Interview/ Jaffar ABDELLAHI. Congrès du parti RADHI : « il y a une faille sur l’organisation et la communication interne »

Interview/ Jaffar ABDELLAHI, secrétaire fédérale RADHI-France

Congrès du Parti RADHI : « il y a eu une faille tant sur l’organisation que sur la communication en interne ».

AJaffar2Le Parti politique RADHI avait annoncé son congrès au mois de mai dernier après plusieurs reports. Mais il n’a pas encore eu lieu. Aucune date n’a été donnée jusqu’à lors. Pour en savoir plus, Mlimengu est allé la rencontre de Jaffar ABDELLAHI, secrétaire fédéral de RADHI-France.

Mlimengu : Vous êtes le nouveau secrétaire fédéral de Radhi-France.  Quels sont vos objectifs prioritaires durant votre mandat ?  Qu’espérez-vous apporter de nouveau dans Radhi-France ?

Jaffar ABDELLAHI : Tout d’abord je voudrais souligner le travail effectué par mes prédécesseurs et surtout le bureau précédant, qui a contribué à structurer notre fédération.  Le bureau fédéral compte continuer à consolider la maison RADHI-France. Pour cela nous comptons améliorer la communication en interne et en externe, afin que les militants et les sympathisants qu’ils soient en France ou aux Comores puissent être informés. Nous allons aussi faire la formation des militants en mettant l’accent notamment sur les droits et les devoirs des militants, mais aussi sur les institutions comoriennes, les questions économiques et sociales.

En réussissant sur ces deux chantiers, nous monterons tous en compétences et cela nous permettra d’être force de proposition pour RADHI et le futur projet de gouvernance que nous proposerons à notre peuple lors des prochaines joutes électorales.

A titre personnel, je souhaite une augmentation des femmes dans les bureaux des partis politiques mais aussi dans les sphères de prises de décision de la cité.

Mlimengu : RADHI devait organiser son congrès au mois de mai dernier, même Radhi-France avait publié sur Facebook qu’à votre demande vous aviez envoyé le secrétaire de la section de Paris. Mais jusqu’à lors il n’a pas eu lieu. Pouvez-vous nous dire les raisons ?  Avez-vous prévu une autre date ? 

J.A : Le Congrès de notre parti devait avoir lieu en mai dernier, la fédération RADHI France avait effectivement mandaté monsieur Omar Ahamada (secrétaire de la section de Paris) pour nous représenter et soumettre nos propositions. Malheureusement pour des raisons ne dépendant pas de notre fédération celui-ci a été reporté au dernier moment. Je vous laisse imaginer notre déception. Il serait effectivement question que le congrès se tienne cet été, mais je suis sceptique car je crains que les mêmes raisons produisent les mêmes effets (report du congrès).  Pour moi il y a eu une faille tant sur l’organisation que sur la communication en interne. Vous comprenez qu’en étant responsable politique, je ne peux m’étaler publiquement sur les détails, du moins ce n’est pas la conception que je me fais d’un responsable politique vis-à-vis de son parti.

Mlimengu : Qu’en est-il de la crise qui régnait au sein du parti Radhi ?

J.A : Concernant la crise au sein de RADHI, je reviens sur la notion de droits et devoirs des militants au sein d’un parti politique. Comme toute communauté pour vivre ensemble, il y a certaines règles à respecter, dans le cadre de RADHI nous avons les statuts. Lorsque je vois certains cadres du parti qui se permettent d’attaquer leur propre parti à travers la presse et en créant des structures au sein du parti, on peut légitimement se poser des questions sur leurs motivations. D’autres questions devront être abordées lors du congrès.

Mlimengu : RADHI est-il vraiment dans l’opposition ?  Car jusqu’alors, les leaders ne sont pas indignés contre les mauvaises actions du gouvernement d’Azali ?

J.A : Au moment où nous échangeons, RADHI n’est pas dans la majorité présidentielle, ni au sein du gouvernement d’Azali. Nous sommes donc dans l’opposition. Je reconnais que nous n’avons pas été virulents par rapport au bilan catastrophique de la première année de la coalition gouvernementale (CRC, JUWA, ORANGE) qui a failli que ça soit dans le domaine

Judiciaire (lynchage d’un détenu par la foule au palais de justice de Mutsamudu, la corruption toujours présente) ; ou la Santé. La situation sanitaire est catastrophique, non seulement aucune politique concernant la gestion des déchets ce qui va non seulement augmenter le risque de la destruction de notre environnement mais aussi augmenter les maladies. Au lieu de voyager souvent, il serait peut-être préférable de rester sur place et essayer de trouver des solutions. Combien de nos concitoyens meurent-ils dans le bras de mer entre Mayotte et Anjouan, après une déception rencontrée dans les hôpitaux comoriens ? Les partisans du régime se félicitent de l’inauguration de l’hôpital de Bambao. Je vous pose une question, est ce qu’un hôpital censé soigner se mesure seulement aux matériels et murs ? Car au jour d’aujourd’hui nous n’avons pas le personnel pour le faire fonctionner. J’aurais préféré que l’argent dépensé en grande pompe pour cette inauguration puisse servir les étudiants qui seront demain les cadres des hôpitaux mais aussi du pays. D’ailleurs au même moment que le président et son gouvernement faisaient la tournée des îles, les professeurs manifestaient pour demander plus de moyens, un combat noble et légitime.

Dans le domaine de l’éducation : les années passent, les années blanches aussi et notre système éducatif public continue inexorablement sa décente aux enfers.

Au niveau de l’énergie, certes le pays connaît un mieux. Mais, à deux reprises le marché a été donné à des amis sans appels d’offre et sans le respect des lois en vigueur en prônant l’urgence de la chose. Après l’inauguration en grande pompe des centrales et après avoir entendu le président et son gouvernement nous dire que c’était la fin des problèmes liés à l’énergie, il y a hélas ! encore des délestages, sans parler des régions qui ne sont pas reliées à l’électricité.

Nous pouvons donc déduire que ce gouvernement a failli car la plupart pour ne pas dire tous les besoins fondamentaux du Comorien ne sont pas satisfaits. Sauf si c’est l’objectif recherché par nos dirigeants car pendant que le Comorien cherche à assouvir ses besoins fondamentaux, il ne se posera pas les questions de savoir qui est responsable de son malheur. Mais nos dirigeants devraient se méfier car un jour notre peuple se lèvera. Il est temps de renouveler la façon d’exercer la politique et peut être que cela ne sera possible que par l’émergence d’une nouvelle génération de politiciens dans un avenir proche.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

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