Grande-Comore

Le Ministère de l’Intérieur met en garde contre la publication de résultats officieux

Communique_SG_MINTCe matin, le Secrétaire Général du Ministère de l’Intérieur, Mdjomba Moussa, a mis en garde les médias comoriens contre la volonté de certains militants politiques et facebookers de mettre en ligne des résultats qui seraient recueillis à la sortie des bureaux de vote sans tenir compte des PV officiels.

Dans un communiqué, le Ministère de l’Intérieur félicite les médias comoriens de leur comportement citoyen pendant toute la campagne. Il leur demande d’être encore plus vigilants ce soir car certains états majors des partis se permettent de publier leur propres chiffres, dès le dépouillement,  sans attendre l’annonce des résultats par les instances chargées des élections.

En effet, les « communicants » de certains partis comme Juwa ont déjà annoncé qu’ils seront en mesure de donner les résultats dès la fermeture des bureaux. Il s’agit pour certains partis de donner des chiffres qui leur sont favorables dès la fin des élections afin de pouvoir se plaindre après d’avoir été floués dans le décompte et crier aux fraudes.

S’il ne s’agissait que des annonces sur facebook, il n’y aurait rien de grave car peu de gens suivent ces résultats et la plupart comprennent que la plupart des chapelles vont déclarer leurs candidats respectifs victorieux dès ce soir. Les plus dangereux sont ceux qui, même s’ils savent qu’ils ont perdu risquent de prendre leurs voitures et d’entrer dans tous les villages pour annoncer leur victoire. A l’annonce des vrais résultats dans quelques jours par la CENI et la Cour Constitutionnelle, certains risquent d’être déçus.

Il semble que l’information annoncée par certains facebooker, selon laquelle Houmed Msaidié aurait repris son poste de Ministre de l’Intérieur soit une fausse nouvelle. Le Ministre de l’Intérieur, en congé pendant la campagne électorale, pouvait certes reprendre son poste à la fin de celle-ci, mais il a préféré décaler la date de la reprise de son ministère.

Mahmoud Ibrahime

Tocha Djohar serait en cavale

Tocha

Tocha Djohar à gauche, aux côtés de Fahmi Saïd Ibrahim

Tout semble indiquer ce soir que Tocha Djohar, bras droit du candidat Fahmi Ibrahim, un des rares cadres du parti PEC qui a rejoint Juwa, serait en cavale, recherché à la fois par la police et par des personnes de sa région.

Cet ancien cadre du parti PEC, en compagnie d’autres personnes aurait cassé la porte de la maison d’un certain Kafou (intendant à la présidence des Comores) et des mobiliers à la recherche de cartes électorales qu’il pensait être cachées et destinées à être remises à des Anjouanais (supposés par ces militants ne pas être des électeurs de Ngazidja).

La recherche de ces cartes aurait été vaine. Mais, à présent Tocha Djohar et ses compagnons sont recherchés à la fois par la police et par la famille de Kafou. Ces hommes restent pour le moment introuvables.

Nous rappelons que le même Tocha Djohar a déjà été arrêté il y a 9 mois (le 3 juillet 2015) sur instruction du parquet après avoir lancé des menaces comme quoi le sang allait couler si jamais la Cour Constitutionnelle des Comores ne validait pas la candidature de l’ex-président Ahmed Sambi, originaire d’Anjouan.

De notre correspondant à Moroni.

Fin de campagne aux Comores. Une foule immense pour soutenir Mamadou à Moroni

C’est un message fort qui a été envoyé cet après-midi par les 18 000 personnes venues entendre les discours de fermeture de campagne des candidats du pouvoir. C’est également une réponse à ceux qui prétendaient que l’effectif pléthorique du meeting d’ouverture à Mbeni, la foule du grand meeting de Mitsamihuli ou le monde qui a rempli le stade Zikoumbini d’Iconi n’étaient rien d’autre qu’une balade des militants d’autres candidats qui n’organisaient pas des meeting le même jour.

Cette fois, plusieurs candidats organisaient leurs meetings de fermeture en même temps que le grand Mamadou et ses partenaires. Y’a-t-il eu une différence avec les autres rassemblements ? La vérité c’est que ni ces meeting en parallèle, ni la pluie qui s’est invitée subitement n’ont eu raison de la volonté et de la détermination des fans de Mamadou, Msaidié et leurs partenaires.

Dans son discours, l’homme politique préféré du Nord de Ngazidja, le très expérimenté Houmed Msaidié a appelé tout le monde à rejoindre sa cause. « Nous ne rejetterons personne », a-t-il dit avant de finir par mettre en garde ceux qui se disent craindre les fraudes alors qu’ils ont recours à des petites manoeuvres visant à fausser les résultats des bureaux de vote.

Dhouria Abdou

Le Gouvernement comorien a donné son point de vue sur l’affaire de Handuli

Houmed Msaïdié, Ministre de l'Intérieur

Houmed Msaïdié, Ministre de l’Intérieur

Le Ministre de l’Intérieur et porte parole du Gouvernement, Houmed Msaidié a tenu ce Dimanche une conférence de presse sur l’affaire Handuli.

