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Trait pour trait. Abdallah Abdou Hassane, animateur de la radio Baraka FM

TRAIT POUR TRAIT. ABDALLAH ABDOU HASSANE, ANIMATEUR DE LA RADIO LA BARAKA FM

Qui n’a pas écouté, au moins, une fois la radio La Baraka Fm ? Qui n’a jamais entendu parler de son animateur principal ? Personne, si l’on habite sur l’île de Ngazidja. Et pour cause : tous les soirs, à 21 h pétantes, nombreux sont les habitants de l’Île qui sont branchés sur cette radio libre pour s’enquérir de l’actualité politique, économique et sociale du pays. Tout le monde y est invité ou s’y invite : des hommes politiques, du pouvoir ou de l’opposition, des députés, des conseillers des iîles, des directeurs des sociétés d’Etat, des membres de cabinets ministériels, des juges, des avocats, des oulémas, des enseignants, des médecins et des étudiants. Tous les sujets y sont traités. Toute l’actualité y est scrutée. Et les appels téléphoniques des auditeurs font le succès de cette radio.

Abdallah Agwa

Abdallah Agwa

Un homme incarne à lui seul la voix de cette radio. Cet homme s’appelle Abdallah Abdou Hassane alias Abdallah Agua. Animateur vedette de cette radio libre sise à Ntsoudjini au centre de l’île de de Ngazidja, Abdallah Abdou Hassane est le cauchemar quotidien de tous ceux qui détiennent le pouvoir, au sein de l’Union et dans les gouvernorats. Il guète leur moindre scandale, leur moindre faux-pas. Il déplore la mauvaise gestion des finances publiques, le manque d’eau et d’électricité, le mauvais fonctionnement des services publics de la santé, de l’éducation, du transport. Il dénonce virulemment les détournements des deniers publics, la corruption, le favoritisme, le népotisme et « l’insularisation » des régimes.

Abdallah Abdou Hassane est né en 1976 à Ntsoudjini et il est père de trois enfants dont la bien nommée Daria, patience, résistance et persévérance en comorien. Un clin d’œil au fait que l’animateur était détenu en prison lorsque sa fille est née. Les décentes nocturnes des policiers chez lui, les arrestations musclées et les détentions, c’est son lot quotidien depuis qu’il fait de la radio et de la télévision. D’ailleurs il aime répéter que le régime de Sambi l’a radié de la fonction publique. Mais il rassure qu’il n’a jamais été condamné, car à chaque fois il rapportait la preuve de ce qu’il a dit à la radio où à la télévision. Son obsession, c’est la protection de ses sources d’information. En dépit des interrogatoires musclés, il ne les révèle jamais.

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De gauche à droite : Abdou Moussa, Irchad Abdallah et Abdallah Agwa

Abdallah Abdou Hassane est l’un des animateurs radio les plus en vue. Pourtant, il n’a pas fait d’études et n’est titulaire d’aucun diplôme. Il dit avoir fait seulement l’école coranique et quitté l’école française en cour préparatoire pour faire l’école de la vie. La radio est pour lui une passion et on le comprend en voyant les moyens dérisoires et rudimentaires avec lesquels il officie. Il faut vraiment aimer ce qu’on fait pour pouvoir travailler dans ces conditions-là. L’on se demande où il reçoit ces ministres, ces leaders politiques, ces avocats, ces juges, ces députés et conseillers, ces oulémas tellement l’espace est rare et l’ameublement sobre. Svelte, silhouette mince et des grosses lunettes barrant un visage déjà rempli de rides, Abdallah Abdou Hassane, l’homme, ne reflète pas Abdallah Agua l’animateur opiniâtre et zélé. L’homme courtois et discret qu’il est, l’antithèse de l’animateur à la voix combative et dénonciatrice qu’il incarne tous les soirs à la radio. On comprend pourquoi ses invités se dévoilent et se confient aisément. En bon père de famille, l’homme rassure. Mais il ne faut pas dire que d’aucuns pensent que sa radio prendrait la voix de la Radio Milles Collines et inciterait à la haine entre les populations des îles, car l’animateur refait surface. Il sort ses griffes, se défend d’inciter quiconque à la haine et explique que des radios comme la sienne existent à Anjouan et à Mohéli et Dieu sait que leurs animateurs n’encensent pas le grand-comorien. D’où lui vient cette passion de la radio? C’est juste qu’au début il appelait la radio Multimédia Com, une radio libre, en tant qu’auditeur pour émettre ses opinions, puis se faisait inviter à la CRTV, une chaine de radio et de télévision privée, pour commenter l’actualité politique nationale.

