Le torchon brûle sur la commune de Nyumamro Kiblani: l’histoire d’un maire sur la sellette

Mandza et Douniani, dans le M’boudé, sont deux villages insoumis. Si autrefois, comme
d’ailleurs la plupart des villages voisins à Ngazidja, ces localités furent rivales, des événements
récents, de plus en plus nombreux, les rassemblent. En effet, le maire de Nyumamro Kiblani,
originaire de Djomani a réussi, malgré lui, là où tout le monde a échoué. Il est parvenu à rapprocher
ces deux cités.

Portrait d’un maire atypique, au bord du précipice.

Le maire de la commune de Nyumamro Kiblani, qui comprend les villages de Djomani,
Chamlé, Vouvouni, Mandza, Mdjoizi, Helendjé, Douniani et Koua, est issu de la localité de Djomani,
ville principale de la commune. Les instances de la commune s’y trouvent logiquement et le maire y siège naturellement.
Seulement, depuis son élection, le maire semble s’occuper prioritairement de Djomani aux dépens des autres villages placés sous son autorité. Il s’est, par exemple, opposé à l’inauguration du collège de Douniani et a joué de toutes son influence pour empêcher là aussi, l’ouverture du bureau du cadi à Mandza. Il avance sans tergiverser l’argument selon lequel ces structures devaient être installées à Djomani pour renforcer le statut de ville-tête.

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une vue du village de Mandza dans la commune de Nyumamro Kiblani 

Ces deux exemples n’auraient pas eu grandes conséquences si les notables de cette commune n’avaient pas remarqué une gestion partiale des affaires communes en faveur de la localité de Djomani. Résultat, le maire est de plus en plus contesté et Djomani est complètement déconnecté des autres localités de la commune. Une espèce d’embargo moral s’est imposée, les villages de Douniani et Mandza sont désormais en froid glacial avec Djomani, la communication peine à passer entre ces trois localités.
Cette histoire est d’autant plus profonde que les villages de Mandza et Douniani sont
aujourd’hui soudés contre ce maire. Une rivalité extrême s’était glissée entre Mandza et Douniani, si bien qu’il aurait suffit parfois d’une étincelle pour qu’un feu non maîtrisable se déclare. On retrouve aujourd’hui ces deux villages réunis autour d’un objectif commun : celui de faire barrage et opposition au pouvoir villageois du maire de Djomani. Depuis l’ouverture à Mandza du bureau du cadi, la guerre a été déclarée contre le maire et de part et d’autres les hostilités se multiplient et cette situation de
chaos atteint ces temps-ci, son paroxysme avec au passage son grain d’absurdités et d’aberrations.

Décision ridicule, riposte légitime?
Dans ce contexte de mésentente et de rupture entre le maire et ses administrés de Mandza et Douniani, le premier a décidé de n’établir aucun document officiel de quiconque provenant de ces deux villages. En propre, il refuse de parapher les extraits d’acte de naissance et tout autre document nécessitant sa signature à partir du moment où le demandeur est originaire de Mandza ou de Douniani. Pour que le maire révolté traite les demandes des ressortissants de Mandza et de Douniani, ceux-ci doivent lui débourser une redevance financière à l’issu de chaque grand mariage célébré. Il se
trouve que les notables de Mandza et de Douniani décident eux aussi de boycotter le maire en refusant catégoriquement de lui verser cet impôt controversé.
Si nous nous refusons de commenter la légalité ou la constitutionnalité de cette décision impopulaire et, osons le dire, ridicule, du moins en apparence, nous pouvons cependant nous interroger sur la responsabilité de ce maire qui engage ouvertement un bras de fer contre une partie de ses administrés. Un maire qui a recours à de tels agissements est-il digne de diriger la commune de Nyumamro Kiblani ? Le moins que l’on puisse dire est que la question est d’actualité. Seul l’avenir nous dira si dans ce véritable combat de coqs, l’une des parties belligérantes baissera ses armes ou si
ce conflit continuera de s’éterniser dans l’indifférence générale. Il est temps que le ministre de l’intérieur se saisisse de cette affaire car une solution doit être trouvée.
En attendant, les personnes originaires de Mandza ou de Douniani résidant à l’étranger qui souhaitent établir leur extrait d’acte de naissance, peuvent continuer à espérer, quand bien même, cela leur porte préjudice là où ils se trouvent.
Et, sachant que le maire n’a plus aucun pouvoir sur une partie de son territoire, peut-on
craindre un effet domino? Le maire peut-il rester accrocher longtemps à son pouvoir local ? La situation politique dans laquelle le maire se trouve aujourd’hui est clairement intenable. Plus récemment encore, le président Azali se rendait à Mandza sur invitation du député RADHI, Ali Hadji. Le maire n’était même pas informé de cette venue présidentielle qui se déroulait pourtant sur ses «terres». Finira-t-il par prendre ses responsabilités et renoncer à son fictif pouvoir de maire,
amputé ?
O.M

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