Diaspora

Coopération décentralisée franco-comorienne

COOPERATION

Au centre de l’image: Abdillah Ibrahim

Interview d’Abdillah Ibrahim, président de la PFAC de Seine-Saint-Denis : «C’était une bonne occasion pour renforcer le processus de mise en place des collectivités territoriales aux Comores».

 

Des assises sur la coopération décentralisée franco-comorienne se sont tenues à Moroni du 28 au 29 juin dernier. Pour en savoir plus, Mlimengu s’est entretenu avec Abdillah Ibrahim, président de la plate-forme des associations comoriennes de la Seine Saint-Denis qui a été dépêché aux Comores pour y prendre part. Interview.

Mlimengu : quels sont les objectifs de votre mission aux Comores ? Quel est le but à atteindre ?

Abdillah Ibrahim : Je suis venu représenter le maire de Sevran en tant que conseiller municipal et la PFAC 93 (Plate-forme des associations comoriennes de la Seine-Saint-Denis) en tant que coordinateur général, à l’invitation de l’ambassade de France et de l’association des maires des Comores, aux assises de la coopération décentralisée franco-comorienne, tenues à Moroni les 28 et 29 juin derniers.

Ces assises rassemblaient les collectivités françaises ayant des partenariats de coopération avec les collectivités comoriennes. La municipalité de Sevran et la PFAC 93 que je représentais, sont impliquées comme beaucoup d’autres structures, dans cette dynamique. C’était une bonne occasion pour renforcer le processus de mise en place des collectivités territoriales aux Comores. A ce stade de la mise en place des institutions territoriales comoriennes, ces rencontres sont productives.

M.L : comment se sont déroulées les assises ? Et combien de temps ont –elles duré ?

A.I: Sur le plan technique, les assises se sont bien déroulées. Elles ont permis aux collectivités françaises engagées dans le cadre de la coopération décentralisée avec les Comores, de faire le déplacement et manifester leur volonté de coopérer avec l’archipel pour des intérêts mutuels.

Les travaux se sont réalisés en ateliers techniques durant les deux jours. Des échanges et des informations très pertinents ont bordé le menu des différentes rencontres.

La coopération décentralisée est un dispositif volontaire de solidarité autorisée par la loi. C’est un aspect qui doit être bien compris par la diaspora et les autorités locales comoriennes.

 C’est en ce sens qu’on doit mesurer le rôle d’une structure comme la PFFAC 93 dans les relations entre Ngazidja et le département de la Seine-Saint-Denis, par exemple. Les partenaires ne peuvent pas mettre en place des dispositifs si nous, originaires de Comores ne sommes pas demandeurs. Ils tiennent compte des préoccupations qui sont les nôtres et des intérêts de chacun.

Je précise que la Seine-Saint-Denis était bien représentée avec l’île de la Réunion, par rapport aux autres collectivités françaises présentes à ces assises. Cela prouve bien que la dynamique nourrie par l’implication de la communauté résidente sur les territoires dont certains d’entre nous avons des responsabilités, a une influence positive.

M.L : quels sont les résultats obtenus ?

A.I : Les résultats attendus de ces assises sont constitués ainsi : d’abord, il y a l’engagement des collectivités françaises présentes à agir pour le renforcement et la consolidation du processus de structuration. Ensuite, vient s’ajouter l’appui à l’administration et la gouvernance locale à travers l’accompagnement des communes et des gouvernorats dans la gestion locale. Enfin, il y a également, l’appui et la valorisation des territoires et l’émergence des dynamiques de développement.

Personnellement, je suis persuadé que si les partenaires comoriens s’en saisissent de l’opportunité, l’impact serait positif.

M.L : Les autorités comoriennes ont refusé la participation des maires de Mayotte à la demande de la France. Le gouvernement a-t-il justifié ce refus ? Pourquoi avez vous accepté de continuer le travail sans les élus Mahorais ?

