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Dans les coulisses d’un limogeage

msa ali djamal

Msa Ali Djamal, en pleine campagne pour Azali Assoumani, candidat CRC.

Juillet 2016, le décret présidentiel est tombé. Après des longs moments de tractations, Msa Ali Djamal a été nommé directeur général de l’Office de Radio et Télévision des Comores (ORTC). Octobre 2017, la décision est tombée. Msa Ali Djamal a été démis de ses fonctions. Du parcours de Msa Ali Djamal à sa nomination à la tête de la première chaîne audiovisuelle comorienne en passant par son limogeage, nous vous dressons ici le portrait de cet homme qui a tout donné pour un parti, pour un pouvoir, pour un homme dont l’élégance fait défaut.

Msa Ali Djamal, un homme de culture

Formé à l’Université Paris X-Nanterre, Msa Ali Djamal y a étudié la sociologie. Il en sort diplômé et surtout fasciné par un homme: Pierre Bourdieu. Il passera l’essentiel de sa vie en France à étudier l’œuvre de ce grand sociologue; des œuvres inspirées de la sociologie des hiérarchies sociales de Bourdieu vont même voir le jour. Les étudiants comoriens de France et leurs parents, ouvrage paru aux éditions Kalamu des îles en 2007, s’inscrit dans cet ordre d’idées. Il animera par ailleurs différentes conférences autour de la sociologie de Bourdieu.

Homme de culture, Msa Ali Djamal a également dirigé les éditions de La Lune avant de laisser le flambeau à son acolyte, Abdoulatuf Bacar. Ensemble, ils ont initié « les cafés littéraires des auteurs comoriens», un projet audio-visualisé qui mettait en lumière l’intellectuel comorien et les recherches publiées sur les Comores. Msa Ali Djamal n’est donc pas un inconnu du monde culturel comorien en France. De France, Msa Ali Djamal a eu le soutien de certains de ses compatriotes de la diaspora et sa nomination à la tête de l’ORTC doit certes beaucoup à son investissement pour la campagne du président Azali mais aussi, à certains frères et sœurs comoriens de France qui ont vu en sa nomination, la présence d’un de leurs parmi les hauts dirigeants de l’État.

Connu et ovni

Si Msa Ali Djamal, comme nous l’avons indiqué, est très connu par les Comoriens de France, il était complètement méconnu aux Comores jusqu’à sa nomination; une situation qui a contribué à son éviction. En effet, Msa Ali Djamal n’est rentré aux Comores que pour occuper son poste de directeur de l’ORTC. Sa nomination est intervenue alors qu’il se trouvait encore en France à un moment où les rumeurs qui circulaient, attribuaient, dans un premier temps, le poste à Ahmed Ali Amir, actuel directeur général du quotidien national Alwatwan.

 A son arrivée aux Comores, Msa Ali Djamal était donc un parfait inconnu. Les vétérans et poids lourds de la chaîne, mécontents de voir la promotion d’un véritable quidam à leurs propre dépens, ont accueilli la nouvelle avec appréhension et grincement de dents. Là, est né le creusé.

Les raisons d’une éviction peu glamour

Msa Ali Djamal s’est donc retrouvé en terrain hostile du jour au lendemain. Ambitieux, il se croit à l’époque capable d’affronter ces « baobabs» et mettre un peu d’ordre au milieu d’un véritable capharnaüm. Il faut dire que de l’ordre, il en manque cruellement à l’ORTC. Il décide alors d’appeler son bras droit, Abdoulatuf Bacar qui fut aussitôt promu rédacteur en chef de la télévision nationale. Ensemble, ils rêvent de redresser la maison et entreprennent quelques changements qui vont passer inaperçus. Ils aménagent les plateaux et commencent un travail inachevé de numérisation de la chaîne. Ils ont également accordé quelques primes à quelques employés jugés «méritants».

Mais, les méthodes jugées trop rigoureuses de l’inconnu qu’est Djamal et l’arrivée d’Abdoulatuf et de Lihoma, quelques temps plus tard, peinent à passer aux yeux des ténors de la chaîne. Msa Ali Djamal est catalogué de vouloir se comporter en Français aux Comores, il ignorerait les réalités du pays et ne serait donc pas à la hauteur des responsabilités qui lui ont été confiées. De plus, en faisant appel à ses hommes de confiance, Msa Ali Djamal est accusé, même si les accusations furent secrètes, de sectarisme. Il voudrait réduire la direction de l’ORTC à ses camarades venus de France. Des camarades «arrogants» et peu rodés au fonctionnement particulier de cette chaîne comorienne. De l’arrogance, c’est exactement les reproches qu’on faisait le plus souvent à Djamal.

