Diaspora

Livre. L’Islam et la République selon Bajrafil

Livre de Bajrafil

Livre de Bajrafil

C’est à la reconstruction d’un islam de France que nous invite Mohamed Kassim Bajrafil dans son premier ouvrage intitulé Islam de France, l’An I aux éditions Plein Jour. Celui que les médias français ont surnommé « l’Imam d’Ivry » revient sur cette incompréhension grandissante entre les musulmans et les autres communautés en France, au gré des attentats commis par des gens qui se sont emparés de l’étendard de l’Islam, mais aussi des nombreux actes islamophobes. Il est donc apparu à l’auteur comme une nécessité de faire comprendre aux Français et particulièrement aux Français musulmans ce qu’est le vrai Islam, une religion qui apparaît tout au long de la lecture comme une religion de paix, de tolérance, de dialogue et d’interrogation.

Le message qui transparait dans ce livre, c’est qu’il faut revenir à l’esprit originel de l’Islam. En disant cela l’Imam n’a pas pour objectif d’encenser le passé et de croire qu’on peut vivre comme au temps du prophète. Au contraire, il pense qu’en revenant à l’esprit de l’époque, nous pourrions mettre fin à la « glaciation » qui a figé la pensée islamique et que cela nous permettrait de combattre aussi bien le terrorisme que l’islamophobie qui a connu ces derniers temps un boum extraordinaire en France (une augmentation de près de 500% des actes contre les musulmans). Il appelle tous les musulmans à « arracher le Coran des mains des criminels » (p.30).

« Être musulman, c’est surtout être libre »

Pour cela, Bajrafil demande que les musulmans s’emparent de nouveau et d’une manière individuelle de l’interrogation sur le Coran. Il rappelle que l’islam n’admet pas de clergé et que par conséquent chacun est appelé à contribuer à la compréhension du message divin comme ce fut le cas de sa naissance jusqu’au Xe siècle. Pour lui, il n’y a consensus que sur les piliers de l’Islam, « tout le reste est le domaine de la pensée humaine libre, se formant par confrontation de points de vue… » (p.66).

Il explicite les termes soulevés par les terroristes et employés par ceux qui veulent entacher l’Islam en s’appuyant sur sa grande connaissance des textes et de l’histoire. La shari’a est vue comme un ensemble des lois très répressives ? Bajrafil nous explique qu’il n’y a pas de pays qui se rapproche le plus de cette idée que les pays occidentaux, et notamment la France qui a mis en place une sécurité sociale et dont l’État a le souci de la liberté individuelle et subvient aux besoins des plus nécessiteux.

Le djihad est vue comme un appel au meurtre, en particulier de ceux qui ne sont pas musulmans ? Bajrafil rappelle que le « grand djihad » est d’abord une lutte intérieure « contre les pulsions qui nous animent » (p.32).

Lorsque l’État Islamique voudrait imposer la califat comme un modèle préconisé par Dieu, Bajrafil affirme que ce système n’a rien de sacré. Il explique que ce qui est préconisé dans le Coran c’est une organisation dans laquelle règne l’équité et où chacun peut se réaliser sans faire de tort à l’autre.

Le salafisme serait le retour d’une vie conforme à celle du prophète ? Il n’est pour l’imam que « glaciation » et « violence barbare » là où les premiers salafs exigeaient réformes et débats contradictoires.

Pour Bajrafil, l’Islam est conçu dès le départ comme religion d’ouverture et de dialogue avec les autres religions monothéistes. Il rappelle que le prophète a demandé de protéger « les gens du livre » (Chrétiens et Juifs) et qu’il est l’auteur d’une « Constitution de Médine » dans laquelle la liberté religieuse est reconnue aux Musulmans, Juifs et Chrétiens. Face à ceux qui sortent des passages du Coran en prétendant qu’ils demandent de s’attaquer aux Juifs, il rappelle qu’il ne s’agit que d’une tribu juive (qui a trahi le pacte de Médine), à un moment donné et seulement parce qu’il était en guerre contre cette tribu particulière. Les passages du Coran ne sont donc pas contre les Juifs en général, mais contre cette tribu juive (les Banu Qurayza).

