Mois: juillet 2015

Le Gouvernement comorien a donné son point de vue sur l’affaire de Handuli

Houmed Msaïdié, Ministre de l'Intérieur

Houmed Msaïdié, Ministre de l’Intérieur

Le Ministre de l’Intérieur et porte parole du Gouvernement, Houmed Msaidié a tenu ce Dimanche une conférence de presse sur l’affaire Handuli.

Pour rappel des faits : la coordination issue de la rencontre tenue au conseil de l’île de Ngazidja, un rassemblement qui avait regroupé la Commission de la production de l’Assemblée nationale, les maires des communes de Ngazidja, le Conseil des sages et la Fédération Comorienne des Consommateurs avait déposé une requête en référé au tribunal de Moroni, demandant l’arrêt immédiat des activités de la société française (Colas) sur la carrière de Handuli. Suite à cette requête l’autorité compétente, le président du tribunal, a reporté la délibération qui devait être prononcée jeudi dernier au samedi 10 juillet 2015. On peut dire que la décision du tribunal reportant la délibération de la requête, n’a pas été vue de bon œil par certains jeunes de Vanamboini, si on se réfère à l’acte volontaire d’incendie manifesté ce même jour à Handuli où étaient installés les engins de la société colas. Sur cette affaire le président du tribunal, estime que la coordination fondant les membres cités ci-haut n’a pas les qualités de saisir le tribunal d’où le rejet de la demande stipulant l’arrêt des travaux par Colas.

Au cours de la conférence de presse de ce Dimanche, le porte parole du Gouvernement, Houmed Msaidié n’a pas hésité à saluer, dans un premier temps, la procédure légale entamée par la coordination issue du rassemblement tenu au Conseil de l’île. Pour Houmed Msaidié, « il n’est pas interdit de défendre les intérêts de la population quand ça le nécessite ! En revanche il existe des démarches légales à opter afin d’aboutir à une solution favorable » a asséné le porte parole du Gouvernement. Dans le même contexte, le Ministre de l’intérieur condamne l’acte d’incendie volontaire des engins de Colas. Il a rappelé les conséquences engendrées, notamment les arrestations, les blessées (parmi les forces de sécurité et les civils), l’inquiétude des partenaires et des investisseurs dans un pays où règnerait l’insécurité. En attendant la fin des enquêtes en cours permettant d’identifier les coupables de l’incendie du jeudi dernier à Vanamboini, le porte parole du gouvernement a bouclé le tout en appelant à un retour au calme et au respect des lois.

Moroni, le 12 juillet 2015

Yasmina Mohamed Chaihane

Service de presse du Ministère de l’Intérieur

Le Président de la République, Dr Ikililou Dhoinine a appelé au respect de l’unité nationale et de la tournante

ikililouLa célébration des 40 ans de l’indépendance a été l’occasion pour le Président de l’Union des Comores, Dr Ikililou Dhoinine de faire une rétrospective générale en mettant l’accent sur l’unité nationale, pour lui source de paix et de stabilité.

Ce n’est un secret pour personne que malgré les Accords de Fomboni, la Constitution de l’Union qui a mis en place la tournante et l’« opération Démocratie » à Anjouan en 2008, le pays vit au quotidien avec l’esprit séparatiste de certains politiques.

Il y a une semaine, le Porte-parole du Gouvernement également chargé des élections, Houmed Msaidié avait réuni les partis politiques du pays pour leur affirmer que les élections présidentielles se dérouleront en 2016 comme elles se sont déroulées en 2002, 2006 et 2010 en suivant les principes de la tournante telle qu’elle est conçue et énoncée dans la Constitution.

Sachant qu’un clan politique a déclaré qu’il imposera coûte que coûte la candidature de l’ex-Président de l’Union des Comores, Ahmed Sambi, le Ministre de l’Intérieur a affirmé sans ambages : « Le Gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaires pour garantir la paix et la stabilité du pays ».

Sortis de cette rencontre le parti Juwa et ses alliés sont montés au créneau en qualifiant les propos du Ministre de l’Intérieur d’engagement personnel, allant jusqu’à lui demander de démissionner.

Il est une obligation pour l’Etat que dans de telles circonstances où se profile une « guerre civile » d’user de tous les moyens afin de garantir et préserver la paix du peuple comorien. C’est ce que martèle sans cesse le Ministre de l’Intérieur au nom du Gouvernement, n’en déplaise aux partisans de l’ancien président.

