Mois: août 2017

Le torchon brûle sur la commune de Nyumamro Kiblani: l’histoire d’un maire sur la sellette

Mandza et Douniani, dans le M’boudé, sont deux villages insoumis. Si autrefois, comme
d’ailleurs la plupart des villages voisins à Ngazidja, ces localités furent rivales, des événements
récents, de plus en plus nombreux, les rassemblent. En effet, le maire de Nyumamro Kiblani,
originaire de Djomani a réussi, malgré lui, là où tout le monde a échoué. Il est parvenu à rapprocher
ces deux cités.

Portrait d’un maire atypique, au bord du précipice.

Le maire de la commune de Nyumamro Kiblani, qui comprend les villages de Djomani,
Chamlé, Vouvouni, Mandza, Mdjoizi, Helendjé, Douniani et Koua, est issu de la localité de Djomani,
ville principale de la commune. Les instances de la commune s’y trouvent logiquement et le maire y siège naturellement.
Seulement, depuis son élection, le maire semble s’occuper prioritairement de Djomani aux dépens des autres villages placés sous son autorité. Il s’est, par exemple, opposé à l’inauguration du collège de Douniani et a joué de toutes son influence pour empêcher là aussi, l’ouverture du bureau du cadi à Mandza. Il avance sans tergiverser l’argument selon lequel ces structures devaient être installées à Djomani pour renforcer le statut de ville-tête.

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une vue du village de Mandza dans la commune de Nyumamro Kiblani 

Ces deux exemples n’auraient pas eu grandes conséquences si les notables de cette commune n’avaient pas remarqué une gestion partiale des affaires communes en faveur de la localité de Djomani. Résultat, le maire est de plus en plus contesté et Djomani est complètement déconnecté des autres localités de la commune. Une espèce d’embargo moral s’est imposée, les villages de Douniani et Mandza sont désormais en froid glacial avec Djomani, la communication peine à passer entre ces trois localités.
Cette histoire est d’autant plus profonde que les villages de Mandza et Douniani sont
aujourd’hui soudés contre ce maire. Une rivalité extrême s’était glissée entre Mandza et Douniani, si bien qu’il aurait suffit parfois d’une étincelle pour qu’un feu non maîtrisable se déclare. On retrouve aujourd’hui ces deux villages réunis autour d’un objectif commun : celui de faire barrage et opposition au pouvoir villageois du maire de Djomani. Depuis l’ouverture à Mandza du bureau du cadi, la guerre a été déclarée contre le maire et de part et d’autres les hostilités se multiplient et cette situation de
chaos atteint ces temps-ci, son paroxysme avec au passage son grain d’absurdités et d’aberrations.

Décision ridicule, riposte légitime?
Dans ce contexte de mésentente et de rupture entre le maire et ses administrés de Mandza et Douniani, le premier a décidé de n’établir aucun document officiel de quiconque provenant de ces deux villages. En propre, il refuse de parapher les extraits d’acte de naissance et tout autre document nécessitant sa signature à partir du moment où le demandeur est originaire de Mandza ou de Douniani. Pour que le maire révolté traite les demandes des ressortissants de Mandza et de Douniani, ceux-ci doivent lui débourser une redevance financière à l’issu de chaque grand mariage célébré. Il se
trouve que les notables de Mandza et de Douniani décident eux aussi de boycotter le maire en refusant catégoriquement de lui verser cet impôt controversé.
Si nous nous refusons de commenter la légalité ou la constitutionnalité de cette décision impopulaire et, osons le dire, ridicule, du moins en apparence, nous pouvons cependant nous interroger sur la responsabilité de ce maire qui engage ouvertement un bras de fer contre une partie de ses administrés. Un maire qui a recours à de tels agissements est-il digne de diriger la commune de Nyumamro Kiblani ? Le moins que l’on puisse dire est que la question est d’actualité. Seul l’avenir nous dira si dans ce véritable combat de coqs, l’une des parties belligérantes baissera ses armes ou si
ce conflit continuera de s’éterniser dans l’indifférence générale. Il est temps que le ministre de l’intérieur se saisisse de cette affaire car une solution doit être trouvée.
En attendant, les personnes originaires de Mandza ou de Douniani résidant à l’étranger qui souhaitent établir leur extrait d’acte de naissance, peuvent continuer à espérer, quand bien même, cela leur porte préjudice là où ils se trouvent.
Et, sachant que le maire n’a plus aucun pouvoir sur une partie de son territoire, peut-on
craindre un effet domino? Le maire peut-il rester accrocher longtemps à son pouvoir local ? La situation politique dans laquelle le maire se trouve aujourd’hui est clairement intenable. Plus récemment encore, le président Azali se rendait à Mandza sur invitation du député RADHI, Ali Hadji. Le maire n’était même pas informé de cette venue présidentielle qui se déroulait pourtant sur ses «terres». Finira-t-il par prendre ses responsabilités et renoncer à son fictif pouvoir de maire,
amputé ?
O.M