A.I : Le refus de l’Etat comorien à une délégation française de Mayotte relève de sa souveraineté. Il ne m’importe pas d’en chercher des justificatifs. Il est bien vrai que la partie officielle de la programmation de l’événement est reportée ultérieurement, selon l’expression du président de la République, lors d’une réception qu’il a accordée à notre délégation. Toutefois, je conçois que la poursuite des travaux constitue l’essentiel mais les autres enjeux ne sont pas non plus négligeables.

Il était très utile de remplir notre mission et envisager des mesures qui permettront aux deux parties de continuer à œuvrer ensemble dans la voie de la pérennisation des efforts pouvant rapprocher les territoires et les habitants de nos deux pays pour les intérêts réciproques.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

Interview/ Jaffar ABDELLAHI. Congrès du parti RADHI : « il y a une faille sur l’organisation et la communication interne »

Interview/ Jaffar ABDELLAHI, secrétaire fédérale RADHI-France

Congrès du Parti RADHI : « il y a eu une faille tant sur l’organisation que sur la communication en interne ».

AJaffar2Le Parti politique RADHI avait annoncé son congrès au mois de mai dernier après plusieurs reports. Mais il n’a pas encore eu lieu. Aucune date n’a été donnée jusqu’à lors. Pour en savoir plus, Mlimengu est allé la rencontre de Jaffar ABDELLAHI, secrétaire fédéral de RADHI-France.

Mlimengu : Vous êtes le nouveau secrétaire fédéral de Radhi-France.  Quels sont vos objectifs prioritaires durant votre mandat ?  Qu’espérez-vous apporter de nouveau dans Radhi-France ?

Jaffar ABDELLAHI : Tout d’abord je voudrais souligner le travail effectué par mes prédécesseurs et surtout le bureau précédant, qui a contribué à structurer notre fédération.  Le bureau fédéral compte continuer à consolider la maison RADHI-France. Pour cela nous comptons améliorer la communication en interne et en externe, afin que les militants et les sympathisants qu’ils soient en France ou aux Comores puissent être informés. Nous allons aussi faire la formation des militants en mettant l’accent notamment sur les droits et les devoirs des militants, mais aussi sur les institutions comoriennes, les questions économiques et sociales.

En réussissant sur ces deux chantiers, nous monterons tous en compétences et cela nous permettra d’être force de proposition pour RADHI et le futur projet de gouvernance que nous proposerons à notre peuple lors des prochaines joutes électorales.

A titre personnel, je souhaite une augmentation des femmes dans les bureaux des partis politiques mais aussi dans les sphères de prises de décision de la cité.

Mlimengu : RADHI devait organiser son congrès au mois de mai dernier, même Radhi-France avait publié sur Facebook qu’à votre demande vous aviez envoyé le secrétaire de la section de Paris. Mais jusqu’à lors il n’a pas eu lieu. Pouvez-vous nous dire les raisons ?  Avez-vous prévu une autre date ? 

J.A : Le Congrès de notre parti devait avoir lieu en mai dernier, la fédération RADHI France avait effectivement mandaté monsieur Omar Ahamada (secrétaire de la section de Paris) pour nous représenter et soumettre nos propositions. Malheureusement pour des raisons ne dépendant pas de notre fédération celui-ci a été reporté au dernier moment. Je vous laisse imaginer notre déception. Il serait effectivement question que le congrès se tienne cet été, mais je suis sceptique car je crains que les mêmes raisons produisent les mêmes effets (report du congrès).  Pour moi il y a eu une faille tant sur l’organisation que sur la communication en interne. Vous comprenez qu’en étant responsable politique, je ne peux m’étaler publiquement sur les détails, du moins ce n’est pas la conception que je me fais d’un responsable politique vis-à-vis de son parti.

Mlimengu : Qu’en est-il de la crise qui régnait au sein du parti Radhi ?

