Anjouan

Qui peut lancer sa campagne présidentielle 2016 à Ouzini (Anjouan) ?

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Notre correspondant s’est rendu dans le village d’Ouzini sur les hauteurs du Nyumakele à Anjouan. Le village est enclavé, mais malgré les difficultés et l’absence de services publics, ses habitants n’ont aucunement l’envie de le quitter.

Ouzini le village enclavé d’Anjouan.

Une grande partie pour ne pas dire tous les candidats aux présidentielles 2016 n’ont jamais mis leurs pieds à Ouzini. Ce village de plus de 1 886 habitants se trouve confronter à tous les problèmes socio-économiques du monde. Sa particularité est qu’il est enclavé, donc pas de route pour y accéder. C’est le village le plus reculé d’Anjouan et difficilement accessible, à pied seulement.

Pour arriver à Ouzini, il faut s’armer de patience et d’endurance surtout ne pas être asthmatique pour monter jusqu’à 874 m d’altitude. Il se situe à 16 kilomètres de la ville de Domoni. Beaucoup de gens de cette localité n’ont jamais vu ni de voitures ni de ligne téléphonique depuis leur naissance.

Pourtant ces habitants sont contents d’habiter sur leur terre. « Auparavant on nous avait suggéré voire imposer de nous reloger à Salamani pendant le règne d’Ali Soilihi mais on a choisi d’y retourner après sa mort même si d’autres y sont restés jusqu’à nos jours» nous a affirmé un septuagénaire rencontré à Ouzini. « Le fait de vivre à ce rythme, couper du monde ça nous donne moins de soucis. Nous craignons qu’on vienne nous voler nos bovins et nos produits vivrières si la route était construite » ironise-t-il.

Des études de génie civil pour la construction de la route ont été faites mais aucun régime n’a jamais honoré ses engagements. Sambi aurait promis de leur faire la route et électrifier le village pendant la campagne de 2006 mais il s’est contenté de leur offrir 5 panneaux solaires pour alimenter quelques maisons. Ils sont tous déçus de Sambi et ne veulent plus entendre parler de lui. Aux dernières élections législatives, ils n’ont pas voté et envisagent de faire la même chose aux présidentielles de 2016.

A notre entrée dans ce village, tout le monde était réticent croyant qu’on était de politiciens donc on se moquait de nous avant de comprendre qu’on est des journalistes. «  Les politiciens nous ont mentis plusieurs fois, on ne veut plus d’eux. Vous voyez les conditions de vie auxquelles nous sommes confrontées tous les jours. On n’a ni électricité ni routes ni écoles dignes de ce nom. Les enseignants affectés ici ne viennent pas à cause de l’accès difficile à ce village. Le poste de santé est sans infirmier n’en parlons plus de médecin. Si une femme veut accoucher ou qu’il y a un malade grave, nous sommes obligés de l’amener sur nos épaules jusqu’à Salamani et prendre un taxi pour aller se faire soigner à Domoni» nous a relaté un maitre coranique de ce village.

Pour construire une maison en dure, la nature leur a donné du sable disponible en grande quantité, du gravier, de l’eau qui coule à flot sur place et ils n’ont pas besoin d’en acheter, mais concernant le ciment et le fer ils le chargent sur les têtes depuis Salamani jusqu’à Ouzini. « Vous voyez cette mosquée en pleine construction, nous avons utilisé de milliers de sacs de ciments transportés sur nos têtes. Une situation inimaginable mais vraie en 2015 » a insisté ce maitre coranique.

Ouzini reçoit des aides de temps en temps de la part des ONG et associations mais les habitants sont parfois réservés quant aux objectifs des opérations. Ils pensent souvent qu’il y a des politiciens derrière pour « les foutre dans la merde ».

Ces derniers temps, certains jeunes, très courageux, sont partis à Mayotte pour chercher une autre vie, observer le monde, savoir ce qui se passe en dehors de ce petit monde très fermé. Ils envoient des sous à leurs familles pour les besoins quotidiens.