Discours du président Azali à Voidjou

Azali_Voidjou_050817Dans le cadre de la célébration des 20 ans de l’Armée Nationale de Développement (AND), ce 5 août 2017, le président Azali Assoumani a rendu un vibrant hommage à l’armée et a rappelé aux soldats leurs devoirs dans la défense de la nation comorienne. Il a également affirmé que l’armée a connu, durant ces dernières années, une modernisation que tous souhaitaient quand il était chef d’Eta-major. Elle est aujourd’hui, pour lui, « la colonne vertébrale » et « le pilier essentiel » pour le développement du pays.

Le président Azali a aussi tenu à rappeler aux militaires et au-delà à tous les Comoriens et aux partenaires extérieurs la tenue prochaine des Assises Nationales. Il les a appelés à soutenir ces Assises qui doivent faire le bilan de 42 ans d’indépendance et tracer des perspectives pour l’avenir. Il a dit avec fermeté que son gouvernement n’acceptera aucun débordement lors de ces Assises et notamment le retour de toute forme de séparatisme.

Et comme depuis quelques mois, il ne peut finir un discours sans évoquer le mot « émergence », il a qualifié l’AND par les termes « Armée de l’Émergence », appelant celle-ci à participer à la production nationale et à la formation à des métiers porteurs pour les civils.

Le Président Azali est également revenu sur l’histoire contemporaine de l’Armée comorienne qui a dû faire face au séparatisme et au risque d’éclatement du pays. Il a évoqué une période ou l’Armée a « supporté… la subordination injustifiée à des forces de pays étrangers ». Il parle là sans doute du débarquement à Anjouan pour déloger Mohamed Bacar, débarquement pour lequel le président Sambi a fait appel à des forces de pays africains, notamment la Tanzanie. Il est d’ailleurs à remarquer que le Président de la République n’a pas participé aux festivités de commémoration de ce débarquement comme le faisaient ses deux prédécesseurs, signe qu’il n’a toujours pas accepté ce débarquement. Il pourrait également faire référence aux mercenaires étrangers qui formaient une sorte de garde présidentielle pour la protection du même président Sambi. Et ce n’est sans doute pas sans raison qu’immédiatement, il revient, pour la première fois, sur l’assassinat du lieutenant-colonel Combo Ayouba, sous la présidence du même Sambi et promet que la lumière sera faite sur sa mort, pour sa famille mais aussi pour l’armée.

À Voidjou, siège de l’École Nationale des Forces Armées et de la Gendarmerie (ENFAG), le président Azali a donné un discours dans lequel domine la fonction émotive notamment quand il félicite l’AND pour sa mutation ou quand il rappelle la mort du Lieutenant-Colonel Combo, mais c’est aussi un discours assez décousu, qui va dans tous les sens, qui manque d’unité et d’ordre, comme s’il n’avait pas été écrit, et comme s’il n’avait pas été prononcé par un militaire pour des militaires.

MI


Officiers,

Sous-officiers,

Militaires du rang de l’AND,

Honorable assistance

Il y a vingt ans, la Force Comorienne de Défense (FCD), la Gendarmerie Nationale, l’Ecole Nationale des Forces Armées et de Gendarmerie (ENFAG), le Service de Santé Militaire (SSM) et le Groupement de Sécurité des Hautes Personnalités (GSHP), ont fusionné pour devenir ce que nous appelons aujourd’hui Armée Nationale de Développement (AND). En mai 2012 l’Unité des Garde-côtes est venue compléter ces corps de l’AND.

L’ENFAG où nous trouvons, qui assure des formations de toutes sortes mais aussi en matière de police judiciaire et de de police administrative, est le cadre idéal pour cet événement et je suis heureux de me trouver parmi vous aujourd’hui, pour fêter ce vingtième anniversaire et saisir cette opportunité pour célébrer avec vous cet événement : la création de l’AND.

