Mayotte

Boléro au séminaire de l’institut Prospective et Sécurité en Europe

Boléro au séminaire de l’institut Prospective et Sécurité en Europe

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou, Chargé de la Défense

Hamada Madi Boléro, Directeur de cabinet du Président Ikililou, Chargé de la Défense

Le Directeur de Cabinet du Président Ikililou Dhoinine, chargé de la Défense, Hamada Madi Boléro était jeudi soir invité par l’Institut Prospective et Sécurité en Europe, en séminaire restreint à l’Assemblée Nationale française.

Le Ministre de la Défense des Comores est à Paris depuis quelques jours, à l’occasion de la fête du 14 juillet, à l’invitation de l’État français.

Après une présentation succincte de la carrière du Dircab, les questions ont fusé dans tous les sens, sans véritable ordre. Mais, avec son flegme habituel, Hamada Madi Boléro y a répondu le plus précisément possible, en évitant de compromettre son rôle et sa loyauté envers le président de l’Union des Comores.

La crise ukrainienne

Pour donner une idée sur la crise qui sévit en Ukraine, Hamada Madi Boléro a raconté qu’il a vécu pendant sept ans à Kiev (Ukraine) et qu’il ne sait parler que russe. Il a commencé par émettre des doutes quant à la possibilité pour l’Ukraine d’intégrer l’Union Européenne dans les conditions actuelles.

Sur les similitudes évoquées, notamment par le Ministre russe des Affaires étrangères, entre la question de Mayotte et la Crimée, Boléro a dit clairement que le contexte n’est pas le même. Il a appris à l’Assemblée que les Soviétiques s’étaient abstenus sur la question de l’unité des Comores à l’ONU. Et il a affirmé que les Comores, comme l’ensemble des pays du monde,ont condamné l’intervention de la Russie en Ukraine.

La question de Mayotte

De nombreuses questions sont arrivées à propos de la situation de l’île de Mayotte, elles ont permis à Boléro de préciser sa pensée et sa vision sur cette question. Il s’est d’abord étonné des nombreuses questions sur ce sujet et a rappelé que d’une part la question de Mayotte est simple (dans sa compréhension) et que d’autre part, c’est la France qui a un problème et non l’Etat comorien. Il a rappelé qu’avant même l’indépendance des Comores, la France, en tant que membre permanent de l’ONU, a voté le principe de l’intangibilité des frontières d’un territoire qui prend son indépendance. Pour lui, l’ancienne puissance coloniale doit se conformer au droit international et aux résolutions de l’ONU dont par ailleurs, elle exige l’application sur d’autres théâtres dans le monde.

Pour lui, Mayotte est comorienne et le restera. Pendant ce séminaire, il a souvent fait le parallèle avec la situation qui était celle de l’Allemagne coupée en deux (RFA et RDA) et où les Allemands avaient besoin de visa pour se rendre dans l’une ou l’autre partie, pour constater qu’aujourd’hui l’Allemagne est unifiée.

Il a réaffirmé son optimisme en disant que les lignes bougent et qu’à terme la situation se normalisera en faveur de l’unité des Comores.

Il a toutefois rappelé à ses détracteurs, qui a chaque fois qu’il vient en France disent qu’il vient vendre Mayotte à la France, qu’il aime autant qu’eux son pays et qu’il est un patriote. Seulement, il se dit plus réaliste et souhaite par conséquent pouvoir négocier avec celui qui le contraint de demander un visa pour aller voir sa grand-mère à Mayotte. C’est pour lui le seul moyen de faire cesser cette injustice un jour. Il a même ajouté qu’il aurait souhaité qu’on donne le pouvoir ne serait-ce qu’une journée à ses adversaires qui crient partout qu’il n’y a pas de négociations à mener avec la France ou avec les Maorais, pour voir s’ils ne seraient pas obligés de négocier. Pour lui, ces négociations ne peuvent se faire que dans le respect des Maorais, qu’on doit aussi écouter.

La question économique

Certains intervenants l’ont interrogé sur les améliorations économiques et sur les perspectives aux Comores, surtout quand on parle de découverte de pétrole et de gaz dans les eaux comoriennes. Le Dircab a souligné la nécessité de consolider les acquis et persévérer dans les réformes.

Sur la question du pétrole, il a affirmé que les Comores discutent dans un premier temps avec leurs voisins sur ces perspectives. Puis, l’État essaie de conscientiser les Comoriens pour éviter que certains n’en viennent à croire que les découvertes éventuelles sont la propriété de telle ou telle île.

Hamada Madi Boléro

Hamada Madi Boléro

Durant deux heures de temps, le Directeur de cabinet du président comorien a passé en revue plusieurs sujets, aussi bien ceux qui concernent son ministère (la mise en place d’une garde maritime avec l’aide d’Oman) que ceux qui ne sont pas dans le champ de ses compétences (francophonie, coopération judiciaire…). Il a même eu à répondre sur son avenir politique (candidature en 2016, soutien éventuel…), tout cela au gré des questions et de l’intérêt du public.

