Éditorial. Discours du président Azali à l’ONU : dans la continuité

Depuis hier, les fidèles du président de l’Union se livrent à de belles démonstrations de ce qu’est la propagande politique. Ils essayent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. On doit croire que le président Azali a fait un discours historique à l’ONU, un discours jamais prononcé par un dirigeant comorien.

En réalité, le discours du président comorien s’inscrit dans les discours traditionnels des présidents qui l’ont précédé depuis une vingtaine d’années ! C’est un discours duquel ne découle aucune philosophie et aucune vision du monde, le président s’enfermant dans la politique intérieure pour faire une sorte de bilan de ce qu’il a fait et de ce qu’il voudrait faire, en appelant à l’aide la communauté internationale. Seul bémol à cette affirmation, le Président Azali, plus que ses prédécesseurs semble s’intéresser un peu plus aux questions environnementales dans le monde.

Mais, il réaffirme que Mayotte est comorienne, mais lui aussi a fait effacer la « question de l’île comorienne de Mayotte » de l’ordre du jour définitif de cette AG de l’ONU. Il justifie ce geste, qui est répété chaque année depuis 1995, comme les autres présidents : il y a des discussions en cours avec la France. Les fameuses discussions bilatérales qui n’avancent pas depuis 20 ans. Le président Sambi justifiait cette politique par le GTHN, Azali, comme Ikililou avant lui, justifie par le HCP.

Comme pour ses prédécesseurs, le discours du président Azali est marqué par des contradictions qui sont encore plus flagrantes cette année. Il fait appel aux « droits de l’homme et la dignité humaine », il dénonce avec une colère feinte « les droits de l’homme bafoués au quotidien » au niveau international, et réclame des sanctions contre leurs auteurs. Pourtant, pendant un an les droits individuels, et notamment le droit à une justice équitable ont été bafoués aux Comores. Des décisions de justice, ont été piétinés, des organes de presse ont été fermées, le matériel confisqués par l’armée en dehors de tout cadre légal.

Il définit l’Islam comme étant « l’Amour du prochain, ainsi que la tolérance » et à l’intérieur du pays, des religieux sont mis en prison parce qu’ils ont des pratiques différentes de celles de l’Islam proclamé dans la constitution ou parce qu’ils ont fêté un jour à l’avance l’aïd en suivant la tradition en cours dans le pays; sans parler des mosquées qui sont détruites.

À la tribune de l’ONU, il condamne les exactions contre les minorités dans certains pays comme la Birmanie, à l’intérieur de son pays, il promet une guerre sans concession aux Shi’ites. « J’ose espérer, dit-il à ses collègues, que notre organisation saura défendre les droits les plus élémentaires des opprimés, indépendamment des considérations d’origine, de race, de sexe et de croyance ». Quand on est Comorien, on a irrésistiblement envie de lui répondre : « J’espère, monsieur le Président que vous en ferez autant dans votre propre pays ».

Les partisans du régime évoquent le fait que le président parle à l’ONU de son ambition de faire parvenir le pays à l’émergence d’ici 2030, comme si c’était une grande nouveauté. Ils oublient juste qu’avant lui, le président Taki avait demandé l’aide de la communauté international pour parvenir au « Rehemani » et que le président Sambi avait présenté ses projets pharaoniques également.

C’est un exercice classique également pour les partisans du régime que de présenter les discours à l’ONU de leur champion comme étant exceptionnels, voire historiques. Il est probable que l’année prochaine, le discours du président sera plus qu’exceptionnel. Les partisans du président Sambi avaient présenté tous ses discours à l’ONU comme historiques, ils ne sont pas forcément devenus historiques. Il y a des choses qui ne se décrètent pas.

MI

« Après deux semaines de fonctionnement, nous venons d’ouvrir le service de pédiatrie, le service de néonatologie et le service de réanimation ».

L’hôpital de l’amitié Comores-Chine de Bambao Mtsanga à Anjouan a été inauguré le mois de mai dernier. Le lancement des services a été fait le 11 août. Pour en savoir plus sur le fonctionnement de cette nouvelle institution sanitaire, Mlimengu est allé à la rencontre de son directeur, le Dr Anliane Ahmed. Interview.

 

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Dr Anilane AHMED, Directeur de l’hôpital de Bambao Mtsanga

 

 

Mlimengu : quels sont les services qui sont assurés au sein de cet hôpital ?