Je suis là comme Chef de l’État et chef Suprême des armées mais aussi comme frère d’arme, et c’est avec une grande émotion que  l’ancien chef d’État major que je suis, s’adresse à vous également aujourd’hui.

C’est avec une immense fierté, que je constate votre loyauté et votre engagement envers les institutions de notre pays.

En 1996, nous avions souhaité une armée moderne, moderne dans sa mission, moderne dans son engagement  et en phase avec son temps. Cette armée est là devant moi.

Vous avez su vous hisser  au-dessus du jeu politique pour protéger les institutions et les autorités légitimes du pays.

Aujourd’hui vous êtes les garants de la stabilité de notre pays, et Dieu sait que nous venons de très loin.

Pour tout cela, et pour tout ce que vous avez accompli et accomplissez au service de notre pays, je vous remercie, au nom de toute la Nation. Merci pour votre loyauté. Merci pour votre engagement.

C’est parce que je sais votre loyauté  et votre engagement envers votre pays et ses représentants, que ma confiance en vous est inébranlable et que je reste serein dans ma mission qui, au delà du symbole de l’Unité nationale, du garant de l’intangibilité des frontières et de la souveraineté nationale, d’arbitre et de modérateur du fonctionnement régulier de nos institutions, me donne le devoir d’amorcer et de réussir le développement du pays.

Je me dois de rappeler aux Soldats que vous êtes, que vous êtes la colonne vertébrale de notre pays, que vous constituez le pilier essentiel de son développement et qu’au  delà de vos différents corps d’origine, de votre diversité, de vos particularités, de vos missions respectives et des spécificités qui vous distinguent, vous constituez une et une seule force : l’Armée Nationale de Développement (AND).

Vous avez la noble mission de défendre l’Intégrité Territoriale, l’unité nationale, la paix et la sécurité du pays, de protéger les personnes et les biens et de veiller sur le respect des Institutions Républicaines et des mécanismes qui les régissent.

Notre pays est encore fragile. Il faut donc que nous restions vigilants et fermes quant à son unité et sa stabilité car les risques de déstabilisation sont malheureusement réels et nombreux à nos jours.

Elles sont à la fois internes et externes : le terrorisme, la piraterie, l’extrémisme de toute sorte, le séparatisme, le régionalisme. Nous ne laisserons pas notre pays se déliter.

Ainsi, dans le cadre des Assises Nationales qui doivent faire le bilan de nos années d’indépendance, j’appelle à resserrer nos rangs, à nous rassembler et à échanger pour le bien de notre pays. Ces assises sont cruciales pour la cohésion nationale et je reste optimiste quant-à son succès et à ses résultats.

J’appelle ainsi nos partenaires bi et multilatéraux ainsi que la communauté internationale, qui ont joué un rôle primordial dans la réconciliation nationale et les Accords de Fomboni de 2001, à nous appuyer pour réussir ces assises, afin que notre pays puisse se doter des moyens nécessaires à son décollage socio-économique et social.

Toutefois, nous devons rester très attentifs et vigilants.

C’est pourquoi je voudrais dire ici très solennellement que je ne tolérerai aucun dérapage et ainsi, mettre en garde contre toute velléité de faire de ses moments importants pour le pays et la Nation, une tribune pour la division et la haine, un tremplin pour les ambitions égoïstes et personnelles.

Mon gouvernement et moi-même, serons intransigeants et ne ferons aucune concession devant toute velléité sécessionniste. Nous avons bel et bien tourné la page du séparatisme.

Mes chers  frères d’armes

Vos missions qui vous ont été dévolues par la Loi, vous donnent le devoir de préparer et d’assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes formes d’agression, la sécurité, la défense de la patrie et des intérêts supérieurs de la Nation ainsi que la sauvegarde de la population, le maintien de la paix et la sûreté publique, le maintien de l’ordre, l’exécution des lois, l’édification du processus démocratique et à la consolidation de l’état de droit.

Pour réussir ces missions, votre statut de militaire exige de vous, en en toutes circonstances, discipline, loyalisme et esprit de sacrifice.

Ces devoirs impliquent également des sujétions auxquelles les autres citoyens ne sont pas soumis mais qui vous incombent ainsi qu’aux Officiers et agents des Services de la Police nationale qui complètent vos missions et à qui je voudrais dire ici, toute notre estime et notre considération.