Mais le déclic pour s’engager en tant qu’animateur est venu avec l’avènement de la citoyenneté économique, chère à l’ex-président Sambi. Il a fait de la radio et de la télévision pour s’opposer au projet de Sambi de vendre les passeports comoriens à des apatrides Bédouines des monarchies du Golf persique.

Ne craint-il pas pour sa vie et celle de sa famille en s’attaquant à des personnalités ou à des dossiers sensibles comme le séparatisme, les détournements dans les sociétés publiques, l’assassinat du lieutenant-colonel Combo Ayouba ou les ventes des passeports ? Il répond qu’on ne meurt qu’une fois. Tant qu’il respire, il continuera de faire de la radio et de défendre ses idéaux.

A ceux disent que des personnalités du pouvoir lui versent des subsides, il nie être à la solde de quiconque. Sinon il y a longtemps il serait parti en France ou ailleurs. Ce ne sont pas les offres qui manquent : on lui propose souvent des voyages. Car, l’homme dérange. Sa langue est comme un couperet et Dieu sait combien de têtes il a fait tomber. A chaque fois qu’il s’attaque à une personnalité haut placée, le décret présidentiel de limogeage tombe. Il a l’œil partout et est au courant de tout (Djini bahari, aime-t-il se qualifier).

On raconte qu’une fois l’ex-président Sambi a refusé d’ouvrir le conseil des ministres en ironisant sur le faitqu’il manquait encore Abdallah Agua pour commencer. Car l’animateur racontait le soir ce qui a été dit en conseil le matin. Pourquoi critique-t-il systématiquement Mouigni Baraka Said Soilih, Gouverneur de l’Île de Ngazidja et natif de Ntsoudjini comme lui ? Il dit s’attaquer au bilan du Gouverneur de l’île et non à la personne de Mouigni Braka qui est dorénavant un ami propre. Est-ce que c’est parce qu’il critique le gouverneur qu’on a incendié sa radio ? Il dit ne rien savoir si ce n’est qu’il fait des jaloux, y compris dans sa propre localité.

Il faut reconnaitre qu’Abdallah Abdou Hassani participe activement et à sa manière à l’édification de l’Etat de droit et à l’enracinement de la liberté de la presse aux Comores. A défaut d’avoir les guignols de l’info, les comoriens de Ngazidja ont la Radio La Baraka FM.

Abdou elwahab Msa Bacar

La politique occidentale au Proche-orient

La politique occidentale au Proche-orient

Il serait temps pour les occidentaux, Européens et Américains essentiellement, de regarder en face les résultats désastreux de leurs interventions directes ou indirectes au Proche et Moyen-Orient et de faire leur autocritique.

Gaza, des immeubles d'habitation bombardés

Gaza, des immeubles d’habitation bombardés

Faire de la politique c’est anticiper. Les Occidentaux avaient-ils prévu tous ces conflits qui sont les conséquences des guerres qu’ils ont initié dans les pays arabes ? Quels changements constate-t-on dans ces pays après les interventions des Occidentaux ?