L’Islam est compatible avec la laïcité et la République

Dans le contexte d’aujourd’hui, Bajrafil affirme qu’il faut considérer « la foi de l’autre comme égale à la sienne ». C’est ainsi qu’il aboutit à l’idée, souvent mise en cause en France par certains penseurs, que « l’Islam (…) est non seulement compatible avec la laïcité, mais il est laïque par essence : il ne demande à la société que d’offrir aux hommes les conditions de leur épanouissement… » (p.88). Il place la priorité dans la paix sociale, l’égalité et des conditions de vie décentes au sein de la République.

Enfin, Bajrafil met en avant la capacité et la volonté d’adaptation selon les époques et les lieux. Il faut donc comprendre et suivre le dogme mais il faut aussi comprendre le monde dans lequel nous vivons (le deuxième livre que Dieu nous a donné) pour être un bon musulman. Il écrit ainsi : « les fondations ne sont pas pour autant la totalité de la maison. Il y a le reste, la vie, la réalité humaine dans ses multiples dimensions » (p. 26). Cela se résume par cette distinction que tout jeune comorien apprend dès son plus jeune âge, entre la religion et le monde ou la vie (dini/duniya). Ou encore cette pensée de l’Imam al-Shanfii qui dit qu’il n’y a pas de vie sans changement.

C’est donc par ignorance de la religion musulmane que certains incultes se déclarent religieux et entrainent des jeunes dans la folie meurtrière. Face à eux Bajrafil affirme sans ambages : « Il faut être à leur égard d’une fermeté absolue ». La responsabilité première revient aux musulmans de dire à ceux qui tuent au nom de l’Islam « que ce qu’ils font est blasphématoire, négateur de la substance même de la foi… » (p.78).

Ce livre n’est pas seulement un livre sur la religion, sur l’Islam, c’est aussi un hymne à l’amour que Bajrafil voue à une France idéale, à un modèle de société qui protège l’individu en lui accordant toutes sortes de liberté et en veillant à son bien être. C’est en quelque sorte une réponse qu’il apporte à des milliers de jeunes musulmans nés dans ce pays et qui se posent des questions sur ce que doit être leur comportement et leur chemin. Cet amour de la République même idéalisée, même en tant qu’hypothèse et modèle à construire est sans doute une barrière de protection que l’imam pose entre l’État Islamique et les enfants musulmans de France. Il leur dit que face à la barbarie sans nom et sans drapeau (celle de l’État Islamique mais aussi celle des Islamophobes), la République est notre bien commun et il faut la défendre.

Mahmoud Ibrahime

Mohamed Bajrafil, Islam de France, l’an I. Il est temps d’entrer dans le XXIe siècle. Plein Jour, sept. 2015, 147p. 

Présidentielles 2016 aux Comores. Le recensement de la diaspora en France est prévu en septembre

La Commission Nationale Technique de la Diaspora (CNTD) affirme que le recensement de la diaspora comorienne de France devra débuter ce mois de septembre dans les pôles régionaux de la France où la communauté comorienne réside.

 

Ambassade des Comores en France

Ambassade des Comores en France

Le vote de la diaspora comorienne de France est devenu un sujet d’actualité depuis la promulgation de la loi portant sur ce vote. La communauté comorienne en France votera aux prochaines élections pérsidentielles prévues en avril 2016 selon le calendrier électoral publié par le gouvernement.

L’opinion est partagée. Certains Comoriens résidant en France n’embrassent pas l’idée que la diaspora puisse voter et laissent sous entendre que c’est un but à atteindre de certains politiciens. Tandis que d’autres se réjouissent et estiment que c’est un droit civique qu’il faut accomplir : «  je n’approuve pas le vote de la diaspora en 2016. Je trouve qu’il est tôt. Il n’y a pas eu de sensibilisation. La masse ignore les enjeux de ces élections et je ne pense pas que la logistique nécessaire soit prête pour ce scrutin. L’Etat comorien est en mesure en peu de temps de faire voter une diaspora qui est le 1/4 de la population », affirme Lihoma Mohamed Miradji, urbaniste résident en région parisienne, avant d’ajouter « pourquoi voter ? Il est clair que la sociologie électorale va changer. Mais les pressions et les lobbies de toute nature vont jouer qui ne sera qu’en faveur des Comores à partir d’une certaine élite de la diaspora et l’impact sera ressenti sur place ».