A ce titre, vous méritez le respect et la considération de la Nation toute entière, qui doit assurer des garanties et des compensations aux contraintes et exigences qui vous sont imposées.

Mais comme votre nom l’indique, vous participez également au développement économique et social de notre pays.

Ainsi, vous devez prendre part à la production nationale et la protection de l’environnement ainsi qu’à l’effort que déploie le Gouvernement pour créer les conditions de réussite de l’ambition qui est le nôtre aujourd’hui, d’inscrire notre pays parmi les pays émergents à l’horizon 2030.

En plus de l’Armée Nationale de Développement, vous êtes aussi aujourd’hui avec la Police Nationale ce que j’appelle, l’Armée de l’Emergence.

Dans un pays où le développement de la pêche, de l’agriculture, du tourisme et de l’artisanat, constituent les bases de cet ambition, l’AND, à travers l’ENFAG doit être en mesure d’assurer des formations dans ces domaines, à ses recrus mais aussi aux autres jeunes comoriens, afin qu’ils soient, une fois formés, beaucoup plus productifs et que, tout en assurant la sécurité du pays, pour les uns, ils puissent tous apporter leur contribution aux efforts en cours.

Officiers,

Sous-Officiers,

Militaires du rang

Votre unité est sacrée tout comme est sacrée la préservation de l’Unité du pays qui est votre mission principale et essentielle.

Certes, au cours de ces dernières années, nos compatriotes se sont interrogés à un moment ou un autre, sur l’utilité de nos forces, notamment avec les déviations des missions qui ont pu parfois être constatées.

Certes, vous avez pu, à certains moments, relever vous-mêmes des dysfonctionnements, redouté l’éclatement, la dislocation de l’Etat et la disparition des Comores en tant que pays.

Vous avez affronté l’hydre  du séparatisme et de ses conséquences, c’est-à-dire la division.

Vous avez supporté malgré vous, la subordination injustifiée à des forces de pays étrangers, subi l’odieux assassinat du Lieutenant-colonel Combo Ayouba (Paix à son âme).

Je voudrais dire aujourd’hui que dans cette affaire, restée à ce jour sans réponse, tout sera fait pour la manifestation de la vérité.

Nous le devons pour ce grand officier qui a tant servi l’Etat ; nous le devons pour sa famille ; nous le devons pour vous, ses frères d’armes et nous le  devons pour ce pays car il l’a servi durant toute sa carrière.

Vous qui avez résisté aux manipulations, pour rester une institution républicaine, vous avez su rester le dernier rempart de notre pays.

C’est pourquoi en ma qualité de Chef Suprême des Armées, je veillerai pour que l’AND et les Services de la Police, restent des Institution respectables, respectées, dignes et capables d’assurer les missions régaliennes qui sont les leurs.

Les Comoriennes et les Comoriens ont droit au respect et à la dignité qui commencent par la paix, la sécurité, la protection de leur personne et de leurs biens ainsi qu’une vie décente et c’est vous, en première ligne, qui en avez la charge.

C’est la loi qui définit vos devoirs, qui garantit vos droits civils et politiques et qui, simultanément, vous fixe des limites au-delà desquels vous ne pouvez pas franchir, pour préserver l’honneur qui est le vôtre, qui est de servir votre pays sous l’emblème national, sous notre drapeau.

Mais vous devez rester l’exemple aussi bien dans le respect que dans l’application de la Loi.

Ainsi, vous devez mettre fin aux abus et aux dérapages.

La population apprécie son armée quand elle se montre digne de sa mission. C’est ainsi qu’elle a bien accueilli les mesures disciplinaires prises ces derniers temps à l’encontre de ceux d’entre vous, qui ont abusé de leurs missions. J’espère que de la part de tous, toutes les leçons seront tirées.

Vous devez vous montrer dignes et forcer le respect ; tout comme je ne tolérerai aucun manque de respect à votre institution, je ne permettrai à personne, de troubler l’ordre public, ou mener des actions susceptibles de mettre en péril, la paix civile, l’unité et la cohésion nationales.

Je reste donc très attentif et le Gouvernement de la République restera à votre écoute et mettra à votre disposition tout ce qui peut vous permettre de travailler pour la défense de notre pays, le maintien de l’ordre public et de la paix civile, dans la confiance retrouvée de nos citoyens.