Dans son discours du 6 juillet 2015, le Chef de l’Etat a confirmé que les paroles du Ministre de l’Intérieur reflètent les décisions du Gouvernement :

« Je voudrais très solennellement rappeler à tous ceux qui semblent l’avoir oublié, que la situation actuelle est le fruit d’un consensus national et que si nos institutions ont fait la preuve de leur viabilité, elles restent encore très fragiles.

La crise séparatiste qui a éclos, en août 1997, dans l’île d’Anjouan, le débarquement contre la rébellion 10 ans plus tard et les réflexes insulaires sont toujours présents dans nos paroles et nos actes. C’est pourquoi, nous devons cultiver le respect de l’unité nationale qui ne consiste pas en de paroles démagogiques, lancées ici et là, à des fins électorales mais qui est un devoir se traduisant par des actes et des comportements responsables qui s’imposent à tout citoyen, quel que soit son rang, passé, présent ou à venir, quel que soit son île ou son lieu géographique d’origine, quel que soit sa catégorie sociale ou sa fonction.

Ainsi, l’attitude ambiguë de certains hommes politiques, consistant à clamer et à afficher par opportunisme, une volonté pour l’unité du pays, tout en adoptant des démarches politiques qui sont autant d’actes de division et d’érosion de l’unité nationale doivent cesser.

L’unité de notre pays est sacrée et j’ai la responsabilité constitutionnelle pendant les mois qui me restent à la tête de l’État, de tout faire pour qu’elle soit préservée.

Je ne faillirai pas à ce devoir. »

Ainsi, le Président de la République confirme la position du Ministre de l’Intérieur sur la tournante et sur les mesures préventives à prendre pour faire face aux troubles que certains annoncent si Ahmed Sambi n’est pas admis comme candidat aux prochaines présidentielles.

Moroni, le 7 juillet 2015

Yasmina Mohamed Chaihane

Service de presse du Ministère de l’Intérieur

40 ans d’indépendance sur fond de crise politique et économique

Ahmed Abdallah, père de la déclaration unilatérale d'indépendance le 6 juillet 1975

Ahmed Abdallah, père de la déclaration unilatérale d’indépendance le 6 juillet 1975

En 1945, le réveil nationaliste des peuples colonisés d’Asie et d’Afrique sonne le glas des empires coloniaux. Par vagues, pendant une vingtaine d’années, dans la paix ou au terme de conflits, naissent de nouveaux Etats en Afrique et en Asie.

Protectorat proclamé en 1886, colonie française rattachée à Madagascar de 1912 à 1946, puis territoire d’outre-mer en 1946, les Comores n’accèdent à l’indépendance qu’en 1975,  mais en étant amputées de l’île de Mayotte.

Said Mohamed Cheik, acteur principal de l’autonomie interne, voyait l’importance de l’indépendance. Il a voulu passer par une phase préparatoire avant d’engager la population comorienne dans une aventure incertaine. La déclaration unilatérale d’indépendance du 6 juillet 1975 par Ahmed Abdallah allait modifier les rapports de force sur l’échiquier franco-comorien.

Le référendum de décembre 1974, auquel 65% des Maorais ont répondu « Non » à la proposition d’indépendance, ne fut pas suffisant pour briser l’unité de l’Archipel. Au sein de la classe politique de l’époque, il y a eu une rivalité entre deux hommes de pouvoir : Ahmed Abdallah et Ali Soilihi. Cette rivalité allait renforcer la fracture avec la France, et par contrecoup, renforcer la crédibilité de Marcel Henry auprès du gouvernement français.

