Gouvernement Azali 2. Un mini remaniement

Azali2Qu’ils soient analystes politiques, journalistes ou simple citoyens, les Comoriens étaient impatients tant l’annonce du gouvernement Azali II a poussé le suspens à son comble. Ce retard a ouvert droit à toutes les suppositions surtout lorsque les Comoriens ont constaté la présence du président de l’Union des Comores au concert anniversaire de Salim Ali Amir alors que le pays était sans gouvernement depuis plusieurs heures.

Insouciance ?  La question ne se pose même pas selon l’entourage du président. Il s’agit pour eux, d’une stratégie de communication parfaitement maîtrisée. D’abord annoncé pour dimanche soir, puis pour ce lundi à 16 heures 30, le nouveau gouvernement n’a été dévoilé qu’en début de soirée lundi 17 juillet. Tous ces mystères ont induit plusieurs personnes en erreur. Certains s’attendaient à un remaniement de fond, on s’est retrouvé au final avec un mini remaniement, un remaniement technique qui, à défaut de surprendre a étonné plus d’un tant on s’attendait à un véritable chamboulement.

Au pouvoir depuis plus d’un an, le président Azali et ses ministres peinent à trouver le chemin de l’essor. En reconduisant quasiment les mêmes personnes, les résultats demeureront fatalement les mêmes.

Mêmes recettes, mêmes plats

Les ministères régaliens sont occupés par les mêmes hommes hormis ceux qui étaient occupés par des membres du parti Juwa. Mohamed Daoudou, le sulfureux ministre de l’intérieur, garde le même portefeuille alors que son destin semblait déjà scellé, accusé par un internaute, Moussaoui Saif d’être mêlé à des affaires lourdes de trafic de faux documents. En le reconduisant au ministère de l’Intérieur, Azali lui renouvelle ainsi sa confiance.

Quelques ministres,  sans pour autant quitter le gouvernement, ont été nommés dans d’autres ministères. Salim Mohamed Abderemane, autrefois ministre de la Jeunesse, de l’Emploi, de l’Insertion Professionnelle, de la Culture et des Sports a rejoint le ministère de l’éducation en remplacement du Mitsamihulien Abdou Mhoumadi qui paie la gestion calamiteuse de la grève des enseignants.

Il n’y a de nouveauté dans ce gouvernement qu’aux ministères régaliens de la justice, des affaires étrangères  et au secrétariat  d’état chargé du tourisme et de l’artisanat et à la Jeunesse et Sports. Le Ministre de la Jeunesse et des Sports, Mahamoud Salim est quasiment un inconnu. Pourtant, cet ancien proche de Mohamed Bacar est passé par la CRC, puis RADHI avant de revenir à la CRC lors des dernières élections présidentielles pour soutenir Azali. Il en est ainsi récompensé.

Le Président Azali se révèle être un nostalgique et un revanchard. Nostalgique, il fait appel à certains de ses anciens acolytes à l’instar de Souef Mohamed El-Amine de la CRC, nommé alors qu’il se trouverait encore aujourd’hui au Mali dans le cadre de ses occupations onusiennes, au ministère des affaires étrangères, de la coopération internationale et de la francophonie. Le départ de tous les ministres Juwa confirme les propos du président de l’Union tenu le 6 juillet 2017. Il promettait en effet de tirer les conséquences de la sortie de Sambi contre la décision de rompre avec le Qatar. Là réside le côté revanchard du président, lisible à la lumière de ce nouveau gouvernement.

Il convient aussi de remarquer, comme l’a noté un facebooker, Hachim Abdou Petit que tous les ministères régaliens sont à présent occupés par des originaires de l’île de Ngazidja. Ce n’est pas de bonne augure.

Un gouvernement règlement de compte

            Pour Juwa, l’annonce du gouvernement Azali II a eu l’effet d’une bombe, un véritable coup de massue. Alors que trois personnalités représentaient le parti de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi dans l’ancien gouvernement, ils viennent tous d’être éjectés, de Maître Fahami Said Ibrahim (Justice) à Mohamed Bacar Dossar (Affaires étrangères) en passant par Mme Sitti Attoumane (Secrétaire d’Etat chargé du Tourisme et de l’artisanat).

Ainsi prend fin, l’alliance entre Juwa et CRC qui avait largement contribué à l’arrivée d’Azali au pouvoir et qui avait permis l’entrée au gouvernement de membres de Juwa, avec deux ministères régaliens.

Les grands perdants

A l’approche de ce remaniement, Maître Said Larifou avait multiplié les signes de sympathie envers le président. Il s’était montré très favorable à l’émergence et aux Assises Nationales, tout en multipliant les déclarations médiatiques en faveur du président de l’Union. Mais Azali Assoumani, qui n’a sans doute rien oublié des précédentes élections, a choisi de l’écarter.

Par ailleurs, les femmes sont les véritables oubliées des gouvernements Azali. La parité ne semble pas avoir trouver promoteur chez Azali. Avec une seule femme ministre nommée au ministère de la santé, de la solidarité, de la protection sociale et de la promotion du genre. Le docteur Rashid Mohamed Mbaraka Fatma doit panser deux plaies profondes. Celle de Mitsamiouli qui regrettent le départ de Abdou Mhoumadi et celle des femmes comoriennes qui n’ont jamais été mises en avant par les gouvernements successifs du président Azali.

Omar Mirali

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