Politique

La fédération Radhi-France réagit suite à la fermeture de la compagnie Int’Air Iles

logoRadhinouveauLe communiqué annonçant l’arrêt des activités de la compagnie aérienne Int’Air Ile a suscité peu de réactions dans la sphère politique. Vingt-quatre heures après le communiqué du Directeur d’Int’Air Iles, la fédération RADHI-France réagit et regrette la fermeture de cette compagnie fondée et gérée par des investisseurs nationaux.

Dans un communiqué diffusé ce dimanche 30 juillet, RADHI-France exprime sa colère face au dépôt de bilan d’Int’Air Iles, surtout que quelques mois auparavant, une autre compagnie comorienne, AB-Aviation a été également contrainte d’arrêter ses activités par les exigences de la même agence gouvernementale. Le Bureau de la Fédération du parti RADHI en France laisse entendre que le gouvernement comorien est à l’origine de l’écroulement des compagnies comoriennes au profit des entreprises étrangères comme on peut le lire dans ce communiqué : « la suppression de deux compagnies comoriennes pour favoriser des compagnies étrangères est une honte pour tout comorien qui aime son pays ».

C’est dans un ton ferme que cette fédération critique les actions du chef de l’État et de son gouvernement et parle de « crime économique » en précisant que « 130 » personnes seront désormais au chômage suite à la fermeture d’Int’Air Iles. La déclaration n’a pas omis de souligner les « 7000 emplois » supprimés dans la fonction publique par le gouvernement actuel dès le début de la prise de fonction. Alors que la baisse du chômage faisait partie des promesses du chef de l’État pendant sa campagne, c’est le contraire qui se produit « le président Azali (…) écrase les initiatives nationales et détruit des emplois depuis un an ».

Natidja HAMIDOU


FÉDÉRATION RADHI-France

Radhi.france2@gmail.com

COMMUNIQUÉ

30.07.17

 

La société INT’AIR ILES a annoncé la cessation de ses activités à partir du 30 juillet 2017, ne pouvant faire face aux exigences inconsidérées de l’Agence Nationale pour l’Aviation et la Météorologie (ANACM). Après la mise à mort il y a quelques mois de la compagnie AB Aviation, c’est la deuxième disparition d’une compagnie aérienne comorienne depuis le retour au pouvoir du président Azali, il y a un peu plus d’un an. Et comme par hasard, on nous annonce au même moment l’arrivée d’une nouvelle compagnie qui a les faveurs du gouvernement.

La suppression de deux compagnies comoriennes pour favoriser des compagnies étrangères est une honte pour tout Comorien qui aime son pays. Au regard de la situation géographique de notre archipel, c’est un crime économique. Au-delà de la fragilisation du secteur privé, du manque de soutien aux initiatives privées, le gouvernement du président Azali a procédé à des destructions d’emploi dans ces deux compagnies, 130 emplois pour la seule société INT’AIR ILES. A cela s’ajoutent plus de 7000 emplois détruits dans la fonction publique. N’en déplaise à ses partisans, qui continuent à soutenir des actions qui sont défavorables à l’économie nationale et qui avantagent des opérations opaques venues de l’extérieur, il y a un vrai décalage entre le candidat Azali qui promettait le plein emploi et qui disait qu’il fallait que les Comoriens comptent d’abord sur eux-mêmes d’une part et d’autre part le président AZALI qui écrase les initiatives nationales et détruit des emplois depuis un an.

À longueur de journée, le président de la République et ses partisans nous chantent la chanson de l’émergence, mais dans les faits nous assistons à une politique économique qui conduit à l’échec les investisseurs nationaux. On peut légitimement se demander quels desseins guident les dirigeants du pays à agir ainsi au détriment des investisseurs comoriens.

La fédération RADHI-France apporte son soutien aux investisseurs nationaux victimes des opérations du gouvernement du président Azali, ainsi qu’aux familles qui vont devoir vivre avec le chômage à partir d’aujourd’hui.

La Fédération RADHI-France condamne fermement cette politique destructrice et demande au président de la République et à son gouvernement de se ressaisir et de changer de cap en soutenant les opérateurs économiques au lieu de les enfoncer.

Enfin, nous appelons l’ensemble des partis politiques à ne pas rester muets face à une politique anti-nationale en attendant une hypothétique entrée au gouvernement, et la société civile à ne pas se laisser endormir par une aide à l’organisation d’Assises Nationales qui risquent d’ailleurs d’être manipulées et détournées à d’autres fins et de dénoncer les entraves qui sont faites aux intérêts nationaux.

Le Bureau de la Fédération RADHI-FRANCE

Dr Sounhadj a remporté son procès contre Juwa

SounhadjLe conseiller Santé et cohésion sociale du Président Azali, Dr Sounhadj, récemment exclu du parti Juwa a remporté une première bataille dans la guerre qui l’oppose au Président d’honneur Ahmed Sambi et certains cadres qu’il avait attaqués dans des termes assez durs.