La diversité des questions était un piège, mais Hamada Madi Boléro est rompu à cet exercice depuis longtemps, aussi bien dans les rues de Moroni que sur les plateaux de télévision. Et l’on doit, honnêtement, dire que dans ce séminaire à l’Assemblée Nationale, il s’en est très bien tiré, donnant satisfaction aux journalistes et chercheurs tout en gardant une certaine réserve sur des questions délicates.

Hamada Madi Boléro est aussi invité par la Fondation Jaurès (une organisation proche du Parti Socialiste français), jeudi prochain, pour parler de son pays.

Mais auparavant, il participera à la commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale lors des fêtes du 14 juillet, en compagnie de trois militaires et quatre jeunes comoriens (un par île) à l’invitation du gouvernement français.

Il devrait enfin participer à la cérémonie qui mettra à l’honneur les anciens combattants comoriens de la Première Guerre mondiale le 19 juillet.

Compte rendu de Mahmoud Ibrahime

 

Le voyage du Président Hollande aux Comores fait parler les politiques maorais

Le voyage du Président Hollande aux Comores fait parler les politiques maorais

Le président Ikililou sur le perron de l'Elysée

Le président Ikililou sur le perron de l’Elysée

Après son voyage officiel en France le 21 juin 2013, le Président de l’Union des Comores, IKILILOU Dhoinine recevra officiellement son homologue français FRANCOIS Hollande, le 27 juillet 2014 à Moroni.

Ce voyage du Président français aux Comores indépendantes fait parler toute la classe politique maoraise, sans exception aucune. Un voyage que F. Hollande effectue après le Conseil des Ministres de la COI du 10 au 11 avril 2014 à Moroni, conseil dont Ahmed Athoumani Douchina, désigné par le président du Conseil Général de Mayotte s’est vu interdire de participer. La raison qui a été évoquée : « Mayotte faisant partie des Comores est déjà représentée par le gouvernement comorien, alors pas question qu’il y ait deux représentants pour les Comores ». Une réaction qui n’a pas plus aux Maorais en général et aux politiques de l’île en particulier. Ce qui a choqué le plus les Comoriens de Mayotte c’est le silence de la France face à une telle situation qu’eux même jugent « inadmissible ». Ils en viennent à demander des réparations.

Cette fois-ci, ils veulent que réparation soit faite lors du prochain voyage du Président de la République française aux Comores. Aujourd’hui, 25 juin 2014, vers 12 heures, le président du Conseil Général Daniel Zaidani a fait savoir, sur les antennes de Mayotte Première que « s’il y a des commissions qui doivent accompagner le président Hollande à Moroni, Mayotte ne doit pas être oubliée pour marquer l’histoire ».

Selon le Président du Conseil Général, depuis 1975 Mayotte a choisi de rester française, il est donc utopique d’envisager son retour dans le giron comorien comme le veulent les dirigeants politiques et le peuple comoriens. Il poursuit en disant que Mayotte est Département français, donc il est impossible de revenir indépendante encore moins dans l’ensemble comorien. Ce qui montre visiblement que le Président du Conseil Général ignore encore l’histoire de France.

Ce n’est pas impossible pour un Département de devenir indépendant quelles que soient les années passées sous la colonisation. On peut lui citer le cas de l’Algérie française, Département depuis 1830, mais qui a pris son indépendance le 5 juillet 1962. Un geste fort, loyal et légitime. Alors Monsieur le Président du Conseil Général, il n’est jamais tard.

Rédaction Mlemingu.com  

Une association de Mayotte suggère de porter plainte contre l’Etat comorien

Une association de Mayotte suggère de porter plainte contre l’Etat comorien

 

Archipel des Comores

Archipel des Comores

Il y avait TAMA qui s’occupait de ramener quelques enfants des rues « chez eux » à Anjouan. Une autre association est apparue sur le marché très convoité de la prise en charge des migrants et des enfants de la rue, dans lequel agissent déjà, depuis de nombreuses années, des associations nationales comme la CIMADE ou RESF.

La nouvelle porte le nom de « Village d’EVA ». On pourrait croire que c’est le diminutif d' »évacuation » (l’objectif annoncé étant de ramener chez eux ces enfants dont un grand nombre vient d’Anjouan). On pouvait aussi imaginer qu’EVA est le prénom de la fille d’un des fondateurs (l’association étant portée surtout par ceux qu’on appelle à Mayotte les « Métropolitains »). Mais non ! il s’agit selon le responsable du « Village d’Echelle Visuelle Analogique ». Va comprendre. Certains n’ont jamais peur du ridicule quand ils sont en Afrique.