Pour rappel des faits : la coordination issue de la rencontre tenue au conseil de l’île de Ngazidja, un rassemblement qui avait regroupé la Commission de la production de l’Assemblée nationale, les maires des communes de Ngazidja, le Conseil des sages et la Fédération Comorienne des Consommateurs avait déposé une requête en référé au tribunal de Moroni, demandant l’arrêt immédiat des activités de la société française (Colas) sur la carrière de Handuli. Suite à cette requête l’autorité compétente, le président du tribunal, a reporté la délibération qui devait être prononcée jeudi dernier au samedi 10 juillet 2015. On peut dire que la décision du tribunal reportant la délibération de la requête, n’a pas été vue de bon œil par certains jeunes de Vanamboini, si on se réfère à l’acte volontaire d’incendie manifesté ce même jour à Handuli où étaient installés les engins de la société colas. Sur cette affaire le président du tribunal, estime que la coordination fondant les membres cités ci-haut n’a pas les qualités de saisir le tribunal d’où le rejet de la demande stipulant l’arrêt des travaux par Colas.

Au cours de la conférence de presse de ce Dimanche, le porte parole du Gouvernement, Houmed Msaidié n’a pas hésité à saluer, dans un premier temps, la procédure légale entamée par la coordination issue du rassemblement tenu au Conseil de l’île. Pour Houmed Msaidié, « il n’est pas interdit de défendre les intérêts de la population quand ça le nécessite ! En revanche il existe des démarches légales à opter afin d’aboutir à une solution favorable » a asséné le porte parole du Gouvernement. Dans le même contexte, le Ministre de l’intérieur condamne l’acte d’incendie volontaire des engins de Colas. Il a rappelé les conséquences engendrées, notamment les arrestations, les blessées (parmi les forces de sécurité et les civils), l’inquiétude des partenaires et des investisseurs dans un pays où règnerait l’insécurité. En attendant la fin des enquêtes en cours permettant d’identifier les coupables de l’incendie du jeudi dernier à Vanamboini, le porte parole du gouvernement a bouclé le tout en appelant à un retour au calme et au respect des lois.

Moroni, le 12 juillet 2015

Yasmina Mohamed Chaihane

Service de presse du Ministère de l’Intérieur

Le Ministre Houmed Msaidié a remis des écharpes aux couleurs nationales aux Maires

C’est l’un de résultats du premier congrès des Maires des Comores qui s’est tenu à Mutsamudu en juin dernier en présence du Ministre de l’Intérieur. Les écharpes des élus municipaux seront maintenant uniquement aux couleurs du drapeau national et non aux couleurs des îles.

Un Maire de Ngazidja avec la nouvelle écharpe

Le Ministre Houmed Msaidié remettant la nouvelle écharpe aux élus maires de Ngazidja

Ce samedi le Ministre de la Décentralisation, Houmed Msaidié, a remis un lot des nouvelles écharpes aux maires des différentes communes de l’île de Ngazidja. Cette remise a fait l’objet d’une réception organisée ce samedi au Ministère de l’Intérieur.

Ce geste a été très apprécié par les élus. Il s’agissait pour le Ministre d’honorer ces dignitaires qui se sont engagés à travailler en harmonie pour l’intérêt public.

Les Maires avec la nouvelle écharpe

Les Maires avec la nouvelle écharpe

Le Ministre a saisi cette occasion pour informer les magistrats communaux des travaux en cours. Très prochainement des documents facilitant le transfert des compétences entre autres l’état-civil et l’harmonisation de la nomenclature budgétaire de l’ensemble des îles comoriennes. Cela devra permettre d’éviter les anomalies administratives dont sont victimes les citoyens.

A leur tour, les élus n’ont pas omis d’énumérer certaines prérogatives favorables à leur bon fonctionnement notamment la mise à leur disposition d’une police municipale. Sur ce point, le Ministre, s’est dit sensible à cette question et a assuré que les élus peuvent compter sur le soutien de la gendarmerie nationale en attendant la mise en place de la police municipale.

Moroni, le 5 juillet 2015

Yasmina Mohamed Chaihane

Service de presse du Ministère de l’Intérieur

Communiqué de la FCC-F : soutien au mouvement Madji Na Mwendje

Communiqué

logoFCCFLa Fédération Comorienne des Consommateurs-France a appris hier l’arrestation de Mohamed Saïd Abdallah Mchangama, président de la Fédération Comorienne des Consommateurs et d’autres acteurs du mouvement Madji na Mwendje (« Eau et Electricité »).

Parce qu’ils étaient en train de préparer un mouvement de protestation pacifique contre la privation d’eau et d’électricité à toute la population comorienne, ils sont accusés par le gouvernement d’« incitation à la haine ».

Le travail qui a été mené ces derniers temps au sein de la FCC visait à faire prendre conscience à la population que les droits ne s’obtiennent que progressivement par une lutte obstinée et non par les seules incantations. Ce travail de conscientisation est en marche et cela fait peur au pouvoir en place.