Des jeunes et femmes courageux

Sur notre chemin, nous avons rencontré des gens de tous âges ayant traversé cette colline avec sur leur dos des sacs de riz, des bidons d’huile ou de sacs de sucre venant de Salamani ou de Domoni. «  Nous pouvons traverser ce chemin 2 à 3 fois par jour selon les besoins. On n’a pas le choix et personne ne se soucie de nous » nous a raconté le chef du village que nous avons croisé sur le chemin du retour.

Selon des propos d’une vieille dame, les habitants se marient entre eux car les étrangers n’aiment pas venir s’installer ici longtemps. Un enseignant de Domoni qui était payé à 150 000 KMF par la communauté pour assurer les cours de classe de CM2 n’a pas pu supporter les allers-retours et a dû arrêter le contrat. Le village ne compte aucun bachelier.

À la question de savoir s’ils accepteraient d’être relogés dans un autre endroit, la réponse est sans équivoque « nous sommes fiers de chez nous, nous vivons en harmonie avec la nature, il n’y a pas de pollution, nous mangeons bio et nous mourrons tous ici ».

Les prétendants aux présidentielles 2016 peuvent aller lancer leurs campagnes à Ouzini et promettre de désenclaver le village. Mais attention à ne pas faire comme Sambi car vous seriez une persona non grata à Ouzini. Par contre un Cheick Mc ou un Soumette à Ouzini donnerait beaucoup le sourire à ces habitants qui n’ont jamais organisé un concert.

Mbaraka Djoumbe

Anjouan vit au rythme du ramadan

Archipel des Comores

Archipel des Comores

La population anjounaise comme celle des autres îles de l’archipel des Comores observe le jeûne du mois sacré du ramadan. Cette année le climat est favorable dans toute l’île : il n’y a pas trop de chaleur ni de soleil. Dans le Nyumakele c’est plutôt le froid qui domine actuellement. On ne sent vraiment pas d’affaiblissement physique dans la journée.

Nyumakele, une région riche en agriculture

Les habitants du Nyulakele ne se plaignent pas de la nourriture pour rompre le jeûne le soir. La région a une auto-suffisante alimentaire qui permet à ces populations de vivre le ramadan sans crainte. Des marchés occasionnels dans les quartiers sont installés partout pour l’occasion. On peut trouver dans ces marchés des patates douces, des tarots, du manioc, de la banane et des légumes. Les prix sont dans la plupart estimé à 500 KMF le tas qui peut nourrir au moins deux bouches. Les revendeuses n’hésitent pas à descendre jusqu’à Domoni ou Mutsamudu pour revendre ces produits vivriers en vue d’engranger beaucoup plus de bénéfices. « L’abondance des tubercules et des légumes dans cette région est le fruit de travail de certaines ONG qui sont venues nous apprendre des nouvelles techniques pour l’agriculture. De même des nouvelles espèces venant d’autres pays ont été injectées et la production se fait plus rapidement que dans les espère d’avant » déclare Moussa Houmadi un habitant de Mrémani. Malgré la pauvreté dans cette région, les familles arrivent à joindre les deux bouts avec des produits locaux. Madame Hadija Bouchrane originaire de Adda agricultrice et vendeur au carrefour KOHANI (Rond point qui mène vers Domoni, Mrémani et Moya) se dit fière de son métier d’agricultrice car elle arrive à subvenir aux besoins de ses enfants « Si nous vendons nos récoltes c’est pour pouvoir acheter du poisson, des habits pour nos enfants et assurer leur scolarité. Aujourd’hui, nous sommes capables de nourrir toute la population comorienne sans que cela nous affecte. Par jour je peux faire un chiffre d’affaires allant jusqu’à 50000 KMF contrairement aux autres mois où on est entre 5000 et 25000 KMF ». Le même constat se fait sentir chez ses collègues qui voient le ramadan comme une opportunité pour réduire un peu leurs produits en abondance dans les champs.