Ce n’est pas l’avis de Mahafih Eddine Ibrahim, secrétaire général de la Fédération France du parti SDC (un parti créer par la diaspora pour les Comoriens partout où ils vivent) : « nous accueillons favorablement la promesse de l’actuel gouvernement de faciliter enfin la participation de la diaspora de France aux prochaines élections présidentielles. Nous allons nous battre pour que ce droit fondamental prenne corps réellement sur le terrain », dit-il. Ce juriste de formation a déclaré en effet que «Nous nous posons cependant un certain nombre de questions parmi lesquelles le recensement électoral, le déroulement, la sécurisation des élections, la transparence dans la diffusion des résultats ainsi que le début de participation de la diaspora. Nous souhaitons avoir des réponses sur toutes ces questions. Et nous remercions la CENI pour l’explication qu’elle voudra donner à nos questions ».

Pour Thinati Mdoihoma, le vote de la diaspora ne « servira à rien. Il est vrai que nous participons au PIB du pays. Mais nous vivons en France et nous devons de préoccuper de ce qui se passe ici ». Une opinion non partagée par Soilha Mohamed, étudiante en master 2 en Systèmes, environnement et Patrimoine à Saint-Etienne. Elle juge que « la participation de la diaspora où qu’elle soit, est importante dans la mesure où cette dernière peut faire basculer des élections. D’autant plus qu’elle contribue à une grande partie au développement des Comores ».

La CNTD collabore en commun accord avec l’ambassade des Comores, selon Ahmadou Mze Soilihi, l’un des membres de cette commission. Le recensement nécessitera une centaine d’agents recenseurs, une quarantaine de personnels administratifs ainsi que d’autres ressources humaines pour constituer les cellules d’appui dans chaque pôle. La CNTD a précisé que trois catégories d’électeurs ont été identifiées lors des ateliers. Il s’agit en premier lieu des comoriens ayant plus de dix huit ans disposant d’une carte nationale d’identité biométrique (CNI) : «les données venant du ministère de l’intérieur comptent 44 000 électeurs potentiel en France », affirme Ahmadou Mze. La deuxième catégorie constitue les comoriens qui disposent la nationalité comorienne mais qui n’ont pas la carte biométrique, « dans ce cas, il faut justifier par un certificat de nationalité ou un extrait d’acte de naissance valable », souligne notre interlocuteur. La dernière catégorie concerne les enfants de la deuxième et troisième génération. « Les statistiques du ministère de l’intérieur montre que cette catégorie est faiblement enregistrée dans la base de données de SEMLEX », précise Ahmadou avant de faire appel aux parents et aux associations pour une aide à la sensibilisation.

Rappelons que la CNTD est une commission qui apporte un soutien technique au gouvernement et à la CENI. Elle a été mise en place et validée par les dix commissions régionales constituées à l’issus des assemblées de Valence en avril 2014 et à Lyon en juillet de la même année.

Natidja HAMIDOU

Fatouma Mze Cheikh. « La femme comorienne évolue à petits » pas

Fatouma Mze Cheikh

Fatouma Mze Cheikh

 

Les Comores ont célébré leur quarantième anniversaire d’indépendance le 6 juillet 2015. La communauté comorienne partout où elle se trouve a célébré cette journée commémorative. En vue de parler de la femme comorienne (celle qui vit aux Comores et celle qui réside en France) après l’indépendance, Mlimengu est allé à la rencontre de Fatouma Mze Cheikh. Ancienne agent du service statistique et responsable des recensements familles et ménages au Plan aux Comores, cette mère de famille vit actuellement en France, en région parisienne. Présidente de la communauté comorienne du Val d’Oise (95), Fatouma Mze Cheikh est assistante de direction. Elle répond aux questions de Mlimengu.

 

Mlimengu : quarante ans après l’indépendance des Comores, que peut-on dire de la femme comorienne ?