L’arrestation de responsables d’associations de la société civile avant même la manifestation annoncée, la mise en place d’un climat de peur et la réquisition de magasins comme si le pays était en guerre dénotent manifestement d’une perte de sang froid de la part du gouvernement du président Ikililou et du Ministre de l’Intérieur, M. Houssen Hassan Ibrahim.

Cela participe surtout, hélas, d’une certaine régression par rapport aux valeurs de liberté et de démocratie puisque c’est sans doute la troisième ou quatrième manifestation que le gouvernement tente d’interdire, au mépris de la Constitution et des lois du pays.

La FCC-F, fidèle à ses objectifs, soutient sans réserve le mouvement Madji Na Mwendje dans son action en cours pour l’accès de la population à l’eau et l‘électricité.

Elle exhorte le gouvernement comorien à prendre de la hauteur et à relâcher immédiatement et sans condition le Président de la FCC et toutes les personnes qui ont été arrêtées depuis dimanche.

Fait à Paris le 9 février 2015

Fédération Comorienne des Consommateurs -France

VOUS AVEZ DIT ELECTIONS COMMUNALES ?

VOUS AVEZ DIT ELECTIONS COMMUNALES ?

Archipel des Comores

Archipel des Comores

Le chef de l’Etat a fixé au 2 novembre prochain les élections des députés de l’Union, des conseillers des Iles et des conseillers municipaux. Mais tout observateur avisé du contexte politico-social comorien ne peut s’empêcher de s’interroger sérieusement sur l’opportunité d’organiser des élections locales.

Il est vrai que les comoriens ont expérimenté la gouvernance locale à travers des mairies dites pilotes implantées ça et là sur le territoire, des lois sur la décentralisation, sur l’organisation territoriale et sur le scrutin communal ont été adoptées par l’Assemblée de l’Union en 2011 et des délégations spéciales ont été installées par les autorités insulaires afin de gérer les communes en attendant l’organisation des élections locales. Sauf que nombreuses sont les difficultés qui jalonnent le processus de communalisation aux Comores. Des questions fondamentales liées à l’instauration et au fonctionnement des communes restent encore en suspens.

D’abord, la délimitation des territoires communaux reste une épine dans le pied pour les autorités étatiques. Nombreuses sont les communes dont le territoire n’est pas connu et les conflits liés aux découpages territoriaux sont légion. Nul n’ignore le conflit frontalier qui oppose la Commune de Moroni et la ville d’Itsandra au Nord et celle d’Ikoni au sud, pour ne citer que cet exemple. En dépit des efforts fournis par le gouvernement avec le concours du programme de coopération décentralisée (PDC) financé par l’Union Européenne à travers une étude menée par l’université des Comores, la cartographie de l’île de Ngazidja n’a jamais été finalisée et 11 des 28 communes de Ngazidja n’ont pas de territoire défini.

La multiplication des conflits inter-villageois engendrés par les différends frontaliers et les dégâts matériels et humains que cela a causés plaide pour une prise en considération sérieuse et attentive de la question de délimitation des communes. Le traitement de celle-ci constitue un pré-requis à toute élection communale.

Se posent ensuite les difficultés relatives aux choix des lieux d’installation des Hôtels de ville. La question des sièges des communes se pose avec acuité d’autant plus qu’on a assisté à un embrasement de plusieurs localités de Ngazidja, provoqué par les fortes contestations de choix de certains sièges des délégations spéciales. De nombreux contentieux empoisonnent plusieurs régions de l’île de Ngazidja (Itsandra yadjou, Itsanra Mbagani, Hamahamet Nyumamro, Hambou djoumoipanga, Bamabao yadjou… et nombreuses sont les délégations spéciales installées au forceps par le gouvernorat de l’île.

Vient enfin la question du financement des communes. Jusque-là il n’y a eu aucune étude sérieuse faite par l’Etat sur la mobilisation des ressources devant financer les futures communes. La loi sur la décentralisation a prévu différentes pistes de ressources qui vont des impôts locaux (taxes foncières, taxes d’habitation, patentes) à des dotations étatiques. Reste que les impôts prévus sont en totale décalage avec la réalité économique et sociale comorienne. Il est difficilement envisageable qu’une mairie puisse demander à ses habitants de payer des impôts sur leurs lopins arides ou sur leurs abris en brique, en tôle ondulée ou en paille. Et l’on se demande, à juste titre, où l’Etat va trouver l’argent pour doter les communes alors que lui-même a du mal à joindre les deux bouts. Il ne faut pas perdre de vue que si l’Etat se révèle incapable de financer les communes, il aura du mal à exercer une autorité sur celles-ci. Ce qui constituerait une source supplémentaire d’instabilité de la République en plus des velléités sécessionnistes.

Il faut s’empêcher de jouer l’oiseau de mauvaise augure, mais rien qu’au vu des déchirements causés par l’installation de délégations spéciales à Ngazidja, on ne peut que craindre le pire avec les élections locales à venir.

Abdou elwahab Msa Bacar