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29 mai 1978 : Mongozi Ali Soilihi est assassiné

Tombe d'Ali Soilihi à Chouani

Tombe d’Ali Soilihi à Chouani

29 mai 1978 : Mongozi Ali Soilihi est assassiné

Si le 13 Mai 1978 marque la fin de la Révolution comorienne, le 29 Mai de cette même année a vu la fin du MONGOZI (Guide) du peuple comorien, Ali SOILIH, assassiné sur ordre des dirigeants comoriens qui ont pris le pouvoir, suite au coup d’Etat.

Comme à l’accoutumée, les autorités et les citoyens comoriens affluent massivement à Chouani (sud ouest de l’île de Ngazidja) pour fêter l’anniversaire de la mort du Révolutionnaire Ali Soilih Mtsachiwa. Les jeunes de Chouani organisent, comme chaque année, une cérémonie qui sera suivie par les autorités politiques, les notables et les jeunes du pays pour écouter différents orateurs après la lecture du Saint Coran, lecture dédiée au défunt Mongozi Ali Soilihi.

Les orateurs ne font généralement que relater sa biographie, la pensée philosophique, les actions entreprises, la portée de sa politique, ses sacrifices, sa volonté de servir son peuple, son amour et son civisme vis-à-vis de son Etat ; mais aussi les obstacles rencontrés pendant cette période.

Certains regrettent de ne pas être restés fidèles à sa doctrine. D’autres se culpabilisent et demandent pardon publiquement du fait d’avoir déstabilisé son action. Ceux qui embrassaient ses idées ou les jeunes qui n’ont pas vécu pendant ses deux ans et huit mois (2 Février 1976 au 13 Mai 1978) pendant lesquels Ali Soilihi était à la tête du pouvoir, rêvent d’un régime, comme celui qui a avorté. « Pour les acteurs de ce régime comme pour une grande majorité des comoriens, et même pour l’historien, il reste comme un goût d’inachevé », soutient l’historien Mahmoud IBRAHIME dans son article paru dans ‘’Tarehi’’ n°1 (février-mars-avril 2001, p.23). Ses adversaires d’hier sont devenus ses principaux défenseurs d’aujourd’hui. Même ceux qui veulent détourner les élections évoquent toujours son nom.

Cependant, des jeunes autorités assoiffées de pouvoir et qui voudraient se démarquer dans la société cherchent sans cesse des alibis pour détourner les esprits, afin de construire leur propre histoire. Nous faisons référence à Mohamed Issimaïla et Hamada Madi Boléro, respectivement ancien ministre de l’éducation et actuel directeur de Cabinet du président de la République. Ces derniers oublient que « Ye Tareh Ndo Ha’kim » (« l’histoire est le seul juge ») comme disait le Guide lui-même. Sans oublier que la tonalité prophétique de cette phrase nous met toujours en veille, bien après sa disparition, sans exagération. Le seul mot qu’il aurait prononcé au moment de sa capture est : «wunu tsimsadjadja’ » (ô grand désordre), faisant référence à toutes les formes de détournements, de corruptions, de manipulations… qui allaient arriver.

 Amir MOHAMED

Colères des politiciens maorais après le Conseil des Ministres de la COI à Moroni

Colères des politiciens maorais après le Conseil des Ministres de la COI à Moroni

Daniel Zaïdani, Président du Conseil Général de Mayotte

Daniel Zaïdani, Président du Conseil Général de Mayotte

Pour consolider leurs relations, les îles de l’océan indien membre de la COI se réunissent chaque année pour discuter sur des points sensibles et importants au sujet de l’économie, l’environnement, la coopération régionale… Du 10 au 11 avril, le Conseil des Ministres de la COI s’est tenue à Moroni pour discuter de l’ouverture de l’organisation à d’autres Etats, son autonomie financière ainsi que d’autres sujets jugés stratégiques. Tous les représentants des îles membres présents se disent satisfaits du déroulé de la réunion et de l’accueil chaleureux qui leur a été réservé par les autorités comoriennes. Par ailleurs, Ahmed Attoumani Douchina, désigné par le président du Conseil Général de Mayotte s’est vu interdit de participer à cette réunion. Un geste qui choque profondément les Maorais en général et une honte pour le Conseil Général en particulier. Le plus triste pour les dirigeants politiques maorais, c’est le fait que Douchina a été interdit par ceux qui étaient censés le défendre. A Mayotte c’était la panique générale, les habitants croyant que la décision venait directement des autorités comoriennes. Mais, mardi 16 avril, lors du journal de 19 heures de Télémayotte, l’invité du jour, Daniel Zaïdani, Président du Conseil Général a donné plus de précisions sur la question. Il a dit comprendre la position des autorités comoriennes sur le représentant maorais. Mais ce ne sont pas eux qui l’ont interdit de prendre part à la réunion selon le président du Conseil Général. C’est plutôt Claudine Ledoux, ambassadrice déléguée à la coopération régionale dans l’Océan Indien. Daniel Zaïdani trouve ce geste très dangereux pour l’avenir et le devenir de Mayotte. « C’est dangereux pour notre département et une honte pour les responsables de la République française qui n’osent pas défendre à haute voix et beaucoup de fermeté le statut de Mayotte à l’extérieur des territoires français, surtout à Moroni » a-t-il déclaré. Le président du Conseil Général a appris aux Maorais qu’il a désigné Attoumani Douchina parce que le Préfet lui avait dit que Mayotte pouvait participer à ce Conseil des ministres de la COI. Ce refus de Claudine Ledoux de la participation d’Attoumani Douchina à cette réunion de la COI s’est produit quelques semaines avant le quatrième anniversaire de la départementalisation de l’île de Mayotte. Il faut également noter que les dirigeants politiques maorais ne sont pas indifférents à ce qui se passe en ce moment en Europe de l’Est, notamment en Crimée, l’annexion de celle-ci par la Russie étant jugée par l’État comorien et dans le monde comme comparable au cas maorais.

