International

Éditorial. Discours du président Azali à l’ONU : dans la continuité

Depuis hier, les fidèles du président de l’Union se livrent à de belles démonstrations de ce qu’est la propagande politique. Ils essayent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. On doit croire que le président Azali a fait un discours historique à l’ONU, un discours jamais prononcé par un dirigeant comorien.

En réalité, le discours du président comorien s’inscrit dans les discours traditionnels des présidents qui l’ont précédé depuis une vingtaine d’années ! C’est un discours duquel ne découle aucune philosophie et aucune vision du monde, le président s’enfermant dans la politique intérieure pour faire une sorte de bilan de ce qu’il a fait et de ce qu’il voudrait faire, en appelant à l’aide la communauté internationale. Seul bémol à cette affirmation, le Président Azali, plus que ses prédécesseurs semble s’intéresser un peu plus aux questions environnementales dans le monde.

Mais, il réaffirme que Mayotte est comorienne, mais lui aussi a fait effacer la « question de l’île comorienne de Mayotte » de l’ordre du jour définitif de cette AG de l’ONU. Il justifie ce geste, qui est répété chaque année depuis 1995, comme les autres présidents : il y a des discussions en cours avec la France. Les fameuses discussions bilatérales qui n’avancent pas depuis 20 ans. Le président Sambi justifiait cette politique par le GTHN, Azali, comme Ikililou avant lui, justifie par le HCP.

Comme pour ses prédécesseurs, le discours du président Azali est marqué par des contradictions qui sont encore plus flagrantes cette année. Il fait appel aux « droits de l’homme et la dignité humaine », il dénonce avec une colère feinte « les droits de l’homme bafoués au quotidien » au niveau international, et réclame des sanctions contre leurs auteurs. Pourtant, pendant un an les droits individuels, et notamment le droit à une justice équitable ont été bafoués aux Comores. Des décisions de justice, ont été piétinés, des organes de presse ont été fermées, le matériel confisqués par l’armée en dehors de tout cadre légal.

Il définit l’Islam comme étant « l’Amour du prochain, ainsi que la tolérance » et à l’intérieur du pays, des religieux sont mis en prison parce qu’ils ont des pratiques différentes de celles de l’Islam proclamé dans la constitution ou parce qu’ils ont fêté un jour à l’avance l’aïd en suivant la tradition en cours dans le pays; sans parler des mosquées qui sont détruites.

À la tribune de l’ONU, il condamne les exactions contre les minorités dans certains pays comme la Birmanie, à l’intérieur de son pays, il promet une guerre sans concession aux Shi’ites. « J’ose espérer, dit-il à ses collègues, que notre organisation saura défendre les droits les plus élémentaires des opprimés, indépendamment des considérations d’origine, de race, de sexe et de croyance ». Quand on est Comorien, on a irrésistiblement envie de lui répondre : « J’espère, monsieur le Président que vous en ferez autant dans votre propre pays ».

Les partisans du régime évoquent le fait que le président parle à l’ONU de son ambition de faire parvenir le pays à l’émergence d’ici 2030, comme si c’était une grande nouveauté. Ils oublient juste qu’avant lui, le président Taki avait demandé l’aide de la communauté international pour parvenir au « Rehemani » et que le président Sambi avait présenté ses projets pharaoniques également.

C’est un exercice classique également pour les partisans du régime que de présenter les discours à l’ONU de leur champion comme étant exceptionnels, voire historiques. Il est probable que l’année prochaine, le discours du président sera plus qu’exceptionnel. Les partisans du président Sambi avaient présenté tous ses discours à l’ONU comme historiques, ils ne sont pas forcément devenus historiques. Il y a des choses qui ne se décrètent pas.

MI

Les Comores choisissent l’Arabie Saoudite

Saoudite-IranEntre l’Arabie Saoudite et l’Iran, le président Ikililou Dhoinine a choisi la première. Après la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, suite à l’attaque et à la destruction de l’Ambassade d’Arabie Saoudite à Téhéran, le président comorien a décidé le rappel de l’Ambassadeur des Comores en Iran.