En quarante d’indépendance les Comores ont connu plus de dix sept tentatives de coups d’Etat dont trois ont abouti et ont marqué la vie politique comorienne. Cette instabilité politique illustre le manque de consensus au sein de la classe politique comorienne de ce qu’ils ont comme vision pour le pays. Cette division chronique des politiques comoriens sur la manière de diriger l’archipel alimente de fond en comble le poison du séparatisme. Il faut rappeler que sous la présidence de Taki a eu le coup d’Etat sécessionniste dans l’île d’Anjouan le 3 août 1997, il s’agit comble du paradoxe, de l’île dont est originaire le père de l’indépendance Ahmed Abdallah, premier président de la République comorienne. Pour mettre un terme au séparatisme anjouanais, les accords de Fomboni de 2001 ont institué une présidence tournante. L’esprit de ces accords ne va pas dans le sens d’une nation et un peuple indivisible car pour qu’on soit élu président de l’Union des Comores, il faut qu’on soit originaire de l’île à laquelle revient la tournante. C’est un paradoxe car on se définit Comorien que par rapport à son île et non à une nation. Les politiques comoriens pour assouvir leurs appétits du pouvoir ont installé une présidence tournante qui ressemble au gâteau chinois et ils se servent à tour de rôle ; pour eux c’est la paix retrouvée depuis 2001, mais pour le comorien lambda, rien n’a changé de son quotidien : le manque des soins dans les hôpitaux, les retards de paie pour les agents de l’Etat, et la montée inquiétante du chômage des jeunes ne cessent de se dégrader. Sur le plan économique la situation n’est pas rose, les Comores ont des PNB les plus faibles du monde ; la banque mondiale avance le chiffre de 475 dollars par habitant en 1996 ; une économie micro-insulaire à dominante agricole et vivrière, un secteur touristique qui commence à peine à se développer, une quasi-absence de ressources naturelles accentuent la dépendance des Comores aux aides de la France et des subventions de l’Union européenne, de l’ONU et de la Ligue arabe. Du coup le déficit budgétaire étant en perpétuel accroissement, à l’heure actuelle les caisses de l’Etat sont vides car la corruption est à tous les étages de l’administration et la spirale endémique du non paiement des fonctionnaires va de mal en pis ; et la crise de l’énergie plombe l’activité économique et rend le pays de moins en moins attractif. Les Comoriens souffrent en permanence des délestages à répétition et on ne veut pas privatiser la société de l’énergie car c’est une vache à lait pour tous les dirigeants successifs.

Etre libre oui ! Mais vivre durant quarante ans dans la misère et le désespoir, le Comorien lambda ne l’a jamais souhaité.

Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY

Professeur certifié d’histoire-géo à Mayotte

Les Comoriens fêtent 40 ans d’indépendance

Tribune Libre

Par Mahmoud Ibrahime, historien

Le drapeau comorien

Le drapeau comorien

40 ans. Les Comoriens fêtent leurs 40 d’indépendance depuis ce week-end. J’ai écouté et lu jusqu’à la nausée tous les mots de mes compatriotes, histoire d’en tirer une vision globale de cet événement aujourd’hui. Certes les avis divergent. Il y a ceux qui parlent avec un grain de nostalgie du temps de la colonisation. Ceux qui disent : les vieux nous avaient prévenu de ne pas encore prendre cette indépendance. Ceux qui sont prêts à se mettre des chaines aux mains et aux pieds et à appeler l’ancien colonisateur venir développer le pays. Ceux qui disent « tsihaba » (« ce n’est pas rien »). Ceux qui disent que le pays n’a pas encore atteint la maturité nécessaire…

Il y a un dénominateur commun à tout ce que j’ai lu : aucun ou presque ne se sent responsable de la situation actuelle du pays. Qu’on ait 20, 30, 40 ou même 50 ans, aucun Comorien (ou presque) ne se sent responsable de la situation actuelle de son pays. Chacun renvoie la responsabilité à une vague entité, difficilement repérable en réalité : ces salopards d’hommes politiques ! Des extra-terrestres venus d’on ne sait quelle planète aider l’ancienne puissance coloniale à empêcher le développement des Comores par les Comoriens !

Si les hommes politiques seuls développent les pays, ça se saurait !

Cette mauvaise foi va jusqu’à affirmer que l’indépendance est inachevée pour justifier l’immobilisme, le fait que plusieurs générations de Comoriens refusent de prendre en mains leur destin.
Même à 40 ans révolus, certains ne se sentent pas comptables de ce qui arrive au pays. Pourtant parmi eux, il y a des fonctionnaires de l’Etat comorien qui, tous les jours, estiment normal d’aller au bureau juste pour voir les amis et discuter, des professeurs conscients de leurs lacunes mais qui ne cherchent pas à s’améliorer et qui peuvent passer une année scolaire sans lire un seul livre, il y a des chefs d’entreprises qui depuis l’autonomie interne ont profité des différents régimes des « Wana hatru » pour ne jamais payer la douane et autres taxes qui pourraient permettre d’aider à la construction du pays, des étudiants ou anciens étudiants sur lesquels l’Etat comorien a investi depuis la primaire jusqu’au bac et qui sont partis à l’étranger faire des études et qui ne sont jamais revenus rembourser ce qu’ils doivent à la nation. Et même des « Je viens » qui de passage au pays estiment qu’on leur doit tout et inventent mille subterfuges pour ne pas respecter les lois du pays. Je n’oublie pas que parmi eux, il y a aussi ceux qui ne font jamais rien pour le pays, mais qui passent leur temps à critiquer et à dévaloriser ceux qui voudraient faire quelque chose.
Alors mon souhait pour les 40 prochaines années serait que chaque Comorien se sente responsable du destin du pays car il n’y a nulle part des gens qui se cachent (ou un messie) et qui viendraient développer le pays à la place de ses enfants. Que chacun de nous se dise qu’il est peut-être responsable de ce qui est arrivé et qui arrivera dans l’avenir.
Je terminerai par une lueur d’espoir, par cette phrase que j’ai piquée sur le mur facebook d’un jeune comorien parmi les plus actifs du pays, un jeune qui n’a même pas 30 ans (je crois), Toimimou Ibrahim​ : « Rien ne vaut la conquête du destin de nos îles, car tout ce qui en découle est le fruit de nos efforts COLLECTIFS et INDIVIDUELS pour faire honneur ou pas à la nation. »