L’association a été créée en janvier 2014, mais ce n’est que maintenant qu’elle lance une offensive médiatique pour se faire connaître, à quelques semaines de la fin de l’année scolaire et du début des expulsions massives, surtout des mineurs scolarisés. Il faut croire que l’offensive a été une réussite puisque même nous, nous en parlons.

L’association est présidée par deux Métropolitains (Aurélie Arribat, médecin urgentiste et Ferdinand Beyene, chef d’entreprise). Son Porte-parole est un Maorais (Salim Ahamada).

Le 14 juin dernier, le Village d’EVA a fait son AG, en invitant les médias. Durant la réunion furent évoqués, selon divers médias locaux, pèle-mêle, les lieux communs répandus à Mayotte au sujet des migrations dans l’archipel et sur les enfants des rues évalués à près de 6000 mineurs qui font craindre une explosion des chiffres de la délinquance dans l’île. Comme d’habitude dans ce genre de réunion à Mayotte, chacun y est allé de sa solution miracle, tout en faisant attention à ne pas froisser le gouvernement français (l’employeur de la grande majorité des « métropolitains ») en évoquant la situation de l’île vis-à-vis du droit international.

A ce propos, la palme des « bonnes idées miracles » est revenue au Porte-Parole de l’association, puisque selon le journal de Mayotte, il a suggéré de « déposer plainte au Tribunal Pénal International pour non assistance à personne en danger » contre l’État comorien.

Les membres des associations de la société civile comorienne doivent rire, eux qui ont, maintes fois, demandé aux divers gouvernements comoriens depuis une quinzaine d’années de porter plainte contre l’Etat français auprès de ce même tribunal pour l’obliger à respecter les résolutions de l’ONU. La situation pourrait donc se retourner contre le gouvernement comorien ?

Pourtant, dans le même temps, l’association s’est fendue d’un communiqué dans lequel elle félicite le président comorien « d’avoir fait procéder à la destruction de kwassas ». Une première dans les trois autres îles de l’archipel. En effet, cette procédure est régulièrement mise en oeuvre dans l’île de Mayotte, où ceux qu’on appelle « les passeurs » sont systématiquement condamnés à de la prison ferme. Pour la première fois, le 4 juin dernier, le Procureur de la République de Mutsamudu a ordonné la destruction de 15 vedettes prêtes à prendre la direction de Mayotte. L’association EVA indique avoir écrit une lettre au Président Ikililou « pour le féliciter de cette intervention qui contribuera à sauver des vies ».

Dans les trois îles, il n’y a eu aucune réaction, ni pour féliciter le gouvernement, ni pour le blamer. Pourtant, cet événement semble montrer qu’à l’approche de la visite du président Hollande aux Comores en juillet prochain, il y a un rapprochement quant aux pratiques judiciaires s’agissant de la répression sur les candidats aux déplacements entre la Grande-Comore, Mohéli et Anjouan d’une part et Mayotte de l’autre. La justice comorienne empruntant les procédures de la justice française en la matière.

Mais, même si les juristes comoriens sont restés silencieux face à cette décision de la justice comorienne, il convient de se demander, d’une part, si la loi comorienne prévoit la destruction de vedettes avant même que le délit ne soit commis, et d’autre part, si la libre circulation entre les quatre îles des Comores n’est plus garantie par la Constitution.

Bien sûr, on nous opposera la sécurité et le nombre de morts chaque année entre Mayotte et Anjouan. Mais alors, pourquoi la gendarmerie et la justice comorienne ne pourraient pas jouer le jeu de la sécurisation de ce genre d’embarcations, en exigeant qu’elles soient aux normes, que les passagers soient moins nombreux, qu’ils aient des gilets de sauvetage… Pourquoi reproduire ce qui se passe à Mayotte ?

Il parait évident que le gouvernement comorien cherche à satisfaire des exigences de l’Etat français, même si cela va à l’encontre des droits fondamentaux des Comoriens, et cela sans rien obtenir en contre-partie, puisqu’il continue à demander à la France, au moins un assouplissement significatif des conditions de délivrance des visas entre Mayotte et ses trois îles soeurs. En vain.

Mahmoud Ibrahime

Un kwasa a encore échoué entre Anjouan et Mayotte, 35 morts.

Un kwasa a encore échoué entre Anjouan et Mayotte, 35 morts.

Le peuple comorien était de nouveau en deuil le 13 mai dernier. Un kwasa-kwasa transportant 45 passagers, parti d’Anjouan vers Mayotte, a échoué en pleine mer. On comptabilise 35 disparus (morts) et 10 personne seulement ont été repêchés. Ce serait un membre de la famille d’une des victimes qui aurait informé les services de la police française du naufrage de cette embarcation.

Selon le journal France-Mayotte matin, l’embarcation a été bien vue par les radars français, seulement, comme elle n’était pas encore dans les eaux jugées françaises, ils ont décidé de ne pas intervenir directement, mais ont quand-même informé les autorités comoriennes.