Vous êtes emmenés à travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement et ses Ministères, notamment ceux de l’Intérieur, de la justice, et, au niveau des Iles, avec les Gouverneurs par l’intermédiaire des Commandements Régionaux, mises à leur disposition et qui sont les gardiens de la République et des Entités insulaires.

Officiers,

Sous-officiers,

Militaires du rang de l’AND,

Vous avez su montrer que vous êtes capables de suivre les profondes mutations intervenues dans le monde ces 20 dernières années.

C’est ainsi, que vous participez activement et brillamment aux missions de l’EASBRIG sur le continent africain et dans la région, pour faire face et apporter leur contribution et leur savoir-faire à résoudre les conflits régionaux et les conflits internes aux Etats.

Cette évolution positive a été illustré hier encore, avec la nomination du Colonel Chaharane Mouigni de l’AND, qui a déjà servi à l’EASBRIG, comme Commandant du Centre de Formation et de Logistique de la Brigade de la Force en Attente de l’Afrique de l’Est à l’issue de la dernière réunion des Ministres de la Défense des pays membres.

C’est une preuve de plus dont nous sommes fiers, de votre capacité à vous adapter à la donne dans le monde et sur notre continent.

Honorable assistance,

Je voudrais, avant de terminer vous renouveler, chers frères d’armes, toute ma confiance et réitérer notre gratitude aux partenaires et pays amis qui ces dernières années, ont contribué à la formation nos et au soutien logistique de nos Forces Armées. Je veux nommer la France, la Chine, les pays frères du monde arabe, du continent africain, les Etats-Unis d’Amérique et du système des Nations Unies.

Je leur renouvèle ici notre appel pour qu’ils continuent à nous accompagner activement dans l’élan nouveau  qui nous voulons imprimer à notre coopération militaire qui s’inscrit dans la politique de paix et d’amitié avec les peuples, une politique qui constitue l’axe principal de l’action diplomatique de l’Union des Comores avec laquelle nous comptons beaucoup pour créer les conditions de l’émergence de notre pays.

Je vous remercie tous pour votre présence à cette occasion et, en votre nom à tous, je souhaite un Joyeux anniversaire à l’AND, à ses Officiers, Sous-officiers, Militaires du rang, Personnels civils et militaires.

Vive l’AND et la Police Nationale

Vive la République,

Vive l’Union des Comores,

Je vous remercie

Que dire de ce monde? Neymar, un joueur de soccer coûte plus cher qu’un pays, les Comores

bajCe n’est pas un gag! C’est la triste réalité! Les 220 millions € que va coûter le transfert de Neymar sont supérieurs au budget national de cet archipel habité par près d’un million d’âmes, coincé entre l’île de Madagascar et le continent africain, à équidistance.
J’éviterai de dire que les enfants constituent la majorité de ses habitants. Les bonnes âmes pourraient y voir la raison de cette inégalité inhumaine. Vous en connaissez certainement une qui dernièrement s’est époumonée ainsi: » Écoutez, amis africains, surtout comoriens, que pêchent par dizaines les kwassa-kwassa! Pour éviter la pauvreté, faites moins de mioches! C’est prouvé par sa sainteté Malthus. »
On en rirait s’il n’y avait pas mort d’homme. On en rirait si par centaines de millions des enfants dans le monde n’étaient pas menacés de mort par la faim, comme c’est le cas actuellement en Somalie, par des maladies diverses qui ont disparu ici depuis près d’un siècle, comme au Yémen, de viol et de tortures, comme dans les favélas ou les rues du Congo. C’est une réalité que tous nous connaissons.
Certains, s’oubliant, en viennent à en vouloir au monde au point de tuer des innocents ici. Alors même qu’ils sont ceux dont les achats des maillots des dits « grands clubs » et des abonnements au stade et à je ne sais quoi permettent à ce qu’un joueur de foot vaille plus cher qu’un pays entier.
Je bouts au fond de moi quand je vois les gens commenter l’arrivée de Neymar à Paris, car les 220 millions € qu’il coûte sont supérieurs au budget de mon pays d’origine. J’enrage d’autant plus qu’il y a à peine quelques semaines une délégation de fonctionnaires du FMI exigeait que le budget des Comores n’excède pas les 81 milliards francs comoriens (CFA), soit un peu plus de 152 millions €.
Le summum de l’indécence a été dépassé!
Au diable les déclarations de bonne conscience des institutions et organisations internationales! Au diable l’hypocrisie du monde! Au diable les bonimenteurs qui vont au nom des religions construire des temples, en Afrique alors que l’Africain manque du minimum humain. Des mosquées construites par les pétromonarchies poussent aux Comores comme des champignons, alors que le Comorien manque des basic needs! Quel Dieu adore-t-on? Celui dont le Prophète a dit à la Kaaba que l’intégrité du croyant était plus importante qu’elle, bien qu’elle soit la direction de la prière du croyant musulman? Ou un autre?

