Mois: février 2016

Communiqué de l’Union Africaine. La présidente de la Commission de l’UA se félicite du bon déroulement du premier tour des élections aux Comores

DIRECTION DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

Communiqué de presse Nº032/2016

 

La Présidente de la Commission de l’Union Africaine se félicite du bon déroulement du premier tour des élections aux Comores

Addis-Abéba, PhotoUAÉthiopie – 26 février 2016 : La Présidente de la Commission de l’Union africaine (CUA), Dr. Nkosazana Dlamini Zuma, se félicite du bon déroulement, le 21 février 2016, de l’élection primaire du Président et le première tour de l’Election des gouverneurs des iles autonomes à l’Union des Comores. Ces scrutins marquent une étape nouvelle dans la consolidation du processus démocratique au pays, après les élections législatives réussies organisées le 25 janvier puis le 22 février 2015. La Présidente de la Commission de l’UA félicite les autorités comoriennes pour les efforts déployés, avec le soutien de la communauté internationale dans son ensemble, en vue de la tenue réussie de ces élections du 21 février 2016. Elle salue l’engagement et le professionnalisme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la mobilisation de tous les acteurs de la société civile comorienne qui ont conduit à l’accomplissement dans la paix et la stabilité de cette phase électorale importante. Elle a renouvelé sa considération pour la maturité du peuple comorien, qui a, encore une fois, démontré son profond attachement à la démocratie et à la stabilité. Elle a exprimé surtout sa grande satisfaction de la participation massive constatée des femmes à ces scrutins. La Présidente de la Commission exhorte les acteurs politiques comoriens, y compris les candidats aux élections, à continuer à faire preuve de l’esprit de responsabilité et de consensus, dans l’attente des résultats officiels de ces premier et second tours prévus en Avril 2016. La Présidente de la Commission réaffirme l’engagement de l’UA, œuvrant en étroite collaboration avec la Commission de l’Océan Indien (COI), les Nations Unies (NU), l’Union Européenne (UE), la Ligue Arabe ainsi que les autres partenaires bilatéraux et internationaux concernés, à continuer à accompagner et appuyer le processus démocratique comorien qui avance à pas sûrs.

 

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Le Ministère de l’Intérieur met en garde contre la publication de résultats officieux

Communique_SG_MINTCe matin, le Secrétaire Général du Ministère de l’Intérieur, Mdjomba Moussa, a mis en garde les médias comoriens contre la volonté de certains militants politiques et facebookers de mettre en ligne des résultats qui seraient recueillis à la sortie des bureaux de vote sans tenir compte des PV officiels.

Dans un communiqué, le Ministère de l’Intérieur félicite les médias comoriens de leur comportement citoyen pendant toute la campagne. Il leur demande d’être encore plus vigilants ce soir car certains états majors des partis se permettent de publier leur propres chiffres, dès le dépouillement,  sans attendre l’annonce des résultats par les instances chargées des élections.

En effet, les « communicants » de certains partis comme Juwa ont déjà annoncé qu’ils seront en mesure de donner les résultats dès la fermeture des bureaux. Il s’agit pour certains partis de donner des chiffres qui leur sont favorables dès la fin des élections afin de pouvoir se plaindre après d’avoir été floués dans le décompte et crier aux fraudes.

S’il ne s’agissait que des annonces sur facebook, il n’y aurait rien de grave car peu de gens suivent ces résultats et la plupart comprennent que la plupart des chapelles vont déclarer leurs candidats respectifs victorieux dès ce soir. Les plus dangereux sont ceux qui, même s’ils savent qu’ils ont perdu risquent de prendre leurs voitures et d’entrer dans tous les villages pour annoncer leur victoire. A l’annonce des vrais résultats dans quelques jours par la CENI et la Cour Constitutionnelle, certains risquent d’être déçus.

Il semble que l’information annoncée par certains facebooker, selon laquelle Houmed Msaidié aurait repris son poste de Ministre de l’Intérieur soit une fausse nouvelle. Le Ministre de l’Intérieur, en congé pendant la campagne électorale, pouvait certes reprendre son poste à la fin de celle-ci, mais il a préféré décaler la date de la reprise de son ministère.

