La grogne des salariés du privé à Mayotte

Mayotte

Mayotte, une des îles de l’archipel des Comores

Depuis 2011 Mayotte entre dans le cadre des droits communs au même titre que les autres départements d’outre-mer. Cela suppose un alignement des droits sur nombre de domaines. On assiste donc depuis fin avril jusqu’à ce jour à des grèves à répétition des salariés du secteur privé.

La départementalisation récente de l’ile fait que le territoire intègre petit à petit le droit commun et, de ce fait, de nouvelles contraintes fiscales et sociales viennent s’imposer aux entreprises mais aussi aux ménages, au risque de déstabiliser un équilibre déjà fragilisé du tissu économique. Le niveau de vie des ménages maorais est en hausse, tout comme les besoins d’équipement est en augmentation. Selon l’antenne de l’INSEE à Mayotte, en 2010 le SMIG mensuel brut maorais a dépassé le premier juillet 2009 le seuil symbolique de 1000 euros. Il est actuellement à 1100 euros. Il faut rappeler que les salariés maorais du secteur privé subissent des inégalités salariales par rapport à leurs collègues de la Réunion ou de France et pourtant ils exécutent les mêmes tâches. C’est la cause des grognes sociales à répétition.

Quelles sont les revendications de ces travailleurs ? Elles sont multiples, mais nous pouvons examiner les principales demandes, à savoir : l’application de la convention collective, la mise en place du 13e mois, équivalent au salaire du mois de décembre dès cette année 2015, augmentation des salaires, attribution d’une prime de pénibilité, etc.

Tous les agents de la BFC, la SMAE ou SFR ont été en grève avec des revendications similaires. Des protocoles de fin de conflit ont été signé avec les représentants syndicaux pour les salariés, les responsables de ces entreprises et du MDEF de Mayotte jouant le médiateur. Et ce sont les agents du BTP et de COLAS qui sont en grève en ce moment.

Par ailleurs, il faut rappeler que le secteur public n’a pas été touché par cette flambée de mécontentement, pour la simple raison que les mouvements de grève de 2013 de ce secteur sur l’indexation des salaires des fonctionnaires ont abouti à la mise en place d’une indexation progressive de quarante pour cent qui sera définitive en janvier 2017.

Ces conflits sociaux à répétition affectent l’économie locale, car l’entreprise ne fonctionne pas seule. Elle s’implante dans un environnement bien particulier. Les infrastructures, les populations, le contexte économique, social… autant d’éléments externes qui peuvent avoir une influence déterminante sur son activité et son équilibre. Ce climat social tendu est la conséquence d’un niveau de vie en hausse qui se traduit par une forte croissance des importations qui représentent 90% des produits consommés. Les prix sont élevés de par l’importance des coûts d’acheminements des marchandises et la trop faible concurrence en vigueur sur l’île. Il est normal que les acteurs publics et du privé fassent un rattrapage salarial pour faciliter le pouvoir d’achat des salariés qui constituent les consommateurs de Mayotte.

Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY

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