Une commission parlementaire mise au pas?

Citoyenneté économique

Le travail douteux de la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur la vente de « la citoyenneté économique » ne cesse de confirmer nos craintes d’une mise au pas par l’exécutif.

L’interview du député Tocha, menée en direct sur facebook vendredi 17 novembre 2017, par l’excellent Ortega Abdou (journaliste, ancien employé de l’Assemblée de l’Union), a confirmé ce que nous disons depuis des semaines sur cette commission parlementaire.

  1. Le Président de la Commission a bien affirmé que l’exécutif allait donner tous les moyens à la commission pour mener l’enquête (ce qui est une entorse grave à l’autonomie financière de l’Assemblée et partant à la séparation des pouvoirs).
  2. Tous les auditionnés n’ont pas été interrogés de la même façon. La commission parlementaire s’est déplacée à Mwali pour écouter plusieurs acteurs, comme elle s’est déplacée à Beit-Salam (le député n’a pas été très clair sur le financement du voyage vers Mwali). Ceux qui avaient comme argument que l’ancien président Ahmed Sambi, seul, voulait des conditions particulières avaient tort.
  3. Par respect de la séparation des pouvoirs, mais aussi de l’immunité du président, cette commission n’aurait jamais dû auditionner le président en exercice, Azali Assoumani. Le député Tocha nous révèle même un fait étonnant : il ne savait pas que le Président devait être auditionné. Il est arrivé à l’Assemblée et a trouvé ses collègues en train de partir vers Beit-Salam et a suivi. Il n’avait pas été prévenu en tant que membre de cette commission. Il ajoute que s’il y avait eu une réflexion au sein de la commission, préalable à cette audition du président Azali, il aurait refusé que la commission entende le Président. C’est grave parce que cela veut dire que l’audition du Président a été décidé au dernier moment, qu’elle n’était pas prévue, qu’il y avait une volonté de faire en sorte qu’au moins un député membre de la commission ne soit pas présent. Les propos du député Tocha laisse comprendre que la décision d’entendre le président est venue soudainement et de l’exécutif même.
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Le député Tocha DJOHAR

Au regard de ces informations, le rapport et les conclusions de cette commission parlementaires risquent d’apparaître comme partiels.

Nous continuons à nous demander pourquoi au lieu de donner les moyens à une commission parlementaire, le gouvernement actuel ne les donne pas à la Justice pour que des juges soient nommés pour instruire la plainte que le parti du président de la République (CRC) a déposé au Palais de Justice contre l’ancien Président Sambi, ou pour instruire une affaire abandonnée impliquant l’ancien chef de la Sûreté Nationale, Abdou Achirafi, actuel député et cadre du parti présidentiel au sujet de ventes de passeport en dehors de tout cadre légal.

Mahmoud Ibrahime

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