Dr Anliane AHMED : Depuis le lancement technique de l’hôpital de l’amitié Comores – Chine, nous avons procédé à une ouverture progressive des services. On s’était fixé une phase de début avec 7 services notamment : l’imagerie médicale (scan, radio numérique et échographie), le laboratoire, la pharmacie hospitalière, les urgences, l’ophtalmologie, la stomatologie, les consultations spécialisées (cardiologie, neurologie, chirurgie infertile et générale). Après deux semaines de fonctionnement, nous venons d’entamer la phase 2 du programme et nous venons d’ouvrir le service de pédiatrie et de néonatologie, le service de réanimation. Je tiens à souligner que chaque service est patronné par un spécialiste et assisté par un médecin généraliste au moins.

 

M.L : lors de votre prise de fonction, votre allocution a laissé comprendre que vous voulez luttez contre l’immigration sanitaire. L’hôpital possède-t-il les outils indispensables ainsi que les médecins qualifiés pour répondre aux besoins des patients pour ne pas partir à l’étranger ?

A.A : Certes, la plupart des gens qui s’aventurent vers l’île sœur de Mayotte le font pour des raisons de santé. Car ils n’ont pas beaucoup confiance à notre système de santé vu le manque d’outil de diagnostic sophistiqué et aussi de personnels qualifiés. Actuellement, nous venons d’avoir l’outil de diagnostic. Nous possédons des outils techniques de dernière génération. Évidement nous avons encore des insuffisances en ressources humaines qualifiées. Nous espérons que des partenaires peuvent nous appuyer, et en formation technique, et en maintenance des ces outils.

M.L : la ministre de la santé dans son discours, a souligné que « l’accueil des patients doit être pris au sérieux ». Nul n’ignore que dans l’hôpital national, l’accueil des patients a toujours posé problème et que les médecins ne sont pas assidus et ne respectent pas les horaires de travail. Quelle stratégie adopterez-vous pour que ce fléau n’atteigne pas cette nouvelle institution sanitaire ?

A.A : L’aspect environnemental est très acceptable. Le plateau technique est très sophistiqué. Il pourra déjà servir d’élément de base pour l’accueil. L’accueil humain reste à améliorer, d’où la mise en place des formations dans ce domaine technique et administratif.

 

M.L : le président de la République a confirmé que l’État va subventionner l’hôpital pour une période limitée. Car, selon lui, à un moment donné « l’hôpital doit se prendre en charge lui-même ». Comment comptez-vous vous y prendre pour bien faire fonctionner l’hôpital sans la subvention de l’État ?

A.A: Évidement comme tout établissement public, il doit toujours être accompagné au début et se prendre en charge au fur et à mesure. Les actes, les consultations, les interventions chirurgicales, les hospitalisations, le laboratoire ainsi que la pharmacie ne sont pas gratuits. Ils ne seront peut être pas trop chers comme dans les structures privées.

M.L : les personnels seront-ils payés par l’hôpital en question ou par l’État ?

A.A : Deux statuts sont possibles : fonctionnaires et contractuels de l’hôpital.

 

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU

Hommage

Des morts et des questions

 

Samedi 20 août 2017, quelque part en région PACA. Il est dix ou onze heures, je ne sais ; devant mon ordinateur ce matin là, j’écris, je cris comme d’habitude. J’ai pour habitude de crier le mal qui frappe mon pays, un pays spolié, un pays oublié.

Soudain, mon téléphone vibre. J’ai raté l’appel. J’eus à peine le temps de vérifier l’identité de mon correspondant quand soudain, il se mit là aussi à vibrer. Mon cœur palpite, quelque chose de grave, en tout cas de pas ordinaire, se produit. Je rappelle, la boule au ventre, les personnes qui essayèrent de me joindre. Et là, c’est l’effroi. C’est bien ce que je craignais. C’est dramatique. Un kwasa-Kwasa, ces embarcations meurtrières, a coulé au large de Mayotte en provenance de l’île d’Anjouan. Deux cousins ont péri et avec eux, près de vingt personnes (tous des Comoriens) sont mortes noyées.