En effet, le Tribunal de Première Instance de Moroni a ordonné la réintégration et le rétablissement du Dr Sounhadj dans ses fonctions de Secrétaire Général Adjoint du parti Juwa et de président de la Commission d’organisation du Congrès prévu les 16 et 17 septembre 2017.

Sounhadj Attoumane avait saisi le Tribunal après son exclusion et celui-ci avait convoqué le Secrétaire Général, Ibrahim Mohamed Soulé pour avoir des explications. L’argumentation du parti semblait simple : Dr Sounhadj n’avait pas été élu, mais désigné par le Secrétaire Général. Il était donc simple de le destituer.

Mais, voilà ! Son exclusion n’avait pas été faite conformément aux statuts mais par la seule volonté du Président d’honneur et cela fait un moment qu’il est reconnu comme Secrétaire Général Adjoint du parti.

Ce jugement place Sounhadj comme une épine au talon d’un parti qui veut devenir central dans l’opposition au président Azali. Mais, une question se pose : puisque le président Azali a rompu avec Juwa et ses ministres, pourra-t-il laisser en place Dr Sounhadj comme conseiller ? Le Dr Sounhadj pourra-t-il lui-même  être à la fois conseiller du président et Secrétaire Général Adjoint d’un parti résolument dans l’opposition ? Curieuse situation qui explique, en partie, cette assertion du Directeur de Cabinet du président de la République, rapporté par La Gazette des Comores, au lendemain de l’exclusion des Ministres Juwa du gouvernement :  » c’est une rupture temporaire ».

MI.

La plateforme de gouvernement Azali-Fahmi a été rendue publique

C’est le Coordinateur du parti Juwa à Anjouan, Mahamoud Elarif, qui a rendu public ce jour la plateforme de gouvernement qui a été signée entre les candidats du parti Juwa et le candidat Azali le 27 mars 2016, entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Cette plateforme était demeurée secrète jusqu’à ce que le Président Azali décide de renvoyer du gouvernement les Ministres du parti Juwa, y compris Fahmi Saïd Ibrahim, le principal signataire.

Cette plateforme intitulée « Plateforme pour la renaissance des Comores » est composée de 9 axes. Le premier intitulé « Du cadre institutionnel et politique  » devait en réalité régler à l’avantage du parti Juwa un certain nombre de points sur lesquels le parti se battait : laisser la tournante faire un tour complet, remettre en cause l’élection du président de l’Assemblée de l’Union, remettre en cause la participation des chefs de villages et de quartiers à l’élection des maires… Dans ce premier axe, il est étonnant de voir que les deux parties promettent de se soutenir pendant les élections de 2020 et de 2021 ou même de constituer une majorité à l’Assemblée alors qu’il ne s’agit que de l’engagement de cinq personnalités, en dehors de leurs partis respectifs comme il a été rappelé par les uns et les autres ces derniers temps.

Certaines dispositions de l’Axe 2 prêtent à sourire quand on sait ce qui s’est passé dans le gouvernement issu de cette Plateforme : lutte contre la corruption, réduction du train de vie de l’Etat (réduction des voyages notamment), « Respecter les procédures légales d’appel d’offre des marchés publics »… on dirait que le gouvernement s’est attaché à ne pas respecter cette plateforme ! Et l’on se demande comment certains membres ont pu garder le silence.

Dans l’Axe 7 consacré à « la diaspora comorienne » était prévu le vote de la diaspora qui avait été planifié par le gouvernement précédent avant les présidentielles.

Le dernier axe (De la question de l’île comorienne de Mayotte) prévoyait la création d’une Commission Nationale sur la question de Mayotte. Pourtant depuis la mise en place de ce gouvernement, la question de Mayotte n’a jamais été sérieusement abordée. Comme les gouvernements précédents depuis 1995, le gouvernement Azali 1 a fait retirer la question de l’ordre du jour provisoire de l’Assemblée Générale de l’ONU en 2016 et le gouvernement Azali 2 devrait faire la même chose d’ici quelques jours.

Il est probable que dès la signature de cette Plateforme d’accord, le camp du candidat Azali Assoumani savait qu’elle était inapplicable d’autant qu’elle n’engageait que la personnalité du candidat. Quant aux candidats du parti Juwa (non soutenus par leur parti en ce qui concerne cette alliance), conscients que le candidat Azali Assoumani n’avait pas trop le choix s’il voulait gagner, il lui ont imposé des mesures visant à leur donner un avantage certain dans le gouvernement, mais de fait inapplicables pour la plupart si le parti du Président et les autres partis et personnalités avec lesquels Azali s’était engagé n’approuvaient pas.

