Mois: juillet 2017

Cheickh-Mc le « Puff Daddy » comorien

Né le 12 août 1978 à Moroni, Cheikh-Mc, de son vrai nom Abdérémane Cheikh, est le pionnier du rap comorien. Si au départ la méfiance des Comoriens vis-à-vis du rap, ce genre musical nouveau, était de mise, Cheikh-Mc a su l’imposer en terre de toirab. En 2005 sort son premier album « Tout Haut », les Comores comme le monde, découvrent médusés, le talent inouï du jeune rappeur.

Malgré les difficultés que rencontrent les artistes comoriens, Cheikh-Mc force son destin et s’impose petit à petit en leader, non seulement leader du rap comorien mais aussi en leader incontesté de la conscientisation de la jeunesse. On a encore en mémoire les manifestations organisées par le mouvement Madji na Mwendje portées par la voix de Cheikh-Mc. La suite, comme pour récompenser ses années acharnées de travail et d’insoumission, Cheikh-Mc fut arbitrairement arrêté puis incarcéré ; les jeunes comoriens de la place et ceux de la diaspora se sont soulevés, et l’indignation collective a eu raison de l’autoritarisme. Il a recouvert la liberté peu après.

Mais puisque pour défendre ses Comores, Cheikh-Mc est prêt à tout, il le dit d’ailleurs dans son titre «Ngamina», (je dispose) rien ni personne n’arrive à éteindre sa voix qui porte. Très vite, comme on peut le constater, Cheikh-Mc est investi de différentes missions internationales à l’image du chanteur hors frontière qu’il est devenu. Il a été par exemple, désigné ambassadeur de l’UNICEF auprès des jeunes ; de ce statut sont nés combat et vocation pour le rappeur. Dès lors, Cheikh-Mc milite pour la promotion de la santé, de l’éducation et de la bonne gouvernance. La mythique chanson, «Nadia», qui est un véritable hymne à l’amour et contre la propagation du Sida, est restée le symbole d’un engagement total et indéfectible.     6875809lpaw-6875834-jpg_4062198

Un rap engagé donc, voilà ce que fait Cheikh-Mc sans discontinuer. C’est là peut être la recette de sa longévité. Les années passent, les albums se succèdent et le succès est toujours aussi présent. Les Comoriens l’écoutent, le monde aussi. Lorsque, lors de son dernier passage en France, Cheikh-Mc fut reçu à Science Po longtemps après avoir été finaliste du prix découverte RFI marchant ainsi sur les pas du chanteur O. Mohamed Elyas dit Maalesh, sa stature a pris un nouvel an. Cheikh-Mc est écouté en Afrique et en Europe, de Paris à Mogadiscio en passant par Dakar et Bamako à travers RFI. Cet artiste est regardé également de Canberra et Washington par l’intermédiaire de la célébrissime chaîne télévision Trace-TV.

Auteur de trois album, Tout Haut (2005), Enfant du tiers-monde (2010), Upezo (2017) et d’un EP, Révolution en 2014, Cheikh-Mc étonne par son inspiration et la facilité avec laquelle il s’adresse aux autorités comoriennes. Ainsi, des chansons comme Mwambiye (Dis-lui) et Ndo Msadjadja (La pagaille), adressées respectivement aux présidents Azali et Sambi, d’après la critique collective, sont restées des œuvres cultes. Elles ont prouvé, si besoin était, que rien n’échappe à l’œil et à la bouche du rappeur.

C’est donc en terrain conquis que Cheikh-Mc revient en ce mois de juillet 2017, avec son album Upezo, entendez Panorama ou Vision. L’album qui tombe après le succès international du titre Anyibu, La honte qui pointait du doigt ceux qui prônent la probité religieuse en semant l’immoralité et la honte.

Disponible dans toutes les plateformes de téléchargement légal, Upezo semble faire un carton parmi les fans de Cheikh-Mc. L’une des chansons phares de l’album, Djibuwe, Montre-toi ou plutôt vante-toi, est disponible gratuitement sur Youtube. Elle a été vue plus de 20 000 fois en moins d’une semaine. A ce rythme là, non seulement aucun autre chanteur comorien résidant aux Comores comme lui n’a fait mieux mais aussi, ne comptant pas s’arrêter là, à l’entendre, Cheikh-Mc risque de devenir, à terme, le véritable Puff Daddy du rap africain. Encore faudra-t-il, que dans son propre pays, ceux qui sont dérangés par sa voix, ne la mettent pas en sourdine ou l’éteigne.

O.M

La fédération Radhi-France réagit suite à la fermeture de la compagnie Int’Air Iles

logoRadhinouveauLe communiqué annonçant l’arrêt des activités de la compagnie aérienne Int’Air Ile a suscité peu de réactions dans la sphère politique. Vingt-quatre heures après le communiqué du Directeur d’Int’Air Iles, la fédération RADHI-France réagit et regrette la fermeture de cette compagnie fondée et gérée par des investisseurs nationaux.

Dans un communiqué diffusé ce dimanche 30 juillet, RADHI-France exprime sa colère face au dépôt de bilan d’Int’Air Iles, surtout que quelques mois auparavant, une autre compagnie comorienne, AB-Aviation a été également contrainte d’arrêter ses activités par les exigences de la même agence gouvernementale. Le Bureau de la Fédération du parti RADHI en France laisse entendre que le gouvernement comorien est à l’origine de l’écroulement des compagnies comoriennes au profit des entreprises étrangères comme on peut le lire dans ce communiqué : « la suppression de deux compagnies comoriennes pour favoriser des compagnies étrangères est une honte pour tout comorien qui aime son pays ».