Depuis cette décision, on lit ici et là, de la part ceux-là même qui pendant cinq ans n’ont cessé de critiquer l’inaction et la versatilité du président comorien, des paroles sévères en son encontre. Selon ses adversaires politiques ou certains observateurs de la vie politique, le président Ikililou devrait maintenir son pays dans une sorte de neutralité diplomatique, ni Arabie Saoudite, ni Iran. D’autres franchissent le pas, l’accusant d’avoir pris cette décision à cause de l’aide économique de l’Arabie Saoudite.

Les Comores sont-elles devenues les Suisses de l’Océan Indien ? Sont-elles devenues une petite Normandie africaine ? Depuis quand ?

L’échec du mouvement des non-alignés a montré qu’une neutralité diplomatique est une position peu tenable dans le monde d’aujourd’hui. Le président Ikililou a raison de choisir. Un homme politique, encore plus un président de la République est là pour prendre des décisions et non pour tergiverser sur des grandes questions qui engagent son pays. Or personne ne peut dire que l’affrontement entre ces deux pays ne concerne pas les Comores, pays de la Ligue Arabe et sunnite. Il suffirait de citer la création le 29 mars 2015 de la force armée créée par les 29 pays de la Ligue arabe dont plusieurs observateurs ont montré que l’objectif de cette armée est de stopper les visées iraniennes dans certains pays arabes.

Ce n’est pas la première fois que la diplomatie comorienne fait un choix claire et net. Elle a depuis longtemps pris position pour la Chine sur la question de Taiwan alors que les grandes puissances comme les Etats-Unis s’opposent à celle-ci. Dans le conflit au Sahara occidental, les Comores ont toujours soutenu le Maroc, face à la Mauritanie et à l’Algérie.

Pourquoi dans le conflit opposant l’Arabie Saoudite à l’Iran le président de la République ne peut pas dire que nos intérêts politiques, vitaux et même économiques nous recommandent d’être du côté de l’Arabie Saoudite ?

Pourquoi, lorsque le Président Sambi a fait venir aux Comores le président iranien et plusieurs ONG iraniennes qui aident les Comoriens dans divers domaines (éducation, santé, économie…), les mêmes observateurs n’ont pas jugé que le pays ne devait pas prendre position pour l’Iran ?

Les Comoriens ont élu le président Ikililou, après le président Sambi. Le Président de la République est véritablement celui qui conduit la diplomatie comorienne en ayant une vision de l’intérêt général. On peut ne pas être en phase avec ses choix, mais on ne peut pas lui reprocher de rompre avec l’indécision et sûrement pas de fixer son pays dans un camp.

Mahmoud Ibrahime

 

« SIN-DNI I FET SON 20 DESAMB ! »

Comme chaque année et dans les quatre coins de l’île Bourbon, la ville de Saint-Denis a organisé le 20 Décembre de nombreuses manifestations en la mémoire de la date officielle de l’abolition de l’esclavage à La Réunion (20 Décembre 1848).

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Nombreuses festivités ont été organisées dans les villes et gros bourgs de l’île. On peut citer les manifestations à vocations scientifiques, les défilés, les feux d’artifices, les concerts et le « Village Métisse » qui est une nouvelle forme d’art mettant en relief les connaissances, les valeurs et la richesse culturelles.

   A Saint Denis, « le début du mois de Décembre signe le clap de fin sur la Semaine de l’Histoire, où différents intervenants se sont succédés lors de multiples conférences sur l’Indiaocéanie depuis le XVIIème siècle, depuis le XVIIIème siècle et enfin les nouvelles approches de l’esclavage », rapporte le site de la capitale de l’île. D’ajouter aussi sur cette même approche : « le festival du film historique reste dans la continuité de l’histoire coloniale […] avec différents films documentaires auxquels la ville de Saint Denis et l’association Protea vous convient cette année ». Les associations ont animé les quartiers par les différents « Kabars ».

   Les Ambassadeurs « Salif Keita, Amadou Bagayoko, Cheick Tidiane Seck » et, Mayra Andrade, Rajery Françoise Guimbert furent selon ce même site, les invités d’honneur à Barachois le ‘’20 Desamb’’, la place des grandes festivités culturelles de la Ville. La journée du ‘’20 Desamb’’ a débuté par l’hommage aux ancêtres à 11h, le Grand Défilé à 18h, la nuit de la liberté à partir de 19h et s’est terminée aux alentours de 2h du matin.