Mahmoud Ibrahime

Tocha Djohar serait en cavale

Tocha

Tocha Djohar à gauche, aux côtés de Fahmi Saïd Ibrahim

Tout semble indiquer ce soir que Tocha Djohar, bras droit du candidat Fahmi Ibrahim, un des rares cadres du parti PEC qui a rejoint Juwa, serait en cavale, recherché à la fois par la police et par des personnes de sa région.

Cet ancien cadre du parti PEC, en compagnie d’autres personnes aurait cassé la porte de la maison d’un certain Kafou (intendant à la présidence des Comores) et des mobiliers à la recherche de cartes électorales qu’il pensait être cachées et destinées à être remises à des Anjouanais (supposés par ces militants ne pas être des électeurs de Ngazidja).

La recherche de ces cartes aurait été vaine. Mais, à présent Tocha Djohar et ses compagnons sont recherchés à la fois par la police et par la famille de Kafou. Ces hommes restent pour le moment introuvables.

Nous rappelons que le même Tocha Djohar a déjà été arrêté il y a 9 mois (le 3 juillet 2015) sur instruction du parquet après avoir lancé des menaces comme quoi le sang allait couler si jamais la Cour Constitutionnelle des Comores ne validait pas la candidature de l’ex-président Ahmed Sambi, originaire d’Anjouan.

De notre correspondant à Moroni.

Fin de campagne aux Comores. Une foule immense pour soutenir Mamadou à Moroni

C’est un message fort qui a été envoyé cet après-midi par les 18 000 personnes venues entendre les discours de fermeture de campagne des candidats du pouvoir. C’est également une réponse à ceux qui prétendaient que l’effectif pléthorique du meeting d’ouverture à Mbeni, la foule du grand meeting de Mitsamihuli ou le monde qui a rempli le stade Zikoumbini d’Iconi n’étaient rien d’autre qu’une balade des militants d’autres candidats qui n’organisaient pas des meeting le même jour.

Cette fois, plusieurs candidats organisaient leurs meetings de fermeture en même temps que le grand Mamadou et ses partenaires. Y’a-t-il eu une différence avec les autres rassemblements ? La vérité c’est que ni ces meeting en parallèle, ni la pluie qui s’est invitée subitement n’ont eu raison de la volonté et de la détermination des fans de Mamadou, Msaidié et leurs partenaires.

Dans son discours, l’homme politique préféré du Nord de Ngazidja, le très expérimenté Houmed Msaidié a appelé tout le monde à rejoindre sa cause. « Nous ne rejetterons personne », a-t-il dit avant de finir par mettre en garde ceux qui se disent craindre les fraudes alors qu’ils ont recours à des petites manoeuvres visant à fausser les résultats des bureaux de vote.

Dhouria Abdou

Un sentiment de peur dans les rangs de l’opposition

A huit jours des primaires, la panique envahit peu à peu une grande partie du camp de l’opposition. Des spéculations de fraudes commencent à circuler, installant le doute sur la sincérité du scrutin.

C’est à partir d’une lettre adressée au président de la CENI et aux différents organismes internationaux ce jeudi 11 février, que 20 candidats aux présidentielles et deux au gouvernorat ont signé un document en huit points menaçant de quitter le processus s’ils n’étaient pas écouté par le gouvernement.

Le candidat Houmed Msaidié n’a pas tardé à réagir et à dénoncer le comportement irresponsable des candidats qui ont signé cette lettre. Dans un entretien accordé à Alwatan ce vendredi, il décalre : « Dans notre camp, nous sommes convaincus que toutes les conditions sont réunies pour organiser des élections libres et transparentes ». Il a ajouté : « Notre devoir est de parvenir à mobiliser la majorité des Comoriens à voter le 21 février pour nous et ça devrait être pareil pour tout le monde au lieu de s’engager dans des menaces ».

