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Droits des étudiants comoriens à la Réunion : conférence de Me Mihidhoiri

Droits des étudiants comoriens à la Réunion : conférence de Me Mihidhoiri

aecr2Les associations GYK (Génération Ya Kweli) et AECR ( Association des Etudiants Comoriens à la Réunion) ont organisé une conférence-débat le 28 juin dernier au CROUS de la Réunion pour informer les étudiants comoriens présents dans cette île française de leurs droits en matière de renouvellement du titre de séjour, de changement de statut, de travail et de recours en cas de refus de délivrance de titre de séjour. Maître Mihidhoiri Ali, avocat d’origine comorienne établi dans l’île était le conférencier principal.

La conférence a commencé par une présentation de la GYK (Génération Ya Kweli) faite par la Trésorière Générale de cette nouvelle association qui a affirmé que ses principaux objectifs ne sont que sociaux : « venir en aide à la population démunie». 

En effet selon le conférencier, l’étudiant a le droit de travailler à hauteur de 60% de la durée légale. Ce qui signifie qu’il ne doit pas atteindre le barème de 35 heures par semaine. Il ne devrait pas dépasser 964 heures par an. Sa rémunération ne doit pas être supérieur à 1,5 fois le SMIC. Sont exclus les doctorants. Ces derniers peuvent demander une dérogation auprès de la préfecture leur donnant le droit à travailler conformément à la durée légale. L’avocat a rappelé cependant qu’un récépissé n’autorise pas l’étudiant à travailler.

S’agissant du renouvellement du titre de séjour, Maître Mihidhoiri a affirmé au public que, conformément à la loi française, les étudiants qui sont dans un cursus de longues études peuvent demander ou renouveler des titres de séjour pluriannuels (2 à 4 ans). Il affirme qu’un changement d’orientation peut donner droit à un renouvellement de titre de séjour si et seulement si il est cohérent avec la formation initiale.

En ce qui concerne le changement de statut pour un couple d’étrangers voulant renouveler leurs titres de séjour au terme d’un statut privé, il leur est nécessaire de procéder à la démarche du regroupement familial sur place ou à l’étranger. Ils doivent justifier de ressources ainsi que d’une habitation répondant aux normes mentionnées par la loi. Au cas où le couple est mixte (étranger (e)/ français (e)), l’avocat parle d’une « diarrhée législative » ; du fait que les amendements opérés sur les lois qui touchent ce sujet semblent innombrables. Le couple doit en gros justifier d’une communauté de vie avec les justificatifs de domicile (bail du loyer, factures…), d’un compte commun, d’avis d’imposition, d’un certificat de mariage, etc.).

Dans le cas d’une demande au titre de parent, ce dernier doit justifier du fait qu’il pourvoie à l’entretien et à l’éducation de l’enfant en question. Dans le cadre d’une vie commune, il y a là « une présomption » selon toujours notre intervenant. Il suffit alors que les ou le parent en atteste en mettant en avant ‘’une affection d’un parent envers son enfant’’.

S’agissant du droit commun, l’étudiant qui décroche un travail dans un territoire français est astreint à attendre que son employeur fasse les démarches : émission d’annonce auprès du pôle emploi. Et si après deux semaines aucun citoyen français ne s’est présenté, ce service délivrera une attestation lui permettant de compléter les dossiers du poste en question pour la préfecture. Maître Mihidhoiri appelle cela « le parcours du combattant ». Car, si on arrive à vaincre par miracle les chômeurs inattentifs et impatients, cela ne suffit pas. Le patron doit pouvoir convaincre sur dossier l’administration. Le titre de séjour sera délivré en fonction du contrat.

Le statut d’étudiant étranger le plus favorable est celui de travailleur, obtenu après le niveau master, qui est en cohérence avec sa formation. Celui qui en bénéficie peut avoir soit la carte de compétence talent (C.T) soit la carte scientifique comme le cas de ceux qui travaillent à l’université. Entre la fin d’études et le temps de décrocher une embauche, le futur employé peut demander l’APS (autorisation provisoire d’un séjour). Cela ne dépasse pas 6 mois.