Les Comoriens sont tristes et pleurent leurs enfants qui périssent régulièrement dans ce bras de mer pour tenter d’entrer à Mayotte en échappant à la police française. Ce drame se produit après celui qui est survenu la nuit du dimanche 9 au lundi 10 février 2014 qui a fait 6 morts (et un disparu), tous enterrés au cimetière de Mtsaperé.

Depuis 1994, nous comptabilisons 20 ans de souffrances, 20 ans de deuils répétitifs, 20 ans de douleurs. Les cœurs de tous les Comoriens saignent. Ce sont, à chaque fois, des hommes et des femmes jeunes qui meurent.

Qu’est-ce qui est le plus important pour un dirigeant que de défendre son peuple ? Si on continue à ignorer cette question capitale, celle de la disparition massive et brutale de beaucoup de nos compatriotes, comment sera l’avenir de notre pays ? Il est temps de réagir pour arrêter ces drames, car ce sont les enfants de notre patrie qui meurent pour tenter une meilleure vie de l’autre côté parce que dans les trois îles indépendantes la vie est difficile.

   Abdourahim Bacari

L’affaire Boléro ou l’histoire comorienne dévoyée

L’affaire Boléro ou l’Histoire comorienne dévoyée

Hamada Madi Bolero,           Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Les propos tenus par Hamada Madi Boléro considérés comme vérité historique ont réussi à faire du tapage médiatique dans l’opinion publique comorienne alors qu’ils sont loin d’être une vérité historique. Ils constituent une instrumentalisation de l’histoire à des fins politiques.

Pour Boléro, Ali Soilihi est le premier putschiste comorien et il est originaire de la Grande-Comores; et Saïd Mohamed Cheikh est le grand cerveau du transfert de la capitale de l’archipel de Dzaoudzi (Mayotte) vers Moroni, et c’est encore un originaire de Ngazidja. Ces deux éléments d’information sont une vérité historique pour le journaliste intervieweur, ainsi que le Comorien lambda.

Pour le lecteur ou l’auditeur de cette interview, une seule question lui taraude la tête qu’est-ce qu’une vérité historique ? Qu’est-ce qui différencie l’historien, le juge et le journaliste dans l’investigation des faits ? La question du régime de vérité de l’histoire déborde cependant très largement celle de l’impartialité du chercheur et du désintéressement de la recherche. C’est aussi une question de méthode : La vérité en histoire, c’est ce qui est prouvé. Or Boléro n’apporte pas des preuves à l’appui de ces allégations, il fait des déclarations auprès d’un journaliste, il n’est pas un historien spécialiste de l’ histoire politique comorienne. C’est un homme politique comorien comme tant d’autres qui fait son show pour exister politiquement et répondre aux détracteurs qui veulent rabaisser les Mohéliens.

L’investigation, au sens où l’on parle d’investigation d’un juge d’instruction ou d’un journaliste, est la méthode utilisée pour établir des faits, les enchainements, les causes et les responsabilités. Dans sa recherche de la vérité, le juge procède comme l’historien ; il relève toute une gamme de faits, le mobile, les indices et les preuves formelles. La différence entre le juge et l’historien ne réside pas dans l’investigation, mais dans la sentence. Le juge doit trancher, au terme de l’enquête et le doute bénéficie à l’ accusé. L’ historien est plus libre ; il peut suspendre le jugement, et dresser la balance des présomptions et des doutes, car la connaissance échappe aux contraintes de l’action. En   revanche, il y a eu des moments où le journaliste pris dans le vif de l’actualité écrit ou dit des choses avec exactitude et parfois, il diffuse des informations de manière partielle sans vérifier minutieusement ses sources. Pour l’homme politique, l’objectif est de séduire un électorat ou appâter un auditoire, il n’hésite pas à user de la démagogie.

Comme disait Thucydide il faut séparer nettement le merveilleux mythique de la réalité historique, vérifier avec soin ses sources (écrites ou orales) pour démêler le vrai du faux, et de ne pas s’embarrasser d’anecdotes. A force de répéter aux quatre coins des journaux qu’il n’y a pas de vérité en histoire mais seulement des interprétations subjectives et relatives, le public va finir par le croire.

 Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY

Colères des politiciens maorais après le Conseil des Ministres de la COI à Moroni

Colères des politiciens maorais après le Conseil des Ministres de la COI à Moroni

Daniel Zaïdani, Président du Conseil Général de Mayotte

Daniel Zaïdani, Président du Conseil Général de Mayotte

Pour consolider leurs relations, les îles de l’océan indien membre de la COI se réunissent chaque année pour discuter sur des points sensibles et importants au sujet de l’économie, l’environnement, la coopération régionale… Du 10 au 11 avril, le Conseil des Ministres de la COI s’est tenue à Moroni pour discuter de l’ouverture de l’organisation à d’autres Etats, son autonomie financière ainsi que d’autres sujets jugés stratégiques. Tous les représentants des îles membres présents se disent satisfaits du déroulé de la réunion et de l’accueil chaleureux qui leur a été réservé par les autorités comoriennes. Par ailleurs, Ahmed Attoumani Douchina, désigné par le président du Conseil Général de Mayotte s’est vu interdit de participer à cette réunion. Un geste qui choque profondément les Maorais en général et une honte pour le Conseil Général en particulier. Le plus triste pour les dirigeants politiques maorais, c’est le fait que Douchina a été interdit par ceux qui étaient censés le défendre. A Mayotte c’était la panique générale, les habitants croyant que la décision venait directement des autorités comoriennes. Mais, mardi 16 avril, lors du journal de 19 heures de Télémayotte, l’invité du jour, Daniel Zaïdani, Président du Conseil Général a donné plus de précisions sur la question. Il a dit comprendre la position des autorités comoriennes sur le représentant maorais. Mais ce ne sont pas eux qui l’ont interdit de prendre part à la réunion selon le président du Conseil Général. C’est plutôt Claudine Ledoux, ambassadrice déléguée à la coopération régionale dans l’Océan Indien. Daniel Zaïdani trouve ce geste très dangereux pour l’avenir et le devenir de Mayotte. « C’est dangereux pour notre département et une honte pour les responsables de la République française qui n’osent pas défendre à haute voix et beaucoup de fermeté le statut de Mayotte à l’extérieur des territoires français, surtout à Moroni » a-t-il déclaré. Le président du Conseil Général a appris aux Maorais qu’il a désigné Attoumani Douchina parce que le Préfet lui avait dit que Mayotte pouvait participer à ce Conseil des ministres de la COI. Ce refus de Claudine Ledoux de la participation d’Attoumani Douchina à cette réunion de la COI s’est produit quelques semaines avant le quatrième anniversaire de la départementalisation de l’île de Mayotte. Il faut également noter que les dirigeants politiques maorais ne sont pas indifférents à ce qui se passe en ce moment en Europe de l’Est, notamment en Crimée, l’annexion de celle-ci par la Russie étant jugée par l’État comorien et dans le monde comme comparable au cas maorais.

Abdourahim Bacari (Papadjo)

Mayotte. Zena Meresse n’est plus

Mayotte. Zena Meresse n’est plus

 

Zena Meresse, l’une des figures du combat des Maorais pour la séparation avec les Comores, est décédée dans la nuit du vendredi 11 avril 2014 et enterrée à Pamandzi le samedi suivant, après la prière de l’answir. Elle fut dans les années 1960, l’une des lieutenants de Zaïna Mderé dans les opérations contre le gouvernement comorien. Elle a souvent raconté pour les médias et pour les Archives de Mayotte comment les « chatouilleuses » s’en prenaient à des ministres comoriens en les chatouillant, même s’il est fort probable qu’aucun ministre comorien n’a réellement subi cette épreuve (ou un seul).

Zaina-Méresse

Zena Méresse, ancienne Soroda, Conseillère Général de Mayotte, Conseillère municipale de Dzaoudzi

Comme beaucoup de filles à cette époque, elle est sortie très tôt de l’école occidentale pour se consacrer aux études religieuses dans les shioni. Plus tard, elle se marie à un Français (Marcel Meresse). Ce mariage lui permet de mieux connaître la langue française et c’est par ce biais qu’elle entre dans le mouvement « Soroda ». En effet, c’est Zéna Mderé qui est venue la chercher pour faire l’interprète auprès des autorités françaises lors des négociations. Cela valu à son mari qui travaillait dans l’administration d’être renvoyé par le gouvernement de l’autonomie interne. Même après avoir gagné leur procès contre l’administration, le couple vivra de bricoles pendant 15 ans.

Dès lors, Zena Meresse sera de tous les combats contre le gouvernement de Saïd Mohamed Cheikh : elle fait partie des femmes qui lapident sa résidence en 1966, elle est parmi celles qui entrent dans les administrations pour retirer les portraits du président comorien (à sa demande après sa visite mouvementée). Elle est présente lors de l’affrontement entre « Serrer-la-main » dont une délégation veut se rendre à Moroni et des « Soroda » qui veulent les en empêcher, événement au cours duquel fut tuée par balle Zakia Madi (13 octobre 1966). Elle est parmi les militants du Mouvement Populaire Maorais (MPM) qui mènent l’attaque contre l’office de Radio (ORTVR) à Dzaoudzi afin de le fermer.

Zena Méresse est née à Kani-Kélé vers 1933. C’est aussi la ville où naquit sa mère, mais sa grand-mère venait de Sainte-Marie, une île de Madagascar qui avait demandé son rattachement à la France au moment où la Grande Ile prenait son indépendance. La France avait refusé sans hésitation.