C’est dans un ton ferme que cette fédération critique les actions du chef de l’État et de son gouvernement et parle de « crime économique » en précisant que « 130 » personnes seront désormais au chômage suite à la fermeture d’Int’Air Iles. La déclaration n’a pas omis de souligner les « 7000 emplois » supprimés dans la fonction publique par le gouvernement actuel dès le début de la prise de fonction. Alors que la baisse du chômage faisait partie des promesses du chef de l’État pendant sa campagne, c’est le contraire qui se produit « le président Azali (…) écrase les initiatives nationales et détruit des emplois depuis un an ».

Natidja HAMIDOU


FÉDÉRATION RADHI-France

Radhi.france2@gmail.com

COMMUNIQUÉ

30.07.17

 

La société INT’AIR ILES a annoncé la cessation de ses activités à partir du 30 juillet 2017, ne pouvant faire face aux exigences inconsidérées de l’Agence Nationale pour l’Aviation et la Météorologie (ANACM). Après la mise à mort il y a quelques mois de la compagnie AB Aviation, c’est la deuxième disparition d’une compagnie aérienne comorienne depuis le retour au pouvoir du président Azali, il y a un peu plus d’un an. Et comme par hasard, on nous annonce au même moment l’arrivée d’une nouvelle compagnie qui a les faveurs du gouvernement.

La suppression de deux compagnies comoriennes pour favoriser des compagnies étrangères est une honte pour tout Comorien qui aime son pays. Au regard de la situation géographique de notre archipel, c’est un crime économique. Au-delà de la fragilisation du secteur privé, du manque de soutien aux initiatives privées, le gouvernement du président Azali a procédé à des destructions d’emploi dans ces deux compagnies, 130 emplois pour la seule société INT’AIR ILES. A cela s’ajoutent plus de 7000 emplois détruits dans la fonction publique. N’en déplaise à ses partisans, qui continuent à soutenir des actions qui sont défavorables à l’économie nationale et qui avantagent des opérations opaques venues de l’extérieur, il y a un vrai décalage entre le candidat Azali qui promettait le plein emploi et qui disait qu’il fallait que les Comoriens comptent d’abord sur eux-mêmes d’une part et d’autre part le président AZALI qui écrase les initiatives nationales et détruit des emplois depuis un an.

À longueur de journée, le président de la République et ses partisans nous chantent la chanson de l’émergence, mais dans les faits nous assistons à une politique économique qui conduit à l’échec les investisseurs nationaux. On peut légitimement se demander quels desseins guident les dirigeants du pays à agir ainsi au détriment des investisseurs comoriens.

La fédération RADHI-France apporte son soutien aux investisseurs nationaux victimes des opérations du gouvernement du président Azali, ainsi qu’aux familles qui vont devoir vivre avec le chômage à partir d’aujourd’hui.

La Fédération RADHI-France condamne fermement cette politique destructrice et demande au président de la République et à son gouvernement de se ressaisir et de changer de cap en soutenant les opérateurs économiques au lieu de les enfoncer.

Enfin, nous appelons l’ensemble des partis politiques à ne pas rester muets face à une politique anti-nationale en attendant une hypothétique entrée au gouvernement, et la société civile à ne pas se laisser endormir par une aide à l’organisation d’Assises Nationales qui risquent d’ailleurs d’être manipulées et détournées à d’autres fins et de dénoncer les entraves qui sont faites aux intérêts nationaux.

Le Bureau de la Fédération RADHI-FRANCE

Éducation. Les épreuves du Bac ont enfin commencé

12850 élèves ont entamé les épreuves du baccalauréat ce samedi avec plus d’un mois de retard par rapport aux dates habituelles.

Après l’examen d’entrée en sixième le 26 juillet dernier avec 15248 candidats dans l’ensemble du pays, le tour revient au baccalauréat. Ce samedi 29 juillet, 12850 candidats ont débuté le baccalauréat dans les différents centres de l’archipel avec l’épreuve de philosophie. Les élèves inscrits au baccalauréat général ont quatre jours pour composer les différentes épreuves. Tandis que leurs camarades du baccalauréat technique finiront leurs examens deux jours après, le 3 août selon la déclaration du Secrétaire Général du Ministère de l’Éducation nationale dans les colonnes du quotidien La Gazette des Comores.

L’éducation physique et sportive (EPS) aura lieu le 2 août prochain. Ce calendrier tardif des examens nationaux est la conséquence d’une grève des enseignants. Il reste à espérer que le taux de pourcentage de réussite du baccalauréat de cette année sera positif par rapport à celui de l’année dernière qui était loin d’être satisfaisant. S’agissant du Brevet d’Étude du Premier Cycle (BEPC), le début des épreuves est prévu le 5 août prochain avec 12392 candidats. 40 490 constituent le nombre de candidats aux examens nationaux pour cette année scolaire.

       Natidja HAMIDOU

Mort de la compagnie Int’Air Iles

InterAIRIlesC’est par un simple communiqué aux allures de faire-part de décès, en date du 28 juillet 2017, que le Directeur de la compagnie Int’Air Iles a annoncé « la fin de toutes ses activités » à partir du 30 juillet 2017. Le courage et la volonté de Seffoudine Inzoudine n’ont donc pas suffi face aux volontés de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie (ANACM).

Si les autorités comoriennes et en particulier le puissant directeur de l’ANACM, Jean-Marc Heinz voulaient en finir avec Int’Air Iles, après avoir provoqué l’arrêt de la compagnie AB Aviation, ils ne s’en seraient pas pris autrement.