Cıes sentiments de peur de la part de ces candidats ne font que réconforter Houmed Msaïdié et ses partenaires. Il faut savoir que huit doléances ont été formulées par ces candidats ayant signé la lettre. La plupart des demandes existent déjà dans la loi électorale selon Houmed Msaidié. Mais, d’autres sont impossibles à réaliser, comme la suppression des procurations. Aujourd’hui, ces candidats veulent supprimer ce point dans le processus électoral, Houmed Msaidié y est opposé. «  On s’est mis d’accord sur a une loi qui devra réguler toutes nos élections. Alors on ne peut pas ignorer la loi électorale et passer à des consensus », a-t-il indiqué, avant d’insister que « ni rien ni personne ne pourra empêcher le déroulement des élections ».

Dhouria Abdou

A Anjouan, Houmed Msaidié dénonce la volonté de sabotage des élections par les militants de Juwa

MamadAnjCe lundi, une délégation spéciale de l’UPDC s’est rendue à Anjouan. L’objectif était d’apporter un soutien à l’organisation du meeting du candidat Anissi Chamssoudine organisé dans la commune de Mrémani.

A Anjouan, cette délégation a du constater, à partir d’informations fiables, des préparatifs de sabotages contre les élections de 2016. Suite à cela, le candidat VP Houmed Msaidié a organisé ce mardi à l’aéroport de Wani, un point de presse pour dénoncer les organisateurs de ce coup. Il s’agit, selon lui, des militants du parti Juwa de l’ancien chef de l’Etat Ahmed Abdallah Mohamed Sambi.

« Nous sommes surpris par la situation politique créée par les militants de Juwa à Anjouan. Est-ce qu’ils veulent qu’on revienne aux déstabilisations qui s’étaient en cours dans notre pays il y a plus de 10 ans ? » s’est demandé Houmed Msaidié, avant d’ajouter : « notre engagement est de parvenir à organiser ces élection aux dates prévues. Alors nous ne permettrons à personne de les saboter, qui agit d’ailleurs ». Par ailleurs, le Ministre de l’Intérieur en congé a particulièrement indexé l’ancien gouverneur de l’Ile Moussa Toybou et l’ancien député Abdou Salami. Il a dit regretter que des dits responsables, comme eux, se laissent entrainer dans des actions de sabotage des élections.

Houmed Msaidié a mis en garde ceux qui veulent saboter les élections en leur rappelant que rien ni personne n’a une chance de pouvoir saboter le processus électoral. « Nous comprenons que ces gens là ne veulent pas qu’il y ait une élection de gouvernorat dans cette Ile, et s’il n’y a pas celui du gouvernorat, il n’y aura pas non plus celle de la présidentielle. Et là, nous nous engageons à prendre toutes les mesures nécessaires contre toute personne qui tentera de détruire notre pays pour des petites raisons personnelles. Si on a peur d’être vaincu, mieux vaut se retirer car il n’est pas encore tard, la commission est prête a rembourser les 3 millions, au lieu de chercher à déstabiliser notre nation » a-t-il conclu.

Dhouria Abdou

Ghizza de Faïza Soulé. Une quête intimiste

Livre

Ghizza de Faïza Soulé. Une quête intimiste

 

Couv_ghizza1Ghizza est un roman aux accents de journal intime. Il débute sur un compte à rebours devant aboutir à la réappropriation d’une identité perdue, au sens propre comme au sens figuré. Il met en scène les divagations de l’âme d’une narratrice exclusivement absente de sa propre existence et pourtant ou par conséquent, totalement pleine dans sa tête où ses idées bourdonnent sans cesse. Elle broie du noir.

A travers une plume logorrhéique, Faïza Soulé Youssouf retrace le soliloque d’une narratrice qui se débat, dans sa tête, contre les fantômes d’une histoire personnelle à écrire.

Le récit de cette jeune femme se nommant elle-même « La sans-nom » entraîne le lecteur dans une intimité faite d’interrogations, de sensations, de perceptions et d’angoisses. Au fil des pages, il suit la quête identitaire de cette narratrice qui, happée par une amnésie passagère, demeure une âme en peine, aussi errante et paradoxalement figée que les morts qu’elle visite sans cesse dans les cimetières.