J.A : Concernant la crise au sein de RADHI, je reviens sur la notion de droits et devoirs des militants au sein d’un parti politique. Comme toute communauté pour vivre ensemble, il y a certaines règles à respecter, dans le cadre de RADHI nous avons les statuts. Lorsque je vois certains cadres du parti qui se permettent d’attaquer leur propre parti à travers la presse et en créant des structures au sein du parti, on peut légitimement se poser des questions sur leurs motivations. D’autres questions devront être abordées lors du congrès.

Mlimengu : RADHI est-il vraiment dans l’opposition ?  Car jusqu’alors, les leaders ne sont pas indignés contre les mauvaises actions du gouvernement d’Azali ?

J.A : Au moment où nous échangeons, RADHI n’est pas dans la majorité présidentielle, ni au sein du gouvernement d’Azali. Nous sommes donc dans l’opposition. Je reconnais que nous n’avons pas été virulents par rapport au bilan catastrophique de la première année de la coalition gouvernementale (CRC, JUWA, ORANGE) qui a failli que ça soit dans le domaine

Judiciaire (lynchage d’un détenu par la foule au palais de justice de Mutsamudu, la corruption toujours présente) ; ou la Santé. La situation sanitaire est catastrophique, non seulement aucune politique concernant la gestion des déchets ce qui va non seulement augmenter le risque de la destruction de notre environnement mais aussi augmenter les maladies. Au lieu de voyager souvent, il serait peut-être préférable de rester sur place et essayer de trouver des solutions. Combien de nos concitoyens meurent-ils dans le bras de mer entre Mayotte et Anjouan, après une déception rencontrée dans les hôpitaux comoriens ? Les partisans du régime se félicitent de l’inauguration de l’hôpital de Bambao. Je vous pose une question, est ce qu’un hôpital censé soigner se mesure seulement aux matériels et murs ? Car au jour d’aujourd’hui nous n’avons pas le personnel pour le faire fonctionner. J’aurais préféré que l’argent dépensé en grande pompe pour cette inauguration puisse servir les étudiants qui seront demain les cadres des hôpitaux mais aussi du pays. D’ailleurs au même moment que le président et son gouvernement faisaient la tournée des îles, les professeurs manifestaient pour demander plus de moyens, un combat noble et légitime.

Dans le domaine de l’éducation : les années passent, les années blanches aussi et notre système éducatif public continue inexorablement sa décente aux enfers.

Au niveau de l’énergie, certes le pays connaît un mieux. Mais, à deux reprises le marché a été donné à des amis sans appels d’offre et sans le respect des lois en vigueur en prônant l’urgence de la chose. Après l’inauguration en grande pompe des centrales et après avoir entendu le président et son gouvernement nous dire que c’était la fin des problèmes liés à l’énergie, il y a hélas ! encore des délestages, sans parler des régions qui ne sont pas reliées à l’électricité.

Nous pouvons donc déduire que ce gouvernement a failli car la plupart pour ne pas dire tous les besoins fondamentaux du Comorien ne sont pas satisfaits. Sauf si c’est l’objectif recherché par nos dirigeants car pendant que le Comorien cherche à assouvir ses besoins fondamentaux, il ne se posera pas les questions de savoir qui est responsable de son malheur. Mais nos dirigeants devraient se méfier car un jour notre peuple se lèvera. Il est temps de renouveler la façon d’exercer la politique et peut être que cela ne sera possible que par l’émergence d’une nouvelle génération de politiciens dans un avenir proche.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

MAWUDU. Le salon de l’orientation pour les jeunes Comoriens

IMG_0138Interview/Rahma ABOUBACAR

« L’idée est de pouvoir montrer qu’on peut être immigré, d’origine comorienne et de réussir dans tous les domaines ».

 

Une journée d’orientation dénommée « MAWUDU », initiée par l’association REVA se tiendra samedi 5 mars à Nanterre. Il s’agit d’une seconde session après celle qui a eu lieu le mois de mai de l’année dernière. Pour en savoir plus sur le déroulement de cette journée, Mlimengu s’est entretenu avec Rahma ABOUBACAR, psychologue qui fait partie des membres organisateurs. 