 


PLATEFORME D’ACCORD
ENTRE LES CANDIDATS SIGNATAIRES POUR UNE ALTERNANCE
DEMOCRATIQUE EN 2016 ET LE RENFORCEMENT DE L’ETAT DE DROIT 
AUX COMORES

Considérations générales 
La victoire du prochain Président de la République sera le fruit de la combinaison de réflexions et d’engagements par des personnalités politiques nationales, des hommes et des femmes, convaincus de la nécessaire alliance politique pour faire triompher le candidat. Cette alliance doit d’une part, mettre immédiatement en œuvre une politique de consolidation de notre souveraineté et de notre intégrité territoriale et d’autre part engager des réformes hardies, audacieuses par l’exécution de projets de développement socioéconomiques. 
Gouverner ensemble ce n’est pas seulement partager des responsabilités gouvernementales, c’est aussi et surtout partager un projet de société, avoir une vision d’ensemble commune, harmonieuse et engageante pour les parties qui s’allient et sont prêtes à les réaliser. Tel doit être l’esprit principal, le point de focalisation, de ralliement et de convergence de toutes les forces à verser dans cette bataille. 
Et c’est parce que les partis politiques en ont assez de se faire reprocher de division, d’immobilisme et d’absence de souci pour l’intérêt général de notre population qu’il est urgent et impératif de se doter d’une plateforme politique pour mieux se positionner, se faire entendre et agir ensemble demain pour le redressement rapide de notre pays.
Aussi, face à l’urgence d’un redressement économique et social de notre pays, un autre modèle de gouvernance dans lequel chaque comorien trouvera sa place, s’impose.
Considérant la conjoncture sociopolitique issue du scrutin électoral, caractérisée de fraudes et d’irrégularités prouvées ;
Considérant qu’un seul parti et encore moins un seul homme ne peut à lui tout seul ou avec ses seuls partisans gagner cette élection et relever les nombreux défis auxquels le pays est confronté ;
Considérant que le climat lourd et délétère actuel dans le pays, conduit les responsables politiques à la nécessité absolue d’apaiser et de rassembler notre peuple autour d’un projet commun de bonne gouvernance pour assurer une paix réelle, une stabilité et une cohésion sociales propices au développement multisectoriel de notre nation ;
Considérant que le temps est venu d’unir par un élan de sursaut national toutes les forces vives de la nation pour opérer dans la sagesse ces réformes ;
Conscients de la nécessité d’avoir, à l’issue du prochain scrutin présidentiel un gouvernement cohérent, stable, dynamique, populaire et solidaire autour du chef de l’Etat pour s’atteler rapidement à la tâche ;

Convaincus que les forces vives de la nation ont le devoir de s’engager dans la recherche de solutions aux problèmes d’énergie, d’eau, de santé, de justice, de formation, de travail, d’éducation, de transport, et d’infrastructures diverses ;
Contexte Général
Quarante ans après notre accession à l’indépendance, le bilan économique, social et politique du pays demeure faible. Les Comores sont toujours dans le peloton de queue des Pays les Moins Avancés (PMA) avec un PNB par habitant d’environ 790 dollars et la pauvreté frappe durement près de 40 % de la population. Le chômage, qui atteint 14 %, laisse la jeunesse et les forces vives du pays dans un désœuvrement désespérant. Au cours de ces dernières années le taux de croissance du PIB a chuté d’environ 4 % en 2002 à environ 1 % actuellement. 
Après ces quarante années d’indépendance, l’économie comorienne reste dominée par un secteur agricole toujours au stade artisanal et par le commerce. L’administration publique hypertrophiée est toujours le principal pourvoyeur d’emplois, le secteur privé restant marginal. L’industrie est quasi-inexistante. Ni la pêche, ni le tourisme, les deux secteurs qui recèlent des potentialités de croissance de l’économie et d’emplois, ne sont soutenus par les pouvoirs publics. 
Dans le classement en 2015, de la perception de la corruption par Transparency international, les Comores sont classés 161ème sur 174 pays, loin derrière les Seychelles 67ème et Maurice 69ème. 
Les comoriens perçoivent la justice de leur pays comme profondément inéquitable. Faits gravissimes et révélateurs, ces dernières années, de ce manque de confiance en la justice, des citoyens se sont « rendus justice » eux mêmes. 
Les projets exécutés ces dernières dans les secteurs sociaux Santé et Education n’ont pas été capables de répondre aux besoins d’une population en croissance (2,7% par an). 
Dans le secteur de la santé, les soins de base sont assurés difficilement dans les zones périphériques et rurales tandis que les hôpitaux de référence sont en état de délabrement avancé et l’accueil des malades y est déplorable. Cette situation pousse de nombreux comoriens à se rendre dans les pays voisins pour s’y faire soigner.
L’éducation, malgré des progrès significatifs au niveau du primaire, n’est pas en adéquation avec le marché de l’emploi. De très nombreux jeunes diplômés se retrouvent au chômage à l’issue de leurs études.
Les Comores vivent en quasi permanence une crise de l’énergie qui ralentit l’économie et détériore la santé et le bien-être des ménages. De même, de nombreuses coupures rendent aléatoire et incertain l’accès à l’eau en milieu urbain, tandis que de nombreuses zones en milieu rural sont dépourvues de tout système d’adduction d’eau. 
Sur le plan politique, les quarante ans d’indépendance des Comores ont été marqués par une instabilité institutionnelle qui a atteint son paroxysme avec la crise séparatiste d’Anjouan. Celle-ci a failli conduire à la dislocation du pays.