L’intimité d’une voix

Dans cette traversée du néant, l’auteure propose une autre façon de décrire en contexte comorien francophone. En effet, cette plongée dans les tréfonds des doutes d’une narratrice qui prend pleinement possession de sa narration mène à la rencontre de personnages plastiques cloisonnés dans une posture ou une autre, renouvelant les ambivalences des êtres. Et par des effets de miroirs opposés, l’auteure nous offre une scène de désamour ultime, brillamment orchestrée en déroulant sous nos yeux, l’un des face à face les plus remarquables et les plus violents entre une mère et sa fille.

Besoin de se dire sans se dévoiler, conserver le mystère et la féminité comme duo indissociable, la trame de cette apparente semi-fiction questionne le lecteur, mais davantage la narratrice elle-même. En effet, dans sa quête vers une harmonisation de ses deux mondes, la voix « sans nom », construit une trajectoire qui la mène à sa propre rencontre. Pour le lecteur, le mystère de la nuit est maintenu, celui du personnage aussi. Il n’a nulle place dans l’intimité de cette voix, encore moins dans sa vie. Or Ghizza propose un cheminement dans l’intimité fragile d’une narratrice qui se sent étouffée. Le roman ne raconte pas une histoire. Il ne s’agit pas du récit d’une vie, ni des réalités d’un personnage, mais bien d’une intrusion, d’une immersion dans les perceptions et les sentiments d’une voix, monocorde et souvent discordante.

 

Une réappropriation du corps

Le lecteur n’apprendra rien de plus, rien de moins que les pérégrinations mentales d’une voix qui file le long des pages sans se soucier de qui elle charrie sur son passage. L’œuvre se profile ainsi en une sorte de « déclamation instinctive » (Ntsindami Sadani, « Youhou les poètes » in Nouvelles écritures comoriennes, Komédit) d’une liberté à disputer. A qui ? A conquérir, comment ? Au lecteur de se faire son idée. Une chose est claire, cette liberté de l’être passe en premier lieu, selon cette voix « sans nom », par la réappropriation du corps. Conquérir son corps par la certitude de la toute possession, c’est conquérir la coque dans laquelle la voix pourra se poser et former le tout manquant à cette narratrice de pensées. Ainsi, celle-ci emprunte un topos féminin de la quête du sens par la quête du soi : s’offrir à un inconnu pour se réapproprier son propre corps. Maintes jeunes femmes ont hurlé face à l’impossibilité de vivre pleinement un amour interdit « Si je ne peux m’unir à toi, alors je t’offre mon corps et ce que j’ai de plus précieux, cet hymen tant convoité », ou encore face à la certitude du mariage forcé « Je donnerai mon corps au premier venu, mon corps m’appartient ». A ce sujet, cette voix ne fait pas figure d’exception. Au contraire, elle met à exécution un projet qui souvent, reste à l’état d’expression de la colère. Ici, la narratrice conditionne chaque fait à la réalisation de cet acte de dépucelage à venir. Il sonne même le début de sa quête. Après s’être offerte sur la plage, nul interdit ne peut plus être transgressé. Car cet acte se veut l’apothéose de la scène érotique tant racontée par d’autres auteures comme Zoé Valdès dans Le néant quotidien (Actes Sud) ou mieux encore et sans équivoque par Françoise Rey, La femme de papier (. Les femmes permettent d’accéder à la description du plaisir charnel à l’état brut. Cependant cette entrée en matière de Faïza Soulé Youssouf ne nivelle pas  le plaisir ce qui rompt la sensualité recherchée. Le raccord de ces deux corps, deux inconnus, deux sexes qui se touchent, deux langues qui se cherchent et la communion fortuite de tout cet ensemble laisse quelque peu dubitatif. Scène réelle ou fantasme, ce coït-dépucelage au bord de la mer, sur une plage déserte, sous le soleil couchant, avec un Apollon aux gestes si précis qu’ils provoquent l’orgasme, a toutes les allures d’un cliché carte postale, sorti d’un film.