 

Mlimengu – Qu’est ce que la journée « MAWUDU » ?

Rahma ABOUBACAR – C’est une journée dédiée aux jeunes lycéens et collégiens. Le but est de les accompagner dans le choix de leurs orientations. Pour les collégiens ce serait le choix des spécialités offertes au lycée. Et pour les lycéens ce serait de les aider à avoir une meilleure vision des métiers qui existent, et surtout de discuter avec différents professionnels de divers domaines et avoir une vision concrète pour affiner leurs choix.

Mlimengu – D’où vient l’initiative d’organiser cette journée d’orientation ?

Rahma ABOUBACAR – L’initiative vient de l’association REVA qui est un peu dans le même principe. Cette association essaie de réunir tous les franco-comoriens, les professionnels, afin de créer un réseau. Chez REVA on dit « à compétences égales, on consomme comorien ». On voit bien que toutes les communautés qui existent en France et qui arrivent à s’en sortir sont très bien organisées, les gens s’entraident. Il faut vraiment former une solidarité pour pouvoir évoluer professionnellement. A travers cette association, l’idée d’inclure aussi les jeunes s’est très vite imposée car la carrière professionnelle se décide dans la scolarité, dans le choix de l’orientation. C’est un peu une continuité. Nous avons décidé d’attaquer les plus jeunes.

Mlimengu – Quels sont les résultats attendus ?

Rahma ABOUBACAR – Dans un premier temps, c’est de pouvoir donner aux jeunes la possibilité d’avoir un miroir, de pouvoir s’identifier aux professionnels auxquels ils vont s’adresser. L’idée est de pouvoir montrer qu’on peut être immigré, d’origine comorienne et réussir dans tous les domaines. Les résultats que nous attendons c’est que les jeunes assistent à cette journée, qu’ils soient un peu plus sûrs d’eux, qu’ils aient une vision concrète des métiers pour que ça les aide dans leurs choix. Mais nous aimerions également sensibiliser les parents dans l’accompagnement des jeunes dans leurs orientations scolaires.

Mlimengu – Comment la journée va-t-elle se dérouler ?

Rahma ABOUBACAR – D’abord il y aura différents stands. Il y aura dix sept secteurs de métiers. Il va y avoir un stand orientation où le jeune sera guidé dans son parcours de la journée, où on lui donnera les outils pour pouvoir questionner les professionnels intervenants. La visite des stands intéressera les jeunes. Et puis à seize heures, il y aura une intervention de deux femmes notamment Fatihiya RADJABOU et Amina TABIBOU qui vont intervenir et qui vont parler de la thématique du comment accompagner efficacement les jeunes dans leurs orientations.

Mlimengu – Parlez nous un peu des différentes formations qui seront présentées aux jeunes ?

Rahma ABOUBACAR – Il y aura un peu de tout : les domaine de la santé, de la communication, du marketing et de l’informatique. Il y aura deux métiers au minimum par stand. Par exemple, en informatique, on peut avoir trois profils, on ne travaille pas forcément dans le même domaine. Il y a l’économie, la recherche, etc.

Mlimengu – Quels sont les profils des professionnels qui accompagneront les élèves dans le stand orientation ?

Rahma ABOUBACAR – Nous serons trois dans ce stand. Il y aura une femme dont le métier est l’insertion des jeunes qui sont déscolarisés. Elle a une expérience dans l’insertion professionnelle. Il y aura également une psychologue dont le rôle est d’écouter, de détecter et d’accompagner l’élève à se poser les bonnes questions sur le choix de son orientation. Et la troisième personne travaille beaucoup avec des associations de jeunes. Son rôle sera de donner les outils pour aller continuer la recherche après la journée, de renseigner les organismes qui peuvent aider à choisir son orientation.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

Interview Hassani Hamadi. « La révision de la constitution n’est pas nécessairement obligatoire si la vie de chaque île est réellement meilleure ».