Bazimini ou les bonnes affaires

A quelques kilomètres du Nyumakelé l’on trouve la localité de Bazimini communément appelée Dubai, un surnom dû à ses commerces à bas prix. Cette année on a noté une présence très remarquée de jeunes hommes et femmes venus de la Grande-Comores pour acheter des habits et chaussures pour aller les revendre à Moroni. « Dès la première semaine du mois de ramadan, nous avons constaté l’arrivée des gens venus de la Grande-Comore pour acheter nos marchandises. C’est une bonne chose pour nous. En une journée on reçoit une centaine de clients venus d’Anjouan et des autres îles notamment à Ngazidja. Il est facile de faire un chiffre d’affaires avoisinant les 2 000 000 KMF par jour et cela augmente de jour en jour » a affirmé Anli Saindou, un commerçant de Bazimini. La présence des jeunes dans le commerce peut s’expliquer par plusieurs facteurs notamment le chômage, le coût de transport Dar-Salam –Moroni, l’affaiblissement de l’euro au niveau international. « Nous préférons venir à Anjouan à Dar –salam car nous trouvons des articles moins chers ou aux mêmes prix qu’à Dar-Salam. Nous achetons en gros comme en détail. En plus de cela on se comprend très bien il n’y a pas de problème de langues. Le retour sur investissement est très significatif. Nos fournisseurs achètent en Chine comme ceux de Dar-Salam donc pas besoin de se casser la tête » a expliqué un jeune de Ntsaweni rencontré à Bazimini le vendredi dernier. C’est aussi un habitué du lieu depuis 2013. Malgré le bras de fer entre la mairie de Moroni et les marchands ambulants, ces jeunes espèrent écouler toutes leurs marchandises dans les meilleurs délais. La concurrence se fera au niveau des prix où chaque personne voudra faire valoir ses techniques marketing afin de persuader les familles à acheter leurs produits.

Il faut souligner aussi que la circulation routière a été perturbée en fin de semaine dernière pendant deux jours à Mutsamudu. Les bus ne sont pas autorisés à circuler dans Mutsamudu à partir de 9H, ainsi en a décidé le maire de Mutsamudu. Mécontents, les transporteurs du Nyumakele et des autres régions ont décidé d’observer deux jours de grève ce qui a amené un compromis entre le maire et les transporteurs. Désormais les bus sont à nouveau de retour dans les stations habituelles.

Mbaraka Djoumbé

Une association de Mayotte suggère de porter plainte contre l’Etat comorien

Une association de Mayotte suggère de porter plainte contre l’Etat comorien

 

Archipel des Comores

Archipel des Comores

Il y avait TAMA qui s’occupait de ramener quelques enfants des rues « chez eux » à Anjouan. Une autre association est apparue sur le marché très convoité de la prise en charge des migrants et des enfants de la rue, dans lequel agissent déjà, depuis de nombreuses années, des associations nationales comme la CIMADE ou RESF.

La nouvelle porte le nom de « Village d’EVA ». On pourrait croire que c’est le diminutif d' »évacuation » (l’objectif annoncé étant de ramener chez eux ces enfants dont un grand nombre vient d’Anjouan). On pouvait aussi imaginer qu’EVA est le prénom de la fille d’un des fondateurs (l’association étant portée surtout par ceux qu’on appelle à Mayotte les « Métropolitains »). Mais non ! il s’agit selon le responsable du « Village d’Echelle Visuelle Analogique ». Va comprendre. Certains n’ont jamais peur du ridicule quand ils sont en Afrique.

L’association a été créée en janvier 2014, mais ce n’est que maintenant qu’elle lance une offensive médiatique pour se faire connaître, à quelques semaines de la fin de l’année scolaire et du début des expulsions massives, surtout des mineurs scolarisés. Il faut croire que l’offensive a été une réussite puisque même nous, nous en parlons.

L’association est présidée par deux Métropolitains (Aurélie Arribat, médecin urgentiste et Ferdinand Beyene, chef d’entreprise). Son Porte-parole est un Maorais (Salim Ahamada).

Le 14 juin dernier, le Village d’EVA a fait son AG, en invitant les médias. Durant la réunion furent évoqués, selon divers médias locaux, pèle-mêle, les lieux communs répandus à Mayotte au sujet des migrations dans l’archipel et sur les enfants des rues évalués à près de 6000 mineurs qui font craindre une explosion des chiffres de la délinquance dans l’île. Comme d’habitude dans ce genre de réunion à Mayotte, chacun y est allé de sa solution miracle, tout en faisant attention à ne pas froisser le gouvernement français (l’employeur de la grande majorité des « métropolitains ») en évoquant la situation de l’île vis-à-vis du droit international.