Ce sont deux règlements qui ont été exhumés par l’ANACM en quelques jours pour faire mordre la poussière à la compagnie de droit comorien. Le premier visait à stopper l’exploitation de l’Airbus affrété par Int’Air Iles avec lequel la compagnie avait fait récemment un vol inaugural vers Dubai avec des offres alléchantes pour les voyageurs. L’ANACM exigeait qu’après six mois d’exploitation l’avion, loué à une compagnie sud-africaine, soit immédiatement immatriculé aux Comores. Le deuxième interdisait aux avions mono-moteurs d’Int’Air Iles les vols de nuit, mais surtout rallongeait considérablement le temps de trajet entre la Grande-Comore et Anjouan, faisant ainsi exploser les coûts d’exploitation.

L’ANACM et son directeur ne pouvaient ignorer qu’avec de telles mesures ils allaient tuer la deuxième et dernière compagnie comorienne de transport de la région. Le Directeur annonçait récemment pouvoir résister encore, mais ce 28 juillet, il en est venu à l’évidence : Int’Air Iles est mort « des conséquences de la volonté de l’ANACM d’écarter notre société des îles de la lune ». Les faits lui donnent raison puisque dès hier une autre compagnie est arrivée pour exploiter quasiment les mêmes segments.

Int’Air Iles a du subir pendant plusieurs semaines les blocages de l’Aviation civile française pour pouvoir se poser à Mayotte, il avait gagné son bras de fer car il était évident que les autorités françaises cherchaient à protéger Air Austral et Ewa. La compagnie subissait encore des « coups » à Madagascar qui cherchait également à soutenir Air Madagascar. Mais, Seffoudine Inzoudine et sa compagnie ne s’attendaient sans doute pas à ce coup de poignard dans le dos, de la part de leur propre gouvernement. Pourtant, la manière dont AB Aviation a été liquidée il y a quelques mois aurait dû les rendre plus méfiants.

A moins d’un miracle et d’un ressaisissement du gouvernement comorien, cent trente salariés rejoindront le 30 juillet prochain, au chômage, ceux d’AB Aviation et les plus de 7000 Comoriens virés de la fonction publique par simples décrets.

Dans ces conditions, quels Comoriens sont prêts à faire de grands investissements dans ce pays, en sachant qu’ils sont les plus visés et qu’ils peuvent tout perdre en quelques jours, s’ils ne sont pas proches du pouvoir ?

MI

 

Coopération décentralisée franco-comorienne

COOPERATION

Au centre de l’image: Abdillah Ibrahim

Interview d’Abdillah Ibrahim, président de la PFAC de Seine-Saint-Denis : «C’était une bonne occasion pour renforcer le processus de mise en place des collectivités territoriales aux Comores».

 

Des assises sur la coopération décentralisée franco-comorienne se sont tenues à Moroni du 28 au 29 juin dernier. Pour en savoir plus, Mlimengu s’est entretenu avec Abdillah Ibrahim, président de la plate-forme des associations comoriennes de la Seine Saint-Denis qui a été dépêché aux Comores pour y prendre part. Interview.

Mlimengu : quels sont les objectifs de votre mission aux Comores ? Quel est le but à atteindre ?

Abdillah Ibrahim : Je suis venu représenter le maire de Sevran en tant que conseiller municipal et la PFAC 93 (Plate-forme des associations comoriennes de la Seine-Saint-Denis) en tant que coordinateur général, à l’invitation de l’ambassade de France et de l’association des maires des Comores, aux assises de la coopération décentralisée franco-comorienne, tenues à Moroni les 28 et 29 juin derniers.

Ces assises rassemblaient les collectivités françaises ayant des partenariats de coopération avec les collectivités comoriennes. La municipalité de Sevran et la PFAC 93 que je représentais, sont impliquées comme beaucoup d’autres structures, dans cette dynamique. C’était une bonne occasion pour renforcer le processus de mise en place des collectivités territoriales aux Comores. A ce stade de la mise en place des institutions territoriales comoriennes, ces rencontres sont productives.

M.L : comment se sont déroulées les assises ? Et combien de temps ont –elles duré ?

A.I: Sur le plan technique, les assises se sont bien déroulées. Elles ont permis aux collectivités françaises engagées dans le cadre de la coopération décentralisée avec les Comores, de faire le déplacement et manifester leur volonté de coopérer avec l’archipel pour des intérêts mutuels.

Les travaux se sont réalisés en ateliers techniques durant les deux jours. Des échanges et des informations très pertinents ont bordé le menu des différentes rencontres.

La coopération décentralisée est un dispositif volontaire de solidarité autorisée par la loi. C’est un aspect qui doit être bien compris par la diaspora et les autorités locales comoriennes.

 C’est en ce sens qu’on doit mesurer le rôle d’une structure comme la PFFAC 93 dans les relations entre Ngazidja et le département de la Seine-Saint-Denis, par exemple. Les partenaires ne peuvent pas mettre en place des dispositifs si nous, originaires de Comores ne sommes pas demandeurs. Ils tiennent compte des préoccupations qui sont les nôtres et des intérêts de chacun.

Je précise que la Seine-Saint-Denis était bien représentée avec l’île de la Réunion, par rapport aux autres collectivités françaises présentes à ces assises. Cela prouve bien que la dynamique nourrie par l’implication de la communauté résidente sur les territoires dont certains d’entre nous avons des responsabilités, a une influence positive.

M.L : quels sont les résultats obtenus ?

A.I : Les résultats attendus de ces assises sont constitués ainsi : d’abord, il y a l’engagement des collectivités françaises présentes à agir pour le renforcement et la consolidation du processus de structuration. Ensuite, vient s’ajouter l’appui à l’administration et la gouvernance locale à travers l’accompagnement des communes et des gouvernorats dans la gestion locale. Enfin, il y a également, l’appui et la valorisation des territoires et l’émergence des dynamiques de développement.

Personnellement, je suis persuadé que si les partenaires comoriens s’en saisissent de l’opportunité, l’impact serait positif.