Mandza et les Comores en larmes

 

Mohamed Assoumani et Nassur Said Mhadji respectivement connus sous les noms de GOVEA et de DJ SILVA sont deux jeunes très appréciés à Mandza et nationalement connus. GOVEA est tout simplement l’ancien bassiste de l’ASMUJEM, cet orchestre musical qui a fait danser les Comores à travers notamment les voix de Farid SAID et de Boinaid MOHAMED dans les années 1990. DJ SILVA lui, n’est autre que le petit frère de Farid SAID. Les plus jeunes d’entre nous le connaissent pour ses chansons de zouk qui, aux dires de ceux qui l’écoutent, font enivrer plus d’un. Les Comores perdent d’immenses musiciens.

Mandza pleure des jeunes très dynamiques, investis dans le développement du village. Des travaux de rénovation du village aux différentes activités culturelles, GOVEA et SILVA ont toujours répondu à l’appel avec l’humour qui caractérise le premier et le calme qui distingue le deuxième. On s’est tous déjà éclaté devant une blague de GOVEA et on a tous, au moins une fois, déjà évoqué le caractère très réservé de SILVA qui a fait de lui, un homme sans histoire jusqu’à son départ prématuré. On se souviendra longtemps de ces deux hommes au destin tragique, on n’oubliera jamais ces deux musiciens disparus un soir enchanté de toirab, un jour de grand mariage ; un mariage pas comme les autres, celui de l’oncle de SILVA. Ils ont tellement donné à la musique comorienne et à la chanson de Mandza qu’ils ne pouvaient partir que la nuit d’un samedi animé, jour de toirab quelque part dans un Bagwe à Mandza. Mandza est en deuil, Mandza pleure.

 

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Les morts de trop?

 

« Le Kwasa-Kwasa pèche peu. Il amène du Comorien.»  Cette sortie malheureuse du président Macron, nous l’avons tous combattue. Mais derrière cette regrettable déclaration, se cache une triste réalité. Nombreux sont les Comoriens qui risquent leur vie en empruntant le périlleux chemin maritime qui mène à Mayotte depuis Anjouan. A partir de 1995, les drames humains qui se produisent dans ce bras de mer, ne cessent de se multiplier. On compte à ce jour, plus de 12000 morts parmi les Comoriens, des Comoriens qui, au total, n’atteignent pas encore le million d’habitants.

Face à cette véritable catastrophe, les Comores semblent impuissants. La communauté internationale également. A quand des assises nationales ou, rêvons plus grand, internationales sur ce véritable mouroir qu’est devenu l’Océan Indien ? Cette partie du globe se vide peu à peu et dangereusement de sa population ; cela se passe sous nos yeux et personne ne semble s’en soucier.

Réagissons. Mobilisons-nous. Rester de marbre sur une question aussi dramatique, c’est humainement inacceptable. Nous perdons constamment pères, mères, frères et sœurs. Il est même des cas larmoyants où des femmes enceintes, accompagnées d’enfants en bas âge, prennent les kwasa-kwasa. Voilà qui nous pousse à nous mettre dans la tête des candidats au départ pour comprendre ce qui s’y passe.

Dans la peau de ceux qui partent

 

Que se passe-t-il dans la tête d’une mère qui part d’Anjouan vers Mayotte à bord d’un kwasa-Kwasa? Que se passe-t-il dans la tête d’une femme enceinte qui engage sa vie et celle de ses futurs enfants ? Que se passe-t-il dans la tête d’un frère qui, après avoir perdu un proche, décide de reprendre le chemin de la mort ? Sans doute, la décision de prendre ces embarcations n’est elle pas anodine. C’est le fruit d’un profond désarroi.

Les personnes qui se rendent à Mayotte, sachant qu’elles flirtent avec la mort, le font parce qu’elles n’ont plus rien à perdre. Parce que notre pays est incapable d’offrir à tous un peu de décence, certains de nos proches sont prêts à mettre leur vie à rude épreuve. Ces morts révèlent un certain malaise. Le pays va mal et c’est bien cet amer constat qui cause ces pertes.

Parce que notre pays, très affaibli est loin d’atteindre le chemin de l’essor, assurons au moins le service minimum. Pourquoi ne pas barricader ou sécuriser sans relâche nos côtes pour éviter d’autres départs ? Nos autorités ont le devoir d’assurer la sécurité de nos compatriotes. A nous aussi de nous éviter ces malheurs en nous défendant de prendre ces routes. Les Comores souffrent, les Comores saignent. Mais qui, pour stopper cette véritable hémorragie ?