A ce propos, la palme des « bonnes idées miracles » est revenue au Porte-Parole de l’association, puisque selon le journal de Mayotte, il a suggéré de « déposer plainte au Tribunal Pénal International pour non assistance à personne en danger » contre l’État comorien.

Les membres des associations de la société civile comorienne doivent rire, eux qui ont, maintes fois, demandé aux divers gouvernements comoriens depuis une quinzaine d’années de porter plainte contre l’Etat français auprès de ce même tribunal pour l’obliger à respecter les résolutions de l’ONU. La situation pourrait donc se retourner contre le gouvernement comorien ?

Pourtant, dans le même temps, l’association s’est fendue d’un communiqué dans lequel elle félicite le président comorien « d’avoir fait procéder à la destruction de kwassas ». Une première dans les trois autres îles de l’archipel. En effet, cette procédure est régulièrement mise en oeuvre dans l’île de Mayotte, où ceux qu’on appelle « les passeurs » sont systématiquement condamnés à de la prison ferme. Pour la première fois, le 4 juin dernier, le Procureur de la République de Mutsamudu a ordonné la destruction de 15 vedettes prêtes à prendre la direction de Mayotte. L’association EVA indique avoir écrit une lettre au Président Ikililou « pour le féliciter de cette intervention qui contribuera à sauver des vies ».

Dans les trois îles, il n’y a eu aucune réaction, ni pour féliciter le gouvernement, ni pour le blamer. Pourtant, cet événement semble montrer qu’à l’approche de la visite du président Hollande aux Comores en juillet prochain, il y a un rapprochement quant aux pratiques judiciaires s’agissant de la répression sur les candidats aux déplacements entre la Grande-Comore, Mohéli et Anjouan d’une part et Mayotte de l’autre. La justice comorienne empruntant les procédures de la justice française en la matière.

Mais, même si les juristes comoriens sont restés silencieux face à cette décision de la justice comorienne, il convient de se demander, d’une part, si la loi comorienne prévoit la destruction de vedettes avant même que le délit ne soit commis, et d’autre part, si la libre circulation entre les quatre îles des Comores n’est plus garantie par la Constitution.

Bien sûr, on nous opposera la sécurité et le nombre de morts chaque année entre Mayotte et Anjouan. Mais alors, pourquoi la gendarmerie et la justice comorienne ne pourraient pas jouer le jeu de la sécurisation de ce genre d’embarcations, en exigeant qu’elles soient aux normes, que les passagers soient moins nombreux, qu’ils aient des gilets de sauvetage… Pourquoi reproduire ce qui se passe à Mayotte ?

Il parait évident que le gouvernement comorien cherche à satisfaire des exigences de l’Etat français, même si cela va à l’encontre des droits fondamentaux des Comoriens, et cela sans rien obtenir en contre-partie, puisqu’il continue à demander à la France, au moins un assouplissement significatif des conditions de délivrance des visas entre Mayotte et ses trois îles soeurs. En vain.

Mahmoud Ibrahime

Comores. Présidentielles 2016. Deuxième partie. Une tournante qui ne tournerait pas ?

Comores. Présidentielles 2016. Deuxième partie. Une tournante qui ne tournerait pas ?

(première partie : Des appétits de pouvoir du président Sambi)

 

Photo officielle du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011)

Photo officielle du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011)

Pour les militants du parti Juwa qui pensent honnêtement et sans arrières-pensées qu’il y a dans la Constitution comorienne des éléments qui permettent à l’ex-président Sambi de se représenter pendant le tour de Ngazidja, je les invite à relire l’article 13, qui, à mon humble avis, a été trop souvent lu trop rapidement par certains juristes comoriens, mais surtout à revenir plus attentivement à l’histoire récente des Comores.

L’article 13 de la Constitution

Le premier alinéa du fameux article 13 est à l’origine ainsi rédigé :

« La Présidence est tournante entre les îles. Le Président et les Vice-Présidents sont élus ensemble au suffrage universel direct majoritaire à un tour pour un mandat de quatre (4) ans renouvelable dans le respect de la tournante entre les îles. Une élection primaire est organisée dans l’île à laquelle échoit la présidence et seuls les trois candidats ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés peuvent se présenter à l’élection présidentielle. »

On rappellera que le Président Sambi a fait modifier cet article en rallongeant la durée du mandat du président de quatre à cinq ans.