Cependant, le passage du monopartisme au multipartisme a fait progresser la démocratie et la liberté d’expression malgré la limitation de certaines libertés dont le droit de se réunir dans les espaces publics et de manifester pacifiquement.
Globalement, il existe un immense désarroi au sein de la population, notamment au sein de la jeunesse. Les comoriens n’ont plus confiance aux élites et nombre de comoriens n’aspirent qu’à l’émigration. 
Les anciens hommes politiques réunis au sein du mouvement du 11 août 2014 ont lancé un appel pour des assises en vue d’un sursaut national. Cet appel n’a eu aucun écho favorable auprès du régime en place malgré un accueil favorable d’une grande partie de la classe politique et de la société civile.
Dans cet esprit de renouveau national, des hommes politiques, au-delà des disparités de parcours et des clivages du passé, ont décidé d’unir leurs forces autour d’une plateforme pour la renaissance des Comores.
Ces hommes politiques signataires de cette plateforme ont décidé d’unir leur force pour gagner ensemble les élections générales du Président de l’Union et les seconds tours des élections des Gouverneurs des îles afin d’offrir au peuple comorien de nouvelles perspectives d’avenir et faire renaître l’espoir au sein des forces vives et de la jeunesse.
De part cette analyse, les parties signataires conviennent de :
Axe 1er : Du cadre institutionnel et politique 
1. Conserver le cadre institutionnel actuel, basé sur l’autonomie des îles et une présidence tournante entre les îles, jusqu’en 2031 après le mandat issu de la primaire organisée à Mohéli. 
2. Lutter contre le séparatisme et renforcer la cohésion nationale.
3. Modifier le découpage des circonscriptions électorales afin d’instaurer une représentation équitable des électeurs sur la base d’un nombre standard d’électeurs par député et par conseiller. 
4. Engager une procédure auprès de la Cour Suprême sur la question de l’élection controversée du Président de l’Assemblée de l’Union. 
5. Soutenir la réforme du règlement intérieur de l’Assemblée afin de permettre notamment le renouvellement annuel du bureau.
6. Poursuivre le processus d’adoption de la loi relative au Statut Particulier de Moroni, Capitale de l’Union des Comores. 
7. Modifier les dispositions légales qui permettent aux chefs de villages et de quartiers de prendre part au vote des maires. 
8. Constituer une majorité présidentielle des partis et à l’Assemblée en vue de soutenir l’action du président et du Gouvernement. 
9. Se soutenir mutuellement, à travers des accords électoraux, lors des prochaines échéances électorales, notamment celles de 2020 et de 2021.

Axe 2 : De la Bonne Gouvernance 
1. Promouvoir une justice équitable en parachevant le processus d’indépendance de la justice et de mise en place du Haut Conseil de la Magistrature. 
2. Renforcer les capacités techniques, professionnelles ainsi que la probité de la justice en faisant appel à un appui technique extérieur des pays francophones ayant des systèmes juridiques similaires à celui des Comores.
3. Modifier la loi afin de permettre l’assistance d’un avocat dès la mise en état d’arrestation du citoyen.
4. Promouvoir les principes de mérite et de dévouement à la nation au sein de l’armée.
5. Réorganiser l’administration publique pour renforcer son efficacité et ramener progressivement la masse salariale à un niveau compatible avec les ressources financières de l’Etat.
6. Mettre en place un système de contrôle et validation des diplômes et respecter scrupuleusement le recrutement par voie de concours à la fonction publique.
7. Développer l’intranet gouvernemental.
8. Lutter résolument contre la corruption en introduisant le principe de l’inversion des preuves dans les cas de soupçon de corruption (Cas des patrimoines et des trains de vie incompatibles avec les revenus déclarés des personnes mises en examen). 
9. Réduire le train de vie de l’Etat (réduction des voyages d’Etat onéreux et inutiles ainsi que des trop nombreux avantages accordés aux autorités).
10. Veiller à la sauvegarde du patrimoine national, notamment le patrimoine mobilier et immobilier de l’Etat ainsi que les ressources naturelles, par la création d’un Ministère en charge du Patrimoine.
11. Rendre public régulièrement l’état des finances de l’Etat.
12. Respecter les procédures légales d’appel d’offre des marchés publics.