Il faut me dire car j’ai du mal à comprendre. Depuis tout petit, on m’a appris que l’humain était le frère de l’humain. On m’a surtout appris que le musulman était par rapport à un autre musulman ce que sont deux faces d’une même pièce, aucun ne peut exister sans l’autre.
Seulement, petit, j’ai été exclusivement soigné gratuitement par soeur Cosette, qui est restée plus de 40 ans aux Comores, non pour nous convertir au christianisme, à ma connaissance, elle n’en a converti aucun, mais pour servir l’homme. Quel jeune comorien de mon âgé né aux Comores pourrait se targuer de n’être jamais passé chez Mon Péra (nom du dispensaire de Soeur Cosette, donné par les Comoriens, venant certainement de Mon Père), à part les nantis? Où étaient les pétromonarques à l’époque? Où sont-ils aujourd’hui où le bac, en raison de problèmes de salaires non versés ou non augmentés, se fait en été aux Comores, depuis plus de 20 ans, que les gens meurent des maladies les plus bénignes aux Comores, peut-être le seul pays musulman sunnite à 100% au monde?
Ils sont qui entrain de payer la djiziat à Trump, qui entrain d’investir des milliards dans le foot.
Voyez-vous, il n’y a pas les méchants non-musulmans d’un côté et les bons musulmans de l’autre. Comme l’homme n’est jamais entièrement bon, ni jamais entièrement mauvais. Il est bon seulement quand il fait plus de bien qu’il ne fait de mal et mauvais quand c’est l’inverse. Soeur Cosette, je l’aimerai naturellement parce que, comme l’a si bien dit notre mère Aisha, femme du Prophète, « les cœurs sont naturellement faits pour aimer quiconque leur fait du bien et détester quiconque leur fait du mal ». Exactement comme le Prophète a aimé son oncle Abou Talib, et ce de l’aveu même du Coran.
Il doit en exister des Sœurs Cosette musulmanes qui œuvrent pour Dieu, puis pour les hommes, sans regarder leurs confessions. Comme nous voyons qu’une convergence d’intérêts réunit Trump avec les pétromonarchies aujourd’hui. Demain, ils rompront pour les mêmes raisons. Il faudra laisser la religion de côté, quand cela se produira. N’oublions pas que pour bouter l’URSS hors d’Afghanistan, la politique états-unienne et ses alliés ont aidé à relancer le djihadisme qu’on dit combattre aujourd’hui. Comme business is business, religion doit rester religion.
Ne nous laissons pas embarquer dans des oppositions inutiles qui font s’entretuer ou s’entre-déchirer les faibles et laissent dans la quiescence les puissances.
Nous vivons dans la trumperie et la niaiserie de ceux qui, hagards, ignorent que c’est eux qui font Neymar et dans le monde tout ce bazar. Et en attendant qu’ils se réveillent, œuvrons à faire pousser des sycomores, les fruits profiteront aux Comores. On ne sait jamais.
Humainement vôtre.
Mohamed Bajrafil

le désespoir des clients d’Int’Air Iles bloqués à Madagascar

Depuis la publication du communiqué du directeur de la compagnie Int’Air Iles sur la fermeture de celle-ci, aucun vol n’a été effectué. Plusieurs passagers, qui avaient pris un billet aller-retour avec Int’Air Iles, se retrouvent actuellement à Madagascar alors qu’ils devaient être rentrés au pays la semaine dernière. Ils ignorent quand ils pourront repartir. « Personne ne nous a informés de quoi que ce soit. Nous avons appris à travers l’actualité du pays que la compagnie reprend ses vols. Mais nous ignorons la véracité de cette information. Puisqu’ aucun responsable de la compagnie ne nous a contactés » se plaint Zalhata Ibrahim*, qui se trouve à Madagascar avec sa fille pour des soins.