M.L : Les autorités comoriennes ont refusé la participation des maires de Mayotte à la demande de la France. Le gouvernement a-t-il justifié ce refus ? Pourquoi avez vous accepté de continuer le travail sans les élus Mahorais ?

A.I : Le refus de l’Etat comorien à une délégation française de Mayotte relève de sa souveraineté. Il ne m’importe pas d’en chercher des justificatifs. Il est bien vrai que la partie officielle de la programmation de l’événement est reportée ultérieurement, selon l’expression du président de la République, lors d’une réception qu’il a accordée à notre délégation. Toutefois, je conçois que la poursuite des travaux constitue l’essentiel mais les autres enjeux ne sont pas non plus négligeables.

Il était très utile de remplir notre mission et envisager des mesures qui permettront aux deux parties de continuer à œuvrer ensemble dans la voie de la pérennisation des efforts pouvant rapprocher les territoires et les habitants de nos deux pays pour les intérêts réciproques.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

Un festival pour la valorisation des boutres aux Comores.

Djahazi

Peinture:  Abdou MWEWU

 

Du 21 au 23 juillet dernier, a eu lieu à Moroni la première édition du « Festival Djahazi ». Celui-ci a été initié et organisé par l’association Djahazi dans le but de démontrer l’utilité des boutres aux Comores et la place qu’ils occupent dans notre passé commun.

Cet ancien moyen de transport, disparu depuis plusieurs années,  semble être méconnu par la jeunesse comorienne  D’ailleurs, cela fait partie des objectifs de ce festival. Il ne s’agit pas seulement de mettre en valeur la culture comorienne mais aussi de sensibiliser la population sur la disparition de ce patrimoine culturel.

Plusieurs activités étaient au programme notamment des expositions photos, des contes, une projection d’un documentaire sur les boutres… Elles se sont toutes déroulées dans la capitale. Les organisateurs de ce festival ont manifesté leur joie et ont affirmé une réussite de l’événement. Il faut espérer pour la prochaine édition, que les activités soient dispersées dans les autres villes et pourquoi pas dans les autres îles.

Natidja HAMIDOU

Les coulisses de l’après Anda

IMAGE ANDA
Le terme Anda, vient de l’Arabe classique, Andat, ce qui signifie habitude. D’ailleurs, il est souvent utilisé dans des expressions populaires comme, Kamal anda, ce qui signifie, comme d’habitude, comme à l’accoutumée. Le Anda relève donc de la coutume comorienne. Il exige que tout homme, surtout l’aîné d’une fratrie, épouse une femme, de préférence du même village, au vu et au su de tous. Le Anda est donc un mariage essentiellement endogamique et particulièrement ostentatoire.
Dans la pratique, le marié amasse une somme colossale d’argent et nourrit tout son village et parfois même au delà ( notamment dans le cadre des madjlis) durant toute une semaine. Or, argent et mets sont dépensés démesurément et les mariés, qui se sont souvent endettés au préalable, entrent dans une spirale infernale de dette et de crédits infinis.
Les plus grands sacrifiés de ces mariages rocambolesques sont ceux qui n’auraient jamais du être abandonnés par leurs propres parents. Les enfants. Ils sont souvent soumis aux mêmes restrictions que leurs parents et alors, au sein des familles, des tensions en tout genre s’installent; parfois elles sont réglées, parfois elles virent au cauchemar des dislocations familiales.
Il est parfois, des cas aberrants de mariages arrangés ou montés en toutes pièces du jour au lendemain pour ne pas manquer l’occasion de conclure son grand mariage. Plus souvent, ces mariages opportuns ou express, ne durent pas longtemps; les divorces se multiplient et, hormis les dépenses faites de part et d’autres, personne ne gagne dans ce genre de mariage.
Tout cela pour acquérir une certaine notoriété dans la société. Le Anda confère en effet, le tire d’homme accompli, Mdru Mdzima. L’homme accompli, auréolé de ce nouveau statut, peut donc décider de certaines affaires qui concernent la cité. Il peut même décider de l’excommunication de toute personne dont le comportement déplacé nécessite cette mise à l’écart. La question qui se pose est donc la suivante. Peut-on continuer aujourd’hui, à vivre sous le poids de ces mariages fardeaux ?
Notons que, contrairement aux mariages conventionnels, le grand mariage est obligatoire. Et celui qui, par malheur, manque à ce devoir, est ciblé, pointé du doigt et même marginalisé. Le mariage ne devrait-il pas être privé et ainsi être exécuté par quiconque le souhaite ?
Voilà donc le grand mariage. Un mariage au pouvoir étendu, pouvoir qui s’étend jusque dans l’intimité de l’individu. Certes, chaque pays a ses us et coutumes. Nous ne devons donc pas vider le nôtre des legs de nos ancêtres. Mais il nous faut tout de même nous attaquer à certaines perversions pour le bien de tous.
Retirons au grand mariage, son caractère obligatoire. Rendons le Anda facultatif comme le sont tous les autres types de mariage de part le monde. Retirons les privilèges conférés aux hommes accomplis. Ainsi, le Anda deviendra l’affaire de ceux qui le veulent; il retrouvera donc le côté festif et joyeux de tout mariage. Évitons enfin de stigmatiser les wana mdji ( enfants de la cité), ceux qui ne sont pas encore passés par la case grand-mariage.
En somme, bien qu’il ne faille pas rayer le Anda de nos institutions traditionnelles, il faut le toucher d’une nouvelle emprunte pour la quiétude de tous. Nous devons supprimer de ce mariage, son caractère contraignant et coercitif. On ne peut permettre qu’en 2017, le mariage, censé représenter l’amour entre deux êtres chers, soient l’apanage de certaines personnes qui en tirent profit au détriment des mariés et de leurs ayants droit. Parlons-en, ouvrons le débat.
Omar MIRALI

Les Coelacanthes restent sur la route du CHAN

Coelacanthes

L’équipe nationale des Comores disputait aujourd’hui au Lesotho un match retour qualificatif pour le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) qui aura lieu en janvier 2018 au Kenya.