Cette fête est la seule qui mobilise toute la communauté réunionnaise. D’aucuns s’accordent à dire que cette fête a une ampleur prépondérante au détriment des autres manifestations culturelles, sociologiques, religieuse, scientifiques ou même nationales.

                                                                                     Amir MOHAMED

Un tragique accident à la Réunion

Le drame s’est produit la nuit du 10 décembre 2014 aux environs de 22 heures (heure de La Réunion), à l’Avenue Georges BASSENS (Saint Denis) à côte de la « Pyramide inversée » abritant l’Hôtel de Région Réunion et l’entrée Est de l’Université.

Les victimes sont des jeunes étudiants âgés de 18 à 21 ans et une autre personne âgée de 40 ans environ. Ces jeunes étaient tous en Licence (fac Lettres en majorité, Fac Sciences et un autre qui était en BTS). On dénombre cinq morts et une jeune fille, Loraine LORETTE, en soins intensif à l’hôpital Belle Pierre. Julien LEBEAU, Wiliam CREVIL, David ALI MITA, Raphaël MOREL et Carl PETAR.

Ils ont été percutés sur le passage piéton par un Citroën C2, rouge selon les témoins, d’un jeune de presque le même âge que celui de la majorité et, qui est lui aussi un étudiant au Lycée technique G. Peters qui se situe à quelques pas de l’Université. Les causes sont loin d’être miraculeuses. L’excès de vitesse sur une route limitée à 130 Km et l’inconscience semblent être les plus évidentes. Le taux d’alcoolémie relevé par la police scientifique donne les premiers indices.

Les étudiants de l’Université qui sont en phase finale de leurs épreuves d’examens du premier semestre ainsi que les familles des victimes sont perturbés. L’Université a mis en place une cellule d’aide psychologique d’urgence dans l’enceinte de l’université afin d’aider ces derniers à surmonter les perturbations morales et psychiques dues à cette tragédie.

Nous présentons nos sincères condoléances aux familles et proches des victimes et prions pour que Loraine nous revienne le plutôt possible !

Amir Mohamed

Comores : une croissance paradoxale

Les agents de l’Etat sont descendus dans la rue à Moroni pour réclamer le payement de deux mois d’arriérés de salaires. Les enseignants du second degré menacent de boycotter l’année scolaire si le gouvernement n’apporte pas une solution rapide aux arriérées.

Pourtant, selon les chiffres du Fond monétaire international (FMI) repris par le Bilan économique du journal Le Monde, les Comores ont eu une croissance économique de 3.5 % en 2013 et de 4 % en 2014.

Mamadou

Mohamed Ali Soilih dit Mamadou, Ministre des Finances.

En économie, quand il y a de la croissance pour un pays, on s’attend à deux choses : la création d’emplois et une bonne recette fiscale pour les finances de l’Etat. L’illusion d’une forte croissance pour 2014 alors que l’Etat peine à payer ses agents montre bien le paradoxe de cette croissance comorienne. Le problème des arriérés de salaires est très récurrent aux Comores depuis belle lurette, mais force est de constater que sous la présidence Sambi, les agents de l’Etat touchaient régulièrement leurs salaires, l’alternance ayant eu lieu, l’actuel président continue de payer les fonctionnaires malgré les retards de ces derniers temps.

Depuis la décolonisation du pays jusqu’à nos jours le problème des finances publiques constitue le talon d’Achille de tous les gouvernements successifs. Le taux de chômage continue de progresser et à chaque alternance, on recrute à tout va sans se soucier si les recrutements sont budgétisés ou pas. Il faut noter que la croissance et la consommation forment un binôme, si l’État assure la pérennité des salaires de ses agents, il contribue à relancer la consommation. Quand l’État a un problème de trésorerie, il faut déblayer des pistes possibles pour créer des nouvelles recettes. Le 23 octobre 2014 a débute à Moroni un forum des acteurs économiques de la région de l’ océan indien, un moment crucial pour le gouvernement de se mobiliser pour attirer les éventuels investisseurs étrangers .

Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY

La Commission de l’Océan Indien plaide pour ses Petits Etats Insulaires en Développement (PIED)

La Commission de l’Océan Indien plaide pour ses Petits Etats Insulaires en Développement (PEID)

 

La troisième conférence internationale des chefs d’Etats et de gouvernements des Nations Unies a eu lieu à Samoa du 1er au 4 septembre dernier. Le secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien (COI), Jean Claude de l’Estrac a présenté un plaidoyer pour ses Petits Etats Insulaires en Développement (PEID) dont les Comores sont membres.

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« L’heure n’est plus aux débats. Elle est à l’action. La COI et ses PEID membres demandent à la communauté internationale d’instaurer un traitement spécifique et différencié pour les PEID », a déclaré le secrétaire général de la COI Jean Claude de l’Estrac lors de cette troisième conférence tenue à Samoa. Selon le communiqué de presse de la COI, quatre doléances ont été formulées dans le plaidoyer du secrétaire général dans le but de favoriser le développement durable de ses îles. 

D’abord, la COI demande à ce qu’une liste crédible soit agréée. Selon Jean Claude de l’Estrac, « plusieurs listes existent mais certains PEID ne sont ni des îles, ni en développement ni petits ».

Ensuite, il a été indiqué que l’organisation supporte le renforcement d’une « diplomatie » des Pays Etats Insulaires en Développement pour les PEID en vue d’une prise en compte des intérêts spécifiques de ces PEID dans les fora internationaux.

Quant à la troisième doléance, il s’agit de la facilitation de l’accès aux nouvelles sources de financement multilatéral. « Elle permettra entre autres à ce que notre région puisse mettre en œuvre des programmes disposant des financements alloués sous les fonds d’adaptation », précise le secrétaire général de la COI.

Enfin, il a été demandé qu’un nombre « raisonnable » de mesures d’appui dédiées aux PEID soient prises à la suite de la conférence. Si l’on en croit Jean Claude de l’Estrac, ces mesures devraient viser en priorité les domaines du commerce international et de la finance, des technologies et de l’énergie, du changement climatique et de la pêche.

 Le communiqué de presse de la COI indique que « La Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) soutient le plaidoyer de la COI ; et une collaboration rapprochée a été souhaitée par les deux organisations ». Pendant ces quatre jours de travail, plusieurs points ont été abordés. En effet, la COI a eu de nombreuses rencontres en ce qui concerne la résilience face au changement climatique. Un protocole d’accord a été signé entre la COI et l’Organisation Mondiale de la Météorologie (OMM) afin de faciliter le « renforcement des compétences météorologiques » pour une meilleure prévision, recherche et préparation contre les aléas climatiques de l’Indianocéanie.

 Cinq traditions de l’Indianocéanie ont été mises en valeur dans un film réalisé avec le concours de l’UNESCO. Il s’agit du Grand Mariage des Comores, du Famadiana de Madagascar, du Divali de Maurice, de la Fèt Kaf du 20 décembre à la Réunion, et du Festival Kréol des Seychelles. Et le secrétaire général de cette institution régionale explique que « ces traditions font partie de l’identité indianocéanique : notre héritage. Cette conscience collective d’un héritage commun nous pousse à collaborer plus étroitement parce que nous savons de ce fait que nous formons une communauté de destin ».

Natidja Hamidou

Les Comores soutiennent le candidat mauricien à la Francophonie

Les Comores soutiennent le candidat mauricien à la Francophonie

 

Les chefs d'État de la COI

Les chefs d’État de la COI

Le secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien (COI) Jean Claude de l’Estrac, candidat mauricien pour les élections du secrétariat général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) prévues en novembre prochain, a obtenu le soutien des pays de l’Océan Indien. 

Les chefs d’États et de gouvernement de l’Océan Indien apportent « unanimement » leur soutient à Jean Claude de l’Estrac, secrétaire général de la COI, candidat mauricien aux élections du secrétariat de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Selon un communiqué publié par l’équipe de campagne Maurice-Francophonie, « les dirigeants de l’Océan Indien ont apporté ce 23 août 2014 à Moroni, leur plein soutien à la candidature mauricienne à la Francophonie ».