Axe 3 : Du renforcement de l’Etat de droit
1. Mettre en place un système de maillage de sécurité du territoire national par le renforcement des capacités des polices municipales.
2. Créer des postes de médiateurs de la République, pour les recours des citoyens qui s’estimeraient lésés par l’Etat.
3. Mettre gratuitement à disposition des citoyens insolvables des avocats salariés par l’Etat pour les défendre devant la justice.

Axe 4 : Du renforcement de la démocratie
1. Créer un poste de chef de l’opposition rémunéré par la République qui sera occupé par le Président du plus grand parti de l’opposition (Parti d’opposition le mieux représenté à l’Assemblée et dans les conseils des îles). Le chef de l’opposition sera consulté lors de la prise des grandes décisions qui engagent l’avenir de l’Etat. 
2. Permettre l’accès aux médias d’Etat à toutes les sensibilités politiques, l’expression de la diversité des opinions et encourager les débats contradictoires.
3. Respecter le droit de manifester pacifiquement dans les lieux publics.
Axe 5 : De la réforme des secteurs sociaux
1. Généraliser l’éducation primaire par un effort particulier de construction de nouvelles salles de classe, la formation et le recyclage des maîtres, la création de postes de professeurs des écoles (pour encourager les bacheliers à embrasser la carrière d’instituteurs).
2. Faire un état des lieux des collèges et lycées publics et privés (locaux, niveau de formation du personnel enseignant, encadrement pédagogique…) et élaborer un cahier des charges.
3. Réorganiser et renforcer l’inspection pédagogique.
4. Promouvoir l’enseignement technique et professionnel, encourager l’apprentissage les matières scientifiques et de l’anglais.
5. Accorder une attention particulière à l’Université des Comores : Elaboration d’un plan de développement de l’Université comorienne.
6. Poursuivre la construction du stade olympique de Malouzini.
7. Revoir et renforcer les conseils d’administration des hôpitaux de référence et la gestion financière notamment recourir à des systèmes intégrés de gestion pour le paiement des prestations, la collecte des recettes et le suivi des dépenses des hôpitaux. Recourir à une assistance technique extérieure ou à une gestion privée externe pour les hôpitaux jusqu’à l’émergence d’une capacité de gestion nationale des établissements hospitaliers. 
8. Instaurer un quota horaire mensuel obligatoire en service public pour tous les médecins rémunérés par l’Etat dont les états de salaires seront préparés par les hôpitaux qui les emploie.
9. Créer des cabinets publics de consultation dans les quartiers pour rapprocher la médecine des citoyens et privilégier la prévention. 
10. Créer un fonds de solidarité médicale et renforcer la mutualisation des citoyens.
11. Revenir à un système public d’approvisionnement en médicaments essentiels.
12. Ouvrir l’hôpital de Bambao ainsi que le dispensaire de Djoezi (Mohéli) et accorder une attention particulière (nomination d’un chargé de mission assurant le suivi au jour le jour) à la construction de l’hôpital de Hombo.
13. Faire un état des lieux des cliniques privées (locaux, niveau de formation du personnel soignant, inspection sanitaire…) et élaborer un cahier des charges.
14. Mettre en œuvre un plan d’action sur l’eau comportant des solutions de forages, dotation en pompes des puits existants, construction de barrages collinaires, impluviums etc… afin de résoudre la crise de l’eau.

Axe 6 : Du Décollage économique 
1. Mettre fin à la crise énergétique : A court terme : Remettre à niveau les capacités de production par la révision et le dépannage des centrales électriques, la généralisation des compteurs à cartes y compris dans les administrations et la révision des réseaux. A moyen terme : Développer les centrales à fuel lourd et les centrales hydro-électriques. A long terme : Développer l’énergie géothermique.
2. Augmenter les capacités de stockage des hydrocarbures à 6 mois. 
3. Poursuivre la réhabilitation du réseau routier sur l’ensemble du territoire national.
4. Redémarrer l’usine de pêche de Voidjou.
5. Rechercher des partenariats pour développer l’exploitation des ressources halieutiques.
6. Développer le concept de villages éco touristiques.
7. Promouvoir la destination Comores et négocier la desserte des Comores avec les grandes compagnies aériennes.
8. Mettre en place un cadre formel de concertation public-privé.
9. Interdire l’exercice du commerce de détail aux étrangers. 
10. Créer des zones franches. 
11. Réorganiser le service du cadastre
12. Relancer et faire un suivi de la conférence de Doha

Axe 7 : De la diaspora comorienne
1. Accorder le droit de vote aux comoriens résidants à l’étranger par le biais d’une législation appropriée.
2. Faciliter le retour et l’insertion des comoriens de l’étranger désireux de se réinstaller aux Comores.
3. Négocier avec les compagnies aériennes les conditions de la réduction du coût trop élevé du billet d’avion pour les Comores.