Les Coelacanthes ont été défait 1-0 au stade Maseru. Ils ont pris un but dès la 10e minutes, mais ont su se regrouper et ne pas prendre d’autres buts. Ce résultat de 1-0 leur permet de se qualifier pour le 3e et dernier tour qualificatif à la CHAN 2018. En effet, au match aller à Moroni, le 15 juillet dernier, l’équipe s’était montrée entreprenante en battant pour la première fois le Lesotho 2-0.

Au prochain tour, les 13 et 20 août 2017, les Coelacanthes affronteront la Namibie qui a battu le Mozambique.

Il est à noter que les Comores et le Lesotho s’étaient rencontrés en octobre 2015 dans le cadre des qualifications pour la coupe du monde Russie-2018. Après un match nul aux Comores, les Coelacanthes avaient pu se qualifier pour le tour suivant après avoir tenu en échec le Lesotho dans le même stade Maseru 1-1.

Dr Sounhadj a remporté son procès contre Juwa

SounhadjLe conseiller Santé et cohésion sociale du Président Azali, Dr Sounhadj, récemment exclu du parti Juwa a remporté une première bataille dans la guerre qui l’oppose au Président d’honneur Ahmed Sambi et certains cadres qu’il avait attaqués dans des termes assez durs.

En effet, le Tribunal de Première Instance de Moroni a ordonné la réintégration et le rétablissement du Dr Sounhadj dans ses fonctions de Secrétaire Général Adjoint du parti Juwa et de président de la Commission d’organisation du Congrès prévu les 16 et 17 septembre 2017.

Sounhadj Attoumane avait saisi le Tribunal après son exclusion et celui-ci avait convoqué le Secrétaire Général, Ibrahim Mohamed Soulé pour avoir des explications. L’argumentation du parti semblait simple : Dr Sounhadj n’avait pas été élu, mais désigné par le Secrétaire Général. Il était donc simple de le destituer.

Mais, voilà ! Son exclusion n’avait pas été faite conformément aux statuts mais par la seule volonté du Président d’honneur et cela fait un moment qu’il est reconnu comme Secrétaire Général Adjoint du parti.

Ce jugement place Sounhadj comme une épine au talon d’un parti qui veut devenir central dans l’opposition au président Azali. Mais, une question se pose : puisque le président Azali a rompu avec Juwa et ses ministres, pourra-t-il laisser en place Dr Sounhadj comme conseiller ? Le Dr Sounhadj pourra-t-il lui-même  être à la fois conseiller du président et Secrétaire Général Adjoint d’un parti résolument dans l’opposition ? Curieuse situation qui explique, en partie, cette assertion du Directeur de Cabinet du président de la République, rapporté par La Gazette des Comores, au lendemain de l’exclusion des Ministres Juwa du gouvernement :  » c’est une rupture temporaire ».

MI.

La plateforme de gouvernement Azali-Fahmi a été rendue publique

C’est le Coordinateur du parti Juwa à Anjouan, Mahamoud Elarif, qui a rendu public ce jour la plateforme de gouvernement qui a été signée entre les candidats du parti Juwa et le candidat Azali le 27 mars 2016, entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Cette plateforme était demeurée secrète jusqu’à ce que le Président Azali décide de renvoyer du gouvernement les Ministres du parti Juwa, y compris Fahmi Saïd Ibrahim, le principal signataire.

Cette plateforme intitulée « Plateforme pour la renaissance des Comores » est composée de 9 axes. Le premier intitulé « Du cadre institutionnel et politique  » devait en réalité régler à l’avantage du parti Juwa un certain nombre de points sur lesquels le parti se battait : laisser la tournante faire un tour complet, remettre en cause l’élection du président de l’Assemblée de l’Union, remettre en cause la participation des chefs de villages et de quartiers à l’élection des maires… Dans ce premier axe, il est étonnant de voir que les deux parties promettent de se soutenir pendant les élections de 2020 et de 2021 ou même de constituer une majorité à l’Assemblée alors qu’il ne s’agit que de l’engagement de cinq personnalités, en dehors de leurs partis respectifs comme il a été rappelé par les uns et les autres ces derniers temps.

Certaines dispositions de l’Axe 2 prêtent à sourire quand on sait ce qui s’est passé dans le gouvernement issu de cette Plateforme : lutte contre la corruption, réduction du train de vie de l’Etat (réduction des voyages notamment), « Respecter les procédures légales d’appel d’offre des marchés publics »… on dirait que le gouvernement s’est attaché à ne pas respecter cette plateforme ! Et l’on se demande comment certains membres ont pu garder le silence.

Dans l’Axe 7 consacré à « la diaspora comorienne » était prévu le vote de la diaspora qui avait été planifié par le gouvernement précédent avant les présidentielles.

Le dernier axe (De la question de l’île comorienne de Mayotte) prévoyait la création d’une Commission Nationale sur la question de Mayotte. Pourtant depuis la mise en place de ce gouvernement, la question de Mayotte n’a jamais été sérieusement abordée. Comme les gouvernements précédents depuis 1995, le gouvernement Azali 1 a fait retirer la question de l’ordre du jour provisoire de l’Assemblée Générale de l’ONU en 2016 et le gouvernement Azali 2 devrait faire la même chose d’ici quelques jours.