Fatouma Mze Cheikh : les femmes qui sont aux Comores se sont battus et se battent toujours. Il y a des gens qui étaient dévoués à la religion. Or que ça n’a rien à voir avec la religion. Il y a des femmes qui se sont organisées à partir du mouvement « Femmes et Réseau ». Et après il y a quand même la continuité. Car on voit une structure comme femmes entreprenariat au féminin, il y a des femmes qui font des galeries etc. ce qui est bien aux Comores, la femme comorienne vivant dans notre archipel a compris l’enjeu. Les femmes se sont organisées en une sorte de réseau où elles accompagnent les autres femmes qui veulent créer, d’où le nom entreprenariat au féminin. Je pense aussi que la femme comorienne vivant à l’extérieur a quand même évolué. Depuis les années 80, elle a progressé dans la mesure où il y a eu les créations d’associations. A partir de là, la femme migrante a pu saisir cette opportunité. Et la femme comorienne est dedans. Parce que nous femmes comoriennes, nous migrons. Je pense que la femme comorienne (celle qui est aux Comores et celle qui vit en France) évolue à petits pas

Mlimengu : vous êtes militante associative en France, quelles difficultés la femme comorienne rencontre-t-elle dans ce pays ?

F.M.C : le comorien a pas mal des sujets et problématiques qu’on n’aborde pas. Par exemple, nous sommes la seule communauté qui ne parle pas d’intégration, ni de génération. Et pourtant la génération existe : il y a eu les générations des années 60,70 et des années 80. Donc il y a deux générations : celle des anciens (année 60) et celles des jeunes (pour nos enfants). J’appelle ça « nouvelle génération » et on n’en parle pas. Nous comoriennes avons du mal à nous intégrer. Car, pour pouvoir s’intégrer il faut d’abord être intégrées dans notre pays d’origine. Or, ce n’est pas le cas dans la mesure où aux Comores, il y a peu de femmes qui occupent des postes politiques importantes on peut les compter : il y a première femme ministre, et puis maintenant une femme député et une autre femme maire sur combien d’hommes qui sont au pouvoir. Donc à la base nous ne sommes pas intégrées dans notre pays. Après nous venons ici, nous avons du mal à nous intégrer. Car les gens qui s’intègrent facilement ce sont les communautés qui ont été intégrées à partir de chez eux. Même si nous savions ce que nous voulons faire, où nous voulons aller, mais nous avons quand même du mal. Et pourtant nous avons une double culture : une richesse de notre pays d’origine et la richesse du pays d’accueil. Mais nous n’arrivons pas à les exploiter.

Mlimengu : certains disent que la femme comorienne est avantagée et a eu de la chance par rapport à une autre femme d’une autre communauté, vu que la société comorienne est matriarcale, partagez vous cette opinion ?

F.M.C : elle a eu de la chance, je ne pense pas. Nous n’avons rien demandé. Dans la société comorienne, la femme est protégée. Pour le mariage, c’est le père et l’oncle qui sont les responsables de la famille. C’est l’homme qui construit. La fille avant n’allait pas à l’école. Maintenant avec l’évolution, elle y va. Le fait que la société est matriarcale fait que la femme a tout. C’est une protection. Dans d’autres communautés, c’est la femme qui va chez le mari. Et nous c’est le contraire, il vient chez nous et encore heureux. L’or, l’argent tout ça c’est la dot. Et nous la faisons à notre manière. Même dans la religion il y a la dot. Nous sommes partagées entre la religion et la colonisation. Nous sommes assises sur deux chaises.

Mlimengu : pour quarante ans d’indépendance, quel bilan peut-on dresser par rapport à la femme comorienne ?

F.M.C : le bilan est mitigé. Car, la femme comorienne a vraiment joué un rôle juste après l’indépendance en 75-78. Elle a joué un rôle capital. Et avec quelques années en arrière, c’est une régression. Mais ça n’empêche que la femme se bat toujours, aussi bien celle qui est aux Comores que celle qui vit en France. Cette dernière se bat doublement. Car nous ne sommes pas chez nous. Nous sommes obligées de lutter. Et le seul moyen de le faire est de militer. C’est un dispositif qui permet de s’exprimer.

Mlimengu : selon vous quels sont les progrès à faire dans l’avenir pour la femme comorienne ?

F.M.C : les Comores est un cas vraiment spécifique. Dans notre pays, on dit que pour que la femme évolue, il faut qu’elle soit dans un parti politique. Or, elle peut évoluer sans être dans un parti politique. On peut évoluer via la société civile. Chose qu’on n’en parle même dans notre pays. Il faut que la femme intègre la thématique de la société civile. Dans la mesure où la femme comorienne n’arrive pas à affecter dans la politique pourquoi nous ne tirons pas vers le haut en passant par la société civile ?