Une espèce de lobbying s’est mise en place et Msa Ali Djamal était devenu l’homme à abattre. La pression était tellement forte qu’elle est parvenue à maintes reprises aux oreilles du président Azali. Lassé par ces pressions continues, le président a fini par céder et déclarer la fin du règne Djamal. Et pour maquiller le limogeage de son ancien grand défenseur, Azali évoque la diffusion d’un documentaire qui aurait froissé la République populaire de Chine amie, mais en réalité, il ne s’agit là que d’un prétexte tout trouvé. C’est l’arbre qui cache la forêt.

Dans cette histoire, le président de l’Union aura manqué d’élégance. Le limogeage de Djamal a été rendu public bien avant que le principal intéressé en soit avisé. Des journalistes d’Alwatwan et d’ailleurs ont été les premiers informés. A l’annonce de sa chute, Djamal se trouvait dans un « Hitma» en la mémoire d’un ancien collègue de l’ORTC disparu en mer entre Shindini et Mohéli. Il ne sera averti de son limogeage qu’à l’issu de cette cérémonie religieuse, c’est à dire après tout le monde tel un acteur qui a mal joué son rôle.

A qui profite le crime? Coïncidence ou ironie du sort, le successeur par intérim de Djamal n’est autre que Ben Abdou, un ancien, un très ancien de la maison. Cet intérim, défendu par le sulfureux ministre de l’intérieur, autant dire qu’il risque d’être prolonger sinon de s’éterniser. Djamal à la tête de l’ORTC, c’est l’histoire d’un homme trop convaincu, qui a trop donné pour un pouvoir qu’il n’ a eu qu’en apparence.

O. M

DJAZA, les chiffres et la malette

Traumatisé par les sévices de Maître Djaza, l’homme qui validait les hallucinants résultats de la CEII à 104% et qui explosait les comptes de la CENI qu’il dirigeait et qu’il dirige encore, Mopao Fanas présente ici un poème fin et puissant portant donc sur l’homme à l’origine de toutes ses pathologies.

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Résultats à 104% proclamés par la CEII de Ngazidja et validé par maître Djaza, éternel président de la CENI

Maître Djaza sur ses certitudes perché,

Tenait entre ses mains une mallette,

Le peuple comorien par sa naïveté développée,

Lui tint à peu près ce langage:

Et bonjour, maître Djaza,

Que vous êtes vorace!

Qu’est donc cette chose que vous tenez?

Vous semblez si honnêtes,

Et si vous nous dirigiez!

Sans mentir si votre ramage,

Se rapporte à ces éléctions,

Si pour elles vous faites rouages,

Comptez sur nous, on vous fera promotion.

Et pour montrer ses capacités à nuire,

Djaza tendit ses bras et ouvrit sa mallette,

Des millions et des millions de francs y dormaient,

De l’argent sale, dérobé et volatilisé.

Parce que Djaza n’est pas qu’un simple renard,

Parce qu’il est loin d’être un misérable corbeau,

Djaza voulut de nouveau,

S’illustrer. Honte et honneur, il ignore.

Président un jour, président toujours,

CEII puis CENI, tous même combat,

Amasser, ruiner encore et encore,

Djaza valide tout et se bat,

Pour qu’on aille encore plus loin.

A 104 % plus loin,

Là où résident les grands mathématiciens,

Ceux qui nous enseignent l’addition,

10 et 4 font 104,

parole de docteur, de magicien,

L’homme renard. Pour la nation,

Djaza est un macaque.

Mopao Fanas, l’homme qui est à jamais traumatisé par les sévices du Dr Djaza.

Bac 2017. Un taux de réussite de 32,60% à Ngazidja

La délibération du baccalauréat de cette année a eu lieu le 16 août dernier. Le ministère de l’éducation nationale a respecté le calendrier prévu. Les résultats du deuxième groupe sont tombés ce jeudi 24 août. Le taux de réussite à Ngazidja n’est pas satisfaisant. Seulement 835 candidats ont été admis au premier groupe, soit 11,24% avec 7430 inscrits dans la grande île, toutes séries confondues. Ils étaient 1587 élèves autorisés à aller au rattrapage, soit 21,36%. Un seul élève a été recalé. Mais selon un membre du jury, ce candidat ne s’est pas présenté pour le rattrapage. Le taux de réussite à Ngazidja est de ce fait 32,60% avec 2422 élèves qui ont obtenu leur baccalauréat pour la session de 2017.