Si on analyse cet article, il n’est pas précisé qui doit être président, par contre le législateur dit de quelle île doit être le président. En effet, il me semble que jusqu’à présent tous ceux qui sont intervenus dans ce débat ont oublié ces quelques petits mots : « l’île à laquelle échoit la présidence ». Cette expression veut dire clairement que chaque île doit tour à tour donner un de ses ressortissants à la présidence.

Peut-on imaginer que « l’île à laquelle échoit la présidence » ne soit pas, au final, celle qui exerce la présidence ? Cela n’aurait aucun sens. De même comment comprendre la phrase qui ouvre cet article 13 : « La Présidence est tournante entre les îles » si finalement on donne la possibilité qu’un ressortissant de la même île reste président trois ou quatre fois de suite ? Où serait alors la tournante ? juste dans l’organisation des élections ?

Une revendication anjouanaise

Je pense que ceux qui sont arrivés à cette idée que tout Comorien, quelle que soit son île d’origine peut se présenter au premier tour des élections présidentielles ne respectent pas cette constitution et surtout oublient le contexte dans lequel elle a été élaborée.

Certains membres du Parti Juwa (Ahmed Jaffar, Mohamed Dossar, Ahmed Bourhane…) font semblant d’oublier pourquoi en 2001 nous étions opposés à cette constitution (avant de l’accepter pour mettre fin aux exactions et tortures qui étaient commises à Anjouan). Ils oublient que les séparatistes anjouanais avaient conditionné leur accord pour une constitution à l’acceptation par les Wangazidja qu’après qu’un des leurs ait été élu président, il laisserait la place à un autre ressortissant d’une autre île et ainsi de suite. C’est ainsi qu’Abdallah Mohamed, Abeid et autres définissaient d’une manière claire la « tournante », c’était leur principale revendication, persuadés qu’après la mort d’Ahmed Abdallah, les Wangazidja n’éliraient plus que des Wangazidja et que le président comorien serait toujours issu de l’île la plus grande. Ils ont été soutenus en cela par les délégations mohéliennes, dont l’île n’avait jamais vu un de ses enfants à la tête du pays.

Alors tous ces gens sont soudainement devenus amnésiques et ne savent plus que les patriotes ont perdu face aux revendications séparatistes et que justement cette constitution a été le symbole de leur défaite ? Est-ce qu’à force d’avoir travaillé avec des séparatistes alors qu’ils avaient le pouvoir fait que nos amis sambistes ont oublié les conditions dans lesquelles cette constitution a été élaborée ?

Une citoyenneté de l’île ?

Le seul problème reste à définir qui est Mgazidja, Mdzuani et Mmwali. Là-dessus, il faut d’abord intégrer qu’il n’y a que la constitution d’Anjouan qui définit dans son article 5 qui est Mdzuani (Article 5 : « Est citoyen comorien d’origine anjouanaise toute personne de nationalité Comorienne née au moins d’un parent d’origine Anjouanaise »). Les dirigeants du parti Juwa ferait donc mieux de commencer par modifier cette constitution.

Mais, nous sommes des unionistes et nous pensons que tout comorien a le droit de s’installer où il veut et d’adopter l’île qu’il aime le plus. Autrement dit, puisque la Constitution actuelle l’exige, c’est à chacun de dire au Législateur de quelle origine il est. Mais, une fois qu’il l’a dit, il ne faudrait pas qu’à l’élection suivante, il change d’origine pour des intérêts électoraux.

Or que constate-t-on ? Le président Azali, Saïd Ali Kemal (bien qu’il rentre dans la définition de ce qu’un Anjouanais selon la constitution de cette île) et tous les autres candidats aux présidentielles de 2002 ont déjà dit au Législateur qu’ils sont des Wangazidja. Le président Sambi, Abdouroihamane Mohamed ben Ali (bien qu’il aurait pu se considérer comme MGazidja)  et les autres concurrents de 2006 ont déjà signifié au Législateur qu’ils sont Anjouanais. Le président Ikililou, Hamada Madi Boléro (qui pouvait aussi prétendre qu’il était Mgazidja) et tous leurs concurrents en 2010  ont clairement dit qu’ils étaient des Comoriens de Mohéli.