Il est probable que dès la signature de cette Plateforme d’accord, le camp du candidat Azali Assoumani savait qu’elle était inapplicable d’autant qu’elle n’engageait que la personnalité du candidat. Quant aux candidats du parti Juwa (non soutenus par leur parti en ce qui concerne cette alliance), conscients que le candidat Azali Assoumani n’avait pas trop le choix s’il voulait gagner, il lui ont imposé des mesures visant à leur donner un avantage certain dans le gouvernement, mais de fait inapplicables pour la plupart si le parti du Président et les autres partis et personnalités avec lesquels Azali s’était engagé n’approuvaient pas.

 


PLATEFORME D’ACCORD
ENTRE LES CANDIDATS SIGNATAIRES POUR UNE ALTERNANCE
DEMOCRATIQUE EN 2016 ET LE RENFORCEMENT DE L’ETAT DE DROIT 
AUX COMORES

Considérations générales 
La victoire du prochain Président de la République sera le fruit de la combinaison de réflexions et d’engagements par des personnalités politiques nationales, des hommes et des femmes, convaincus de la nécessaire alliance politique pour faire triompher le candidat. Cette alliance doit d’une part, mettre immédiatement en œuvre une politique de consolidation de notre souveraineté et de notre intégrité territoriale et d’autre part engager des réformes hardies, audacieuses par l’exécution de projets de développement socioéconomiques. 
Gouverner ensemble ce n’est pas seulement partager des responsabilités gouvernementales, c’est aussi et surtout partager un projet de société, avoir une vision d’ensemble commune, harmonieuse et engageante pour les parties qui s’allient et sont prêtes à les réaliser. Tel doit être l’esprit principal, le point de focalisation, de ralliement et de convergence de toutes les forces à verser dans cette bataille. 
Et c’est parce que les partis politiques en ont assez de se faire reprocher de division, d’immobilisme et d’absence de souci pour l’intérêt général de notre population qu’il est urgent et impératif de se doter d’une plateforme politique pour mieux se positionner, se faire entendre et agir ensemble demain pour le redressement rapide de notre pays.
Aussi, face à l’urgence d’un redressement économique et social de notre pays, un autre modèle de gouvernance dans lequel chaque comorien trouvera sa place, s’impose.
Considérant la conjoncture sociopolitique issue du scrutin électoral, caractérisée de fraudes et d’irrégularités prouvées ;
Considérant qu’un seul parti et encore moins un seul homme ne peut à lui tout seul ou avec ses seuls partisans gagner cette élection et relever les nombreux défis auxquels le pays est confronté ;
Considérant que le climat lourd et délétère actuel dans le pays, conduit les responsables politiques à la nécessité absolue d’apaiser et de rassembler notre peuple autour d’un projet commun de bonne gouvernance pour assurer une paix réelle, une stabilité et une cohésion sociales propices au développement multisectoriel de notre nation ;
Considérant que le temps est venu d’unir par un élan de sursaut national toutes les forces vives de la nation pour opérer dans la sagesse ces réformes ;
Conscients de la nécessité d’avoir, à l’issue du prochain scrutin présidentiel un gouvernement cohérent, stable, dynamique, populaire et solidaire autour du chef de l’Etat pour s’atteler rapidement à la tâche ;

Convaincus que les forces vives de la nation ont le devoir de s’engager dans la recherche de solutions aux problèmes d’énergie, d’eau, de santé, de justice, de formation, de travail, d’éducation, de transport, et d’infrastructures diverses ;
Contexte Général
Quarante ans après notre accession à l’indépendance, le bilan économique, social et politique du pays demeure faible. Les Comores sont toujours dans le peloton de queue des Pays les Moins Avancés (PMA) avec un PNB par habitant d’environ 790 dollars et la pauvreté frappe durement près de 40 % de la population. Le chômage, qui atteint 14 %, laisse la jeunesse et les forces vives du pays dans un désœuvrement désespérant. Au cours de ces dernières années le taux de croissance du PIB a chuté d’environ 4 % en 2002 à environ 1 % actuellement. 
Après ces quarante années d’indépendance, l’économie comorienne reste dominée par un secteur agricole toujours au stade artisanal et par le commerce. L’administration publique hypertrophiée est toujours le principal pourvoyeur d’emplois, le secteur privé restant marginal. L’industrie est quasi-inexistante. Ni la pêche, ni le tourisme, les deux secteurs qui recèlent des potentialités de croissance de l’économie et d’emplois, ne sont soutenus par les pouvoirs publics. 
Dans le classement en 2015, de la perception de la corruption par Transparency international, les Comores sont classés 161ème sur 174 pays, loin derrière les Seychelles 67ème et Maurice 69ème. 
Les comoriens perçoivent la justice de leur pays comme profondément inéquitable. Faits gravissimes et révélateurs, ces dernières années, de ce manque de confiance en la justice, des citoyens se sont « rendus justice » eux mêmes. 
Les projets exécutés ces dernières dans les secteurs sociaux Santé et Education n’ont pas été capables de répondre aux besoins d’une population en croissance (2,7% par an). 
Dans le secteur de la santé, les soins de base sont assurés difficilement dans les zones périphériques et rurales tandis que les hôpitaux de référence sont en état de délabrement avancé et l’accueil des malades y est déplorable. Cette situation pousse de nombreux comoriens à se rendre dans les pays voisins pour s’y faire soigner.
L’éducation, malgré des progrès significatifs au niveau du primaire, n’est pas en adéquation avec le marché de l’emploi. De très nombreux jeunes diplômés se retrouvent au chômage à l’issue de leurs études.
Les Comores vivent en quasi permanence une crise de l’énergie qui ralentit l’économie et détériore la santé et le bien-être des ménages. De même, de nombreuses coupures rendent aléatoire et incertain l’accès à l’eau en milieu urbain, tandis que de nombreuses zones en milieu rural sont dépourvues de tout système d’adduction d’eau. 
Sur le plan politique, les quarante ans d’indépendance des Comores ont été marqués par une instabilité institutionnelle qui a atteint son paroxysme avec la crise séparatiste d’Anjouan. Celle-ci a failli conduire à la dislocation du pays.

