Que reste-t-il du parti Juwa ?

Depuis l’alliance entre les candidats de Juwa (Mohamed Dossar au nom de Fahmi Saïd Ibrahim et Abdou Salam, candidat Juwa au gouvernorat d’Anjouan) et le candidat CRC à la présidence (Azali Assoumani), le processus de décomposition du parti d’Ahmed Sambi s’est accéléré.

Avant même cette signature, vingt coordinateurs communaux avaient annoncé leur ralliement à la candidature de Mouigni Baraka. L’ancien Ministre des Affaires étrangères, Ahmed Jaffar lui aussi avait annoncé qu’il quittait le parti pour rejoindre l’équipe de Mohamed Ali Soilihi (Mamadou).

Quelques heures après cette signature, une partie du Bureau National, conduit par le Secrétaire Général du parti, le député de Moroni Ibrahim Mohamed Soulé et Ahmed Barwane (tête de liste Juwa à Moroni aux dernières élections) rejoignaient le candidat Mouigni Baraka.

Après l’annonce de Sambi de son alliance avec Azali, le processus a pris la vitesse supérieure, passant des états majors à la rue. Dans des réunions spontanées à Moroni, la communauté anjouanaise, qui est la base de l’électorat sambiste dans la capitale, a annoncé que cette fois elle ne suivrait pas Sambi dans l’alliance avec Azali, après l’avoir suivi dans l’intronisation sans discussion de Fahmi Saïd Ibrahim comme candidat du parti Juwa. Pour cette communauté, Azali est l’homme qui a provoqué les exactions contre les Anjouanais de Moroni en 1999 pour justifier sa prise du pouvoir par un coup d’Etat.

Ce dimanche 3 avril, deux autres ténors du parti ont officialisé leur ralliement à la candidature de Mamadou : Ibrahima Sidi, membre du Bureau National, qui était le Vice-Président de Sambi dans sa tentative malheureuse de se présenter aux présidentielles de 2016 et Mohamed Djaffar, ancien Ministre de la Justice de Sambi et ancien député de la région Mbude-Mitsamihuli.

Que reste-t-il encore du Juwa ? Face à cette décomposition, les fidèles de Sambi (comme les proches d’Azali) ont deux explications toutes faites qu’ils répètent sur les réseaux sociaux depuis une semaine, tels les disciples de Coué ou des personnages de Kassovitz (« Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important n’est pas la chute, c’est l’atterrissage »). L’une c’est que tous ces gens ne valent rien dans le parti, il n’y a que Sambi qui est important. L’autre, résumé par un des fidèles de Sambi, Paul-Charles Delapeyre, qui n’est arrivé auprès de Sambi qu’il y a un an, après l’avoir vilipendé pendant des années, c’est qu’il faut couper les branches « pourries » pour que l’arbre pousse mieux et donne de plus beaux fruits. Les intéressés apprécieront, mais il faut tout de même comprendre que d’une part, ce n’est pas Sambi qui fait le ménage dans son arbre mais ses lieutenants qui le quittent et d’autre part, si Barwane, Sidi ou même Ibrahim Soulé, comme Paul-Charles Delapeyre, ne sont que des branches, dans le sens où ils ont tous rejoint l’arbre sambiste bien après sa plantation, Ahmed Jaffar (Mutsamudu) ou Mohamed Djaffar (Mitsamihuli), tous deux cousins de Sambi, ne sont pas des branches, ce sont des racines du sambisme. Ils étaient avec lui avant sa candidature en 2006, ils ont préparé cette candidature, ont fait campagne et ont gagné avec le chef. Ils ont été récompensés par des postes prestigieux (MIREX et Justice).

Au rythme où vont les choses, il se pourrait que le candidat Azali Assoumani se réveille le 11 avril en s’aperçevant qu’on lui a vendu un arbre qui ne pouvait plus donner de fruits car il n’avait plus ni ses racines ni ses branches les plus solides. Juste un tronc vide.

Certains membres de la CRC avaient donné le parti Juwa comme mort après les dernières législatives et les dissensions qui commençaient à apparaître. La désignation, de par le bon vouloir du chef, d’un candidat en dehors du parti, Fahmi Saïd Ibrahim avait accéléré la crise, l’alliance avec Azali pourrait bien achever Juwa.

Mais, la CRC elle-même n’est pas épargnée par un début de décomposition. Il se murmure que le Secrétaire Général, Karihila, qui a parcouru de nombreux pays arabes pour chercher des fonds pour la campagne d’Azali en disant qu’il était le seul à pouvoir combattre le shi’isme, voit d’un mauvais oeil l’alliance entre Sambi et Azali. Il se pourrait qu’il quitte le bateau avant la fin de la campagne, d’autant que Azali n’a pas soutenu comme il fallait sa candidature au gouvernorat de Ngazidja, acceptant la concurrence d’un autre membre du parti, Maoulana, qui l’a privé de l’accès au deuxième tour.

Mahmoud Ibrahime

2 commentaires

  1. nourdine MMADI jeune diplôme en droit a l’université des Comores ,stagiaire au ministère des relation international pour moi je constate que que le président ASSOUMANI azali a trahie les jeunes comoriens dans le fait que aujourd’hui on comptent plus des 400 jeunes comoriens qui sont suspendus dans leur lieu de travail sans payer au moi de ramadan. pour moi se pas humaine les gestion du gouvernement d’AZALI a fait nos jeune comoriens

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