 

L’écriture du « Je »

Cette écriture du monologue intérieur plait ou non. Pour les amateurs de récit, d’histoires et de péripéties, la lecture de Ghizza pourra laisser sur leur faim, l’estomac, et même l’esprit. En effet, la grande question est « Dans quel intérêt ? » Pourquoi ce monologue et quel était le but ? Aux plus partisans d’un art ou d’une littérature qui a du sens, refermez le livre et passer votre chemin. Nous recherchons une universalité dans les mots et espérons rencontrer, au détour d’une œuvre, des personnages qui nous parlent car ils nous ressemblent. Ce n’est pas le cas ici, loin s’en faut. Et cette voix qui soliloque répondrait comme elle le fait si bien « Je n’en n’ai cure ». Et il est vrai qu’elle n’en a cure car si universalité du sens il y a, ou bien si texte il y a, ce n’est que dans la conception individuelle de l’écriture en tant que thérapie. Par le récit de soi, Nathalie Sarraute le disait très bien « Tu veux évoquer tes souvenirs. » (Enfance, Gallimard) ; Rousseau l’écrivait «  Je fais une œuvre qui n’eut jamais d’exemple… » (Les confessions) car l’écriture du « je » est une thérapie unique et individuelle. L’écriture permet de guérir et si cette voix ne s’arrête pas sur l’opinion du lecteur, c’est qu’à travers son soliloque lancinant par ses retours frénétiques, elle procède à sa propre cure.

Et en ce sens, le texte marque une certaine nouveauté dans l’espace littéraire comorien. En effet, la plupart des œuvres constituant la littérature comorienne d’expression française mettent une pointe d’honneur à construire un cadre, à affirmer et revendiquer le lieu source. Celui-ci est généralement, l’archipel des Comores. Ici, pas de décor, pas de description mais un étiquetage : une chambre, une maison, une bonne, un homme riche de quinze ans son aîné conduisant une petite voiture bleue. Pas de contexte : un lieu identifié par touches, sans nom lui aussi « Je vois aussi des petits en haillons, le ventre ballonné, mais qui s’amusent malgré tout » (p.126), une île, une medina, des cimetières. Le tout s’apparenterait à Moroni, capitale où vit l’auteure. Mais alors, il s’agirait d’une Moroni camouflée sous de multiples voiles afin de pouvoir être niée si découverte. Deux sociétés se fondent dans l’imaginaire de cette voix sans nom.

 

Une quête inachevée

Pour ma part, en tant que lectrice, si cette œuvre n’a pas honoré mon horizon d’attente, elle a du moins éveiller ma curiosité littéraire en questionnant le genre, le style et l’effet.

Comme dans la majorité des œuvres de la littérature comorienne francophone, la quête reste inachevée. Malgré toutes ses aspirations, toutes ses revendications et tous ses sursauts, la narratrice ne parvient à se réaliser qu’en surface. Elle courait après son identité, cherchait à renouer avec une histoire voilée ; elle ne trouve qu’un prénom qui l’enferme davantage dans une histoire conditionnée. Et pour exister par elle-même, ne lui reste que la nécessité de tirer un trait sur son passé par un adieu définitif à celui qu’elle prenait pour son père. Or son courage n’ira pas plus loin, elle se contentera de vouloir faire sans faire. En témoigne la chute qui laisse perplexe et rend caduque sa tentative de libération. Si la voix réussit à trouver un corps en retrouvant un nom, si la quête du sens lui a permis d’aboutir à la quête de soi, par la libération d’un « moi » prisonnier d’une histoire ne lui appartenant pas, nous restons sur notre faim quant à la touche finale. Comme une clôture se voulant éclatante, la narratrice dit son départ et précise qu’elle empruntera pour cela le boutre de celui qui n’était finalement pas son père. Pire encore, les derniers mots devant sceller sa rupture et annoncer sa liberté retrouvée ne sont pas écrits par elle mais par ce personnage sans grande consistance non plus qu’est Jacob, si tant est que celui-ci le fasse. Ainsi, la rupture et donc la fin renvoie au début, une voix sans nom qui cherche à se libérer d’un corps étranger, un corps qu’elle ne s’approprie que dans la solitude de sa nudité, sur un lit, au milieu d’une chambre.

Thoueybat Djoumbe

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