Le président de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina a souligné « la dynamique de Jean Claude de l’Estrac qui est pour beaucoup de la montée en puissance de la COI ». Quant au président seychellois, James Michel, il a vanté les qualités du candidat mauricien qui selon lui, a transformé la COI en la rendant plus audible et visible, « je ne doute pas qu’il saura transformer la Francophonie et toute la famille de la COI a pesé pour une issue heureuse à cette candidature.

Et le président Ikililou Dhoinine n’a pas manqué d’exprimer sa confiance dans la capacité de Jean Claude de l’Estrac à « lancer une nouvelle étape dans la vie de l’Organisation Internationale de la Francophonie », avant de faire part du soutien de son pays au candidat mauricien.

Rappelons que Jean Claude de l’Estrac n’est pas le seul candidat à ces élections. Deux autres candidats briguent le poste. Il s’agit de Henri Lopes, ancien premier ministre congolais (Brazzaville) et Pierre Buyoya, ancien président burundais.

Natidja Hamidou

Trait pour trait. Abdallah Abdou Hassane, animateur de la radio Baraka FM

TRAIT POUR TRAIT. ABDALLAH ABDOU HASSANE, ANIMATEUR DE LA RADIO LA BARAKA FM

Qui n’a pas écouté, au moins, une fois la radio La Baraka Fm ? Qui n’a jamais entendu parler de son animateur principal ? Personne, si l’on habite sur l’île de Ngazidja. Et pour cause : tous les soirs, à 21 h pétantes, nombreux sont les habitants de l’Île qui sont branchés sur cette radio libre pour s’enquérir de l’actualité politique, économique et sociale du pays. Tout le monde y est invité ou s’y invite : des hommes politiques, du pouvoir ou de l’opposition, des députés, des conseillers des iîles, des directeurs des sociétés d’Etat, des membres de cabinets ministériels, des juges, des avocats, des oulémas, des enseignants, des médecins et des étudiants. Tous les sujets y sont traités. Toute l’actualité y est scrutée. Et les appels téléphoniques des auditeurs font le succès de cette radio.

Abdallah Agwa

Abdallah Agwa

Un homme incarne à lui seul la voix de cette radio. Cet homme s’appelle Abdallah Abdou Hassane alias Abdallah Agua. Animateur vedette de cette radio libre sise à Ntsoudjini au centre de l’île de de Ngazidja, Abdallah Abdou Hassane est le cauchemar quotidien de tous ceux qui détiennent le pouvoir, au sein de l’Union et dans les gouvernorats. Il guète leur moindre scandale, leur moindre faux-pas. Il déplore la mauvaise gestion des finances publiques, le manque d’eau et d’électricité, le mauvais fonctionnement des services publics de la santé, de l’éducation, du transport. Il dénonce virulemment les détournements des deniers publics, la corruption, le favoritisme, le népotisme et « l’insularisation » des régimes.

Abdallah Abdou Hassane est né en 1976 à Ntsoudjini et il est père de trois enfants dont la bien nommée Daria, patience, résistance et persévérance en comorien. Un clin d’œil au fait que l’animateur était détenu en prison lorsque sa fille est née. Les décentes nocturnes des policiers chez lui, les arrestations musclées et les détentions, c’est son lot quotidien depuis qu’il fait de la radio et de la télévision. D’ailleurs il aime répéter que le régime de Sambi l’a radié de la fonction publique. Mais il rassure qu’il n’a jamais été condamné, car à chaque fois il rapportait la preuve de ce qu’il a dit à la radio où à la télévision. Son obsession, c’est la protection de ses sources d’information. En dépit des interrogatoires musclés, il ne les révèle jamais.