Viva Komoro !

Le Ministre Houmed Msaidié a remis des écharpes aux couleurs nationales aux Maires

C’est l’un de résultats du premier congrès des Maires des Comores qui s’est tenu à Mutsamudu en juin dernier en présence du Ministre de l’Intérieur. Les écharpes des élus municipaux seront maintenant uniquement aux couleurs du drapeau national et non aux couleurs des îles.

Un Maire de Ngazidja avec la nouvelle écharpe

Le Ministre Houmed Msaidié remettant la nouvelle écharpe aux élus maires de Ngazidja

Ce samedi le Ministre de la Décentralisation, Houmed Msaidié, a remis un lot des nouvelles écharpes aux maires des différentes communes de l’île de Ngazidja. Cette remise a fait l’objet d’une réception organisée ce samedi au Ministère de l’Intérieur.

Ce geste a été très apprécié par les élus. Il s’agissait pour le Ministre d’honorer ces dignitaires qui se sont engagés à travailler en harmonie pour l’intérêt public.

Les Maires avec la nouvelle écharpe

Les Maires avec la nouvelle écharpe

Le Ministre a saisi cette occasion pour informer les magistrats communaux des travaux en cours. Très prochainement des documents facilitant le transfert des compétences entre autres l’état-civil et l’harmonisation de la nomenclature budgétaire de l’ensemble des îles comoriennes. Cela devra permettre d’éviter les anomalies administratives dont sont victimes les citoyens.

A leur tour, les élus n’ont pas omis d’énumérer certaines prérogatives favorables à leur bon fonctionnement notamment la mise à leur disposition d’une police municipale. Sur ce point, le Ministre, s’est dit sensible à cette question et a assuré que les élus peuvent compter sur le soutien de la gendarmerie nationale en attendant la mise en place de la police municipale.

Moroni, le 5 juillet 2015

Yasmina Mohamed Chaihane

Service de presse du Ministère de l’Intérieur

La réponse du Ministre de l’Intérieur a été claire : la paix et la stabilité du pays seront préservées

La réponse du Ministre de l’Intérieur a été claire : la paix et la stabilité du pays seront préservées

Le Ministre de l’Intérieur, en charge des élections et Porte-parole du Gouvernement, Houmed Msaidie a tenu une conférence de presse pour répondre à l’ultimatum lancé par le parti JUWA dans une conférence organisée plus tôt ce vendredi matin.

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Le Ministre de l’Intérieure a réaffirmé la position du Gouvernement : les prochaines élections présidentielles se dérouleront dans le respect de la tournante et des principes appliqués en 2002, en 2006 et en 2010.

Le parti JUWA évoque l’organisation d’un référendum comme en 2009 et affirme que c’est le seul moyen d’éviter une « guerre civile », en d’autres termes il se dit prêt, par tous les moyens, à imposer la candidature de l’ancien président de l’Union des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Le Parti Juwa et ses alliés font semblant d’ignorer les limites financières du pays mais aussi les multiples problèmes d’ordre social auxquels le peuple comorien doit faire face.

De son côté, le Gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaires afin de garantir la stabilité et la sécurité des citoyens. Il ne s’agit pas d’influencer la Cour Constitutionnelle, mais plutôt de prendre des mesures préventives, sachant que c’est aussi le rôle de l’Etat de préserver la paix et la stabilité du pays.

Le porte parole du Gouvernement a révélé aux partis politiques que la tournante revient à l’île de Ngazidja. Il a ajouté que l’Etat prendra toutes les dispositions nécessaires pour maintenir la stabilité du pays.

Moroni, le 3 juillet 2015

Yasmina Mohamed Chaihane

Service Presse du Ministère de l’Intérieur