Axe 8 : De la Diplomatie 
1. Adhérer à l’East Africain Community et renforcer les liens d’amitié et de coopération avec les pays voisins de la côte Est africaine. 
2. Poursuivre une politique d’ouverture et de rapprochement avec les pays arabes.
3. Initier une politique d’ouverture diplomatique avec l’Amérique du Sud et l’Asie du Sud Est.
4. Réorganiser et rationnaliser les missions diplomatiques.

Axe 9 : De la question de l’île comorienne de Mayotte
1. Créer une Commission Nationale sur la question de l’île comorienne de Mayotte dont le Secrétariat sera assuré par un département chargé de cette question au Ministère des Affaires Etrangères.
2. Faire chaque année un état de lieux de l’état des progrès de la question devant le congrès (députés et conseillers des îles) 

Sur la base de cette plateforme, les responsables politiques désignés ci-dessous, représentant l’intérêt général du pays et de leurs adhérents, signataires de cette plateforme politique de gouvernance, s’engagent :
Article 1 : A gouverner ensemble en cas de victoire de leur candidat et que cette plateforme qui lie les parties signataires par son esprit, son contenu et sa forme constitue le principal document référentiel de leur pacte de bonne gouvernance ; 
Article 2 : Une plateforme additionnelle de partage de pouvoir sera négociée et conclue à la discrétion des deux signataires.
Article 3 : En cas de désaccord important constaté par une ou par l’ensemble des parties signataires et portant sur les termes référentiels, les principes fondateurs et les objectifs fondamentaux de la plateforme dans son application, la partie signataire plaignante est libre de rompre l’accord et de se désolidariser du pouvoir gouvernemental après que toutes les recherches sincères de solutions et de consensus par chacune des parties n’auraient abouties à aucun compromis ;
Article 4 : la partie signataire plaignante avise par écrit l’autre ou les autres parties composantes deux semaines avant l’exécution de sa décision ;

Mutsamudu, le 27 mars 2016
Le candidat Azali ASSOUMANI

Le candidat Fahmi SAID IBRAHIM

Le candidat Abdou Salami ABDOU

Le candidat Ahmed ABDALLAH SALIM

Le candidat Vice – Président Mohamed ELHAD

Rencontre Azali-Msaidié à Beit-Salam

Le chef de l’État a rencontré hier, mercredi 19 juillet, Houmed Msaidié, quelques jours après l’annonce du gouvernement dans lequel l’opinion publique s’attendait à retrouver le leader du parti RADHI.

Rien ou presque n’a filtré de cette rencontre. Mais, selon certaines indiscrétions Houmed Msaidié s’était retiré dans le Mbudé, à Ivembeni lorsque le Président lui a demandé de le retrouver à Beit-Salam.

Cette rencontre n’est sans doute pas étrangère au communiqué du parti Juwa dans lequel ce parti a fait appel à tous les partis de l’opposition et même à la société civile pour former un Front Républicain. Il s’agit pour le président Azali d’éviter que Houmed Msaidié ne se retrouve aux côtés de Ahmed Sambi dans l’opposition, dans un contexte où l’on parle de dissolution de l’Assemblée Nationale.

La Rédaction

Juwa dénonce un gouvernement « clanique »


ComJuwa180717

Le parti Juwa n’a pas tardé à réagir après son éviction du gouvernement du président Azali. Dans un communiqué publié le 18 juillet, soit un jour après l’annonce du nouveau gouvernement, le parti d’Abdallah Mohamed Ahmed Sambi se place résolument et sans tergiversation dans l’opposition et se pose en rassembleur de « toutes les forces vives patriotiques » (partis et société civile), « au-delà des clivages partisans ou insulaires ».

Le nouveau gouvernement du président Azali est qualifié de « gouvernement clanique » dans ce communiqué. Le parti Juwa fait ainsi expressément référence aux critiques qui ont suivi après l’annonce de ce gouvernement dans lequel, le président a imposé son ancien Ministre des Affaires étrangères, Souef El-Amine qui est également un co-villageois. Il y avait déjà le puissant Secrétaire Général, Idaroussi, son neveu qui est aujourd’hui, pour la première fois de l’histoire de l’Union des Comores, l’équivalent d’un Premier Ministre qui donne des directives aux Ministres et même aux Vice-Présidents. Du coup, les internautes font des décomptes des postes de direction (Douanes, Plan…) qui sont occupés par des proches du Président ou du village de Mitsudje dont le président est originaire.