En ce qui concerne le dernier point de l’intervention, l’expert a montré les raisons qui pourraient être à l’origine d’un refus d’une telle ou telle demande ainsi que les solutions. En somme, pour le statut d’étudiant, un refus peut être émis par l’administration compétente quand l’étudiant ne répond pas à son unique tâche. Pour les autres statuts, la seule chose qui pourrait être gênant c’est la détérioration du statut lui accordant ce titre. Donc les solutions sont : faire recours à la justice administrative si l’on croit qu’on est fondé à le faire. Sachant que la victime n’a qu’un mois pour faire ce recours. Il doit écrire à l’autorité compétente pour lui demander d’annuler la décision en attendant la délibération du juge administratif.

Amir MOHAMED

Ainoudine Sidi a quitté le CNDRS

Ainoudine Sidi a quitté le CNDRS

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Mme Lacoste, chercheuse affectée à l’UDC et femme de l’Ambassadeur de France et Ainoudine Sidi ex-Directeur du CNDRS

Ils étaient nombreux au Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS) samedi 17 mai pour rendre hommage au Docteur Ainoudine Sidi, remplacé à la tête de cette institution par  Nourdine Abdallah par un décret du Président de la République.

Les personnels du CNDRS étaient présents à la cérémonie. Les différentes personnalités de l’institution ont rappelé à tour de rôle les travaux réalisés par le directeur sortant. Ainsi, Toiwilou a prononcé un grand discours en français pour honorer Ainoudine en rappelant toutes les bonnes choses qu’il a réalisées pendant ses quinze ans de directions du CNDRS. Il a indiqué, entre autres, qu’Ainoudine n’a jamais renvoyé un employé du CNDRS durant sa période de direction. Au contraire, il a tissé des liens avec tous les personnels. C’est pourquoi, à la fin de son propos, il a conseillé à Ainoudine de rester pour toujours un enfant du CNDRS car l’institution aura toujours besoin de lui.

Ensuite madame Lacoste, chercheuse affectée à l’Université des Comores et femme de l’Ambassadeur de France aux Comores, a pris la parole pour parler largement de l’oeuvre de Ainoudine sur le plan national et international, ainsi que ses multiples occupations. Elle a aussi souligné que Ainoudine était la première personne qu’elle a rencontrée à son arrivée aux Comores grâce à ses écrits précieux et parfois sévères. Elle a ajouté la réalisation de la revue scientifique Ya mkobé.

Après Mme Lacoste, la parole est passée à Ainoudine Sidi. Il a longuement remercié tous les gens avec lesquels il a travaillé pendant ces quinze ans de fonction. « Vous étiez mes collègues, aujourd’hui vous êtes tous mes amis, wanama, wadzani » a-t-il souligné,  » et maintenant, je m’engage à l’université et sur les travaux de terrain avec mes étudiants ». A la fin de la cérémonie, Damir Ben Ali, est revenu sur la publication de la revue scientifique Ya mkobé en précisant qu’Ainoudine ne cessait de le consulter avant chaque publication. Enfin, il a souhaité la bienvenue à Nourdine Abdallah, nouveau directeur général, présent dans la salle, mais qui n’a pas pris la parole.

Abdillah Ali

UDC. INVESTITURE DU NOUVEAU BUREAU DE LA COOPERATIVE DES ETUDIANTS

UDC. INVESTITURE DU NOUVEAU BUREAU DE LA COOPERATIVE DES ETUDIANTS

Le nouveau bureau de la coopérative des étudiants de l’Université des Comores(UDC) a été  investi ce jeudi 10 mars sur le Campus de Nvouni. Ce bureau est composé de 7 personnes et il est présidé par Mhadji Ahmada, un étudiant de deuxième année de licence d’Administration Economique et Sociale(AES). Les autres membres du bureau sont : MM. Said Hassane (L2 Droit, Vice-president), Nourdine M’madi (L2 Droit, Secrétaire Général),Moindjié Absoir (L2 Sciences Economiques,Trésorier Général),Ali Soulé (L2 AES, Porte parole), Ahmada Saïd(L2 AES, Trésorier-adjoint) et Mlle Nadia Ali Bacar (L2 AES Coordinatrice Générale).

AbouMoussa

Abdou elwaheb Msa

La cérémonie d’investiture a été honorée par la présence du Gouverneur de l’île de Ngazidja, le commissaire à la production de l’île, celle de l’éducation, ainsi que plusieurs personnalités gouvernementales, politiques, diplomatiques, religieuses et une frange importante de la notabilité. Il faut cependant noter l’absence remarquée du ministre de l’éducation.

Plusieurs danses folkloriques ont été exécutées pour égayer la cérémonie. Plusieurs discours ont été également prononcés, à commencer par le mot de bienvenue du maire de la commune de Bambao Yadjou. Celui-ci n’a pas manqué de louer la magnificence du site de l’UDC de Nvouni et a exhorté les étudiants à persévérer dans leur travail s’ils veulent garantir la réussite de leurs études.

Le président sortant de la coopérative, M. Nadhuf Attoumani Ibrahim, a dressé un bilan sommaire de ses deux ans de mandat. Son successeur a, quant à lui, repris à son compte les revendications portées par les étudiants lors de la dernière grogne sur le campus. Sa priorité est d’œuvrer pour l’ouverture d’un restaurant universitaire, le raccordement du site au réseau internet et la résolution des difficultés sur l’électricité, ainsi que le transport. Préoccupé par la dispersion des organisations étudiantes, le nouveau président de la coopérative du campus de NVouni compte s’investir pour la réunification de toutes les coopératives universitaires pour en faire une seule et unique organisation étudiante. Il est vrai que chaque campus de l’UDC dispose de sa propre coopérative étudiante.

Quant au doyen de la faculté de lettres, vice-président de l’Université et président de son Conseil Scientifique, Dr Mbaraka Abdallah Charif, il a passé en revue toutes les difficultés que rencontre le campus de Nvouni et a sollicité solennellement le soutien des autorités étatiques. En bon père de famille, M. Hassaani Hamada alias Labrosse a, en sa qualité de chef du site de Nvouni, imploré les étudiants de se comporter en étudiants modèles et a demandé qu’on reconnaisse que depuis dix ans beaucoup a été fait à l’UDC, même si beaucoup reste à faire.

La cérémonie a pris fin avec le discours du Gouverneur de l’Île, M. Mouigni Baraka Said Soilih. Dans son allocution celui-ci a, d’emblée, annoncé que le gouvernement de l’Union a débloqué un financement pour la réfection rapide du tronçon routier reliant le carrefour de Mdé au campus de Nvouni. Il s’est, par ailleurs engagé à faire un plaidoyer pour une véritable prise en compte des légitimes doléances des étudiants par les autorités gouvernementales.

Abdou elwahab Msa Bacar

Ibouroi Ali Tabibou fait entrer les Makua dans l’histoire des Comores

Soutenance de thèse

Ibouroi Ali Tabibou fait entrer les Makua dans l’histoire des Comores

 

L’historien Ibouroi Ali Tabibou est rentré à Moroni ce lundi 7 avril après avoir soutenu sa thèse à l’Université de la Réunion le 26 mars dernier. Dirigé par le spécialiste de l’esclavage et du servilisme dans l’Océan Indien, Sudel Fuma, Ibouroi Ali Tabibou a mené à terme une étude intitulée « Des Makua et de leurs descendants aux Comores ». Après trois heures d’exposé et de questions-réponses, le jury lui a accordé la mention Très honorable.

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Après la soutenance

À 50 ans passés, c’est à un sujet fastidieux auquel s’est confronté cet enseignant-chercheur de l’Université des Comores. Cela fait un bon moment qu’il a entrepris cette thèse sur l’esclavage. Il en était devenu le spécialiste avant même d’avoir soutenu. Malheureusement, ses moyens ne lui permettaient pas de se déplacer dans l’océan indien ou en Europe pour consulter des archives. Le programme de coopération et de soutien des enseignants de l’Université des Comores lui a permis de faire les déplacements nécessaires.

La thèse décrit le système d’esclavage tel qu’il a été mis en place aux Comores surtout après l’introduction de l’agriculture de rente. L’auteur aborde donc une période qui s’étend de 1870 à 1970. Les esclaves prélevés sur la côte mozambicaine viennent servir dans les plantations des étrangers installés dans l’archipel ou des sultans. Parfois, ils ne font que transiter aux Comores avant de se retrouver ailleurs. Malgré l’abolition officielle de l’esclavage, il se continue sous d’autres formes jusqu’à l’esclavage moderne que décrit Ibouroi Ali Tabibou.

Dans un tel travail la difficulté première qui a rebuté beaucoup de chercheurs c’est le manque d’archives et le silence de ceux qui pourraient témoigner, mais qui préfèrent souvent se confier à des chercheurs étrangers. C’est donc à cela que s’est heurté le chercheur comorien.

Quelques minutes après sa soutenance, il confiait à la rédaction du blog Mlimengu sa fierté d’avoir mené à terme ce projet et déclarait : « Ma carrière est derrière moi ».

Ibouroi Ali Tabibou est un de ces hommes rares dans ce pays, ces hommes qui ont sacrifié leur vie pour le bien du plus grand nombre, sans jamais dévier et sans jamais rien demander en retour. Il est le véritable père du syndicalisme comorien qu’il a porté de ses bras pendant tant d’années, à tel point qu’il est plus connu sous le nom de « Ibouroi Syndica ».

Formé au msomo wa nyumeni, membre discret du Front Démocratique, il a passé tout son temps dans les luttes syndicales, à défendre ses collègues et même l’ensemble des travailleurs comoriens, mais aussi à se faire des ennemis dans la classe politique. Une classe politique qui a fini par reconnaître ses mérites puisqu’il a été élevé au rang de Chevalier du Croissant Vert en 2012. Le moment venu, Ibouroi a su passer la main à une nouvelle génération de syndicalistes et se consacrer un peu à sa vie familiale et à la recherche. C’est ainsi qu’il y a 4 ans, sa femme et lui ont eu la joie d’accueillir leur premier enfant.

Parmi les historiens d’aujourd’hui, il est sans doute celui qui pouvait le mieux porter une telle recherche qui demande certes de connaître et de vivre au jour le jour la société comorienne, mais aussi une certaine opiniâtreté et de l’audace dans un milieu où la grande majorité donnerait tout pour qu’on lui invente un ancêtre esclavagiste plutôt qu’un esclave. Dans un pays où les diverses exigences poussent chacun à s’inventer un ancêtre arabe, et si possible descendant du prophète.

Avec cette thèse, Ibouroi, le syndicaliste, non seulement ouvre des horizons pour les jeunes qui se lancent dans la recherche historique aux Comores, mais il rend aussi leur dignité aux Makua, une composante essentielle de la population comorienne, jusqu’ici refoulée dans les parties obscures de l’histoire nationale. Par le regard qu’il a posé sur cette population jusque-là ignorée et même méprisée, il nous dit : Eux aussi, comme les sultans ou les notables politiciens méritent tout autant qu’on y consacre des études et des recherches car plus que les autres, ils ont construit ce pays avec leurs bras, leur sueur et leur sang. Les historiens du futur ne pourront que le remercier. Puissent-ils avoir autant d’audace.

Mahmoud Ibrahime

Alwatwan du 11 avril 2014

 

Un nouveau bureau pour l’association des étudiants comoriens à Paris 8

Un nouveau bureau pour l’association des étudiants comoriens à Paris 8

 

L’association des étudiants comoriens à l’université Paris 8, connu sous le nom d’ « Arc-en-ciel » a désormais un nouveau bureau après avoir été dirigée pedant longtemps uniquement par Ibrahim Barwane. Le Vendredi 28 mars, une soixantaine d’étudiants ont procédé aux élections des nouveaux responsables de ce groupement. « Il était temps. Cette association était inactive. Personnellement j’ignorais son existence jusqu’au 5 décembre 2013 lors du forum des associations au sein de l’université alors que je suis inscrite depuis 2012  », confirme, à la sortie des élections, Feyrouz Ahmed, étudiante en Licence 2 de Géographie.

Mahamoud Said, étudiant en Master 2 Histoire et Civilisation, est élu président de « l’Arc-en-ciel » avec 73% de voix contre 27% pour son adversaire Mahamoud Ali, ancien enseignant aux Comores et actuel étudiant en Master 2 Mathématique et Informatique. Wardat Youssouf, étudiante en Master 1 en Science et Economie devient la secrétaire générale après avoir battu Abidine, étudiant en Licence 3 de Sociologie. Le troisième élu, Abdourahim Ahamed, étudiant en Master 1 d’Economie occupe la trésorerie.

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Au centre, Mahamoud Saïd, nouveau président d’Arc-en-Ciel

 

« Nous allons restructurer et redynamiser l’association. Car elle était méconnue par beaucoup d’étudiants comoriens. C’est comme si elle n’existait pas. Il n’y avait qu’une seule personne qui occupait tous les postes. D’ailleurs, c’est ce qui m’a motivé à présenter ma candidature. Les étudiants comoriens notamment les nouveaux arrivants ont besoin d’être aidés sur l’intégration, l’orientation et sur les démarches administratives  », a déclaré le nouveau président avant d’ajouter que « certes la tâche n’est pas facile, mais j’estime avoir les capacités requises pour faire fonctionner l’association. J’ai déjà travaillé avec l’administration de l’université et je connais les recoins ainsi que les démarches à opter afin d’aider les étudiants comoriens à régler leurs problèmes car c’est le but essentiel de ce groupement  ».

Toutefois, Mahamoud Said regrette une absence massive des étudiants lors des élections. « Avec plus de 228 étudiants comoriens inscrits à Paris 8, une soixantaine s’est présentées pour voter. C’est déplorant. Je pense qu’il est temps de changer ces mentalités », dit-il.

S’agissant des autres postes, les nouveaux élus ont affirmé qu’ils sont en train de réfléchir aux personnes qui doivent les occuper. Interrogé sur l’Etat actuel de « L’arc-en-ciel », le président affirme « nous n’avons hérité que d’un nom et de statuts, ainsi que le local. Nous espérons la reformer ».

Le nouveau bureau espère prendre contact avec la coopérative de l’Université Des Comores et sensibiliser les étudiants de l’université des Comores sur les études en France, et informer les étudiants sur les contacts à connaître une fois l’inscription faite à Paris 8.

Quant à Ibrahim Barwane, ancien président de la structure depuis 2007, et membre fondateur, il se réjouit des réalisations qu’il a pu concrétiser. « De nombreux étudiants ont pu obtenir leurs inscriptions ou démarches administratives grâce à mon dévouement et mon soutien. Je me suis bataillé pour avoir le local de l’association au près de la présidence de l’université », dit il tout en précisant que « j’ai créé le concept vendredi de l’arc-en-ciel. Il s’agit des conférences qui se tenaient à l’université Paris 8 qui abordaient tous les sujets et qui ont permis aux étudiants d’échanger avec des chercheurs, des politiciens, des économistes ainsi que des artistes ». Ce doctorant en anthropologie avance que « j’ai réalisé ce travail bénévolement et je n’ai jamais sollicité de l’argent à quiconque et donc je n’ai pas de comptes à rendre à personne ».

Notons que parmi les universités françaises, Paris 8 est celle qui accueille le plus d’étudiants d’origine comorienne chaque année, elle a donc été rebaptisée Nvouni-sur-seine par les Comoriens, en référence au site de Nvouni de l’Université des Comores.

 

Cependant, ces étudiants regrettent le fait qu’ils ne reçoivent aucune aide de la part du consulat des Comores à Paris. « Nous sommes livrés à nous même. Certes le consul nous délivre des attestations boursières qui nous permettent de pouvoir régler nos problèmes à la préfecture, mais rien de plus. La preuve il y a eu la mort d’une étudiante comorienne qui était à Paris 8 en juillet dernier, et aucun responsable du consulat n’était présent lors de la prière à la défunte et aucun communiqué de condoléances n’a été diffusé », déclare avec désolation Ibrahim Saandi Kemba, étudiant en Master 2 en Sciences politiques.

Fondée le 14 février 1998, selon les statuts, l’Arc-en-ciel a comme principal but de préserver l’unité et la solidarité des tous les étudiants comoriens de Paris 8 et de défendre les intérêts communs et personnels de ses membres au sein de l’université.

Natidja Hamidou

Rencontre entre le Ministre de la Production et les étudiants de l’AECR (La Réunion)

Rencontre entre le ministre de la production et les étudiants de l’AECR (la Réunion).

De passage à la Réunion le Ministre de la Production, de l’Energie et de l’Environnement du gouvernement du président Ikililou Doinine a souhaité rencontrer les étudiants qui s’y trouvent. Abdou Nassur Madi a donc échangé avec les membres de l’Association des Étudiants comoriens à la Réunion au Campus universitaire le 4 avril dernier.

Le Ministre comorien a mis en évidence sa principale mission qui n’est autre que de « chercher appuis et assistance pour les perspectives mises en place par le président Ikililou Dhoinine ».

Après avoir brièvement passé en revue le bilan politique du régime en place (le maintien du payement des salaires, la mise en place d’une cellule anti-corruption,…), Abdou Nassur Madi s’est lancé dans le dossier du pétrole en affirmant qu’il y a une forte probabilité qu’il aboutisse. Il y voit d’ailleurs le résultat d’une politique qui tend vers un changement radical par rapport au mode de gouvernement des régimes précédents.

Le ministre a rappelé aux étudiants que  son ministère est « le ministère de la vie ». Il a précisé qu’en l’état actuel des choses il n’y aura pas de solution aux problèmes d’énergie vues les difficultés qui ankylosent la société d’Etat, la Mamwe. Les études faites sur la géothermie, l’énergie solaire et celle dite éolienne sont des projets coûteux dont le financement nécessite plusieurs milliards.

AECR

Le Ministre Abdou Nassur Madi au centre

Dans le domaine de la production agricole, l’idée de mettre en place une Chambre d’agriculture permettrait d’encadrer les agriculteurs, de contrôler le prix d’achat et avoir recours à des commandes en cas de pénurie. La Chambre d’agriculture pourrait aussi aider à l’établissement des données statistiques dans le domaine agricole. Le ministre a enfin appris aux étudiants qu’une société de pêche est déjà mise en place par le gouvernement. Les pêcheurs seront des fonctionnaires de l’Etat. La société devrait débuter ses activités, officiellement, au plus tard en juillet 2014, selon le ministre.

Avant de clôturer cette rencontre, le Secrétaire Général de l’AECR, AMIR Mohamed, au nom de l’Association, a confié un message au ministre pour son homologue de l’éducation, de la jeunesse et des sports, ainsi que pour le gouvernement entier. Il s’agit de mettre en place un processus d’aide aux étudiants voulant poursuivre leurs études supérieures en intégrant, par exemple, les jeunes candidats en M2 et ou en thèse dans le programme du financement de bourses de la coopération française ; ou en revoyant les anciens accords de bourse qui étaient signés entre les Comores et la Réunion. Ce rapporteur a mis en évidence que les visites des autorités comoriennes devaient être officialisées pour qu’il y ait des échanges et une planification cohérents entre les autorités d’aujourd’hui et les étudiants.

 AMIR Mohamed  

BUDGET DE L’UNIVERSITE DES COMORES : L’INSTITUTION EST EN FAILLITE

BUDGET DE L’UNIVERSITE DES COMORES : L’INSTITUTION EST EN FAILLITE

 

UDC

Université des Comores

L’Université des Comores (UDC) a réuni, ce samedi 29 mars 2014, son Conseil d’Administration en vue de l’adoption de son budget 2014. Les 27 administrateurs de l’UDC se sont penchés, toute au long de la journée, à la discussion du budget 2014 après les présentations du rapport d’activités de l’année 2013 par le secrétaire général de l’institution et celui de l’exécution du budget 2013 par l’agent comptable supérieur.

Ce fut l’occasion aussi pour le président Mohamed Rachad Ibrahim de présenter les quatre nouveaux élus du Conseil : Dr Said Hassane, Dr Achmet Said Mohamed, Dr Abdou elwahab Moussa et M. Ramadhoini Djoubeir.

Quant au budget, il faut reconnaitre que la situation est alarmante. Seuls les salaires ont englouti plus de 81% du budget 2013. Et la situation va s’aggraver en 2014, puisque les prévisions font ressortir que le budget de fonctionnement représente 84,25% et la rubrique « Charges du personnel » absorbe 91,40% de recettes prévisionnelles.

Afin de tirer la sonnette d’alarme et prouver que l’université n’a aucune marge de manœuvre en matière financière, l’agent comptable n’a pas fait l’économie des mots et ceux-ci sont déversés, tel un déluge de boue : budget de récession, insuffisance d’autofinancement, goulot d’étranglement pour l’institution… Sauf que, et cela n’a pas échappé à la vigilance des nouveaux élus, aucune mesure n’a été prévue pour réduire ce déficit record qui est de l’ordre de 477 097 789 KMF. D’où l’idée, qui a émergé un moment, de renvoyer l’étude du budget sine die. Un compromis fut trouvé in extremis. On allait soumettre le budget au vote sous réserve des modifications devant réduire le déficit. C’est ainsi que le budget fut adopté avec une légère majorité de 14 voix sur 25, car sept membres du conseil l’ont rejeté et 4 autres se sont abstenus.

Le budget 2014 de l’UDC est constitué d’un budget de fonctionnement de 2 053 613 309 avec de recettes estimées à 1 730 237 724. Pour les investissements, les prévisions en dépenses s’élèvent à 1 814 570 000 avec de recettes de l’ordre de 1 599 200 585 constituées exclusivement d’aides de pays et organismes partenaires, tels le japon, le Qatar, le PNUD et le Service d’Action Culturelle de l’Ambassade de France(SCAC). L’Etat comorien verse 63 millions de subvention d’exploitation par mois sous forme de salaires. Une somme qui s’avère largement insuffisante, car pour payer le salaire mensuel de son personnel, l’université ajoute à la subvention une somme presque équivalente à celle-ci qu’elle puise sur ses fonds propres. Tout le souhait de l’administration de l’UDC est que les autorités étatiques acceptent de verser la subvention sans attendre les moments de versements de salaires des fonctionnaires pour le faire. Il faut savoir que si l’Etat n’apporte pas rapidement son concours financier à l’UDC, celle-ci risque d’appliquer la mesure qui consiste à doubler les frais d’inscription. Ce qui risque d’intensifier la grogne des étudiants, comme celle déclenchée la semaine dernière sur le campus de Nvouni.

MLIMENGU

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LA GREVE DES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE DES COMORES CONTINUE

LA GREVE DES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE DES COMORES CONTINUE

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Face à l’armée

Malgré le terrain d’entente trouvé hier entre les responsables de l’université des Comores et les étudiants, les cours n’ont pas pu reprendre ce matin sur le campus de Nvouni. Les étudiants et les professeurs qui se sont présentés en classe ont été jetés dehors par un groupe d’étudiants décidés à empêcher la reprise des cours. Ils contestaient la représentativité des étudiants ayant participé à la rencontre avec l’administration universitaire tout en exigeant l’exécution illico des revendications.

Ces étudiants récalcitrants attendaient la résolution immédiate du problème lié à la délivrance des relevés de notes et des attestations de réussite et se disaient déçus du début timide de l’exécution de leurs revendications.

Il faut noter que plusieurs factions d’étudiants se disputent le leadership de la grève et leur mouvement est miné par des divisions internes. Ce qui ne facilite pas les discussions avec l’administration de l’université. On a d’un coté les responsables de la coopérative et de l’autre les instigateurs de la grève réunis au sein de l’Union des étudiants de l’université des Comores, un groupement hétéroclite et inconnu de l’administration universitaire.

Après un remue-ménage, les étudiants ont finalement été reçus par les doyens des facultés de droit et de lettres, en présence du chef du site, des chefs de départements et du directeur de l’enseignement supérieur. Les discussions ont porté essentiellement sur l’exécution effective des engagements pris par l’administration de l’université pour satisfaire la plate-forme revendicative des étudiants. Ces derniers réclament, entre autres revendications, la délivrance des relevés de notes, les attestations de réussite, ainsi que les diplômes dans des délais raisonnables, de l’électricité sur le site, le raccordement du site à l’internet et des moyens de transport et des sanitaires dignes. Il a été décidé de la mise en place, dans un bref délai, d’un Comité de Suivi composé des représentants des étudiants et des représentants de l’administration afin de s’assurer de la réalisation des revendications et surtout de la reprise des cours dés demain jeudi 27 mars.

Mais au moment même où une entente était trouvée, des étudiants, mécontents de ne pas avoir été conviés à la rencontre, ont envahi le bureau qui abritait la réunion pour verrouiller la porte et confisquer le trousseau de clefs des bureaux de la faculté de droit. Cet incident malheureux a conduit les enseignants à prendre la décision de ne reprendre les cours qu’une fois que ces clés seront rendues.

Toujours est-il que rien ne garantit la reprise des cours. L’éventualité que la grève continue encore demain n’est pas exclue. Cette menace plane comme une épée de Damoclès au dessus des têtes des responsables universitaires. Affaire à suivre…

MLIMENGU

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Résumé de la thèse d’Ibouroi Ali Toibibou

Monsieur Ali Tabibou IBOUROI a soutenu sa thèse de doctorat en Histoire intitulée :  » Des Makua et de leurs descendants aux Comores « , sous la direction de Monsieur Sudel FUMA le 26 mars 2004 à l’Université de la Réunion.

Composition du jury :

  • Monsieur Yvan COMBEAU, Professeur, Université de La Réunion
  • Monsieur Sudel FUMA, Professeur, Université de La Réunion
  • Monsieur Barthélemy MANJAKAHERY, Université de Tuléar
  • Monsieur Iain WALKER, Senior Research, H.D.R., University of Oxford

Résumé:

« L’archipel des Comores composé de quatre îles : Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte dont le premier peuplement remonte au premier millénaire avant Jésus Christ, a connu l’esclavage avant la traite et la colonisation française qui commence. Les fonctions principales de l’esclavage dans ce petit pays au bout du monde sont agricoles et domestiques. Mais contrairement aux autres pays, c’est la rareté des documents écrits et le silence absolu des habitants qui prédominent face à ce phénomène.L’esclavage va connaître une croissance fulgurante avec le phénomène de la traite et l’histoire coloniale. De nombreux Mozambicains sont déversés dans les îles : les uns pour répondre aux besoins des bras dans l’économie agricole coloniale basée sur la culture des produits de rente ; les autres pour partir par la suite dans d’autres pays, et plus particulièrement l’île de La Réunion. Les Africains d’origine mozambicaine sont connus aux Comores sous le nom de Makua.Après un survol rapide de d’histoire générale de l’esclavage aux Comores, la thèse se penche spécifiquement sur la traite de Makua pendant une période précise d’un siècle : 1870 à 1970. L’analyse aborde successivement les aspects liés à la route, les perceptions, l’occupation des espaces, l’intégration et l’apport de Makua. L’abolition officielle de l’esclavagisme était diversement appréciée à l’image actuelle du pays dont les séquelles de cette histoire douloureuse sont toujours visibles jusqu’à enfanter ce que l’on appelle communément l’esclavage moderne. »

Mlimengu

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Ibouroi Ali Tabibou a soutenu sa thèse

 Ibouroi Ali Tabibou a soutenu sa thèse

Les enseignants chercheurs poursuivent leur formation à travers les quatre coins de la planète et soutiennent leurs thèses suivant un programme de coopération mis en place entre cette jeune institution et une grande partie des universités du monde surtout francophones.

Ce fut le cas par exemple de Mhoussine el Barwane, Ben Iman, Abdillah Youssouf (Charbon), Mohamed Ibrahim (Jésus), Maoulana Charif, etc.

Ibouroi_soutenance

Après la soutenance avec les membres du Jury. Au centre Yvan Combeau et Iain Walker. © Amir Mohamed

Ce 26 mars ce   fut le tour de l’ancien militant syndicaliste, IBOUROI ALI TOIBIBOU, enseignant chercheur à la faculté des lettres et sciences humaines de l’UDC, de valider son diplôme de troisième cycle de recherches à l’Université de la Réunion. Son thème de recherche était « Des Makua et leurs descendants aux Comores » et il a été bien abordé selon les membres du Jury. L’enseignant a finalement décroché son diplôme de Doctorat d’Etat avec la mention  « Très honorable ».

Pendant environ trois heures de temps de communication l’ancien syndicaliste a su convaincre l’assistance tant bien que mal en s’appuyant sur des arguments fondés essentiellement sur le fruit de ses recherches tout en précisant, à la fin, que son travail est loin d’être fini  : « les enquêtes pourraient être poursuivies sur la dynamique des vrais réseaux sociaux en complémentarité avec l’apport des sociologues, des anthropologues, des linguistes et des historiens »,martèle-t-il.

Apres avoir surmonté les rafales d’interrogations de part et d’autre des membres de jury, nous l’avons détourné quelques minutes pour lui poser certaines questions après nos félicitations.

Mlimengu – Quel sentiment éprouvez-vous après cette soutenance ?

Ibouroi Ali Toibibou – un sentiment de fierté, de réussite, sachant que l’essentiel de ma carrière est derrière moi.

Mlimengu – Que pensez-vous de la politique de recherche mise en place par l’UDC ?

Ibouroi Ali Toibibou – Il faudrait renforcer et dynamiser, et surtout s’ouvrir aux jeunes qui ne sont pas jusqu’à maintenant concernés par cette politique de soutien.

Mlimengu – Quel mot pouvez-vous adresser aux étudiants et enseignants chercheurs d’origine comorien de la Réunion ou d’ailleurs ?

Ibouroi Ali Toibibou – Le goût de la recherche, la ténacité et le travail en symbiose avec les spécialistes restent à prioriser.

AMIR Mohamed

Étudiant M2, Université de la Réunion