette année on a noté une présence très remarquée de jeunes hommes et femmes venus de la Grande-Comores pour acheter des habits et chaussures pour aller les revendre à Moroni. « Dès la première semaine du mois de ramadan, nous avons constaté l’arrivée des gens venus de la Grande-Comore pour acheter nos marchandises. C’est une bonne chose pour nous. En une journée on reçoit une centaine de clients venus d’Anjouan et des autres îles notamment à Ngazidja. Il est facile de faire un chiffre d’affaires avoisinant les 2 000 000 KMF par jour et cela augmente de jour en jour » a affirmé Anli Saindou, un commerçant de Bazimini. La présence des jeunes dans le commerce peut s’expliquer par plusieurs facteurs notamment le chômage, le coût de transport Dar-Salam –Moroni, l’affaiblissement de l’euro au niveau international. « Nous préférons venir à Anjouan à Dar –salam car nous trouvons des articles moins chers ou aux mêmes prix qu’à Dar-Salam. Nous achetons en gros comme en détail. En plus de cela on se comprend très bien il n’y a pas de problème de langues. Le retour sur investissement est très significatif. Nos fournisseurs achètent en Chine comme ceux de Dar-Salam donc pas besoin de se casser la tête » a expliqué un jeune de Ntsaweni rencontré à Bazimini le vendredi dernier. C’est aussi un habitué du lieu depuis 2013. Malgré le bras de fer entre la mairie de Moroni et les marchands ambulants, ces jeunes espèrent écouler toutes leurs marchandises dans les meilleurs délais. La concurrence se fera au niveau des prix où chaque personne voudra faire valoir ses techniques marketing afin de persuader les familles à acheter leurs produits.

Il faut souligner aussi que la circulation routière a été perturbée en fin de semaine dernière pendant deux jours à Mutsamudu. Les bus ne sont pas autorisés à circuler dans Mutsamudu à partir de 9H, ainsi en a décidé le maire de Mutsamudu. Mécontents, les transporteurs du Nyumakele et des autres régions ont décidé d’observer deux jours de grève ce qui a amené un compromis entre le maire et les transporteurs. Désormais les bus sont à nouveau de retour dans les stations habituelles.

Mbaraka Djoumbé

Sambi et ses acolytes veulent marcher sur la Constitution

Photo officielle du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011)

Photo officielle du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011)

Il est du devoir de chaque citoyens comoriens de prendre la dimension du contexte actuel qui risque de nous plonger dans une guerre civile. Les ambitions de l’ex-Rais Ahmed Abdallah Sambi inquiètent et divisent le peuple comorien.

Ceux qui veulent coûte que coûte faire revenir Ahmed Abdallah Sambi au pouvoir 2016, à la place d’un Grand- Comorien, s’appuyent sur des interprétations souvent fallacieuses de notre Constitution.

Les juristes qui soutiennent le projet de l’ex-Rais se basent sur les articles 13 et 14, en les tordant dans tous les sens et sans tenir compte de l’esprit véritable de notre Constitution. Ils pensent que la solution est là, dans ces deux articles. Ils contraignent ceux qui ne sont pas juristes d’apporter leurs points de vue par rapport à la question. Personnellement, je pense que la solution n’est pas seulement juridique.

Revenons un peu en arrière pour comprendre le pourquoi nous sommes arrivés jusqu’à inscrire dans la Constitution ce principe de la présidence tournante.

Le 3 août 1997, quand Anjouan décide de proclamer son indépendance de la République Fédérale Islamique des Comores, personne ne sait encore que la décision qui va plonger l’archipel au bord d’une guerre civile qui a failli commencer en Grande-Comore quand les 26 et 27 avril 1999, des jeunes grand-comoriens ont décidé de demander aux Comoriens vivant à Anjouan de plier bagages pour rentrer dans leur île natale. Nous nous rappelons de Sbata de Bangoi Kuni (paix à son âme), de Leza Massulaha et tant d’autres qui étaient à la tête de ce Mouvement. Mais pourquoi ces jeunes se sont soulevés soudainement contre nos compatriotes anjouanais ?

Parce que, lors de la conférence inter-îles tenue à Tananarivo (Madagascar), du 19 au 23 avril 1999 sous l’égide de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine), actuelle UA (Union Africaine) pour tenter de mettre fin à la crise anjouanaise, seulement les dirigeants de la délégation grande-comorienne et mohélienne ont accepté de signer « l’accord » qui crée l’Union des Comores, un futur Etat doté d’une large autonomie des îles. La délégation anjouanaise, quant à elle, a refusé de signer « cet accord » par peur d’être massacrée par ceux qui les attendaient dans l’île rebelle, tellement les tensions étaient si grandes et très violentes.