  Si nous analysons ces résultats de Ngazidja au niveau des différentes séries, nous constatons que comme d’habitude la série C prend le dessus avec 76,68%, suivie par la série A2 dont le taux de pourcentage est de 61,29%. La série D occupe la troisième position 56,40%. La série A4, qui a la réputation d’être la série la plus facile, est classée cinquième avec 21,27%.

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Pourcentage des résultats de Ngazidja. source: Office des examens de Ngazidja

 

  Le taux de réussite de Mohéli dépasse celui de Ngazidja avec 52,88%. Le pourcentage pour ceux qui sont admis au premier groupe est de 16,88% selon un des membres du jury et 36% pour ceux qui sont admis au deuxième groupe. Pour l’île d’Anjouan, nous n’avons pas pu récupérer les résultats à l’heure où nous bouclions cet article. Rappelons que cette année, la proclamation des résultats a été différente des années précédentes. Les candidats avaient la possibilité de connaître les résultats via une application « Natidja » qui était gratuite. Il suffisait pour l’élève de mettre son numéro et Son nom pour obtenir le résultat. Pour le second groupe, il fallait envoyer le nom et le numéro par message téléphonique afin de savoir si l’élève a obtenu son bac.  C’est une amélioration par rapport aux années précédentes où il fallait écouter ou se déplacer jusqu’ au lycée de Moroni ou Fomboni pour connaitre les résultats.

             Natidja HAMIDOU

Assemblée Générale du Parti Juwa : une alliance avec Azali insatisfaisante

Le Parti Juwa a réuni ses cadres dans une Assemblée Générale extraordinaire à Mutsamudu ce 14 juillet 2017 pour un travail en ateliers. Les objectifs de cette AG semblent être l’organisation du parti et les questions nationales, notamment les relations avec le parti CRC et le président Azali.

ComJuwa140717Au niveau interne, les cadres ont fixé aux 16 et 17 septembre 2017 le prochain Congrès du Parti qui devra élire les nouveaux dirigeants et sans doute mettre fin aux ambiguïtés créées par la fronde du Dr Sounhadj (et de certains cadres qui lui sont proches). Celui-ci ayant assigné son parti en justice après avoir été démis de ses fonctions de Secrétaire Général adjoint et de chargé de l’organisation du Congrès.

Sur le plan national, dans le communiqué issu de cette AG extraordinaire, le parti Juwa réaffirme son « association avec le pouvoir dirigé par le Président de la République, Azali Assoumani sur la base de la plateforme d’alliance politique signée le 26 mars 2016 ». Ainsi les cadres de Juwa précisent ce qu’ils affirment depuis un moment : il n’y a aucune alliance entre Juwa et CRC, c’est une alliance avec le Président Azali. Mais, la formulation reste encore ambigue dans le sens où ils disaient jusqu’ici que le parti ne s’est jamais engagé dans cette alliance, qu’il s’agissait d’une alliance entre leurs candidats (essentiellement l’actuel Ministre de la Justice Fahmi Said Ibrahim et le Gouverneur Abdou Salami Abdou) et le candidat Azali. Le Secrétaire Général, Ibrahim Soulé l’a encore confirmé pendant la conférence de presse qui a suivi l’AG, indiquant que le parti qu’il représentait n’avait jamais signé d’accord ni avec Azali ni avec la CRC. On se rappelle d’ailleurs qu’au moment de la signature de cette alliance au stade Missiri, Ibrahim Soulé et des cadres du parti avaient sorti un communiqué disant explicitement que cette alliance n’engageait pas leur parti. Le Secrétaire Général lui-même avait appelé à voter pour Mouigni Baraka.

Pourtant, le communiqué issu de cette AG extraordinaire indique que « le parti Juwa regrette le non respect de cette plateforme d’alliance par notre partenaire ». Il semble que le parti ne sait plus sur quel pied danser à propos de cette alliance dans laquelle il n’a plus aucune prise. Ou alors, il y a deux thèses à la tête du parti Juwa : ceux qui considèrent que l’alliance faite par les candidats les engagent et ceux qui pensent que l’alliance n’a rien à voir avec le parti.

L’autre préoccupation nationale du parti Juwa est la tenue des Assises proposées par le Mouvement du 11 août depuis 2015. Le parti indique qu’il est prêt à prendre part au bilan qui doit être fait sur la gestion de l’indépendance depuis 42 ans, mais, il dénonce toute tentative de récupération du mouvement. Juwa fait-il ici allusion au soutien que le Président Azali vient d’accorder à ce mouvement ? Le parti Juwa met également en garde contre toute tentative de remise en cause de deux points qui ont été à la base de l’Union des Comores : l’autonomie des îles et la tournante.