Cependant, le passage du monopartisme au multipartisme a fait progresser la démocratie et la liberté d’expression malgré la limitation de certaines libertés dont le droit de se réunir dans les espaces publics et de manifester pacifiquement.
Globalement, il existe un immense désarroi au sein de la population, notamment au sein de la jeunesse. Les comoriens n’ont plus confiance aux élites et nombre de comoriens n’aspirent qu’à l’émigration. 
Les anciens hommes politiques réunis au sein du mouvement du 11 août 2014 ont lancé un appel pour des assises en vue d’un sursaut national. Cet appel n’a eu aucun écho favorable auprès du régime en place malgré un accueil favorable d’une grande partie de la classe politique et de la société civile.
Dans cet esprit de renouveau national, des hommes politiques, au-delà des disparités de parcours et des clivages du passé, ont décidé d’unir leurs forces autour d’une plateforme pour la renaissance des Comores.
Ces hommes politiques signataires de cette plateforme ont décidé d’unir leur force pour gagner ensemble les élections générales du Président de l’Union et les seconds tours des élections des Gouverneurs des îles afin d’offrir au peuple comorien de nouvelles perspectives d’avenir et faire renaître l’espoir au sein des forces vives et de la jeunesse.
De part cette analyse, les parties signataires conviennent de :
Axe 1er : Du cadre institutionnel et politique 
1. Conserver le cadre institutionnel actuel, basé sur l’autonomie des îles et une présidence tournante entre les îles, jusqu’en 2031 après le mandat issu de la primaire organisée à Mohéli. 
2. Lutter contre le séparatisme et renforcer la cohésion nationale.
3. Modifier le découpage des circonscriptions électorales afin d’instaurer une représentation équitable des électeurs sur la base d’un nombre standard d’électeurs par député et par conseiller. 
4. Engager une procédure auprès de la Cour Suprême sur la question de l’élection controversée du Président de l’Assemblée de l’Union. 
5. Soutenir la réforme du règlement intérieur de l’Assemblée afin de permettre notamment le renouvellement annuel du bureau.
6. Poursuivre le processus d’adoption de la loi relative au Statut Particulier de Moroni, Capitale de l’Union des Comores. 
7. Modifier les dispositions légales qui permettent aux chefs de villages et de quartiers de prendre part au vote des maires. 
8. Constituer une majorité présidentielle des partis et à l’Assemblée en vue de soutenir l’action du président et du Gouvernement. 
9. Se soutenir mutuellement, à travers des accords électoraux, lors des prochaines échéances électorales, notamment celles de 2020 et de 2021.

Axe 2 : De la Bonne Gouvernance 
1. Promouvoir une justice équitable en parachevant le processus d’indépendance de la justice et de mise en place du Haut Conseil de la Magistrature. 
2. Renforcer les capacités techniques, professionnelles ainsi que la probité de la justice en faisant appel à un appui technique extérieur des pays francophones ayant des systèmes juridiques similaires à celui des Comores.
3. Modifier la loi afin de permettre l’assistance d’un avocat dès la mise en état d’arrestation du citoyen.
4. Promouvoir les principes de mérite et de dévouement à la nation au sein de l’armée.
5. Réorganiser l’administration publique pour renforcer son efficacité et ramener progressivement la masse salariale à un niveau compatible avec les ressources financières de l’Etat.
6. Mettre en place un système de contrôle et validation des diplômes et respecter scrupuleusement le recrutement par voie de concours à la fonction publique.
7. Développer l’intranet gouvernemental.
8. Lutter résolument contre la corruption en introduisant le principe de l’inversion des preuves dans les cas de soupçon de corruption (Cas des patrimoines et des trains de vie incompatibles avec les revenus déclarés des personnes mises en examen). 
9. Réduire le train de vie de l’Etat (réduction des voyages d’Etat onéreux et inutiles ainsi que des trop nombreux avantages accordés aux autorités).
10. Veiller à la sauvegarde du patrimoine national, notamment le patrimoine mobilier et immobilier de l’Etat ainsi que les ressources naturelles, par la création d’un Ministère en charge du Patrimoine.
11. Rendre public régulièrement l’état des finances de l’Etat.
12. Respecter les procédures légales d’appel d’offre des marchés publics.

Axe 3 : Du renforcement de l’Etat de droit
1. Mettre en place un système de maillage de sécurité du territoire national par le renforcement des capacités des polices municipales.
2. Créer des postes de médiateurs de la République, pour les recours des citoyens qui s’estimeraient lésés par l’Etat.
3. Mettre gratuitement à disposition des citoyens insolvables des avocats salariés par l’Etat pour les défendre devant la justice.