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De gauche à droite : Abdou Moussa, Irchad Abdallah et Abdallah Agwa

Abdallah Abdou Hassane est l’un des animateurs radio les plus en vue. Pourtant, il n’a pas fait d’études et n’est titulaire d’aucun diplôme. Il dit avoir fait seulement l’école coranique et quitté l’école française en cour préparatoire pour faire l’école de la vie. La radio est pour lui une passion et on le comprend en voyant les moyens dérisoires et rudimentaires avec lesquels il officie. Il faut vraiment aimer ce qu’on fait pour pouvoir travailler dans ces conditions-là. L’on se demande où il reçoit ces ministres, ces leaders politiques, ces avocats, ces juges, ces députés et conseillers, ces oulémas tellement l’espace est rare et l’ameublement sobre. Svelte, silhouette mince et des grosses lunettes barrant un visage déjà rempli de rides, Abdallah Abdou Hassane, l’homme, ne reflète pas Abdallah Agua l’animateur opiniâtre et zélé. L’homme courtois et discret qu’il est, l’antithèse de l’animateur à la voix combative et dénonciatrice qu’il incarne tous les soirs à la radio. On comprend pourquoi ses invités se dévoilent et se confient aisément. En bon père de famille, l’homme rassure. Mais il ne faut pas dire que d’aucuns pensent que sa radio prendrait la voix de la Radio Milles Collines et inciterait à la haine entre les populations des îles, car l’animateur refait surface. Il sort ses griffes, se défend d’inciter quiconque à la haine et explique que des radios comme la sienne existent à Anjouan et à Mohéli et Dieu sait que leurs animateurs n’encensent pas le grand-comorien. D’où lui vient cette passion de la radio? C’est juste qu’au début il appelait la radio Multimédia Com, une radio libre, en tant qu’auditeur pour émettre ses opinions, puis se faisait inviter à la CRTV, une chaine de radio et de télévision privée, pour commenter l’actualité politique nationale.

Mais le déclic pour s’engager en tant qu’animateur est venu avec l’avènement de la citoyenneté économique, chère à l’ex-président Sambi. Il a fait de la radio et de la télévision pour s’opposer au projet de Sambi de vendre les passeports comoriens à des apatrides Bédouines des monarchies du Golf persique.

Ne craint-il pas pour sa vie et celle de sa famille en s’attaquant à des personnalités ou à des dossiers sensibles comme le séparatisme, les détournements dans les sociétés publiques, l’assassinat du lieutenant-colonel Combo Ayouba ou les ventes des passeports ? Il répond qu’on ne meurt qu’une fois. Tant qu’il respire, il continuera de faire de la radio et de défendre ses idéaux.

A ceux disent que des personnalités du pouvoir lui versent des subsides, il nie être à la solde de quiconque. Sinon il y a longtemps il serait parti en France ou ailleurs. Ce ne sont pas les offres qui manquent : on lui propose souvent des voyages. Car, l’homme dérange. Sa langue est comme un couperet et Dieu sait combien de têtes il a fait tomber. A chaque fois qu’il s’attaque à une personnalité haut placée, le décret présidentiel de limogeage tombe. Il a l’œil partout et est au courant de tout (Djini bahari, aime-t-il se qualifier).

On raconte qu’une fois l’ex-président Sambi a refusé d’ouvrir le conseil des ministres en ironisant sur le faitqu’il manquait encore Abdallah Agua pour commencer. Car l’animateur racontait le soir ce qui a été dit en conseil le matin. Pourquoi critique-t-il systématiquement Mouigni Baraka Said Soilih, Gouverneur de l’Île de Ngazidja et natif de Ntsoudjini comme lui ? Il dit s’attaquer au bilan du Gouverneur de l’île et non à la personne de Mouigni Braka qui est dorénavant un ami propre. Est-ce que c’est parce qu’il critique le gouverneur qu’on a incendié sa radio ? Il dit ne rien savoir si ce n’est qu’il fait des jaloux, y compris dans sa propre localité.

Il faut reconnaitre qu’Abdallah Abdou Hassani participe activement et à sa manière à l’édification de l’Etat de droit et à l’enracinement de la liberté de la presse aux Comores. A défaut d’avoir les guignols de l’info, les comoriens de Ngazidja ont la Radio La Baraka FM.

Abdou elwahab Msa Bacar

La politique occidentale au Proche-orient

La politique occidentale au Proche-orient

Il serait temps pour les occidentaux, Européens et Américains essentiellement, de regarder en face les résultats désastreux de leurs interventions directes ou indirectes au Proche et Moyen-Orient et de faire leur autocritique.