La grand-mère s’était installée à Sandravangue, un des quartiers historiques de Pamandzi, avant d’être mariée par un homme de Kani-Kelé. Zena Meresse a donc vécu toute sa vie à Pamandzi, où elle repose depuis samedi.

Après l’indépendance Zena Meresse a été élue Conseillère Générale (seule femme jusqu’à très récemment) et Conseillère municipale de Pamandzi. Elle occupa ce dernier poste pendant 12 ans. Son combat contre l’État comorien et pour un rattachement définitif avec la France n’a jamais cessé, bien qu’elle reconnaissait qu’avant l’autonomie interne les relations entre tous les Comoriens étaient bonnes avec des mariages entre les gens des quatre îles.

Zena Méresse était devenue officier de la Légion d’Honneur l’année dernière.

Mahmoud Ibrahime

D’Anjouan à Mayotte : La traversée de la mort

D’Anjouan à Mayotte : La traversée de la mort   

 

Mayotte

Mayotte, une des quatre îles de l’archipel des Comores, sous administration française

Géographiquement et culturellement, Mayotte fait partie des Comores. Si la consultation de l’ensemble de l’archipel donnait une très large majorité pour « l’indépendance dans la coopération et l’amitié avec la France », une fois l’indépendance proclamée d’une manière unilatérale, un autre référendum en 1976 a changé la donne naturelle et l’ile a rejoint la France.

Les bisbilles et les palinodies des autorités comoriennes successives sur la question de Mayotte n’apportent rien aux Comoriens, en revanche,  les milliers de morts enregistrés ces dernières années abiment voire anéantissent beaucoup de familles comoriennes des iles indépendantes.

Au niveau des deux pays, les majorités politiques passent, et on continue à pratiquer la politique de l’autruche. D’une part les autorités comoriennes, depuis les années 1970 réclament rituellement, parfois à cor et à cris pour monter les enchères lors de l’Assemblée générale de l’ONU, à d’autres moments la question de Mayotte est mise au placard ; et d’autre part Paris prend acte du choix des Maorais, consolide son implantation dans l’ile et dans l’océan indien  sans être inquiétée par une diplomatie comorienne, incapable de peser à l’Onu.

L’Union des Comores peut continuer à dénoncer la présence de la France à Mayotte, mais la France n’est pas la seule nation des pays européens qui occupe une terre étrangère. Gibraltar et les Malouines sont occupés par le Royaume-Uni. Ceuta et Melilla, entités marocaines sont occupées par l’Espagne.

Sept migrants  clandestins se sont noyés dans le naufrage de la barque de pêche qui les transportait, juste en arrivant dans le lagon de Mayotte, au début du mois de févier 2014. Ce drame maorais a remis au centre du débat la question migratoire entre les autorités des deux pays. Du côté de l’ Union des Comores, c’est l’émotion, des condamnations molles sans lendemain et à Mayotte, on se justifie en disant que l’ile n’est pas une passoire et que c’est aux autorités comoriennes de dissuader leurs ressortissants de ne pas risquer leurs vies en mer. Du coup, la question de l’émigration comorienne vers Mayotte est devenue une patate chaude entre la France et les Comores.

Pourquoi les Comoriens des îles indépendantes migrent vers Mayotte ? Les gens  migrent d’abord dans l’espoir d’offrir à leurs enfants un avenir meilleur. Ce ne sont pas des considérations à court terme qui les motivent, mais des aspirations à long terme. Nous tenons à rappeler ici  qu’auparavant la circulation des hommes et des biens se faisait sans restriction jusqu’à l’instauration du  « visa Balladur » en 1995. Extrêmement difficile à obtenir, il pousse certains à entreprendre clandestinement la traversée de la mort entre Anjouan et Mayotte.

De plus, une fois avoir échappé à ce couloir de la mort, ces comoriens sont  menacés par des mouvements de xénophobie qui reviennent périodiquement à Mayotte. En réalité, Mayotte ne sera jamais une citadelle impénétrable. La maitrise souhaitable de ce flux migratoire n’exempte pas, de toute façon, la France de son devoir humanitaire. On ne dissuadera pas les migrants des îles voisines en les laissant se noyer « pour l’exemple ». cette maitrise passe sans doute moins par la contrainte que par une politique de co-développement nettement plus ambitieuse entre les deux pays.

 

Mohamed IBRAHIM  MIHIDJAY

 

De Bolero, Saïd Mohamed Cheikh et Ali Soilihi

Hamada Madi Bolero,           Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Beaucoup de Comoriens sur internet ont réagi contre les propos du directeur de cabinet du Président de la République, Hamada Madi Boléro qui mettaient en cause les présidents Said Mohamed Cheik et Ali Soilihi, en les désignant comme des Wangazidja. Certains demandent sa démission immédiate pour ce dérapage de trop. Il est normal que des voix s’élèvent contre tous les propos séparatistes, surtout quand ils viennent d’un responsable tel que le directeur de cabinet à la présidence, chargé de la défense. Depuis très longtemps, notre pays est confronté à la réalité des guerres de chefs. L’affaire du séparatisme touche beaucoup de nos dirigeants politiques et implique de nombreux intellectuels comoriens.