En 2016, tous ceux qui se considèrent comme Wangazidja peuvent se présenter et le dire clairement au Législateur. Mais, on ne peut comprendre qu’une personne nous dise une fois qu’il est d’origine anjouanaise et qu’aux élections suivantes il devienne soudainement d’origine grand-comorienne ! A moins de vouloir tricher avec la loi.

Maintenant, si la grande majorité des Comoriens a compris qu’il ne fallait plus maintenir un tel système, il faut le changer pour le bien des Comores. Le peuple est souverain. Que les élus Sambistes suivent la procédure pour faire changer la Constitution (comme ils l’ont déjà fait en 2009) mais n’essayent pas de ruser avec les principes législatifs.

Mahmoud Ibrahime

Houmed Msaïdié : le mouvement prend forme

 

Houmed Msaïdié : le mouvement prend forme

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Du vendredi 25 avril au lundi 28, les anciens Ministres Houmed Msaïdié et Kamar-Ezzamane étaient à Anjouan pour rencontrer des responsables politiques en vue de former un large mouvement national. Le succès de cette première étape est l’annonce de la concrétisation de l’accord avec l’ancien gouverneur de l’île, Moussa Toybou qui a décidé d’en faire partie.

L’ancien Secrétaire Général de la CRC, qui a été délogé à ce poste par un putsch organisé par les partisans du colonel Azali, a décidé de ne plus perdre son temps dans des procédures judiciaires et de se lancer dans une nouvelle dynamique avec ses amis.

La visite dans l’île d’Anjouan a permis aux deux anciens ministres de faire des rencontres dans des diverses régions pour ouvrir des perspectives. Ainsi, après la rencontre avec les délégués du SNND, le Secrétaire Général de ce parti, Abidhar Abdallah a organisé une réception de Msaïdié et Kamar Ezzamane dans son village natal, Vouani.

Les deux hommes ont également visité Domoni et Mirontsy pour amorcer des liens qui seront exploités dans quelques jours quand ils reviendront dans l’île.

L’Assemblée Générale du nouveau mouvement devrait se tenir à Anjouan le 24 mai. En attendant Msaidié et Kamar Ezzamane préparent un voyage à Mohéli où ils devraient également rencontrer des leaders politiques qui devraient intégrer la nouvelle formation.

Lors d’une conférence de presse le 19 avril dernier à Moroni, Houmed Msaidié confiait aux journalistes que l’objectif n’était pas d’ajouter un nouveau parti sur la scène politique comorienne mais de mettre en place un mouvement capable de faire des propositions concrètes pour faire face aux problèmes actuels des Comoriens.

Pour le moment le nouveau parti devrait se tourner complètement vers les élections législatives pour essayer de les remporter en mettant en place des alliances avec d’autres mouvements.

Avant de quitter Anjouan les deux anciens ministres ont tenu à aller se rendre compte eux-mêmes de ce qui s’est passé dans le village de Mahale.

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Rencontre avec les délégués du parti de Moussa Toybou à l’hôtel Al-Amal

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Rencontre avec les habitants de Vouani.

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Rencontre avec les habitants de Vouani

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Rencontre avec les habitants de Vouani

 

Mahmoud Ibrahime

Tremblement de terre à Anjouan

Pour la deuxième fois en l’espace de quelques jours, la terre a tremblé à Anjouan, mercredi 12 mars.

Cette fois, la secousse a été plus importante (4,8 sur l’échelle de Richter), elle a fait quelques dégâts matériels dans la région de Mutsamudu-Ouani, mais aucune perte n’est à déplorer.

Selon une dépêche HZK du 14 mars 2014, certains habitants de l’île ont lié les tremblements de terre actuels à une « punition divine », par conséquent dès le lendemain, des cérémonies religieuses ont été organisées pour implorer le pardon de Dieu.

Les autorités de l’île, aussi bien les militaires (COSEP) que les civiles se sont montrées très rassurantes, affirmant que toutes les mesures sont prises pour la sécurité de la population. Aucune autorité nationale n’a encore réagi.

Mlimengu