L’honneur perdu du colonel Azali

Azali-Assoumani_0Puisque pendant cette période électorale, certains patriotes, semblent être devenus amnésiques et prétendent que tout patriote devrait être aujourd’hui derrière la candidature du colonel Azali Assoumani, il paraît important de rappeler quelques faits qui montrent que cet homme a déjà été jugé et condamné par l’histoire. Le colonel Azali Assoumani a définitivement perdu son honneur en tant que militaire, en tant que musulman, en tant que chef de parti et en tant que Président de la République.

  1. L’exposition du cadavre d’Apache (1992)

En septembre 1992, c’est le chef de bataillon Azali Assoumani qui donne l’ordre d’attaquer au lance rocket un ancien militaire français d’origine comorienne, Ahmed Abdallah dit Apache, originaire de Foumbouni, accusé de tentative de coup d’État, réfugié dans une maison. Après l’assaut, le corps d’Apache est sorti des décombres, posé sur le capot d’un véhicule militaire pour faire le tour de Moroni. Passons sur les aspects militaires de cette affaire, bien que certains aient affirmé que l’homme était pris et qu’il n’y avait pas besoin de le tuer. Mais, comment un musulman peut-il accepter l’exposition du cadavre d’un être humain ? Le chef de bataillon Azali Assoumani l’a accepté. Pourtant, même Bob Denard après l’assassinat d’Ali Soilihi a enveloppé le corps de celui-ci et est allé personnellement le remettre à sa famille.

  1. La fuite à l’Ambassade de France (1995)

Trois ans plus tard, le colonel Azali, alors chef d’Etat-major devait montrer ses capacités physiques lors d’un coup d’État contre les Comores. Au lieu de cela, il a fuit laissant des lieutenants sous le feu des mercenaires.

En effet, en septembre 1995, la France a décidé de se débarrasser du Président Djohar et elle envoie Bob Denard et ses hommes. Tandis que des jeunes lieutenants résistent au débarquement des mercenaires, le colonel Azali n’a rien trouvé de mieux que d’aller se cacher à l’Ambassade de France, c’est-à-dire le pays qui a envoyé les mercenaires. Et c’est cet homme, qui a montré à ce moment là où étaient ses intérêts que certains veulent donner le titre de patriote. On aura tout vu dans ce pays.

  1. Les exactions contre les Anjouanais

En avril 1999, des éléments contrôlés poussent des Anjouanais (certains jouent le jeu parfaitement préparé) vers le port de Moroni pour un départ vers Anjouan. D’autres sont pris à partie, humiliés dans la capitale. Dans quel but ? Celui de créer les conditions pour une prise du pouvoir par le colonel Azali. Le Premier Ministre, feu Abbas Djoussouf a raconté après le coup d’État de 1999 qu’il a appelé le chef d’Etat-major Azali Assoumani devant l’Ambassadeur de France pour lui demander de faire cesser ces exactions. Il a tout simplement refusé. Plus tard, ses partisans développeront la thèse de l’interposition de l’armée pour éviter la catastrophe, mais tout indique que le chahut a été crée contre les Anjouanais afin de justifier le coup d’État.

  1. Le putschiste

Le 29 avril 1999, c’est le même colonel Azali Assoumani qui prend les armes contre la République, déjà affaiblie par le séparatisme. Il n’hésite pas à marcher sur la Constitution du pays et à suspendre toutes les institutions. Il promet qu’au bout d’un an, il remet tout en place et retourne dans sa caserne. Mensonge ! Au bout d’un an, il a amplifié la crise séparatiste et n’a pas voulu quitter le pouvoir, mais au contraire a tout organisé pour y rester.

  1. La collaboration avec les séparatistes

Alors qu’il a présenté son coup d’État comme la solution qui devait résoudre la crise séparatiste, le colonel Azali l’a renforcée en appuyant à coup de mallettes d’argent le régime de Mohamed Bacar qui était moribond après plusieurs mois d’un embargo décidé par l’Union africaine.

  1. Le déni de justice

Le régime du colonel Azali s’est caractérisé par l’absence de justice. Un exemple reste dans la mémoire collective : la destruction des maisons de certains particuliers (alors que celles des proches du régime n’étaient pas touchées) sans aucune forme de jugement.

  1. Le déni du droit de vote de la diaspora

Dès le coup d’État de 1999, la diaspora dans sa grande majorité a rejeté le régime du colonel Azali. Lorsque celui-ci s’est rendu en France pour une opération de séduction, les Marseillais l’ont chassé de la salle et il a dû se contenter des notables pour s’adresser aux Parisiens. Le colonel a fait payer à la diaspora cette recherche de la démocratie puisqu’il va s’opposer à la mise en place concrète du vote de la diaspora telle qu’il se trouvait inscrit dans la loi électorale de 2005.

  1. La question de Mayotte

Pour qui suit l’évolution de la question de Mayotte, la période de la présidence Azali est celle qui a posé les bases de la départementalisation qui allait se réaliser sous la présidence d’Ahmed Sambi en 2009. Le pacte fait avec la diplomatie française de ne plus évoquer la question de Mayotte a permis à celle-ci de préparer tranquillement le référendum sur Mayotte dès 2002.

  1. La trahison de ces lieutenants

Le colonel Azali a également perdu son honneur en faisant un pacte avec Sambi pour se protéger alors que ce dernier envoyait en prison tous les collaborateurs du colonel pour décapiter l’opposition en 2007. Et effectivement, pendant toute la période de la présidence Sambi, Azali restera silencieux et n’aura aucune compassion pour aucun de ses compagnons arrêtés par Sambi.

  1. Le putsch dans son propre parti par refus de la démocratie

Alors qu’il avait disparu de la scène politique, laissant Houmed Msaidié structurer et maintenir le parti comme principal parti d’opposition à Sambi, à l’approche des primaires de Ngazidja, le colonel Azali revient dans le parti, fait un putsch (il n’a pas perdu ses mauvaises habitudes) et s’impose comme candidat naturel car il savait qu’il allait perdre dans des primaires organisées d’une manière démocratique comme l’avait prévu le SG de l’époque.

 

Et c’est cet homme là que certains voudraient nous présenter comme un Républicain, un homme qui a déjà pris les armes contre la République, un homme qui a perdu son honneur en fuyant alors que son pays était attaqué. Ce sera sans moi. Que chacun défende son poulain mais que certains n’essayent pas de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Mahmoud Ibrahime

 

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