Cet article ne défend personne, encore moins HAMADA Madi Boléro qui a tenu des propos séparatistes, bien qu’il est vrai SAÏD MOHAMED CHEIKH, président du conseil de gouvernement et ALI SOILIH MTSACHIWA, président révolutionnaire ont respectivement pendant leur règne eu des comportements indignes pour le poste qu’ils occupaient. L’histoire est là. L’histoire ne peut s’empêcher de juger ces deux grands présidents, paix à leurs âmes. L’histoire est différente des juges qui siègent dans les palais de justice de notre pays. L’histoire ne procède jamais au jugement partiel. L’histoire n’ignore personne. L’histoire n’ignore aucun acte. L’histoire n’ignore aucun propos. L’histoire n’a peur de juger telle ou telle personnalité. L’histoire est exigeante. L’histoire nous ouvre grand les yeux pour regarder le passé afin de mieux avancer dans l’avenir sans nul doute sur qui que ce soit.

Donc l’histoire jugera HAMADA Madi Boléro certes. Mais, il est vrai qu’en 1966 SAÏD MOHAMED CHEIKH a ostracisé les Mahorais et a juré de ne jamais mettre ses pieds dans cette île parce que certains Mahorais l’ont hué. C’est un acte indigne pour un président. Oui c’est un acte indigne car il l’a fait. De 1966 jusqu’à sa mort, le président CHEIKH n’a pas remis ses pieds à Mayotte. Il est vrai que le président ALI SOILIH est le premier à organiser un coup d’Etat dans notre pays. Un acte barbare et détestable qui sera utilisé contre lui par AHMED ABDALLAH ABDEREMANE et les mercenaires de BOB DENARD. Ce sont des évènements que l’histoire a enregistré. Donc personne ne peut les effacer. Revenons un peu sur le coup d’Etat orchestré par ALI SOILIHI et les raisons qu’il a donné.

Dans l’interview qu’il avait accordée à Félix Germain et publiée par Libération, à Paris, les 8 et 12 septembre 1975, Ali SOILIHI MTSACHIOI avait déclaré: « Une autre raison majeure du coup d’État a été Mayotte ; Ahmed ABDALLAH allait publier le 4 août son décret sur la nouvelle Constitution et préparait une “solution” pour les trois îles, laissant Mayotte à l’écart… Nous ne pouvions pas rester impassibles. Il fallait lever l’obstacle ABDALLAH à l’intégrité territoriale. Depuis plus de dix ans, l’erreur du clan “vert” [parti conservateur] a été de vouloir imposer à Mayotte un groupuscule en y mettant les moyens contre la majorité qui soutient le Mouvement populaire mahorais. Le 6 août, je suis arrivé à Mayotte et j’ai rencontré Marcel HENRY, que je connais de longue date. Lui et le Conseil de son mouvement semblaient d’accord pour collaborer avec nous. Mais le lendemain, malgré ses promesses, HENRY a fait un discours très dur contre nous, qui m’a fait un coup. On dira que je suis un idéaliste, mais je crois à la parole des amis, et si on ne peut plus croire les gens, inutile de continuer. Je suis donc retourné les voir»[1]. Il est vrai que chez Ali SOILIHI MTSACHIOI, le réalisme allait de pair avec un idéalisme révolutionnaire ouvertement et clairement assumé.

D’ailleurs, en 1975, quand Ali SOILIHI a renversé Ahmed ABDALLAH ABDEREMANE, ce dernier s’était replié sur son île natale (Anjouan), avec la ferme intention de faire de l’île un autre État indépendant. Pour sa part, le ministre de l’Intérieur de l’époque et chef de l’État en 1996-1998, Mohamed TAKI ABDOULKARIM, avait tout simplement proclamé la sécession de sa région natale du Hamahamet, en Grande-Comore. L’histoire nous rappelle des choses ! C’est choquant mais vrai ! Il est vrai que ce sont tous des grands hommes, des hommes qui ont essayé de booster le pays mais n’étant pas des prophètes, acceptons aussi leurs erreurs s’il vous plait. Car c’est en acceptant leurs limites que nous pourrions à notre place tirer les leçons pour que pareils actes ne se répètent dans notre pays.