Il est à noter que les Ministres et Secrétaires d’État du parti Juwa n’étaient pas présents à l’AG, ainsi que le Dr Sounhadj, conseiller du président Azali, exclu du parti et qui n’a toujours pas encore eu recours aux modalités prévues pour contester cette exclusion.

Mahmoud Ibrahime

 

Pas de retour possible de Mayotte dans son giron naturel

Tribune Libre. Pas de retour possible de Mayotte dans son giron naturel                        

Mayotte

Mayotte

Au cours de son périple dans l’océan indien, François Hollande a sillonné  les deux départements français de la région en réaffirmant la continuité de sa politique économique : le pacte de compétitivité pour redresser la France.

Lors de son passage à Mayotte le vendredi 22 août, le président français a accordé une interview à deux journalistes des deux télévisions locales. François Hollande a été formel sur le dossier de Mayotte qui oppose la France et les Comores en disant ceci : « Mayotte a choisi de rester dans la république, son retour dans son giron naturel n’est plus possible ».

A la veille de son déplacement pour Moroni dans le cadre du quatrième sommet de la COI, ce message avait un double sens. D’une part il voulait rassurer les Maorais quant à l’enracinement de l’ile dans la République française malgré les réclamations répétées des autorités de Moroni, et d’autre part, dire aux hommes politiques comoriens de tout bord que l’abolition du visa Balladur mis en place en 1995 pour limiter la circulation des iliens de l’archipel vers Mayotte n’est plus envisageable .

L’ouverture du quatrième sommet de la commission de l’océan indien a débuté le samedi 23 août par le discours du président Comorien. Il  interpella son homologue français sur les drames en mer causés par le visa Balladur.  il le suggéra de trouver une issue sur ce contentieux qui oppose les deux pays . La réponse du président français a été claire, il a botté en touche la question du visa, et en faisant une petite annonce sur l’annulation de la dette comorienne, pour permettre le pays de s’engager dans la voie du redressement. Pour lui la lutte contre l’immigration clandestine passe par une meilleure coopération entre les deux pays en matière de sécurité maritime, mais aussi pour aider les Comores à se développer afin fixer les ressortissants comoriens sur leurs iles respectives.

La question de Mayotte est devenue un nœud gordien entre la France et les Comores, François Hollande n’a pas voulu se démarquer de ses prédécesseur sur ce dossier et IKILILOU a fait comme les autres présidents comoriens, évoquer la question du retour de Mayotte dans son giron naturel est une revendication légitime pour les autorités comoriennes . Il y aura toujours un espoir de retour possible de Mayotte dans l’ensemble Comorien car la roue de l’histoire continue de tourner. Au siècle passé Macao et Hongkong entités chinoises sous domination portugaise et anglaise ont réintégré la chine .     

MOHAMED IBRAHIM MIHIDJAY

29 mai 1978 : Mongozi Ali Soilihi est assassiné

Tombe d'Ali Soilihi à Chouani

Tombe d’Ali Soilihi à Chouani

29 mai 1978 : Mongozi Ali Soilihi est assassiné

Si le 13 Mai 1978 marque la fin de la Révolution comorienne, le 29 Mai de cette même année a vu la fin du MONGOZI (Guide) du peuple comorien, Ali SOILIH, assassiné sur ordre des dirigeants comoriens qui ont pris le pouvoir, suite au coup d’Etat.

Comme à l’accoutumée, les autorités et les citoyens comoriens affluent massivement à Chouani (sud ouest de l’île de Ngazidja) pour fêter l’anniversaire de la mort du Révolutionnaire Ali Soilih Mtsachiwa. Les jeunes de Chouani organisent, comme chaque année, une cérémonie qui sera suivie par les autorités politiques, les notables et les jeunes du pays pour écouter différents orateurs après la lecture du Saint Coran, lecture dédiée au défunt Mongozi Ali Soilihi.

Les orateurs ne font généralement que relater sa biographie, la pensée philosophique, les actions entreprises, la portée de sa politique, ses sacrifices, sa volonté de servir son peuple, son amour et son civisme vis-à-vis de son Etat ; mais aussi les obstacles rencontrés pendant cette période.