Les Candidat aux élections présidentielles de 2016 aux Comores et de gouverneur de Ngazidja respectivement Mze Abdou Soule Elbak et Hassani Hamadi, ont tenu un meeting l’après midi du samedi 30 janvier à Pierrefitte sur seine en région parisienne devant la diaspora comorienne de France. Mlimengu s’est entretenu avec Hassani Hamadi pour en savoir davantage sur leurs projets. 

HassaneHamadiMlimengu : Pourquoi tenir un meeting en France tout en sachant que la diaspora comorienne ne votera pas le mois prochain ?

Hassani Hamadi : Malheureusement la diaspora comorienne n’a pas le droit de voter. Mais ce sont des Comoriens qui contribuent au développement des Comores. Ils ont une influence significative au développement national. J’ai été élevé en France, ce sont mes parents, mes amis, il est normal que je vienne les informer, leur demander leur appui, afin que demain les élections se passent dans de bonnes conditions, et que je sois élu. Après, j’aurai besoin de leur appui pour gouverner et développer le pays mais aussi les aider. Je voudrai les aider à voyager convenablement avec des conditions significatives et réellement accessible à tous, et enfin de pouvoir contribuer comme ils le font tous les jours à la croissance économique du pays en envoyant des devises mais aussi au développement national en venant chaque année organiser des activités sociales, culturelles, etc.

ML : Pourquoi une alliance de votre parti et celui de Mze Abdou Soule Elbak ?

H.H : Pour moi Mze Soule Elbak est une référence. Il a pu créer ce qu’on appelle « Mdjidjengo ». C’est une institution de l’île insulaire de Ngazidja qui a pu réellement vivre malgré les difficultés qu’il a connues durant cinq ans. Il est un candidat crédible puisqu’il se met toujours à la disposition de la population et il est toujours à l’écoute de la population. Il a contribué énergiquement à réaliser pas mal d’œuvres aux Comores notamment des routes, des écoles, des postes de santé, et même des hôpitaux. Quand on a besoin de lui, il est toujours là. Et il respecte tout ce qu’il dit et le réalise contre vents et marées. C’est un homme crédible. J’ai confiance en lui et j’espère construire le pays avec lui.

ML : quelles sont vos priorités pour l’île de Ngazidja pendant le quinquennat si vous êtes élus ?

H.H : J’ai cinq priorités. La première est de pouvoir assurer la survie des Comoriens de la Grande-Comores. La survie, cela veut dire les aider à se nourrir convenablement, les aider à se soigner, pouvoir éduquer et insérer les jeunes qui seront réellement natifs de cette population. J’espère pouvoir également créer les conditions significatives et suffisantes pour qu’il y ait des communes compétitives complémentaires, et solidaires, pour qu’ensemble ces communes puissent assurer le bien être de la population locale. Dans chaque village je vais essayer de faire en sorte que la commune puisse être représentée et leur donner l’autonomie, notamment la ville de Moroni avec un statut spécial. Essayer de faire en sorte que les régions, villes et villages puissent être gérés avec un représentant de l’île autonome de Ngazidja qui sera élu sous la base de condition légale et qui s’appellera maire de la municipalité ou maire de la commune.

ML : L’opinion pense que Ngazidja est privé de ses droits au profit des deux autres îles, est ce le cas ?

H.H : En général chaque île est autonome suivant la loi. Chaque île est autorisée à négocier suivant la coopération décentralisée. Chaque île peut créer une structure économique ou sociale qui n’existe pas au niveau de l’Etat. Donc je ne vois pas comment on peut m’empêcher d’aider la population, les représentants des Comores ayant les possibilités de créer des conditions pour leur propre avenir notamment dans le domaine de l’emploi, la qualification, l’accès aux technologies et au crédit. J’espère mettre des structures économiques, des entreprises publiques ou semi-publiques qui accompagneront chaque citoyen dans la prise en main de son avenir. C’est-à-dire créer des conditions pour que chaque enfant des Comores puisse accéder à une école spécialisée, une école normale mais qui intègre l’arabe, l’anglais, l’informatique et le français comme matières obligatoires pour l’enseignement primaire et secondaire.