Avant l’organisation des élections qui ont amené IKILLILOU DHOININE à la tête de l’Etat, beaucoup de nos intellectuels et certains partisans de SAMBI disaient ouvertement qu’à Mohéli personne n’est à la hauteur de présider le pays. Récemment encore ABOUBACAR SAÏD SALIM, que nous respectons beaucoup par rapport à sa contribution dans la culture et littérature comorienne, a qualifié le président de la République « d’un petit président de la toute petite île ». Nous avons tous lu ses propos sur sa page Facebook.  Mais personne n’a réagi pour dire stop. Notre silence permet à certains de nos hommes politiques de dire n’importe quoi, n’importe où et à n’importe quel moment.

Le contexte du séparatisme est encore là. Donc, il est inadmissible d’entendre un dirigeant corroborer un discours qui risque de réveiller les séparatistes. Au stade où nous sommes, le pays a besoin des rassembleurs. Donc, il est temps pour les internautes de veiller sans relâche pour l’unité et l’intégrité territoriale des Comores. Réagir quel que soit la personne, car c’est comme ça que nous pouvons isoler les malfaiteurs de l’appareil de l’Etat. Arrêtons les arguments sélectifs et corporatistes, car, ils ne nous amèneront nulle part. L’amour envers la patrie doit être plus fort que les relations amicales ou entre frères que nous entretenons les uns avec les autres.

Abdourahim Bacari


[1] Cité par Emmanuel et Pierre VÉRIN : Archives de la Révolution comorienne 1975-1978. Le verbe contre la coutume, L’Harmattan, Collection « Archipel des Comores », Paris, 1999, pp. 13-14.

Diplomatie française : « Fais ce que je dis, pas ce que je fais »

Archipel des Comores

Archipel des Comores

Les Comores sont sans doute le seul pays dont a défini clairement les frontières au moment de son entrée à l’ONU. En effet, la résolution qui admettait les Comores au sein de cette organisation internationale le 12 novembre 1975 et en faisait donc un État reconnu par ses pairs, citait clairement la composition des Comores et définissait par le même geste les frontières du nouvel État : Grande-Comore, Anjouan, Mayotte et Moheli.

Or, la France, l’ancienne puissance coloniale, a tenté de modifier ces frontières à deux reprises après leur fixation le 12 novembre 1975 par le droit international.

D’une part, par le référendum du 8 février 1976, et par lequel, après le renvoi des opposants dans les autres îles, 99% des habitants se sont prononcés pour la « francisation » de l’île.

D’autre part, par le référendum du 11 avril 1976 par lequel les Maorais ont rejeté massivement le statut de territoire d’outre-mer.

En 1976, l’ONU avait condamné l’organisation de ces deux référendums estimant que la France avait violé « la souveraineté de l’État comorien » et son « intégrité territoriale ». L’organisation avait d’ailleurs condamné d’avance tout autre référendum que la France pourrait faire dans l’île.

Tirant sans doute la leçon de ces condamnation, la France avait évité d’installer une vraie frontière entre Mayotte et le reste de l’archipel. Pendant vingt ans, de 1975 à 1995, les Comoriens circulaient librement entre les quatre îles. Puis, soudain, en 1995, le gouvernement français a décidé d’une manière unilatérale d’installer une barrière entre Mayotte et le reste de l’archipel en exigeant un visa d’entrée dans cette île. Puis, en 2009, feignant de négocier avec le président Sambi dans le cadre du Groupe de Travail de Haut Niveau (GTHN), la France organise un nouveau référendum et transforme l’ile en département français. Sur la lancée, elle obtient le soutien des pays européens pour faire de Mayotte une région ultra-périphérique de l’Europe.

La France a donc modifié les frontières internationalement reconnues de l’Etat comorien, progressivement de 1975 jusqu’en 2010, au mépris d’une vingtaine de résolutions de l’ONU qui condamnent la présence française à Mayotte, mais avec la bénédiction silencieuse de la communauté internationale.

C’est donc avec un certain amusement que les Comoriens entendent régulièrement le gouvernement français évoquer le respect d’une résolution de l’ONU pour intervenir militairement dans certains pays du tiers-monde. Ils ont été encore plus amusés et on réagi nombreux sur les réseaux sociaux par la diffusion d’une phrase du Ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, déclarant dans le journal Le Monde du 6 mars, à propos de la crise en Crimée et de l’évocation d’un réfendum :

 » En droit international on ne peut pas faire un référendum pour modifier des frontières. Imaginez un département de France qui demande son indépendance ! Et si cela se généralisait à d’autres Etats… Après, tout dépend de la question qui va être posée. S’il s’agit d’aller vers davantage de décentralisation, d’accord. Mais si, en revanche, c’est une manière de changer les frontières, cela pose problème « .

En lisant cela, on se dit : soit Laurent Fabius, qui est en politique depuis plus de trente ans, ignore la politique qui a été menée par son pays aux Comores ces dernières années, soit il est cynique en remuant dans le coeur des Comoriens un couteau enfoncé depuis 1975.

Mahmoud Ibrahime