De son coté, Halima* est désespérée : « Je devais être rentrée depuis la semaine dernière. J’ai épuisé tout l’argent que j’avais ramené, et je n’ai pas les moyens d’acheter un autre billet. Qu’est ce que je vais devenir ? Sachant que je suis dans un hôtel et que mon visa d’un mois expire dans les prochains jours ». Selon une troisième interlocutrice, d’autres passagers qui logeaient dans le même hôtel, sont partis en achetant par leurs propres moyens des billets chez Air Madagscar. « Actuellement, nous sommes 13 personnes dans le même hôtel qui avons pris Int’Air îles. Et je suis persuadée qu’il y en a d’autres qui sont à Madagascar qui se trouvent dans la même situation ».

InterAIRIlesRappelons que dans le communiqué, le directeur d’Int’Air Iles avait précisé que les clients seraient remboursés. D’ailleurs, cela aurait commencé à Moroni. Mais que deviennent ceux qui se trouvent dans des endroits où, comme à Madagascar et Mayotte, il n’y a pas d’interlocuteurs (agences fermées) pour faire une demande de remboursement ? Il est à noter que suite à l’entrevue avec le Président de la République, le Directeur d’Int’Air Iles avait annoncé la reprise des vols aujourd’hui, jeudi 03 août.

 Natidja HAMIDOU

*Les noms cités dans l’article sont des noms d’emprunts. Les interlocuteurs ont préféré garder l’anonymat.

« L’opposition est le temps de la parole, une parole critique contre le pouvoir en place »

 

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Ibrahim Mahafidh Eddine, secrétaire général de la fédération France du parti NARIBARIKISE YI KOMORI

 

Depuis sa création, le parti Naribarikishe yi Komori organise son université d’été chaque année. Il aura lieu cette année à Marseille, au mois de septembre prochain. Entretien avec le Secrétaire Général de la Fédération France, Ibrahim Mahafidh Eddine.  

Mlimengu : Le 23 septembre prochain aura lieu l’université d’été de votre parti. Quels sont les points essentiels qui seront abordés ?

Ibrahim Mahafih Eddine -L’aventure Naribarikishe yi Komori a vu le jour le 10 janvier 2015 en France avec la participation active de plusieurs cadres de la diaspora. Ils se sont retrouvés à Marseille pour la mise en place d’un mouvement politique réellement engagé pour le changement du pays par une véritable prise de conscience sur l’existence de la nation, par la pertinence d’un projet de société réalisable, appropriable, et par la restauration d’une politique de justice sociale. Nous avons engagé ce combat aux Comores, en France et ailleurs, pour essayer d’offrir au pays, non pas un nouveau parti mais un mouvement qui se bat autrement pour mettre fin à la pauvreté, à la corruption, à l’injustice, à l’incivilité et à la mauvaise gouvernance.

Le rendez-vous estival du parti qu’organise chaque année la fédération France. C’est un moment important pour les militant-e-s. À Marseille en 2015, les militant-e-s ont procédé à une évaluation des structures du mouvement afin de permettre à celles-ci de devenir plus opérationnelles et plus efficaces. Ils ont aussi entériné la position de ne pas présenter et de ne soutenir aucun candidat aux dernières élections présidentielles. A Avignon en 2016, les militant-e-s ont validé le processus de mise en place des départements techniques, en vue de l’élaboration du projet de société du parti. Cette année, nous retournons à Marseille le 23 septembre prochain et les militant-e-s auront à trancher, entre autres, sur la vision, la ligne et l’orientation que doit prendre désormais le parti après trois ans d’existence. Un séminaire technique a été organisé à Lyon le 17 juillet dernier et les cadres présents à ce séminaire se sont attelés à définir les sujets qui feront l’objet de discussions lors de la prochaine édition de l’Université d’été. Nous comptons élargir le débat sur tous les sujets, sans exception aucune.

 

Mlimengu – Ce parti a été créé en France. Comment espérez-vous imposer vos idées et interpeller le gouvernement en exercice tout en étant en France ?