Gaza, des immeubles d'habitation bombardés

Gaza, des immeubles d’habitation bombardés

Faire de la politique c’est anticiper. Les Occidentaux avaient-ils prévu tous ces conflits qui sont les conséquences des guerres qu’ils ont initié dans les pays arabes ? Quels changements constate-t-on dans ces pays après les interventions des Occidentaux ?

La première faute qu’ils ont commis c’est d’avoir décidé seuls, sans l’accord des pays Arabes de créer un Etat israélien en 1948 sur un territoire qui n’est pas le leur. Deuxième faute, ils continuent de soutenir Israël sur un des principes condamnés par la charte de l’ONU, précisément l’occupation d’un territoire étranger d’une manière illégale. Bref, ils soutiennent la colonisation au XXIe siècle. Ils savent tous que le gouvernement israélien est en train de coloniser une partie du territoire de la Palestine, mais ils adoptent la politique du silence.

Nous n’ignorons pas la dureté envers le peuple des régimes de Saddam Hussein, Mahamar Kadaffi, Hosni Moubarak, Ben Ali et Bechar El Assad aujourd’hui. Mais choisir la voie de la guerre et des assassinats n’était pas la solution véritable pour ramener la paix dans cette région.

En Irak par exemple, l’ex-président américain George Bush, seul, sans l’accord de l’ONU a décidé de frapper ce pays qu’il a accusé de détenir des armes chimiques, alors que des inspecteurs des Nations-Unis ont fini par prouver le contraire dans leur rapport. Après les massacres sur des milliers de civiles irakiens dont des enfants et des femmes, ils ont dit qu’ils étaient désolés. C’est par ces fautes répétitives que l’Irak se trouve d’ors et déjà, plus bas que terre, avec les massacres de nouveaux massacres et une guerre farouche entre chiites et sunnites.

En Lybie, le gouvernement Sarkozy a fait croire à l’opinion française, européenne et internationale que le problème c’était Kadafi. Aujourd’hui, avec les révélations de la presse française sur les relations entre les deux hommes, on s’aperçoit que Kadafi n’était qe le problème de Sarkozy. Après l’assassinat de Kadafi, la solution est loin d’être trouvée dans ce pays jadis prospère. Une situation qui menace les pays voisins comme l’Algérie qui prévoit une éventuelle intervention militaire pour rétablir la paix surtout dans ses frontières.

On dirait que l’ONU et les occidentaux sont là pour juger les dirigeants du tiers monde seulement. Obama et les autres dirigeants occidentaux interviennent en Irak pour soutenir les chrétiens persécuté et tués par les islamistes. C’est une bonne chose, une bonne initiative de palier ce danger, cette souffrance que George Bush a légué sans raison aucune aux Irakiens. Mais ces interventions de ceux qui se prennent pour les gendarmes de ce monde ne doivent surtout pas être partielles et partiales.

Pourquoi n’interviennent-ils pas contre l’Etat d’Israël qui tue des centaines d’enfants et de femmes palestiniens ? Cette façon de réagir des Occidentaux, nous laisse septique et très critique vis-à-vis de leur politique. Nous doutons du rôle de l’ONU pour la paix dans le monde. Nous n’avons plus confiance en ceux qui se prennent pour nos défenseurs. Les désordres qui déstabilisent partout : en Irak, Syrie, Lybie, Egypte, Tunisie, Palestine et en Afrique trouvent leur origine en Occident.

Les occidentaux doivent montrer leur capacité à dépasser l’intérêt et le profit de leurs pays respectifs pour la paix du monde. Et ceci, commencera par la paix en Palestine. La paix en Palestine permettra aux Occidentaux de trouver les arguments qu’il faut pour des solutions véritables afin d’aider d’autres régions.