ML : la population estime que la constitution est séparatiste, selon vous, faut-il la réviser ?

H.H : La révision de la constitution n’est pas nécessairement obligatoire si la vie de chaque île est réellement meilleure. Si chaque île vivait convenablement et que les habitants ont de meilleures conditions pour vivre sereinement et en sécurité, je pense que la révision de la constitution n’est pas obligatoire. Réellement le problème n’est pas la constitution, le problème ce sont les hommes qui ne veulent pas appliquer la constitution. Au lieu de changer la constitution, il faut changer les hommes, raison pour laquelle je me porte candidat au poste de gouverneur et j’appuie Mze Soule Elbak au poste de président de la République. Et ensemble, noud espérons rassembler tous les Comoriens pour que nous agissions dans le bon sens afin d’aider les Comores.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

Les mystères de la politique comorienne

logoRadhinouveauLes mystères de la politique comorienne. Cela fait plusieurs semaines que je m’interroge sur le fait que le parti gouvernemental (UPDC) n’a aucune représentation en France. Avec tous les moyens dont dispose ce parti, il n’a jamais pensé à se structurer. Comment un homme aussi intelligent que Youssouf Boina, son secrétaire Général, a-t-il pu autant minimiser la force de la diaspora pour un parti politique, surtout à l’approche d’élections majeures.

En regardant de plus près, je me suis aperçu qu’aucun des grands partis comoriens n’est vraiment structuré en France, mise à part le parti RADHI de Houmed Msaidie​. Juwa qui était bien parti n’a pas de véritable direction en France (si je ne m’abuse).

Mais, cela n’a pas toujours été ainsi. Je me souviens que dans les années 1990 et au début des années 2000, lorsque nous combattions le séparatisme, nous, associatifs, nous savions que nous pouvions compter sur des responsables de certains partis comme le FD (le mieux organisé et comptant le plus de militants, aguerris), Shuma, PCDP, MDP-NGDC…

L’absence de partis dans la diaspora en France a des conséquences, au moment où nous allons vers la campagne électorale. L’UPDC n’ayant aucune représentation en France, les Comités de soutien à Mamadou se multiplient et s’inventent des liens plus ou moins imaginaires avec le futur président de la République ou la future Première Dame. Chacun de ces comités se prétend être le seul représentatif et celui qui aurait l’aval des quatre candidats, même si, on le sait, aucun n’a vraiment désigné un responsable de la campagne de Mohamed Ali Soilihi en France. Malgré cela, des groupements de gens sérieux se réunissent dans des appartements tous les week-ends pour préparer la campagne de Mamadou. C’est une chance pour ce candidat, mais chacun a pu constater la cacophonie qui existe et qui n’aurait pu s’installer si l’UPDC avait une direction en France.

Au sein de ma propre formation politique (RADHI, au cas où certains l’aurait oublié), j’ai même entendu des militants nous dire : « Laissons le parti pour le moment, faisons la campagne de Mamadou car c’est lui qui sera président et le parti on verra plus tard. » Il y a quelques semaines, les mêmes militants affirmaient, sous les applaudissements de dizaines d’autres, dans les réunions du parti, qu’ils étaient prêts à faire des crédits pour la campagne de leur leader, Houmed Msaidié.

Malgré les gesticulations des uns et des autres, malgré les coups de certains dirigeants d’un certain Comité de soutien qui voudrait soumettre à leurs volontés le parti RADHI, le seul parti comorien structuré en France sera bien présent en tant que parti dans la campagne qui s’annonce. Ses dirigeants et ses cadres n’ont jamais pensé à se fondre dans des comités de soutien alors qu’ils savent pouvoir compter sur une force et une expérience dans la communication : le parti RADHI.