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

Salwa-Mag ou la positive attitude

Culture

« Il s’agit d’apporter notre pierre à l’édifice pour soigner cette image et à montrer que tout n’est pas mort dans le pays ».

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« Salwa, la femme Comorienne » est une page qui retient l’attention de plusieurs usagers comoriens du réseau social Facebook. La page publie des portraits de personnalités féminines des Comores, des articles…etc. Pour en savoir plus, Mlimengu s’est entretenu avec Faraenti Abdallah Mgueni, celle qui diffuse quotidiennement les informations sur cette page. Ancienne présentatrice du journal à l’ORTC, cette mère de deux enfants a fait des études de Lettres Modernes à l’Université Paris 13. Elle a également suivi des formations en journalisme dans la région de l’Océan Indien et en France. Titulaire d’un diplôme de santé (assistante d’infirmière) obtenue aux Etats Unis, Faraenti était chargée de communication à la mission des Comores auprès des Nations Unies à New York.

 

Mlimengu : Depuis plusieurs mois, Salwa-Mag est apparu sur facebook, qui est ce ?

 Abdallah Mgueni Faraenti : Salwa-Mag est un magazine. Nous sommes une équipe de 5 personnes. Je suis la directrice de publication et la conceptrice. Je suis mariée et mère de deux garçons de 6 et 3 ans. Agée d’une trentaine d’année, je vis aux Etats-Unis avec mon mari et mes enfants où je travaille dans une compagnie qui vend des téléphones portables.

M : qu’est-ce qui vous a motivé à créer ce magazine ?

A.M.F : Les raisons qui m’ont poussée à créer ce magazine sont multiples mais je vais vous citer juste une que je trouve primordiale. Comme vous le savez, notre pays souffre d’une mauvaise image à l’extérieur et pourtant, les bonnes initiatives individuelles ou collectives ne manquent pas. Il est donc temps de parler des Comores autrement, sortir des clichés. Voilà d’où vient l’idée de lancer Salwa-Mag. Il s’agit d’apporter notre pierre à l’édifice pour soigner cette image et montrer que tout n’est pas mort dans le pays. Les Comores, ce n’est pas seulement la pauvreté et les crises institutionnelles, il faut mettre en exergue la richesse physique et intellectuelle de l’archipel. On a décidé tout simplement d’adopter la « positive attitude » en passant par la femme.

M : Pourquoi justement passer par la femme comorienne pour un tel objectif ?

A.M.F : Nous avons choisi la Femme pour appuyer et mener cette vulgarisation pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que les Comores ont une société matriarcale et matrilinéaire. La femme comorienne bénéficie plus de droit et de notoriété que l’homme. D’ailleurs, une enquête de Thomson Reuters, sur les droits des femmes dans les pays de la Ligue arabe, classe l’archipel des Comores au premier rang. L’archipel des Comores est donc selon l’agence, le meilleur pays arabe où il fait bon d’être une femme. Une étude qui confirme les privilèges dont jouissent les Comoriennes qui pourraient faire des jalouses. Une telle consécration ne pouvait pas nous laisser indifférentes. Ensuite, la Femme comorienne présente une beauté inouïe qui est le résultat d’un métissage africaine, indienne et arabique. En plus, sa cuisine est unique par sa diversité. Et elle est active et malheureusement peu visible à cause de la tradition. Enfin, nous avons choisi la femme parce que les recensements successifs montrent que la population comorienne est composée de plus de femmes que d’hommes.

M : Pourquoi le prénom Salwa ?

A.M.F : Salwa, c’est tout simplement le prénom de ma mère. J’ai choisi ma mère pour lui rendre un grand hommage. Pour moi, c’est un vrai modèle, malgré qu’elle n’ait pas pu faire des études supérieures, elle s’est battue comme une lionne pour nous élever. Aujourd’hui, je dis merci maman.

M : Comment vous vous y prenez pour pouvoir publier des articles ? Rencontrez-vous des difficultés ? Lesquelles ?