Les dirigeants politiques anjouanais qui ont pu manipuler la population anjouanaise ne voulaient aucun contact avec Moroni. Ils n’avaient qu’un souhait : la rupture totale d’Anjouan avec les autres îles (Grande-Comore et Mohéli). Ils ont dissout toutes les organisations syndicales parce qu’elles relient les îles par leurs membres dirigeants. Un acte dénoncé le 25 décembre par la Fondation anjouanaise des Droits de l’Homme (FADH) dans un communiqué. La FADH a même demandé aux chefs séparatistes de revenir sur leur décision. Les tensions étaient rudes. La paix était menacée. Le pays risquait une guerre civile. Du 3 au 5 septembre, Mutsamudu « capitale » d’Anjouan a même connu des combats de rues entre séparatistes.

Le 31 décembre,  Le chef séparatiste Abeid critique l’accord d’Antananarivo, qui, affirme-t-il, risque de faire revenir Anjouan « sous l’autorité de Moroni et des Grands Comoriens ».

Des incidents ont opposé, dans la nuit de lundi à mardi 6 février, des manifestants aux forces de l’ordre sur la route menant de l’aéroport de Ouani à Mutsamudu.

Les irréductibles du mouvement séparatiste Abdallah Mohamed, Bagoulam et Saindou Cheik voulaient par cette action empêcher une délégation de l’OUA de se rendre à Anjouan. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils ne souhaitaient pas négocier afin d’empêcher tout accord qui leur demanderait l’abandon de leur positions séparatistes.

Mais, le 17 février 2001, les délégations des trois îles ont fini accepter les accords de Fomboni qui mettaient fin aux magouilles des séparatistes. L’accord de Fomboni est en réalité le contrepied de l’Accord d’Antananarivo proposé par l’Union Africaine, beaucoup plus clair sur les notions de souveraineté et d’unité nationale.

L’accord de Fomboni a affaibli l’Unité nationale par :

–          Une large autonomie des îles dont on ne dit pas les limites mais qui s’apparente à une quasi-indépendance ;

–          Une Présidence tournante qui consacre l’insularité au-dessus de la nation, chose voulue et très attendue par nos compatriotes anjouanais et mohéliens.

–          La multiplication des administrations et des superstructures.

Pourquoi avions-nous adopté cette Constitution à présidente tournante ?

Cette Constitution a été adoptée parce que Anjouanais et Mohéliens se disaient victimes de l’ancienne Constitution qui, selon eux, favorisait les grands-comorien pour le poste du Président de la République. Ils ont soulevé ce mouvement séparatiste quand ils ont constaté que lors des élections de 1996 qui ont amené Mohamed Taki Abdoulkarim au pouvoir, à Anjouan, trois grands comoriens étaient en tête alors qu’il y avait des candidats anjouanais dans la course.

Avant même les élections de 1996, en 1995, après la déportation du Président Saïd Mohamed Djohar à la Réunion, à Marseille se réunissaient les candidats aux élections et là, on leur a  présenté une pétition rédigée par l’OPIA (Organisation Pour les Intérêts d’Anjouan) dont Commandant Ahmed était le chef, signée par 6000 anjouanais, qui demandaient le détachement d’Anjouan de Moroni.

Donc voyez-vous, tous ces troubles qui ont failli coûter l’unité et l’intégrité territoriale de notre pays sont oubliés parce qu’on veut soutenir quelqu’un qui veut le pouvoir quel que soit le prix à payer pour la paix civile. Nous ne pouvons pas oublier ce passé récent. Nous aimons la paix chez nous. Et s’il faut mettre en prison ceux qui risquent de faire plonger notre pays dans une guerre sans précédente, il ne faut surtout pas hésiter à les mettre en prison.

Sambi peut, s’il le veut, être un candidat vice-président, mais sûrement pas le candidat président. Il attendra le tour d’Anjouan. Comme Azali Assoumani, dont je ne partage pas les idées, a attendu dix ans.