La première faute qu’ils ont commis c’est d’avoir décidé seuls, sans l’accord des pays Arabes de créer un Etat israélien en 1948 sur un territoire qui n’est pas le leur. Deuxième faute, ils continuent de soutenir Israël sur un des principes condamnés par la charte de l’ONU, précisément l’occupation d’un territoire étranger d’une manière illégale. Bref, ils soutiennent la colonisation au XXIe siècle. Ils savent tous que le gouvernement israélien est en train de coloniser une partie du territoire de la Palestine, mais ils adoptent la politique du silence.

Nous n’ignorons pas la dureté envers le peuple des régimes de Saddam Hussein, Mahamar Kadaffi, Hosni Moubarak, Ben Ali et Bechar El Assad aujourd’hui. Mais choisir la voie de la guerre et des assassinats n’était pas la solution véritable pour ramener la paix dans cette région.

En Irak par exemple, l’ex-président américain George Bush, seul, sans l’accord de l’ONU a décidé de frapper ce pays qu’il a accusé de détenir des armes chimiques, alors que des inspecteurs des Nations-Unis ont fini par prouver le contraire dans leur rapport. Après les massacres sur des milliers de civiles irakiens dont des enfants et des femmes, ils ont dit qu’ils étaient désolés. C’est par ces fautes répétitives que l’Irak se trouve d’ors et déjà, plus bas que terre, avec les massacres de nouveaux massacres et une guerre farouche entre chiites et sunnites.

En Lybie, le gouvernement Sarkozy a fait croire à l’opinion française, européenne et internationale que le problème c’était Kadafi. Aujourd’hui, avec les révélations de la presse française sur les relations entre les deux hommes, on s’aperçoit que Kadafi n’était qe le problème de Sarkozy. Après l’assassinat de Kadafi, la solution est loin d’être trouvée dans ce pays jadis prospère. Une situation qui menace les pays voisins comme l’Algérie qui prévoit une éventuelle intervention militaire pour rétablir la paix surtout dans ses frontières.

On dirait que l’ONU et les occidentaux sont là pour juger les dirigeants du tiers monde seulement. Obama et les autres dirigeants occidentaux interviennent en Irak pour soutenir les chrétiens persécuté et tués par les islamistes. C’est une bonne chose, une bonne initiative de palier ce danger, cette souffrance que George Bush a légué sans raison aucune aux Irakiens. Mais ces interventions de ceux qui se prennent pour les gendarmes de ce monde ne doivent surtout pas être partielles et partiales.

Pourquoi n’interviennent-ils pas contre l’Etat d’Israël qui tue des centaines d’enfants et de femmes palestiniens ? Cette façon de réagir des Occidentaux, nous laisse septique et très critique vis-à-vis de leur politique. Nous doutons du rôle de l’ONU pour la paix dans le monde. Nous n’avons plus confiance en ceux qui se prennent pour nos défenseurs. Les désordres qui déstabilisent partout : en Irak, Syrie, Lybie, Egypte, Tunisie, Palestine et en Afrique trouvent leur origine en Occident.

Les occidentaux doivent montrer leur capacité à dépasser l’intérêt et le profit de leurs pays respectifs pour la paix du monde. Et ceci, commencera par la paix en Palestine. La paix en Palestine permettra aux Occidentaux de trouver les arguments qu’il faut pour des solutions véritables afin d’aider d’autres régions.

Abdourahim Bacari

LE GOUVERNEMENT ISRAELIEN DECIDE DE CONTINUER LE MASSACRE DE LA POPULATION DE GAZA

LE GOUVERNEMENT ISRAELIEN DECIDE DE CONTINUER LE MASSACRE DE LA POPULATION DE GAZA

    Samedi 2 août au soir, par la voix de son Premier ministre Benyamin Netanyahou, le gouvernement israélien a décidé de poursuivre les hostilités sur Gaza pour, selon lui, atteindre ses objectifs. Le plus fort, surtout quand il est soutenu par des puissances mondiales, peut changer les règles internationales, ignorer les valeurs humaines en massacrant tout un peuple sans être condamné. Cette décision d’Israël de poursuivre le combat a été prise après la mort au combat d’un jeune soldat israélien Hadar Goldin, âgé de 23 ans. Il est le 64e soldat israélien mort au combat contre près de 1800 palestiniennes dont 98% de civils.