A.M.F : Une très bonne question. Moi et mon équipe nous nous battons tous les jours pour alimenter la page et pourtant c’est un travail non rémunéré en tout cas pour l’instant. En même temps, chaque membre de l’équipe travaille à coté pour nourrir sa famille et payer les factures dont l’Internet que nous utilisons. La deuxième difficulté se trouve être le problème de toucher quelqu’un aux Comores. Parfois, on programme quelqu’un et la personne n’a pas de connexion pour envoyer la photo ou le texte, pas de courant pour se connecter alors que nos lecteurs attendent et ignorent ces aléas. La plupart du temps, nous sommes obligés de prendre celles qui sont à l’extérieur. J’ai une bonne liste de femmes qui méritent vraiment de passer dans Salwa-Mag, à qui j’ai envoyé le questionnaire depuis deux mois et qui malheureusement n’ont pas répondu. Donc, je demande toujours de la patience et de l’indulgence à nos lecteurs.

M : Pensez-vous que Salwa-Mag paraîtra un jour en version papier ?

A.M.F : Effectivement, Salwa-Mag paraîtra en version papier et sera vendu dans 4 ou 5 pays. Nous sommes dans les préparatifs. D’ailleurs, je prends l’occasion d’inviter les annonceurs à prendre contact avec nous rapidement s’ils envisagent de paraître dans le prochain numéro.

M : combien de temps devrons-nous attendre pour le lire en version papier ? Sera-t-il hebdomadaire, mensuel ou annuel ? 

A.M.F : Dans peu de temps, nous allons lancer le premier numéro de Salwa-Mag aux Etats-Unis et Canada, ensuite en France et à Moroni. Salwa-Mag paraîtra deux fois par an en version papier par contre nous allons continuer le combat sur la page facebook « Salwa, la femme comorienne », en vous faisant découvrir, la beauté et la bonté de la femme comorienne ainsi que son combat quotidien.

 M : comment imaginez-vous ce magazine d’ici cinq ans ?

A.M.F : Salwa-Mag d’ici 5 ans, je préfère garder le secret mais si nous sommes en vie d’ici là je l’imagine grandiose… Bientôt le site Web Salwa .com que nous mettrons en place bientôt incha allah. Avec toutes les rubriques: cuisine, santé, sport, culture, politique et un espace de recherche que la future génération comorienne s’y retrouvera pour ses repères.

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

La carte consulaire est indispensable pour les Comoriens de France

Ambassade des Comores en France

Ambassade des Comores en France

Le service consulaire de l’ambassade des Comores à Paris ne délivrera aucun document administratif à ses ressortissants sans présentation de la carte consulaire à partir 1er juillet 2015.

 Suite à la publication d’un communiqué de l’ambassade des Comores à Paris appelant ses ressortissants à venir s’enregistrer afin d’obtenir la carte consulaire, l’opération a déjà commencé. Certains comoriens de la diaspora en France disposent de la carte consulaire selon le conseiller de l’ambassade chargé de la communication, Saïd Omar Badaoui. Ce dernier appelle les comoriens de France à aller s’inscrire massivement.

Plus d’une centaine de comoriens de la diaspora comorienne de France sont enregistrés au service consulaire de l’ambassade des Comores à Paris et possèdent désormais la carte consulaire. L’opération a commencé il y a un mois. L’obtention de ce document désormais indispensable pour les Comoriens résidant en France nécessite une pièce d’identité comorienne, une attestation de domicile et une somme de quinze euros. « La carte est délivrée à l’instant même que la personne est enregistrée. La photo est prise sur place », affirme Saïd Omar Badaoui, le conseiller chargé de la communication à l’ambassade des Comores à Paris.