Abdourahim Bacari (Papadjo)

La grogne des salariés du privé à Mayotte

Mayotte

Mayotte, une des îles de l’archipel des Comores

Depuis 2011 Mayotte entre dans le cadre des droits communs au même titre que les autres départements d’outre-mer. Cela suppose un alignement des droits sur nombre de domaines. On assiste donc depuis fin avril jusqu’à ce jour à des grèves à répétition des salariés du secteur privé.

La départementalisation récente de l’ile fait que le territoire intègre petit à petit le droit commun et, de ce fait, de nouvelles contraintes fiscales et sociales viennent s’imposer aux entreprises mais aussi aux ménages, au risque de déstabiliser un équilibre déjà fragilisé du tissu économique. Le niveau de vie des ménages maorais est en hausse, tout comme les besoins d’équipement est en augmentation. Selon l’antenne de l’INSEE à Mayotte, en 2010 le SMIG mensuel brut maorais a dépassé le premier juillet 2009 le seuil symbolique de 1000 euros. Il est actuellement à 1100 euros. Il faut rappeler que les salariés maorais du secteur privé subissent des inégalités salariales par rapport à leurs collègues de la Réunion ou de France et pourtant ils exécutent les mêmes tâches. C’est la cause des grognes sociales à répétition.

Quelles sont les revendications de ces travailleurs ? Elles sont multiples, mais nous pouvons examiner les principales demandes, à savoir : l’application de la convention collective, la mise en place du 13e mois, équivalent au salaire du mois de décembre dès cette année 2015, augmentation des salaires, attribution d’une prime de pénibilité, etc.

Tous les agents de la BFC, la SMAE ou SFR ont été en grève avec des revendications similaires. Des protocoles de fin de conflit ont été signé avec les représentants syndicaux pour les salariés, les responsables de ces entreprises et du MDEF de Mayotte jouant le médiateur. Et ce sont les agents du BTP et de COLAS qui sont en grève en ce moment.

Par ailleurs, il faut rappeler que le secteur public n’a pas été touché par cette flambée de mécontentement, pour la simple raison que les mouvements de grève de 2013 de ce secteur sur l’indexation des salaires des fonctionnaires ont abouti à la mise en place d’une indexation progressive de quarante pour cent qui sera définitive en janvier 2017.

Ces conflits sociaux à répétition affectent l’économie locale, car l’entreprise ne fonctionne pas seule. Elle s’implante dans un environnement bien particulier. Les infrastructures, les populations, le contexte économique, social… autant d’éléments externes qui peuvent avoir une influence déterminante sur son activité et son équilibre. Ce climat social tendu est la conséquence d’un niveau de vie en hausse qui se traduit par une forte croissance des importations qui représentent 90% des produits consommés. Les prix sont élevés de par l’importance des coûts d’acheminements des marchandises et la trop faible concurrence en vigueur sur l’île. Il est normal que les acteurs publics et du privé fassent un rattrapage salarial pour faciliter le pouvoir d’achat des salariés qui constituent les consommateurs de Mayotte.

Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY

Salwa-Mag ou la positive attitude

Culture

« Il s’agit d’apporter notre pierre à l’édifice pour soigner cette image et à montrer que tout n’est pas mort dans le pays ».

salwamag

« Salwa, la femme Comorienne » est une page qui retient l’attention de plusieurs usagers comoriens du réseau social Facebook. La page publie des portraits de personnalités féminines des Comores, des articles…etc. Pour en savoir plus, Mlimengu s’est entretenu avec Faraenti Abdallah Mgueni, celle qui diffuse quotidiennement les informations sur cette page. Ancienne présentatrice du journal à l’ORTC, cette mère de deux enfants a fait des études de Lettres Modernes à l’Université Paris 13. Elle a également suivi des formations en journalisme dans la région de l’Océan Indien et en France. Titulaire d’un diplôme de santé (assistante d’infirmière) obtenue aux Etats Unis, Faraenti était chargée de communication à la mission des Comores auprès des Nations Unies à New York.

 

Mlimengu : Depuis plusieurs mois, Salwa-Mag est apparu sur facebook, qui est ce ?

 Abdallah Mgueni Faraenti : Salwa-Mag est un magazine. Nous sommes une équipe de 5 personnes. Je suis la directrice de publication et la conceptrice. Je suis mariée et mère de deux garçons de 6 et 3 ans. Agée d’une trentaine d’année, je vis aux Etats-Unis avec mon mari et mes enfants où je travaille dans une compagnie qui vend des téléphones portables.

M : qu’est-ce qui vous a motivé à créer ce magazine ?