     Pour justifier ses actes barbares et inhumains contre Gaza  et mentir aux parents des jeunes soldats israéliens morts au combat, le gouvernement israélien reste toujours dans le mensonge en supposant que ces jeunes soldats sont d’abord enlevés avant d’être exécuter par le Hamas.

     Des suppositions basées sur des arguments mensongers pour mettre fin au cessz-le-feu de 72 heures pour une éventuelle rencontre entre belligérants prévue au Caire. Benyamin Netanyahou n’en demeure pas moins inflexible, il a ordonné aux soldats de TSAHAL qui poursuivre la guerre.

    

Gaza, des immeubles d'habitation bombardés

Gaza, des immeubles d’habitation bombardés

C’est la deuxième fois que le gouvernement israélien ment à la communauté internationale, à l’Union européenne, à la Ligue des Etats Arabe, bref, aux quelques gouvernements qui le soutiennent dans sa barbarie. C’est la deuxième fois, car, nous nous rappelons encore de la cause qui a déclenché ces hostilités le 8 juillet dernier. Israël avait porté des accusations contre le Hamas l’accusant d’avoir assassiné trois jeunes israéliens. Des accusations très tôt vitupérées par le journaliste allemand Christian Sievers après une minutieuse investigation. Les résultats de ses investigations ont prouvé que les trois jeunes israéliens ont été tués « par un juif comme-eux pour des motifs économiques ». Il a affirmé les résultats de ses investigations lors de l’émission « Auslands journal » de la chaîne de télévision allemande ZDF, le mardi 23 juillet 2014.

       Alors qu’hier le gouvernement de Benyamin Netanyahou parlait d’enlèvement, les soldats israéliens avouent aujourd’hui que le jeune soldat est mort au combat et non kidnappé par le Hamas. Ils ont trouvé le reste de son corps dans la zone des combats au Sud de Gaza.

           Comment l’ONU peut se taire sur de tels mensonges, basés sur des coups montés qui coûtent la vie de tout un peuple désormais. Comment les Etats-Unis d’Amérique peuvent fermer les yeux et laisser cet Etat terroriste tuer des femmes et des enfants ? L’argument que Barak Obama avance est qu’Israël est en train de se défendre. Mais se défendre contre des gens non-armées ? C’est triste comme argument, surtout venant d’une personne qui reçu le prix Nobel de la paix.

Où est le philosophe Henry Lévy qui s’est auto-proclamé défenseur des droits de l’homme ? Henry Lévy qu’on a vu en Egypte, en Lybie et en Syrie pour soit disant défendre les peuples opprimés ? Est-il vraiment un défenseur du droit et des valeurs humains ou bien défenseur des intérêts israéliens ? On voit visiblement l’indignation sélective de Bernard Henry Lévy.

       Aujourd’hui, des musulmans comme des juifs ont compris et montré par des manifestations que le problème n’est pas religieux. Ils ont montré qu’ils peuvent cohabiter. Mais l’ONU et ceux qui soutiennent le gouvernement israélien ne veulent pas entendre toutes ces voix qui se lèvent de partout dans le monde pour dénoncer l’inhumanité.

       Le problème est territorial. L’ONU le sait très bien, les dirigeants de l’Union européenne et de la Ligue des Etats Arabe le savent aussi. Les dirigeants israéliens en sont conscients eux aussi. Mais, l’injustice et l’oppression priment sur la justice et l’égalité entre les peuples.

   Mahmoud Abbas disait :  « il n’y a pas un Etat de trop en Moyen-Orient, mais un Etat de moins ». Plus que jamais cette phrase prend sens aujourd’hui.

Abdourahim Bacari