Saïd Omar Badaoui, Chargé de la Communication à l'Ambassade des Comores à Paris

Saïd Omar Badaoui, Chargé de la Communication à l’Ambassade des Comores à Paris

Ce taux d’enregistrement très faible s’explique par le fait que les Comoriens de la diaspora ne se présentent pas massivement depuis le lancement de l’opération selon notre interlocuteur. Il estime que les Comoriens confondent entre carte consulaire et carte d’électeur : « nos compatriotes ont tendance à tout mélanger. La carte consulaire n’a rien à voir avec la carte d’électeur. C’est un impératif. D’ailleurs, l’initiative a été prise avant que le projet du vote de la diaspora soit lancé », se désole Badaoui. L’ambassadeur des Comores à Paris, Ahmed Bourhane a tenu à préciser que « tout comorien vivant à l’étranger doit s’inscrire dans son ambassade ou dans le consulat le plus proche. Nous voulons avoir une base de données de nos ressortissants en France. Cela se passe dans tous les pays du monde entier. C’est pour le bien de nos compatriotes ». Interrogé sur la raison de prendre une telle décision tardive, l’ambassadeur n’a pas hésité à dire « il n’est jamais trop tard pour mieux faire ». Par ailleurs, le service consulaire a pris l’initiative de ne délivrer aucun document administratif sans présentation de la carte consulaire à partir du 1er juillet prochain.

Actuellement ce sont les Comoriens qui résident en région parisienne qui se font enregistrer. Une mission sera dépêchée à Marseille dans les prochains jours pour sensibiliser les Comoriens de cette ville et les inscrire également. S’agissant des Comoriens des autres villes autre que la région parisienne et Marseille, Saïd Omar Badaoui déclare que «  nous réfléchissons sur une possibilité de nous approcher de ceux qui sont dans les autres villes et régions telles que Lyon, Dunkerque afin que le travail puisse être accompli ».

Natidja Hamidou

Communiqué du Parti RADHI

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COMMUNIQUE

du parti RADHI suite au meeting du 26/10/14

Vous avez été plus de 1400 personnes à avoir assisté au meeting du Rassemblement pour une Alternative de Développement Harmonieux et Intégré (RADHI) tenu dimanche 26 octobre 2014 au Palais des Congrès de Montreuil en Seine Saint-Denis.

Le parti RADHI, ses militants et ses sympathisants vous remercient pour avoir honoré de votre présence ce premier rendez-vous en France de notre jeune formation politique.

Les leaders venus des Comores parmi lesquels son Secrétaire Général, Houmed Msaïdié, Mihidhoire Sagaf, Abdou Soefo et Ali Abdallah ont été particulièrement sensibles à  l’engouement observé  à l’occasion de ce meeting dont l’objet était d’exposer à la diaspora les grandes lignes du projet en cours d’élaboration au sein du parti RADHI.

Les échanges avec la diaspora au cours de cette rencontre, et entre autre  avec un groupe de jeunes venus présenter leur vision,  ont été des plus fructueux.

Oui RADHI continuera à grandir, s’il demeure ouvert, tolérant, à l’écoute, et  capable  de susciter toujours le débat avec les comoriens de  l’intérieur et de sa diaspora.

Le parti RADHI, ses militants et ses sympathisants se félicitent donc de la participation massive de la diaspora comorienne, notamment en Région parisienne, toute catégorie sociale confondue, et s’engagent à consolider et amplifier cette force née de ce rassemblement. Le RADHI s’engage également à relever les défis avec clarté, lucidité et sérénité afin de promouvoir au comorien partout où il se trouve un cadre de vie harmonieux et préserver la paix et la cohésion sociale.

Le Parti RADHI et ses sympathisants vous réitèrent leurs chaleureux remerciements et comptent sur votre engagement pour construire ensemble les Comores.

Nous donnons rendez-vous aux Comoriens de Marseille dimanche prochain, 2 novembre, pour un meeting qui se tiendra dans la salle Les Dauphins au 85 boulevard de Casanova 13014 Marseille, à partir de 14h00.

Ensemble construisons les Comores.

Le Parti RADHI en France

Le Secrétaire Général du parti RADHI promet à la diaspora le droit de vote en 2016

 « Reconstruire les Comores », tel est le projet du parti politique Rassemblement pour une Alternative de Développement Harmonieux et Intégré (RADHI), fondé par l’ancien ministre Houmed Msaidié et d’autres leaders de la politique comorienne le mois de mai dernier. Les leaders du RADHI ont tenu un meeting ce dimanche 26 octobre au Palais des Congrès à Montreuil en région parisienne. L’objectif de cette manifestation était d’exposer le projet du parti à la diaspora comorienne de France.