Abdourahim Bacari (Papadjo)

« La politique : une suite logique du militant associatif »

« La politique : une suite logique du militant associatif »

DrapRafick

Rafik Adili Youssouf

Il est né à Moroni, a grandi là-bas mais fait sa vie dans la cinquième île de l’archipel. Militant associatif très engagé dans des causes diverses (Bargoum, Unicef, Action contre la faim, Médecins sans frontière, Amnesty International, comité de soutien …), élu au Comité Central de la SNEF, aujourd’hui, Rafik ADILI YOUSSOUF se lance dans la bataille des municipales. Avec Demain Pour Saint-Marcel-les-Valence, il défend les couleurs de l’UDI sur une liste de la droite républicaine. Technicien en maintenance industriel, père de deux enfants, Rafik préfère s’impliquer dans la vie locale tout en maintenant ses engagements militants pour les Comores et prêt à travailler avec la diaspora Mlimengu : Rafik ADILI YOUSSOUF militant associatif ou homme politique ? Rafik A Y : Je suis avant tout un homme de terrain, un militant de longue date. Depuis les Comores, j’ai monté des associations pour travailler avec le FADC, le PNUD, CEFADER et autres pour préserver l’environnement ou soutenir la vie socio-culturelle. Mais, ici, compte tenu de certaines pratiques que je réprouve, notamment tout ce qui a trait au respect des statuts et de la gestion financière, j’ai préféré m’impliquer dans des organismes humanitaires internationaux ; ainsi je suis membre du bureau départemental d’Amnesty international, adhérent actif d’Action contre la faim, Unicef ou apporter mon soutien à des causes humanitaires pour des droits civiques. Mlimengu : Alors qu’est ce qui a motivé votre présence sur une liste municipale ? R A Y. : C’est une suite logique de mes longues années de militant associatif. Aujourd’hui m’investir dans ma commune, c’est une application concrète des expériences acquises dans le monde associatif au service du plus grand nombre. Et ma présence sur la liste « Demain Pour Saint-Marcel » s’est faite après plusieurs discussions. Lors d’une rencontre avec les Saint- Marcellois, Mme Teyssot, leader de l’opposition municipale, avait montré son intérêt par rapport à mes opinions. Et de fil en aiguille, nous avons parlé des objectifs et des travaux effectués dans l’opposition. Et surtout j’ai tenu à m’impliquer dans une commission pour l’élaboration du projet. Donc, j’ai siègé dans la commission urbanisme, associations et petite enfance. Conditions préalables avant de m’engager sur la liste. Mlimengu : Un militant engagé dans des causes humanitaires et civiques, sur une liste de droite, n’est-ce pas insolite ? R. A Y : Je suis un homme de droite, plus précisement centriste de l’UDI, ancré dans la droite républicaine. Je me bats pour le respect du doit et de l’équité. Mlimengu : depuis quand habitez-vous à Saint-Marcel ? R A Y : Ca fait cinq ans.Ca fait peu pour prétendre être implanté dans la ville. Mais mon expérience, mon vécu associatif m’ont formé aux pratiques militantes. Pour moi 2014 est une initiation, un premier pas pour préparer 2020. Je fais des sacrifices pour m’imprègner véritablement de l’art et de la manière d’organiser et battre campagne. Je vis dans un univers nouveau, dans lequel, il faut que je me fasse connaître. De mes compétences, du travail et  des engagements découleront la reconnaissance. D’ailleurs ma présence sur la liste résulte de mes implications citoyennes. Mlimengu:Quel est le projet de votre liste ? R A Y: Saint-Marcel a manqué d’hommes ambitieux et désireux d’ancrer la ville dans son époque. Notre liste veut transformer la ville. De ville dortoire, on veut la réveiller, la rendre vivante, culturelle et sportive, qu’elle épouse la nouvelle ère. C’est une ville vièrge où tout est à faire. C’est le cœur de nos propositions. Mlimengu : Quelles sont les chances de Demain Pour Saint Marcel aux municipales ? RA Y : Nous sommes en bonne position pour remporter les élections. Notre projet est excellent car batti à partir d’une écoute attentive aux aspirations de nos concitoyens. Face à la bipolarisation, nous avons fait un travail énorme de sensibilisation aux enjeux. Mlimengu : Pourquoi en France et non aux Comores ? R A Y : La politique de mon pays d’origine, je la connais à peine. Je préfère m’impliquer politiquement là où j’ai fait le choix de vivre, ici et maintenant pour acquérir de l’expérience. Au pays, je continue mes engagements humanitaires et sociaux. Ce qui n’exclut pas pour autant de travailler avec la diaspora à condition qu’elle accepte de respecter ses propres règles.

Propos recueillis par  Idjabou BAKARI