A.M.F : Les raisons qui m’ont poussée à créer ce magazine sont multiples mais je vais vous citer juste une que je trouve primordiale. Comme vous le savez, notre pays souffre d’une mauvaise image à l’extérieur et pourtant, les bonnes initiatives individuelles ou collectives ne manquent pas. Il est donc temps de parler des Comores autrement, sortir des clichés. Voilà d’où vient l’idée de lancer Salwa-Mag. Il s’agit d’apporter notre pierre à l’édifice pour soigner cette image et montrer que tout n’est pas mort dans le pays. Les Comores, ce n’est pas seulement la pauvreté et les crises institutionnelles, il faut mettre en exergue la richesse physique et intellectuelle de l’archipel. On a décidé tout simplement d’adopter la « positive attitude » en passant par la femme.

M : Pourquoi justement passer par la femme comorienne pour un tel objectif ?

A.M.F : Nous avons choisi la Femme pour appuyer et mener cette vulgarisation pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que les Comores ont une société matriarcale et matrilinéaire. La femme comorienne bénéficie plus de droit et de notoriété que l’homme. D’ailleurs, une enquête de Thomson Reuters, sur les droits des femmes dans les pays de la Ligue arabe, classe l’archipel des Comores au premier rang. L’archipel des Comores est donc selon l’agence, le meilleur pays arabe où il fait bon d’être une femme. Une étude qui confirme les privilèges dont jouissent les Comoriennes qui pourraient faire des jalouses. Une telle consécration ne pouvait pas nous laisser indifférentes. Ensuite, la Femme comorienne présente une beauté inouïe qui est le résultat d’un métissage africaine, indienne et arabique. En plus, sa cuisine est unique par sa diversité. Et elle est active et malheureusement peu visible à cause de la tradition. Enfin, nous avons choisi la femme parce que les recensements successifs montrent que la population comorienne est composée de plus de femmes que d’hommes.

M : Pourquoi le prénom Salwa ?

A.M.F : Salwa, c’est tout simplement le prénom de ma mère. J’ai choisi ma mère pour lui rendre un grand hommage. Pour moi, c’est un vrai modèle, malgré qu’elle n’ait pas pu faire des études supérieures, elle s’est battue comme une lionne pour nous élever. Aujourd’hui, je dis merci maman.

M : Comment vous vous y prenez pour pouvoir publier des articles ? Rencontrez-vous des difficultés ? Lesquelles ?

A.M.F : Une très bonne question. Moi et mon équipe nous nous battons tous les jours pour alimenter la page et pourtant c’est un travail non rémunéré en tout cas pour l’instant. En même temps, chaque membre de l’équipe travaille à coté pour nourrir sa famille et payer les factures dont l’Internet que nous utilisons. La deuxième difficulté se trouve être le problème de toucher quelqu’un aux Comores. Parfois, on programme quelqu’un et la personne n’a pas de connexion pour envoyer la photo ou le texte, pas de courant pour se connecter alors que nos lecteurs attendent et ignorent ces aléas. La plupart du temps, nous sommes obligés de prendre celles qui sont à l’extérieur. J’ai une bonne liste de femmes qui méritent vraiment de passer dans Salwa-Mag, à qui j’ai envoyé le questionnaire depuis deux mois et qui malheureusement n’ont pas répondu. Donc, je demande toujours de la patience et de l’indulgence à nos lecteurs.

M : Pensez-vous que Salwa-Mag paraîtra un jour en version papier ?

A.M.F : Effectivement, Salwa-Mag paraîtra en version papier et sera vendu dans 4 ou 5 pays. Nous sommes dans les préparatifs. D’ailleurs, je prends l’occasion d’inviter les annonceurs à prendre contact avec nous rapidement s’ils envisagent de paraître dans le prochain numéro.

M : combien de temps devrons-nous attendre pour le lire en version papier ? Sera-t-il hebdomadaire, mensuel ou annuel ? 

A.M.F : Dans peu de temps, nous allons lancer le premier numéro de Salwa-Mag aux Etats-Unis et Canada, ensuite en France et à Moroni. Salwa-Mag paraîtra deux fois par an en version papier par contre nous allons continuer le combat sur la page facebook « Salwa, la femme comorienne », en vous faisant découvrir, la beauté et la bonté de la femme comorienne ainsi que son combat quotidien.

 M : comment imaginez-vous ce magazine d’ici cinq ans ?