Le communiqué du Parti Juwa marque la rupture avec le Président Azali, mais il dénonce également la mise en danger de la stabilité et des valeurs démocratiques du pays. Juwa appelle donc à la formation d’un « front républicain ». Reste à savoir si les nombreux partis de l’opposition qui sont depuis six mois dans l’expectative vont suivre ou se maintenir dans une position d’attente qu’Azali veuille bien discuter avec eux, ou encore renforcer celui-ci dans dans sa volonté de réformer la Constitution en utilisant les prochaines Assises Nationales.

Mahmoud Ibrahime

Gouvernement Azali 2. Un mini remaniement

Azali2Qu’ils soient analystes politiques, journalistes ou simple citoyens, les Comoriens étaient impatients tant l’annonce du gouvernement Azali II a poussé le suspens à son comble. Ce retard a ouvert droit à toutes les suppositions surtout lorsque les Comoriens ont constaté la présence du président de l’Union des Comores au concert anniversaire de Salim Ali Amir alors que le pays était sans gouvernement depuis plusieurs heures.

Insouciance ?  La question ne se pose même pas selon l’entourage du président. Il s’agit pour eux, d’une stratégie de communication parfaitement maîtrisée. D’abord annoncé pour dimanche soir, puis pour ce lundi à 16 heures 30, le nouveau gouvernement n’a été dévoilé qu’en début de soirée lundi 17 juillet. Tous ces mystères ont induit plusieurs personnes en erreur. Certains s’attendaient à un remaniement de fond, on s’est retrouvé au final avec un mini remaniement, un remaniement technique qui, à défaut de surprendre a étonné plus d’un tant on s’attendait à un véritable chamboulement.

Au pouvoir depuis plus d’un an, le président Azali et ses ministres peinent à trouver le chemin de l’essor. En reconduisant quasiment les mêmes personnes, les résultats demeureront fatalement les mêmes.

Mêmes recettes, mêmes plats

Les ministères régaliens sont occupés par les mêmes hommes hormis ceux qui étaient occupés par des membres du parti Juwa. Mohamed Daoudou, le sulfureux ministre de l’intérieur, garde le même portefeuille alors que son destin semblait déjà scellé, accusé par un internaute, Moussaoui Saif d’être mêlé à des affaires lourdes de trafic de faux documents. En le reconduisant au ministère de l’Intérieur, Azali lui renouvelle ainsi sa confiance.

Quelques ministres,  sans pour autant quitter le gouvernement, ont été nommés dans d’autres ministères. Salim Mohamed Abderemane, autrefois ministre de la Jeunesse, de l’Emploi, de l’Insertion Professionnelle, de la Culture et des Sports a rejoint le ministère de l’éducation en remplacement du Mitsamihulien Abdou Mhoumadi qui paie la gestion calamiteuse de la grève des enseignants.

Il n’y a de nouveauté dans ce gouvernement qu’aux ministères régaliens de la justice, des affaires étrangères  et au secrétariat  d’état chargé du tourisme et de l’artisanat et à la Jeunesse et Sports. Le Ministre de la Jeunesse et des Sports, Mahamoud Salim est quasiment un inconnu. Pourtant, cet ancien proche de Mohamed Bacar est passé par la CRC, puis RADHI avant de revenir à la CRC lors des dernières élections présidentielles pour soutenir Azali. Il en est ainsi récompensé.

Le Président Azali se révèle être un nostalgique et un revanchard. Nostalgique, il fait appel à certains de ses anciens acolytes à l’instar de Souef Mohamed El-Amine de la CRC, nommé alors qu’il se trouverait encore aujourd’hui au Mali dans le cadre de ses occupations onusiennes, au ministère des affaires étrangères, de la coopération internationale et de la francophonie. Le départ de tous les ministres Juwa confirme les propos du président de l’Union tenu le 6 juillet 2017. Il promettait en effet de tirer les conséquences de la sortie de Sambi contre la décision de rompre avec le Qatar. Là réside le côté revanchard du président, lisible à la lumière de ce nouveau gouvernement.

Il convient aussi de remarquer, comme l’a noté un facebooker, Hachim Abdou Petit que tous les ministères régaliens sont à présent occupés par des originaires de l’île de Ngazidja. Ce n’est pas de bonne augure.

Un gouvernement règlement de compte

            Pour Juwa, l’annonce du gouvernement Azali II a eu l’effet d’une bombe, un véritable coup de massue. Alors que trois personnalités représentaient le parti de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi dans l’ancien gouvernement, ils viennent tous d’être éjectés, de Maître Fahami Said Ibrahim (Justice) à Mohamed Bacar Dossar (Affaires étrangères) en passant par Mme Sitti Attoumane (Secrétaire d’Etat chargé du Tourisme et de l’artisanat).