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Les femmes sont venues nombreuses

 

La diaspora était au rendez-vous ! Environ 1000 personnes ont répondu à l’appel du parti RADHI (Rassemblement pour une Alternative de Développement Harmonieux et Intégré). Un meeting initié par les partisans de ce parti politique a eu lieu dimanche dernier dans la ville de Montreuil en présence du président du Conseil Général de la Seine Saint-Denis, Stéphane Troussel et d’Ibrahim Dufriche-Soilihi, premier adjoint au Maire de Montreuil. Le Secrétaire Général du RADHI ainsi que d’autres membres fondateurs (Mihidhoire Sagaf, Abdou Soefo, Ali Abdallah) ont fait le déplacement depuis les Comores pour venir présenter leurs idées et leurs engagements à la communauté comorienne de France.

Après la lecture du Saint Coran, marquant l’ouverture de la manifestation, un notable parlant au nom du parti a remercié l’assistance tout en soulignant que la diaspora comorienne de France contribue en grande partie au développement des Comores. Il a affirmé également que « cette diaspora réalise des actions que le gouvernement devrait accomplir ».

Houmed Msaidié

Houmed Msaidié

L’hymne national « WUDZIMA WA MASSIWA » a retenti dans la salle annonçant la prise de parole du Secrétaire Général du RADHI, Houmed Msaidié. Il a commencé son allocution en rappelant au public la tenue des élections législatives en janvier 2015. Cet ancien ministre de l’énergie a abordé en premier lieu le problème qui est d’actualité aux Comores : le manque d’eau et d’électricité qui frappe l’archipel. Selon lui, c’est un obstacle qui freine le développement du pays et accélère la pauvreté. Il a fait appel au gouvernement pour trouver une solution rapide afin de sortir le pays de la crise.

Houmed Msaidié a également évoqué la question des infrastructures routières. Il estime que les routes aux Comores ne sont pas en bon état même s’il a admis qu’une partie non-négligeable des localités a été raccordée. L’ancien ministre des transports et du tourisme a souligné la hausse des prix des billets de transports aériens. Il a indexé le coût très élevé des taxes aéroportuaires qui se distribuent entre l’ASECNA, l’AIMPSI et COM’AIR Assistance. Pour lui, ces taxes sont en grande partie à l’origine de cette hausse des prix. « Nous devons développer le tourisme dans notre pays et permettre la création de micros entreprises », a-t-il déclaré.

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La première rangée

Au cours de son discours, le secrétaire général du parti RADHI promet à la diaspora de voter en 2016 lors des élections présidentielles prévues aux Comores. « Je vous affirme que la loi portant le droit de vote de la diaspora a déjà été votée à l’Assemblée. Pourquoi n’est elle pas promulguée ? Nous ferons tout pour que vous puissiez voter en 2016  » a-t-il avancé. Chose rare dans les meetings de ce genre, le parti RADHI a décidé de donner la parole au public. Diverses questions portant sur l’éducation, la santé, la justice, les finances.… ont été posées par l’assistance. Un dossier portant un projet sur l’hôpital El-Maarouf a été remis au Secrétaire Général du RADHI par les membres du mouvement « RILAMHA » présents dans le meeting. Houmed Msaidié a affirmé avoir pris en compte les doléances et a promis d’étudier le dossier avant de donner une réponse.

Les participants n’ont pas tardé à réagir par rapport au discours du Secrétaire Général de ce parti. « Msaidié est conscient des difficultés qui touchent notre pays d’après le discours qu’il a prononcé et nous espérons qu’il tiendra les promesses qu’il a faites », affirme Ahmed Mohamed, un citoyen présent dans la manifestation. Néanmoins, Harmia Djabir, une participante dit être déçue de l’allocution de Houmed Msaidié et déclare que : « C’est regrettable que le Secrétaire Général d’un parti politique, qui prévoit d’être candidat aux élections présidentielles a omis d’évoquer la question de Mayotte. J’estime que c’est une question cruciale car les Comores ont perdu des milliers d’habitants à cause de ce visa Balladur ».

Dans son projet, le parti RADHI prévoit de « consolider l’état de droit, préserver l’intégrité territoriale, valoriser les efforts de la diaspora, mieux gérer les finances publiques, lutter contre la pauvreté et les inégalités, construire les structures du développement et enfin diversifier les sources de développement ».

Houmed Msaidié et la délégation du parti RADHI prévoient de continuer le chemin vers Marseille où doit se tenir un autre meeting le dimanche 2 novembre 2014.

 Natidja Hamidou