I.M – Il convient d’emblée, de souligner que Naribarikishe yi Komori se situe clairement dans l’opposition au pouvoir actuel. Cette précision était nécessaire parce que les comoriens ont du mal à situer les partis qui sont dans l’opposition et ceux qui soutiennent le pouvoir. La plupart des partis, pour ne pas dire tous, ont un pied dans l’opposition et un autre dans le pouvoir. Ce qui n’est pas notre cas. L’opposition est le temps de la parole, une parole critique contre le pouvoir en place. Nous devons cependant éviter à tout prix l’écueil qui consiste à parler pendant quatre ans de toutes les erreurs du président Azali et ses amis, sans jamais rien proposer, sans jamais rien construire. Agir lorsqu’on est dans l’opposition, c’est être le fer de lance du renouvellement politique. Une nouvelle génération de citoyens doit accéder aux responsabilités. Il ne s’agit pas de faire du « jeunisme », nos équipes et nos militant-e-s sont composés de comoriens de tous les âges. Voyez-vous, nous pouvons être à l’extérieur et nous opposer au pouvoir en place. Nous ne serons pas les premiers ni les derniers. Ensuite, comme je l’ai déjà dit, cette aventure est née en France mais nombreux sont les Comoriens qui se sont appropriés cette démarche aux Comores, dans chacune de nos îles et ailleurs. Parmi les défis que nous nous sommes assignés, il y a celui de rassembler toutes les forces progressistes comoriennes au sein d’un seul et unique mouvement. Ce travail nous l’avons engagé et il est loin d’être fini. Aujourd’hui, deux mouvements se sont joins à nous. Il s’agit du MRP (Mouvement Pour une réflexion Politique), basé essentiellement à Anjouan, et du CAC (Congres de l’Archipel des Comores), basé essentiellement à Mayotte.

 

Mlimengu – une loi a été promulguée pendant le régime d’Azali. Il n’y a que six partis qui ont été retenus et le vôtre n’en fait pas partie…

I.M – Le président et toute la classe politique comorienne s’accordent à dire que cette loi n’a pas de raison d’être et appellent tous à son abrogation, sinon à sa réécriture. Les critères objectives qui peuvent interdire des courants politiques ne sont pas pris en compte dans cette loi liberticide. On aurait facilement compris que les partis d’obédience séparatiste, religieuse ou raciste soient neutralisés. Mais des mouvements qui se battent pour l’unité nationale, l’intégrité territoriale, le développement et la justice sociale comme le nôtre ou des partis qui ont contribué pour beaucoup à la libération du pays, à l’avènement de la démocratie… bâillonner ces dynamiques, c’est de l’irresponsabilité politique. Pourquoi ne pas continuer à exister ? Notre engagement s’est présenté comme une évidence. Nous ressentons l’envie, le besoin, le devoir de rendre service à notre pays. La politique est d’abord une aventure humaine faite de rencontres. Et les véritables rencontres, on les fait sur le terrain. Nous avons pris goût et nous ne comptons pas, pour rien au monde, nous arrêter là. Face à l’échec programmé du président Azali, nous avons une responsabilité historique à assumer : celle de maintenir la flamme de l’espérance et de préparer le relèvement du pays. Cela nécessite du travail, de la volonté, du courage, de l’enthousiasme, de la créativité et du cœur. Le combat continue car nous voulons être à la hauteur de cette grande exigence.

 

Mlimengu – Le président envisage de réviser la constitution notamment sur la tournante. Quel est votre opinion par rapport à cela ?

I.M – C’est très difficile parce qu’on parle beaucoup, ces derniers temps, de termes plus ou moins creux, fourre-tout et on passe outre l’essentiel. Une situation d’incompréhension, une propagande soigneusement orchestrée ou soutenue par le pouvoir. On parle de tournante, d’émergence, d’assises… L’émergence est un concept attribué à un pays après plusieurs années de visibilité en matière de développement économique, social, culturel et de bonne gouvernance constatée à partir d’indicateurs objectivement vérifiable. Cela n’a jamais été ni fait d’annonce, ni cache misère. C’est d’autant plus démagogique que les décisions du président Azali sont contre les intérêts de la nation. Mais jeter de la poudre aux yeux du peuple, c’est la tactique de tout président populiste et sans réelle vision. L’on se rappelle de Rehemani, de Mtsowona ntongo kamwaparo zona, et aujourd’hui « émergence ». Le peuple comorien en a tellement pris plein le cœur qu’il se moque des hâbleurs en fin d’imagination. Nous aimerions avoir plus de précisions sur les contours de la révision constitutionnelle, si révision constitutionnelle il y aura. On souhaite également plus de détails sur l’orientation des assises. Bref, le jour où nous aurons des réponses à toutes ces questions, nous nous prononcerons en conséquence.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU