Elections présidentielles Comores 2016

La CRC a-t-elle vraiment signé un accord avec le parti Juwa ?

Depuis quelques jours, le parti CRC dont le candidat à la présidence Azali Assoumani est à Anjouan, annonce qu’il va signer un accord avec le parti Juwa lors d’un meeting au stade de Misiri (Mutsamudu). Les militants de ce parti annonçaient dans les réseaux également la présence de Fahmi Said Ibrahim et Ahmed Abdallah Mohamed Sambi à ce meeting. Le premier est resté à Moroni, le second est encore à l’extérieur.

12524235_10154003057197380_5945090856679810231_nA l’issue du meeting de la CRC à Mutsamudu ce dimanche, ses militants ont annoncé un pacte de gouvernement entre la CRC et le parti Juwa. En réalité, en regardant de plus près les signatures, on s’aperçoit qu’aucun des chefs officiels du parti Juwa n’a signé. Ni le président Sambi ni le secrétaire Général, Ibrahim Mohamed Soulé. Il s’agit d’un accord entre des individus, des candidats et non entre deux structures politiques. On y retrouve donc la signature d’Azali Assoumani, candidat à la présidence et celle de Mohamed Dossar représentant Fahmi Saïd Ibrahim candidat malheureux des primaires.

On peut s’étonner de l’absence de Fahmi Said Ibrahim à cette cérémonie alors qu’il est à Moroni. On peut aussi s’étonner du fait que la veille de cette signature, l’ancien leader du PEC qui a fusionné son parti avec Juwa réclamait encore une fois un décompte des voix (« Narawaze ») avant le deuxième tour et affirmait que sans cela il ne pourrait s’allier avec aucun des trois candidats en lice qu’il a qualifiés de « trois voleurs ». Comment a-t-il pu changer d’avis en quelques heures ?

La réponse du parti Juwa par l’intermédiaire de ses représentants officiels ne s’est pas fait attendre. Le Secrétaire Général et d’autres cadres ont rendu public un communiqué quelques heures plus tard, pour réaffirmer le soutien du parti Juwa à son candidat Abdou Salami au gouvernorat d’Anjouan et affirmer qu’en ce qui concerne l’élection présidentielle « aucune 10153757_10204823520226377_3947417811554373741_ndécision d’alliance n’est encore prise et conclue par le parti avec aucun des trois candidats en lice « .

Ce communiqué sonne comme un cinglant désaveu des signatures des candidats Fahmi Said Ibrahim, Ahmed Abdallah Salim et Abdou Salami Abdou et de l’action secrète du coordinateur à Anjouan, Mahamoud El Arif.

D’ailleurs, il semble que depuis quelques jour, le Secrétaire Général, Ibrahim Mohamed Soulé, met en garde les cadres sur les négociations secrètes de Mahamoud El Arif et l’équipe d’Azali Assoumani.

La signature de ce pacte de gouvernement et la réaction de la direction du parti finit de démontrer que le parti Juwa est à la dérive et qu’aucun dirigeant ne peut encore le relever sinon son président d’honneur Ahmed Sambi dont chacun guette la parole et qui devrait arriver au pays mercredi prochain.

Mahmoud Ibrahime

Le ralliement d’Ahmed Jaffar à la candidature de Mohamed Ali Soilihi (Mamadou)

L’apparition sur une tribune lors de la rencontre entre Mamadou/Msaidié et les étudiants du centre universitaire de Patsy était un message subliminal adressé aux militants du parti Juwa.

Ahmed Ben Saïd Jaffar, ancien Ministre des Relations Extérieures des Comores a annoncé son ralliement à Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) ce samedi 26 mars dans sa ville natale de Mutsamudu. Auparavant, il avait loué les qualités de la candidature de Mamadou et affirmé que pour l’intérêt d’Anjouan et des Comores, il rejoignait Anissi Chamsidine (qui a quitté Juwa avant les législatives de 2015) et Mamadou.

Ahmed Jaffar, ce n’est pas seulement une des branches du sambisme, c’est une des racines les plus profondes. Il était dans la campagne de Sambi en 2006 et dès la victoire, celui-ci lui a offert le poste prestigieux de Ministre des Relations Extérieures des Comores.

Ce matin, Ahmed Jaffar a expliqué l’état calamiteux du parti Juwa et il a annoncé sa démission de ce parti. Il ne part pas seul puisqu’il amène avec lui le groupe de réflexion du parti. Ces derniers temps, il était mal à l’aise au sein du parti Juwa qui lui a préféré Abdou Salami comme candidat au gouvernorat. Il n’avait d’ailleurs quasiment pas fait de campagne ni pour Abdou Salami à Anjouan ni pour Fahmi Saïd Ibrahim à la Grande-Comore.

La satisfaction est grande pour Houmed Msaidié, vice-président de Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) qui fait campagne dans l’île d’Anjouan depuis une semaine.

Ahmed Jaffar qui a longtemps vécu à Moroni, devrait être un des leviers du dispositif de Mamadou à Anjouan et particulièrement dans sa ville de Mutsamudu.

Mahmoud Ibrahime

Mohamed Ali Soilihi. Un pari réussi à Mohéli

20290_188004004912890_7982435546952094803_nAprès Anjouan, Mohéli se bat becs et ongles afin que Mohamed Ali Soilihi soit le prochain président à Beit-Salam dès le 10 avril et l’actuelle première dame Hadidja Aboubacar,  le successeur de Mohamed Ali Saïd à Dar-Nadjah. C’est ce qui a été démontré à la place de l’indépendance de Fomboni de  Mohéli ce samedi.
 
Mohamed Ali Soilihi vers Beit-Salam et Hadidja Aboubacar à Dar Nadjah
Bien que le grand meeting du camp au pouvoir devait commencer à partir de 18 heures ce samedi, les partisans, les militants et les sympathisants de Mamadou à Mohéli n’ont pas hésité à se  déployer  à la place de l’indépendance, lieu du meeting, à partir de midi. C’est la preuve de l’engouement et de l’effervescence populaire autour  des candidatures de Mohamed Ali Soilih et de Madame Hadidja Aboubacar.
Le point commun entre ces deux personnalités c’est que ceux qui s’opposaient  hier à leur politique partagent aujourd’hui les mêmes idées et la même politique et ce dans une volonté de construire l’avenir  de notre nation. C’est le cas de l’actuel gouverneur de l’île Mohamed Ali Saïd et de son équipe. Ce dernier qui était  le directeur  de campagne régional de Mouigni Baraka Saïd Soilih, son candidat à l’élection des  gouverneurs à Mwali  s’est désisté il y a une semaine et s’est rallié au camp de Mamadou.
Houmed Msaïdié, l’incontournable
Cela constitue d’une part un véritable camouflet pour le candidat Mouigni et d’autre part, un triomphe de grande envergure pour le camp de Mamadou. Dans les discours des candidats,  bien qu’ils tournaient autour des bonnes actions réalisées pendant la période de Docteur Ikililou Dhoinine dans l’île de Mohéli en particulier et pour la nation en général. Houmed Msaïdié l’incontournable de la politique à Ngazidja et plus précisément  dans la région de Mbude-Mitsamihuli, reste convaincu que ces bonnes actions sont les fruits de la bonnes ententes entre le gouvernement et le gouvernorat de l’île de Mohéli. Et pour lui, même si à un moment donné un malentendu s’était invité entre eux, mais cela n’a pas affecté la réalisation de certaines choses que l’île n’a jamais pu bénéficier avant le régime d’Ikililou Dhoinine. Et lui de montrer que ce malentendu n’était que purement politique mais qu’une autre atmosphère s’est invitée après la prise de conscience que rien ne peut marcher dans notre pays sans qu’il y ait une bonne entente entre le gouvernement central et les gouvernorats des îles.
C’est dans cette optique que Mohamed Ali Soilihi et Abiamri Mahmoud, l’enfant chéri de l’île de Moheli, ont fait appel à tous les Comoriens et Mohéliens à ne pas rater une telle belle occasion de construction de notre nation.
Dhouria Abdou

Ouverture de la campagne du 2e tour. Le camp de Mamadou a fait une démonstration de force

Les campagnes du deuxième tour pour le double scrutin du 10 avril  ont été ouvertes ce jeudi 17. Pour l’occasion l’UPDC,  les candidats et  les partis alliés se trouvaient à Anjouan pour leur premier grand meeting. Organisé à Mutsamudu au Gymnase de Misiri,  ce meeting a été un réconfort pour Mohamed Ali Soilihi et ses colistiers et sans conteste un moment de désespoir pour leurs adversaires.

C’es dans une atmosphère très chaleureuse que le camp au pouvoir a été reçu à Mutsamudu à l’occasion de l’organisation de son premier grand meeting. Avec un stade plein de monde,  les organisateurs estiment à 5000 personnes les participants. Mamadou et ses colistiers ont découvert leur popularité dans l’île. On trouvait entre autres les jeunes, les mamans, les grands notables et en  grande partie, les cadres et les candidats malheureux anjouanais ou autres,  tous mobilisés derrière Mamadou, ses colistiers et Anissi Chamsidine, candidat de l’UPDC au gouvernorat d’Anjouan.

Le message a été clairement reçu : le camp de Mamadou a aussi sa grande place auprès des Anjouanais. Il faut savoir que cette accueil chaleureux n’était qu’une suite de la journée du mercredi qui était le jour d’arrivée des délégations spéciales sur l’Ile d’Anjouan.
Cette atmosphère  n’a pas plu aux deux autres candidats en concurrence avec Mamadou.  La preuve en  est que lorsque les gens ont commencé à se rendre sur le lieu du meeting, ils ont trouvé des arbres coupés et des cailloux jetés dans les rues, en particulier près de Sima ville.

Ces actes barbares sont aussi des actes de désespoir et de faiblesse. Et ce parce qu’un accord protocolaire a été signé le 15 mars par les candidats eux-mêmes
visant à assurer la sécurisation du processus électoral. Ce qui a permis l’ouverture des campagnes. On parle de désespoir  car au lieu de se contenter d’ouvrir eux aussi leurs meetings, ils tentent de saboter celui de leur adversaire. Mais, ils n’ont pas réussi à nuire parce que ces actes de nuisance ne se sont produits que dans la circonscription des vices présidents Moustadrane et Mohamed Djaffar, respectivement  VP d’Azali Assoumani et de Mouigni Baraka Saïd Soilih.

Après le meeting, une conférence de presse entre les candidats  et les étudiants d’Anjouan a été organisée dans le centre universitaire de Patsy. Bien qu’elle soit politique, par cette conférence le candidat Mamadou voulait encore une fois faire une démonstration envers les étudiants après celle qu’il a faite en 2013 dans ce même endroit, sachant que la jeunesse demeure son souci numéro un.

Dhouria Abdou

 

Elections aux Comores : La Cour Constitutionnelle a parlé

MamadAnjLa plus haute juridiction du pays a parlé. Aucun recours n’est possible. La Cour Constitutionnelle des Comores a confirmé l’ordre des candidats arrivés en tête des primaires des élections présidentielles aux Comores : Mohamed Ali Soilihi (Mamadou), Mouigni Baraka et Azali Assoumani. Elle a également confirmé les deux candidats arrivés en tête du premier tour des élections des gouverneurs  dans chaque île : Ahamada Moussa (Aby) et Hassani Ahamada à la Grande-Comore, Abdou Salami Abdou et Anissi Chamsidine à Anjouan et Mohamed Said Fazul et Mme Hadidja Aboubacar à Mwali.

Les partisans du candidat arrivé en quatrième position, Fahmi Saïd Ibrahim, demeurent donc dans la déception et l’expectative depuis l’annonce des résultats provisoires par la CENI.

La question qui reste maintenant pour eux est celle-ci : vont-ils continuer à défier l’autorité de l’Etat dans les rues ou après que toutes les instances électorales (CEI, CENI, Cour Constitutionnelle) se soient prononcées, ils vont se rallier à l’un des trois candidats encore en lice ?

La tentation est grande pour la mouvance du parti Juwa et les soutiens de dernière heure de l’ex-leader du PEC de prolonger le combat électoral par un combat dans la rue d’autant qu’il a réussi à rallier un nombre important de petits candidats dont l’honneur a été bafouillée par leurs résultats. Mais malheureusement pour lui, le mouvement qui se dit populaire n’arrive pas à prendre forme : une centaine de manifestants au lendemain de l’annonce des résultats provisoires, un appel à un « archipel mort » qui n’a pas rencontré d’écho significatif, y compris dans le fief de Sambi à Moroni, une occupation de la Place Badjanani qui n’a réuni que quelques dizaines de personnes, et même une manifestation au Trocadero qui selon certains témoins n’a réuni au plus qu’une centaine de personnes. Il est donc difficile pour Fahmi Said Ibrahim et ses partisans de mettre la pression sur le gouvernement.

Il se pourrait donc que le parti Juwa prenne conscience d’une possibilité de disparition ou d’éclatement et engage des discussions avec ses adversaires d’hier d’autant que les trois qualifiés pour l’élection présidentielle ont déjà commencé à lorgner sur l’électorat sambiste à Moroni et à Anjouan.

On n’a donc vu les candidats arrivés en seconde et en troisième place suivre le mouvement des candidats contestataires sans vraiment le suivre. Ainsi, il y a quelques jours le candidat Azali Assoumani (arrivé 3e) a suivi la réunion des candidats contestataires au domicile de Saïd Ali Kemal, puis a disparu lors de la manifestation. Il était avec la contestation quelques heures avant l’annonce des résultats par la Cour Constitutionnelle, mais il s’est démarqué des propos belliqueux du candidat de Juwa (« ye sukari yika iheya mbapvi » dit-il de Fahmi Said Ibrahim).

Quant à Mouigni Baraka (arrivé 2e), il a soufflé le chaud et le froid, acceptant les résultats provisoires puis définitifs, mais envoyant quand même son VP, Ibrahim Mzimba dans les réunions des contestataires.

Il est certain que le mouvement de contestation n’a pas pris de l’importance, car outre la fermeté du gouvernement, Mouigni Baraka et Azali Assoumani n’ont pas appelé leurs militants à descendre dans les rues pour contester les résultats des élections.

Qui des deux candidats arrivés second et troisième gagnera dans ce jeu à vouloir ménager le choux et la chèvre pour capter l’électorat sambiste ? Peut-être celui qui est arrivé premier.

En effet, Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) qui une différence de deux points avec le deuxième, a refusé d’entrer dans les polémiques, attendant tranquillement les résultats de la Cour Constitutionnelle. Il a profité de ce temps pour négocier surtout avec ceux qui, parmi les perdants, ont montré une capacité à capter les suffrages de leur région (Said Larifou et Hamidou Bourhane, arrivés 5e et 6e). Son allié à Anjouan, Anissi Chamsidine (UPDC), challenger du candidat de Juwa arrivé en tête du premier tour des élections au gouvernorat, est également entré dans les négociations avec ceux qui ont été éliminés. Son objectif étant de profiter du fait que le parti Juwa a toujours des difficultés à rassembler les partis et les candidats au deuxième tour, pour conserver son fauteuil de gouverneur le 10 avril prochain.

Mahmoud Ibrahime

 

Communiqué de l’Union Africaine. La présidente de la Commission de l’UA se félicite du bon déroulement du premier tour des élections aux Comores

DIRECTION DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

Communiqué de presse Nº032/2016

 

La Présidente de la Commission de l’Union Africaine se félicite du bon déroulement du premier tour des élections aux Comores

Addis-Abéba, PhotoUAÉthiopie – 26 février 2016 : La Présidente de la Commission de l’Union africaine (CUA), Dr. Nkosazana Dlamini Zuma, se félicite du bon déroulement, le 21 février 2016, de l’élection primaire du Président et le première tour de l’Election des gouverneurs des iles autonomes à l’Union des Comores. Ces scrutins marquent une étape nouvelle dans la consolidation du processus démocratique au pays, après les élections législatives réussies organisées le 25 janvier puis le 22 février 2015. La Présidente de la Commission de l’UA félicite les autorités comoriennes pour les efforts déployés, avec le soutien de la communauté internationale dans son ensemble, en vue de la tenue réussie de ces élections du 21 février 2016. Elle salue l’engagement et le professionnalisme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la mobilisation de tous les acteurs de la société civile comorienne qui ont conduit à l’accomplissement dans la paix et la stabilité de cette phase électorale importante. Elle a renouvelé sa considération pour la maturité du peuple comorien, qui a, encore une fois, démontré son profond attachement à la démocratie et à la stabilité. Elle a exprimé surtout sa grande satisfaction de la participation massive constatée des femmes à ces scrutins. La Présidente de la Commission exhorte les acteurs politiques comoriens, y compris les candidats aux élections, à continuer à faire preuve de l’esprit de responsabilité et de consensus, dans l’attente des résultats officiels de ces premier et second tours prévus en Avril 2016. La Présidente de la Commission réaffirme l’engagement de l’UA, œuvrant en étroite collaboration avec la Commission de l’Océan Indien (COI), les Nations Unies (NU), l’Union Européenne (UE), la Ligue Arabe ainsi que les autres partenaires bilatéraux et internationaux concernés, à continuer à accompagner et appuyer le processus démocratique comorien qui avance à pas sûrs.

 

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Le Ministère de l’Intérieur met en garde contre la publication de résultats officieux

Communique_SG_MINTCe matin, le Secrétaire Général du Ministère de l’Intérieur, Mdjomba Moussa, a mis en garde les médias comoriens contre la volonté de certains militants politiques et facebookers de mettre en ligne des résultats qui seraient recueillis à la sortie des bureaux de vote sans tenir compte des PV officiels.

Dans un communiqué, le Ministère de l’Intérieur félicite les médias comoriens de leur comportement citoyen pendant toute la campagne. Il leur demande d’être encore plus vigilants ce soir car certains états majors des partis se permettent de publier leur propres chiffres, dès le dépouillement,  sans attendre l’annonce des résultats par les instances chargées des élections.

En effet, les « communicants » de certains partis comme Juwa ont déjà annoncé qu’ils seront en mesure de donner les résultats dès la fermeture des bureaux. Il s’agit pour certains partis de donner des chiffres qui leur sont favorables dès la fin des élections afin de pouvoir se plaindre après d’avoir été floués dans le décompte et crier aux fraudes.

S’il ne s’agissait que des annonces sur facebook, il n’y aurait rien de grave car peu de gens suivent ces résultats et la plupart comprennent que la plupart des chapelles vont déclarer leurs candidats respectifs victorieux dès ce soir. Les plus dangereux sont ceux qui, même s’ils savent qu’ils ont perdu risquent de prendre leurs voitures et d’entrer dans tous les villages pour annoncer leur victoire. A l’annonce des vrais résultats dans quelques jours par la CENI et la Cour Constitutionnelle, certains risquent d’être déçus.

Il semble que l’information annoncée par certains facebooker, selon laquelle Houmed Msaidié aurait repris son poste de Ministre de l’Intérieur soit une fausse nouvelle. Le Ministre de l’Intérieur, en congé pendant la campagne électorale, pouvait certes reprendre son poste à la fin de celle-ci, mais il a préféré décaler la date de la reprise de son ministère.

Mahmoud Ibrahime

Tocha Djohar serait en cavale

Tocha

Tocha Djohar à gauche, aux côtés de Fahmi Saïd Ibrahim

Tout semble indiquer ce soir que Tocha Djohar, bras droit du candidat Fahmi Ibrahim, un des rares cadres du parti PEC qui a rejoint Juwa, serait en cavale, recherché à la fois par la police et par des personnes de sa région.

Cet ancien cadre du parti PEC, en compagnie d’autres personnes aurait cassé la porte de la maison d’un certain Kafou (intendant à la présidence des Comores) et des mobiliers à la recherche de cartes électorales qu’il pensait être cachées et destinées à être remises à des Anjouanais (supposés par ces militants ne pas être des électeurs de Ngazidja).

La recherche de ces cartes aurait été vaine. Mais, à présent Tocha Djohar et ses compagnons sont recherchés à la fois par la police et par la famille de Kafou. Ces hommes restent pour le moment introuvables.

Nous rappelons que le même Tocha Djohar a déjà été arrêté il y a 9 mois (le 3 juillet 2015) sur instruction du parquet après avoir lancé des menaces comme quoi le sang allait couler si jamais la Cour Constitutionnelle des Comores ne validait pas la candidature de l’ex-président Ahmed Sambi, originaire d’Anjouan.

De notre correspondant à Moroni.

Fin de campagne aux Comores. Une foule immense pour soutenir Mamadou à Moroni

C’est un message fort qui a été envoyé cet après-midi par les 18 000 personnes venues entendre les discours de fermeture de campagne des candidats du pouvoir. C’est également une réponse à ceux qui prétendaient que l’effectif pléthorique du meeting d’ouverture à Mbeni, la foule du grand meeting de Mitsamihuli ou le monde qui a rempli le stade Zikoumbini d’Iconi n’étaient rien d’autre qu’une balade des militants d’autres candidats qui n’organisaient pas des meeting le même jour.

Cette fois, plusieurs candidats organisaient leurs meetings de fermeture en même temps que le grand Mamadou et ses partenaires. Y’a-t-il eu une différence avec les autres rassemblements ? La vérité c’est que ni ces meeting en parallèle, ni la pluie qui s’est invitée subitement n’ont eu raison de la volonté et de la détermination des fans de Mamadou, Msaidié et leurs partenaires.

Dans son discours, l’homme politique préféré du Nord de Ngazidja, le très expérimenté Houmed Msaidié a appelé tout le monde à rejoindre sa cause. « Nous ne rejetterons personne », a-t-il dit avant de finir par mettre en garde ceux qui se disent craindre les fraudes alors qu’ils ont recours à des petites manoeuvres visant à fausser les résultats des bureaux de vote.

Dhouria Abdou

Un sentiment de peur dans les rangs de l’opposition

A huit jours des primaires, la panique envahit peu à peu une grande partie du camp de l’opposition. Des spéculations de fraudes commencent à circuler, installant le doute sur la sincérité du scrutin.

C’est à partir d’une lettre adressée au président de la CENI et aux différents organismes internationaux ce jeudi 11 février, que 20 candidats aux présidentielles et deux au gouvernorat ont signé un document en huit points menaçant de quitter le processus s’ils n’étaient pas écouté par le gouvernement.

Le candidat Houmed Msaidié n’a pas tardé à réagir et à dénoncer le comportement irresponsable des candidats qui ont signé cette lettre. Dans un entretien accordé à Alwatan ce vendredi, il décalre : « Dans notre camp, nous sommes convaincus que toutes les conditions sont réunies pour organiser des élections libres et transparentes ». Il a ajouté : « Notre devoir est de parvenir à mobiliser la majorité des Comoriens à voter le 21 février pour nous et ça devrait être pareil pour tout le monde au lieu de s’engager dans des menaces ».

Cıes sentiments de peur de la part de ces candidats ne font que réconforter Houmed Msaïdié et ses partenaires. Il faut savoir que huit doléances ont été formulées par ces candidats ayant signé la lettre. La plupart des demandes existent déjà dans la loi électorale selon Houmed Msaidié. Mais, d’autres sont impossibles à réaliser, comme la suppression des procurations. Aujourd’hui, ces candidats veulent supprimer ce point dans le processus électoral, Houmed Msaidié y est opposé. «  On s’est mis d’accord sur a une loi qui devra réguler toutes nos élections. Alors on ne peut pas ignorer la loi électorale et passer à des consensus », a-t-il indiqué, avant d’insister que « ni rien ni personne ne pourra empêcher le déroulement des élections ».

Dhouria Abdou