Ainsi prend fin, l’alliance entre Juwa et CRC qui avait largement contribué à l’arrivée d’Azali au pouvoir et qui avait permis l’entrée au gouvernement de membres de Juwa, avec deux ministères régaliens.

Les grands perdants

A l’approche de ce remaniement, Maître Said Larifou avait multiplié les signes de sympathie envers le président. Il s’était montré très favorable à l’émergence et aux Assises Nationales, tout en multipliant les déclarations médiatiques en faveur du président de l’Union. Mais Azali Assoumani, qui n’a sans doute rien oublié des précédentes élections, a choisi de l’écarter.

Par ailleurs, les femmes sont les véritables oubliées des gouvernements Azali. La parité ne semble pas avoir trouver promoteur chez Azali. Avec une seule femme ministre nommée au ministère de la santé, de la solidarité, de la protection sociale et de la promotion du genre. Le docteur Rashid Mohamed Mbaraka Fatma doit panser deux plaies profondes. Celle de Mitsamiouli qui regrettent le départ de Abdou Mhoumadi et celle des femmes comoriennes qui n’ont jamais été mises en avant par les gouvernements successifs du président Azali.

Omar Mirali

Editorial. Comores. Remaniement gouvernemental en faveur du parti présidentiel

SouefElAmineLe Président Azali a rendu public ce lundi 17 juillet la composition de son nouveau gouvernement. Alors que les Comoriens s’attendaient à un vrai changement de gouvernement, le président s’est contenté d’un mini remaniement. En effet, il n’a quasiment fait que remplacer les ministres et secrétaires d’Etat du parti Juwa avec lequel il avait annoncé une rupture dans son discours du 6 juillet, ainsi que le Ministre de l’Education Abdou Mhoumadi qui fait sans doute les frais de la longue grève des enseignants dont la conséquence fait que jusqu’à maintenant les examens de fin d’année n’ont pas commencé.

Le nouveau gouvernement renforce la position du parti CRC, parti présidentiel. Il est surtout marqué par l’arrivée d’un poids lourd de l’entourage du président, originaire du même village que lui : Soeuf El-Amine au poste de Ministre des Relations Extérieures. Il est aussi membre fondateur de la CRC (comme le jeune Mahamoud Salim nommé Ministre de la Jeunesse et des Sports). Si le Ministre précédent, Mohamed Dossar a été presque invisible et son action peu lisible, avec Soeuf El-Amine, qui sans aucun doute bénéficiera de la confiance du président, les choses en seront autrement. L’expérience va s’imposer.

L’autre fait marquant est l’entrée au gouvernement d’une ministre à part entière, puisque dans le précédent gouvernement, il n’y avait que des femmes secrétaires d’état. Là aussi, le président de la république a misé sur l’expérience de puisqu’il a nommé une femme médecin comme Ministre de la Santé : Dr Rashid Mohamed Mbaraka Fatma.

D’autres personnalités marquantes de la scène politique comorienne avaient été pressenties pour entrer dans ce gouvernement et notamment l’ancien Ministre Houmed Msaidié ou l’avocat Saïd Larifou. Ils n’ont pas été retenus pas le président Azali, alors qu’on sentait un rapprochement qu’ils avaient opéré ces derniers temps avec la politique d’Azali Assoumani, le premier en soutenant ouvertement la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar, rupture fortement décriée par l’opinion comorienne et le deuxième en s’engageant (y compris à long terme) sur la question de l’émergence dont le président s’est fait le champion depuis peu de temps.

Quels signes le président Azali entend-il donner avec ce remaniement ? Il est difficile de lire un message clair. Mais, il a signifié aux Comoriens la fin de l’alliance avec le parti Juwa qui lui a permis d’être élu. Il a également montré une volonté de se recentrer sur ses proches, et particulièrement ceux de son parti, la CRC.

Il est également clair qu’il pense continuer à bénéficier de la sollicitude des partis qui sont de fait dans l’opposition et qui se sont faits remarquer ces derniers temps par leur silence. Il espère surtout que les grands leaders de l’échiquier politique qu’il a ignorés à l’occasion de ce remaniement n’iront pas renforcer l’opposition que va sûrement mener le parti Juwa et son président d’honneur Ahmed Sambi, encore assommés par la trahison qu’ils viennent de subir.

Un peu comme son prédécesseur Ikililou Dhoinine, Azali Assoumani pense sans doute manipuler à sa guise les personnalités de l’opposition en leur faisant croire qu’ils seront dans le prochain gouvernement, espérant ainsi qu’ils l’aideront à obtenir ce qu’il veut avec les Assises prévues bientôt et qui doivent aboutir à un changement profond de la Constitution et sans doute mettre fin à la tournante.

Mahmoud Ibrahime