Certains regrettent de ne pas être restés fidèles à sa doctrine. D’autres se culpabilisent et demandent pardon publiquement du fait d’avoir déstabilisé son action. Ceux qui embrassaient ses idées ou les jeunes qui n’ont pas vécu pendant ses deux ans et huit mois (2 Février 1976 au 13 Mai 1978) pendant lesquels Ali Soilihi était à la tête du pouvoir, rêvent d’un régime, comme celui qui a avorté. « Pour les acteurs de ce régime comme pour une grande majorité des comoriens, et même pour l’historien, il reste comme un goût d’inachevé », soutient l’historien Mahmoud IBRAHIME dans son article paru dans ‘’Tarehi’’ n°1 (février-mars-avril 2001, p.23). Ses adversaires d’hier sont devenus ses principaux défenseurs d’aujourd’hui. Même ceux qui veulent détourner les élections évoquent toujours son nom.

Cependant, des jeunes autorités assoiffées de pouvoir et qui voudraient se démarquer dans la société cherchent sans cesse des alibis pour détourner les esprits, afin de construire leur propre histoire. Nous faisons référence à Mohamed Issimaïla et Hamada Madi Boléro, respectivement ancien ministre de l’éducation et actuel directeur de Cabinet du président de la République. Ces derniers oublient que « Ye Tareh Ndo Ha’kim » (« l’histoire est le seul juge ») comme disait le Guide lui-même. Sans oublier que la tonalité prophétique de cette phrase nous met toujours en veille, bien après sa disparition, sans exagération. Le seul mot qu’il aurait prononcé au moment de sa capture est : «wunu tsimsadjadja’ » (ô grand désordre), faisant référence à toutes les formes de détournements, de corruptions, de manipulations… qui allaient arriver.

 Amir MOHAMED

Colères des politiciens maorais après le Conseil des Ministres de la COI à Moroni

Colères des politiciens maorais après le Conseil des Ministres de la COI à Moroni

Daniel Zaïdani, Président du Conseil Général de Mayotte

Daniel Zaïdani, Président du Conseil Général de Mayotte

Pour consolider leurs relations, les îles de l’océan indien membre de la COI se réunissent chaque année pour discuter sur des points sensibles et importants au sujet de l’économie, l’environnement, la coopération régionale… Du 10 au 11 avril, le Conseil des Ministres de la COI s’est tenue à Moroni pour discuter de l’ouverture de l’organisation à d’autres Etats, son autonomie financière ainsi que d’autres sujets jugés stratégiques. Tous les représentants des îles membres présents se disent satisfaits du déroulé de la réunion et de l’accueil chaleureux qui leur a été réservé par les autorités comoriennes. Par ailleurs, Ahmed Attoumani Douchina, désigné par le président du Conseil Général de Mayotte s’est vu interdit de participer à cette réunion. Un geste qui choque profondément les Maorais en général et une honte pour le Conseil Général en particulier. Le plus triste pour les dirigeants politiques maorais, c’est le fait que Douchina a été interdit par ceux qui étaient censés le défendre. A Mayotte c’était la panique générale, les habitants croyant que la décision venait directement des autorités comoriennes. Mais, mardi 16 avril, lors du journal de 19 heures de Télémayotte, l’invité du jour, Daniel Zaïdani, Président du Conseil Général a donné plus de précisions sur la question. Il a dit comprendre la position des autorités comoriennes sur le représentant maorais. Mais ce ne sont pas eux qui l’ont interdit de prendre part à la réunion selon le président du Conseil Général. C’est plutôt Claudine Ledoux, ambassadrice déléguée à la coopération régionale dans l’Océan Indien. Daniel Zaïdani trouve ce geste très dangereux pour l’avenir et le devenir de Mayotte. « C’est dangereux pour notre département et une honte pour les responsables de la République française qui n’osent pas défendre à haute voix et beaucoup de fermeté le statut de Mayotte à l’extérieur des territoires français, surtout à Moroni » a-t-il déclaré. Le président du Conseil Général a appris aux Maorais qu’il a désigné Attoumani Douchina parce que le Préfet lui avait dit que Mayotte pouvait participer à ce Conseil des ministres de la COI. Ce refus de Claudine Ledoux de la participation d’Attoumani Douchina à cette réunion de la COI s’est produit quelques semaines avant le quatrième anniversaire de la départementalisation de l’île de Mayotte. Il faut également noter que les dirigeants politiques maorais ne sont pas indifférents à ce qui se passe en ce moment en Europe de l’Est, notamment en Crimée, l’annexion de celle-ci par la Russie étant jugée par l’État comorien et dans le monde comme comparable au cas maorais.

Abdourahim Bacari (Papadjo)