A.M.F : Salwa-Mag d’ici 5 ans, je préfère garder le secret mais si nous sommes en vie d’ici là je l’imagine grandiose… Bientôt le site Web Salwa .com que nous mettrons en place bientôt incha allah. Avec toutes les rubriques: cuisine, santé, sport, culture, politique et un espace de recherche que la future génération comorienne s’y retrouvera pour ses repères.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

Alwatwan. La liberté d’expression mise en cause aux Comores

Mohamed Abdou Soimadou, DG du journal Alwatwan

Mohamed Abdou Soimadou, DG du journal Alwatwan

Ce qui se passe ces derniers temps au sein du quotidien gouvernemental Alwatan nous interpelle tous. Le directeur général de ce journal, Mohamed Abdou Soimadou a une drôle de conception de la liberté d’expression.

Les médias sont aujourd’hui reconnus comme le premier contre-pouvoir dans les sociétés démocratiques en Occident. Il faut rappeler que des scandales ont été dévoilés par la presse que le pouvoir exécutif aurait voulu étouffer. Le scandale le plus célèbre du siècle passé est celui du WATERGATE aux États-Unis sous la présidence de RICHARD NIXON.

En Afrique la démocratie est récente, voire fragile. En UNION DES COMORES, elle demeure balbutiante.

Les journalistes d’Alwatan sont d’abord des professionnels de la presse écrite  qui vérifient leurs sources avant de publier telle information ou tel article. Suspendre ou limoger un journaliste ou une journaliste à cause de sa liberté de plume nous amène à nous interroger sur la conception que les censeurs officiels ont de la liberté d’informer. Les journalistes peuvent-ils publier des contre-vérités ou des mensonges maquillés pour être politiquement correcte ? Est-ce que publier un article non complaisant envers la ligne officielle du gouvernement constitue un délit ?

A propos de la crise qui oppose la rédaction du journal gouvernemental au Directeur Général, on se demande où sont passés les défenseurs de la liberté d’expression ? 

Alwatan est certes un quotidien gouvernemental, ce n’est pas pour autant qu’un journaliste n’a pas un minimum de droit et qu’il ne peut pas émettre un avis contraire contraire à celui du gouvernement. Mais, aux Comores, on confond la critique et l’insulte, or en démocratie, sans critique, il n’y a pas de progrès possible pour un pays. Malgré ces critiques, les médias gardent un rôle indispensable pour équilibrer les pouvoirs institutionnels, et leur pluralité permet d’accéder à une information diversifiée.

La classe politique comorienne, au lieu de nous rabâcher les oreilles à longueur d’interventions sur le thème du « il faut sauver les institutions », devrait consolider l’un des piliers de la démocratie, c’est-à-dire la liberté d’expression. La séparation des pouvoirs, le pluralisme d’opinions doivent être garantis par un arsenal législatif.

Il est inadmissible que des journalistes soient mis au pas ou réduits au silence. Le quotidien Alwatan ne peut pas fonctionner comme la Pravda sous l’ère Stalinienne. A l’heure du numérique et de la multiplication des blogs d’informations , la liberté d’expression ne peut pas être sous surveillance .

Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY

La carte consulaire est indispensable pour les Comoriens de France

Ambassade des Comores en France

Ambassade des Comores en France

Le service consulaire de l’ambassade des Comores à Paris ne délivrera aucun document administratif à ses ressortissants sans présentation de la carte consulaire à partir 1er juillet 2015.

 Suite à la publication d’un communiqué de l’ambassade des Comores à Paris appelant ses ressortissants à venir s’enregistrer afin d’obtenir la carte consulaire, l’opération a déjà commencé. Certains comoriens de la diaspora en France disposent de la carte consulaire selon le conseiller de l’ambassade chargé de la communication, Saïd Omar Badaoui. Ce dernier appelle les comoriens de France à aller s’inscrire massivement.

Plus d’une centaine de comoriens de la diaspora comorienne de France sont enregistrés au service consulaire de l’ambassade des Comores à Paris et possèdent désormais la carte consulaire. L’opération a commencé il y a un mois. L’obtention de ce document désormais indispensable pour les Comoriens résidant en France nécessite une pièce d’identité comorienne, une attestation de domicile et une somme de quinze euros. « La carte est délivrée à l’instant même que la personne est enregistrée. La photo est prise sur place », affirme Saïd Omar Badaoui, le conseiller chargé de la communication à l’ambassade des Comores à Paris.