Mahmoud Ibrahime

Le Collectif de soutien à la candidature de Mohamed Ali Soilihi

Le Collectif de soutien à la candidature de Mohamed Ali Soilihi

Mamadou

Mohamed Ali Soilihi (détail de l’affiche des présidentielles de 2010)

Depuis une semaine, le parti RADHI et les proches de Mamadou et Nourdine Bourhane ont entrepris un marathon pour mettre sur pied un collectif regroupant toutes les organisations qui soutiennent la candidature de Mohamed Ali Soilihi en France.

Après une semaine de consultations et de discussions, le collectif compte aujourd’hui 10 organisations, à l’image de la coalition mise en place à Moroni.

Un seul comité n’a pas encore rejoint le collectif, mais l’on ne désespère pas de le voir enfin intégrer le groupe avant l’élection du coordinateur et la désignation du Bureau de campagne en France.

Parti RADHI-France (Mahmoud Ibrahime)

Parti MOUROUA (Salim Ali Soilihi)

Comité de soutien de Mamadou à Lyon (Elanrif Chanfi)

Comité de soutien de Mamadou à Rennes (Younoussa Oumouri)

Comité de soutien de Mamadou à Marseille (Radjabou)

Génération Nourdine Bourhane (Patrice Ahmed Abdallah)

Les Notables pour Mamadou (Saïd Djaouhar Charifou)

Les Amis de Mamadou (Mohamed Siradji)

Jeunesse Mamadou (Said Mouhammad dit Ydyidy

Les Amis de Msaidié (Mohamed Selemani)

 

Pour le Collectif

Omar Ahamada (RADHI)

Livres. Chroniques d’un Comorien ordinaire

Mladjao_couvintL’habit ne fait pas le moine. S’il est un adage qui irait bien à l’ouvrage de Anlym Mladjao, c’est bien celui-là, car si l’on se fiait à la seule couverture du livre, on serait en droit d’espérer ou de craindre un délire égocentrique étalé sur une centaine de pages.
Ceux qui espéraient que le livre soit l’appendice de ses interventions musclées dans les réseaux sociaux ont été déçus. Tant mieux ! Ici, le verbe est doux, presque féminin. Il vous prend par la main et se déploie avec la langueur des écrivants d’autrefois.
Ce texte aurait pu avoir comme titre « chroniques d’un comorien ordinaire ». Ce qu’il dit, nous l’avons entendu de bouche à oreille, d’homme à homme dans le cercle familial. Il y a de l’intime dans ce récit et des blessures évoquées sans pathos. On y parle bien évidemment de la migration, de la rencontre de l’Autre et du besoin de se trouver un point d’équilibre entre tradition et modernité. Le tout est traversé d’une colère retenue.
Par moments, certaines séquences ont des airs de monographie. C’est là une facette intéressante du livre mais hélas ce potentiel là est insuffisamment exploité. Plutôt que d’aller au bout de sa logique descriptive, l’auteur fait des excursions vers l’essai et l’analyse des contextes socio-politiques qu’il traverse. Ce faisant, il en arrive à manier des concepts qui demandent un développement plus conséquent que ce qu’il propose. D’où une double frustration chez le lecteur due à l’amputation du récit dans son déploiement et du caractère succinct – parfois léger – de l’analyse proposée.
Cependant, même si le mélange -audacieux- des genres “autobiographie” et “essai” peine à trouver un équilibre heureux, l’expérience de lecture est agréable du fait de la sobriété du style . Cela crée une attente quant au second texte de l’auteur. Une fiction nous dit-il.
Si le style d’écriture reste le même, il comblera certains lecteurs comoriens (pour ne parler que d’eux) qui pourfendent régulièrement le côté abscons des textes fictionnels ou poétiques qui leur sont proposés.
Reste à trouver le sujet. En dehors de lui, en dehors de sa personne. Reste à laisser l’imagination prendre le pouvoir.
Oluren Fekre
Mladjaou Abdoul Anlym, Rentre ou ferme-la, Editions Coelacanthe, septembre 2015, 167p., 15€
A commander sur http://www.editions-coelacanthe.com/PBSCCatalog.asp?ItmID=18153932