Axe 4 : Du renforcement de la démocratie
1. Créer un poste de chef de l’opposition rémunéré par la République qui sera occupé par le Président du plus grand parti de l’opposition (Parti d’opposition le mieux représenté à l’Assemblée et dans les conseils des îles). Le chef de l’opposition sera consulté lors de la prise des grandes décisions qui engagent l’avenir de l’Etat. 
2. Permettre l’accès aux médias d’Etat à toutes les sensibilités politiques, l’expression de la diversité des opinions et encourager les débats contradictoires.
3. Respecter le droit de manifester pacifiquement dans les lieux publics.
Axe 5 : De la réforme des secteurs sociaux
1. Généraliser l’éducation primaire par un effort particulier de construction de nouvelles salles de classe, la formation et le recyclage des maîtres, la création de postes de professeurs des écoles (pour encourager les bacheliers à embrasser la carrière d’instituteurs).
2. Faire un état des lieux des collèges et lycées publics et privés (locaux, niveau de formation du personnel enseignant, encadrement pédagogique…) et élaborer un cahier des charges.
3. Réorganiser et renforcer l’inspection pédagogique.
4. Promouvoir l’enseignement technique et professionnel, encourager l’apprentissage les matières scientifiques et de l’anglais.
5. Accorder une attention particulière à l’Université des Comores : Elaboration d’un plan de développement de l’Université comorienne.
6. Poursuivre la construction du stade olympique de Malouzini.
7. Revoir et renforcer les conseils d’administration des hôpitaux de référence et la gestion financière notamment recourir à des systèmes intégrés de gestion pour le paiement des prestations, la collecte des recettes et le suivi des dépenses des hôpitaux. Recourir à une assistance technique extérieure ou à une gestion privée externe pour les hôpitaux jusqu’à l’émergence d’une capacité de gestion nationale des établissements hospitaliers. 
8. Instaurer un quota horaire mensuel obligatoire en service public pour tous les médecins rémunérés par l’Etat dont les états de salaires seront préparés par les hôpitaux qui les emploie.
9. Créer des cabinets publics de consultation dans les quartiers pour rapprocher la médecine des citoyens et privilégier la prévention. 
10. Créer un fonds de solidarité médicale et renforcer la mutualisation des citoyens.
11. Revenir à un système public d’approvisionnement en médicaments essentiels.
12. Ouvrir l’hôpital de Bambao ainsi que le dispensaire de Djoezi (Mohéli) et accorder une attention particulière (nomination d’un chargé de mission assurant le suivi au jour le jour) à la construction de l’hôpital de Hombo.
13. Faire un état des lieux des cliniques privées (locaux, niveau de formation du personnel soignant, inspection sanitaire…) et élaborer un cahier des charges.
14. Mettre en œuvre un plan d’action sur l’eau comportant des solutions de forages, dotation en pompes des puits existants, construction de barrages collinaires, impluviums etc… afin de résoudre la crise de l’eau.

Axe 6 : Du Décollage économique 
1. Mettre fin à la crise énergétique : A court terme : Remettre à niveau les capacités de production par la révision et le dépannage des centrales électriques, la généralisation des compteurs à cartes y compris dans les administrations et la révision des réseaux. A moyen terme : Développer les centrales à fuel lourd et les centrales hydro-électriques. A long terme : Développer l’énergie géothermique.
2. Augmenter les capacités de stockage des hydrocarbures à 6 mois. 
3. Poursuivre la réhabilitation du réseau routier sur l’ensemble du territoire national.
4. Redémarrer l’usine de pêche de Voidjou.
5. Rechercher des partenariats pour développer l’exploitation des ressources halieutiques.
6. Développer le concept de villages éco touristiques.
7. Promouvoir la destination Comores et négocier la desserte des Comores avec les grandes compagnies aériennes.
8. Mettre en place un cadre formel de concertation public-privé.
9. Interdire l’exercice du commerce de détail aux étrangers. 
10. Créer des zones franches. 
11. Réorganiser le service du cadastre
12. Relancer et faire un suivi de la conférence de Doha

Axe 7 : De la diaspora comorienne
1. Accorder le droit de vote aux comoriens résidants à l’étranger par le biais d’une législation appropriée.
2. Faciliter le retour et l’insertion des comoriens de l’étranger désireux de se réinstaller aux Comores.
3. Négocier avec les compagnies aériennes les conditions de la réduction du coût trop élevé du billet d’avion pour les Comores.

Axe 8 : De la Diplomatie 
1. Adhérer à l’East Africain Community et renforcer les liens d’amitié et de coopération avec les pays voisins de la côte Est africaine. 
2. Poursuivre une politique d’ouverture et de rapprochement avec les pays arabes.
3. Initier une politique d’ouverture diplomatique avec l’Amérique du Sud et l’Asie du Sud Est.
4. Réorganiser et rationnaliser les missions diplomatiques.

Axe 9 : De la question de l’île comorienne de Mayotte
1. Créer une Commission Nationale sur la question de l’île comorienne de Mayotte dont le Secrétariat sera assuré par un département chargé de cette question au Ministère des Affaires Etrangères.
2. Faire chaque année un état de lieux de l’état des progrès de la question devant le congrès (députés et conseillers des îles) 

Sur la base de cette plateforme, les responsables politiques désignés ci-dessous, représentant l’intérêt général du pays et de leurs adhérents, signataires de cette plateforme politique de gouvernance, s’engagent :
Article 1 : A gouverner ensemble en cas de victoire de leur candidat et que cette plateforme qui lie les parties signataires par son esprit, son contenu et sa forme constitue le principal document référentiel de leur pacte de bonne gouvernance ; 
Article 2 : Une plateforme additionnelle de partage de pouvoir sera négociée et conclue à la discrétion des deux signataires.
Article 3 : En cas de désaccord important constaté par une ou par l’ensemble des parties signataires et portant sur les termes référentiels, les principes fondateurs et les objectifs fondamentaux de la plateforme dans son application, la partie signataire plaignante est libre de rompre l’accord et de se désolidariser du pouvoir gouvernemental après que toutes les recherches sincères de solutions et de consensus par chacune des parties n’auraient abouties à aucun compromis ;
Article 4 : la partie signataire plaignante avise par écrit l’autre ou les autres parties composantes deux semaines avant l’exécution de sa décision ;

Mutsamudu, le 27 mars 2016
Le candidat Azali ASSOUMANI

Le candidat Fahmi SAID IBRAHIM

Le candidat Abdou Salami ABDOU

Le candidat Ahmed ABDALLAH SALIM

Le candidat Vice – Président Mohamed ELHAD