Saïd Omar Badaoui, Chargé de la Communication à l'Ambassade des Comores à Paris

Saïd Omar Badaoui, Chargé de la Communication à l’Ambassade des Comores à Paris

Ce taux d’enregistrement très faible s’explique par le fait que les Comoriens de la diaspora ne se présentent pas massivement depuis le lancement de l’opération selon notre interlocuteur. Il estime que les Comoriens confondent entre carte consulaire et carte d’électeur : « nos compatriotes ont tendance à tout mélanger. La carte consulaire n’a rien à voir avec la carte d’électeur. C’est un impératif. D’ailleurs, l’initiative a été prise avant que le projet du vote de la diaspora soit lancé », se désole Badaoui. L’ambassadeur des Comores à Paris, Ahmed Bourhane a tenu à préciser que « tout comorien vivant à l’étranger doit s’inscrire dans son ambassade ou dans le consulat le plus proche. Nous voulons avoir une base de données de nos ressortissants en France. Cela se passe dans tous les pays du monde entier. C’est pour le bien de nos compatriotes ». Interrogé sur la raison de prendre une telle décision tardive, l’ambassadeur n’a pas hésité à dire « il n’est jamais trop tard pour mieux faire ». Par ailleurs, le service consulaire a pris l’initiative de ne délivrer aucun document administratif sans présentation de la carte consulaire à partir du 1er juillet prochain.

Actuellement ce sont les Comoriens qui résident en région parisienne qui se font enregistrer. Une mission sera dépêchée à Marseille dans les prochains jours pour sensibiliser les Comoriens de cette ville et les inscrire également. S’agissant des Comoriens des autres villes autre que la région parisienne et Marseille, Saïd Omar Badaoui déclare que «  nous réfléchissons sur une possibilité de nous approcher de ceux qui sont dans les autres villes et régions telles que Lyon, Dunkerque afin que le travail puisse être accompli ».

Natidja Hamidou

Houmed Msaïdié : de l’Intérieur à la Présidence de la République ?

Houmed Msaidié peut-il passer du Ministère de l’Intérieur à la présidence de la République comme l’a fait Sarkozy ?

Alors que plusieurs personnalités politiques se positionnent pour les présidentielles, la coalition UPDC/RADHI/ORANGE n’a pas encore officialisé la candidature de celle ou celui qui doit porter le flambeau pour 2016. Dans les rangs de cette coalition la question n’est pas tabou. Mais les discussions se poursuivent dans les grandes instances, dans la grande discrétion et le respect mutuel de chaque partie prenante. Ce sont les chefs des différents partis qui sont chargé de faire une proposition sur les présidentiables.

Houmed Msaidié lors du 1er anniversaire du Parti RADHI à Ivembeni

Houmed Msaidié lors du 1er anniversaire du Parti RADHI à Ivembeni

L’UPDC a tenu son congrès le week end dernier pour élire des nouveaux responsables devant affronter une campagne qui s’annonce rude avec plein de surprises. Les nouveaux membres se sont fixés entre autres comme objectifs la préparation du dispositif à la désignation de ses candidats aux prochaines élections.

Choisir le bon candidat parmi plusieurs personnes n’est pas une chose aisée. La qualité du candidat à la présidence de l’Union ne s’improvise pas. Pour être élu il faut une expérience politique de très haut niveau et bénéficier d’un soutien d’une grande coalition. La plupart sont des personnalités qui ont occupé des fonctions de ministres, de directeurs ou de députés et qui connaissent très bien le système. Au-delà de cette considération politique, la personnalité de candidat et sa façon de battre campagne peut booster rapidement ses chances de réussir. La coalition a des personnalités qui peuvent incarner ce personnage. L’actuel ministre de l’intérieur qui a le vent en poupe au pays et dans la diaspora pourrait devenir le candidat de la coalition. A Ndzuani où il a assisté à un pique nique organisé par la fédération RADHI-Anjouan ce dimanche 14 juin, les militants venus de toutes les préfectures ont demandé au ministre de l’intérieur d’annoncer officiellement sa candidature aux prochaines présidentielles. Pour eux, il est la seule personnalité qui soit aujourd’hui capable de rassembler la coalition et les électeurs autour des idées et d’un projet de société pouvant améliorer le quotidien des Comoriens ». Son expérience dans la politique fait de lui un homme d’État disposant d’une vision pour les Comores.

Mbaraka Djoumbe