Abdourahim Bacari

LE GOUVERNEMENT ISRAELIEN DECIDE DE CONTINUER LE MASSACRE DE LA POPULATION DE GAZA

LE GOUVERNEMENT ISRAELIEN DECIDE DE CONTINUER LE MASSACRE DE LA POPULATION DE GAZA

    Samedi 2 août au soir, par la voix de son Premier ministre Benyamin Netanyahou, le gouvernement israélien a décidé de poursuivre les hostilités sur Gaza pour, selon lui, atteindre ses objectifs. Le plus fort, surtout quand il est soutenu par des puissances mondiales, peut changer les règles internationales, ignorer les valeurs humaines en massacrant tout un peuple sans être condamné. Cette décision d’Israël de poursuivre le combat a été prise après la mort au combat d’un jeune soldat israélien Hadar Goldin, âgé de 23 ans. Il est le 64e soldat israélien mort au combat contre près de 1800 palestiniennes dont 98% de civils.

     Pour justifier ses actes barbares et inhumains contre Gaza  et mentir aux parents des jeunes soldats israéliens morts au combat, le gouvernement israélien reste toujours dans le mensonge en supposant que ces jeunes soldats sont d’abord enlevés avant d’être exécuter par le Hamas.

     Des suppositions basées sur des arguments mensongers pour mettre fin au cessz-le-feu de 72 heures pour une éventuelle rencontre entre belligérants prévue au Caire. Benyamin Netanyahou n’en demeure pas moins inflexible, il a ordonné aux soldats de TSAHAL qui poursuivre la guerre.

    

Gaza, des immeubles d'habitation bombardés

Gaza, des immeubles d’habitation bombardés

C’est la deuxième fois que le gouvernement israélien ment à la communauté internationale, à l’Union européenne, à la Ligue des Etats Arabe, bref, aux quelques gouvernements qui le soutiennent dans sa barbarie. C’est la deuxième fois, car, nous nous rappelons encore de la cause qui a déclenché ces hostilités le 8 juillet dernier. Israël avait porté des accusations contre le Hamas l’accusant d’avoir assassiné trois jeunes israéliens. Des accusations très tôt vitupérées par le journaliste allemand Christian Sievers après une minutieuse investigation. Les résultats de ses investigations ont prouvé que les trois jeunes israéliens ont été tués « par un juif comme-eux pour des motifs économiques ». Il a affirmé les résultats de ses investigations lors de l’émission « Auslands journal » de la chaîne de télévision allemande ZDF, le mardi 23 juillet 2014.

       Alors qu’hier le gouvernement de Benyamin Netanyahou parlait d’enlèvement, les soldats israéliens avouent aujourd’hui que le jeune soldat est mort au combat et non kidnappé par le Hamas. Ils ont trouvé le reste de son corps dans la zone des combats au Sud de Gaza.

           Comment l’ONU peut se taire sur de tels mensonges, basés sur des coups montés qui coûtent la vie de tout un peuple désormais. Comment les Etats-Unis d’Amérique peuvent fermer les yeux et laisser cet Etat terroriste tuer des femmes et des enfants ? L’argument que Barak Obama avance est qu’Israël est en train de se défendre. Mais se défendre contre des gens non-armées ? C’est triste comme argument, surtout venant d’une personne qui reçu le prix Nobel de la paix.

Où est le philosophe Henry Lévy qui s’est auto-proclamé défenseur des droits de l’homme ? Henry Lévy qu’on a vu en Egypte, en Lybie et en Syrie pour soit disant défendre les peuples opprimés ? Est-il vraiment un défenseur du droit et des valeurs humains ou bien défenseur des intérêts israéliens ? On voit visiblement l’indignation sélective de Bernard Henry Lévy.

       Aujourd’hui, des musulmans comme des juifs ont compris et montré par des manifestations que le problème n’est pas religieux. Ils ont montré qu’ils peuvent cohabiter. Mais l’ONU et ceux qui soutiennent le gouvernement israélien ne veulent pas entendre toutes ces voix qui se lèvent de partout dans le monde pour dénoncer l’inhumanité.

       Le problème est territorial. L’ONU le sait très bien, les dirigeants de l’Union européenne et de la Ligue des Etats Arabe le savent aussi. Les dirigeants israéliens en sont conscients eux aussi. Mais, l’injustice et l’oppression priment sur la justice et l’égalité entre les peuples.

   Mahmoud Abbas disait :  « il n’y a pas un Etat de trop en Moyen-Orient, mais un Etat de moins ». Plus que jamais cette phrase prend sens aujourd’hui.

Abdourahim Bacari