O M 

Bac 2017. Un taux de réussite de 32,60% à Ngazidja

La délibération du baccalauréat de cette année a eu lieu le 16 août dernier. Le ministère de l’éducation nationale a respecté le calendrier prévu. Les résultats du deuxième groupe sont tombés ce jeudi 24 août. Le taux de réussite à Ngazidja n’est pas satisfaisant. Seulement 835 candidats ont été admis au premier groupe, soit 11,24% avec 7430 inscrits dans la grande île, toutes séries confondues. Ils étaient 1587 élèves autorisés à aller au rattrapage, soit 21,36%. Un seul élève a été recalé. Mais selon un membre du jury, ce candidat ne s’est pas présenté pour le rattrapage. Le taux de réussite à Ngazidja est de ce fait 32,60% avec 2422 élèves qui ont obtenu leur baccalauréat pour la session de 2017.

  Si nous analysons ces résultats de Ngazidja au niveau des différentes séries, nous constatons que comme d’habitude la série C prend le dessus avec 76,68%, suivie par la série A2 dont le taux de pourcentage est de 61,29%. La série D occupe la troisième position 56,40%. La série A4, qui a la réputation d’être la série la plus facile, est classée cinquième avec 21,27%.

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Pourcentage des résultats de Ngazidja. source: Office des examens de Ngazidja

 

  Le taux de réussite de Mohéli dépasse celui de Ngazidja avec 52,88%. Le pourcentage pour ceux qui sont admis au premier groupe est de 16,88% selon un des membres du jury et 36% pour ceux qui sont admis au deuxième groupe. Pour l’île d’Anjouan, nous n’avons pas pu récupérer les résultats à l’heure où nous bouclions cet article. Rappelons que cette année, la proclamation des résultats a été différente des années précédentes. Les candidats avaient la possibilité de connaître les résultats via une application « Natidja » qui était gratuite. Il suffisait pour l’élève de mettre son numéro et Son nom pour obtenir le résultat. Pour le second groupe, il fallait envoyer le nom et le numéro par message téléphonique afin de savoir si l’élève a obtenu son bac.  C’est une amélioration par rapport aux années précédentes où il fallait écouter ou se déplacer jusqu’ au lycée de Moroni ou Fomboni pour connaitre les résultats.

             Natidja HAMIDOU

RADHI-FRANCE opposé à une suppression de la tournante

Par un communiqué daté de ce 21 août, la fédération du parti RADHI en France s’est prononcée sur l’organisation des Assises Nationales en disant qu’elles constituent un risque pour la stabilité du pays. Cette fédération demande, toutefois, si ces Assises sont maintenues, que le pays conserve pour le moment la tournante et l’autonomie des îles et ne pas risquer de « réveiller de vieux démons ».

Rien de nouveau, puisque c’est la position du parti RADHI depuis toujours et que comme le rappelle ce communiqué signé par le Secrétaire Fédéral, Jaffar Abdellahi, le leader du parti RADHI Houmed Msaidié s’est battu en tant que Ministre de l’Intérieur pour ne pas que l’ancien président Sambi ne supprime la tournante par sa candidature lorsque c’était le tour de Ngazidja. Cela a permis l’élection du président Azali.

MI

Communique-du-200817

Fermeture de la Radio Kaz par le gouvernement comorien. Le préfet s’explique.

Agwa

Abdallah Agwa

Après avoir ordonné la fermeture de Radio Kaz le 16 août dernier, le Préfet du Centre Salim Ben Mohamed Soilihi en explique les raisons dans les colonnes de la Gazette des Comores et d’Al-Watwan ce vendredi 18 août.

Dans la Gazette, il justifie sa mesure par « C’est le code de l’information, notamment l’article 1, qui m’autorise à fermer cette radio » (sic). Dans cette phrase soit le journaliste soit le préfet, l’un des deux fait une erreur car l’article 1 ne dit rien d’autre que « Le présent code est dénommé Code de l’information et de la Communication ». L’article d’Al-watwan est plus précis puisque le préfet reste sur l’article 5 évoqué dans son arrêté et précise : alinéa 1 (« non respect de la dignité humaine »). Le journal gouvernemental explique que le préfet aurait ordonné la fermeture de la Radio après la diffusion d’une interview de l’ancien journaliste Abdallah Agwa dans laquelle ce dernier s’en prenait à la dignité d’une personne. On y apprend également que dès jeudi soir, des militaires ont débarqué à la radio pour saisir le matériel, encore fois dans un cadre extra-judiciaire et hors-la-loi.

En effet, le Code de l’Information aux Comores ne prévoit pas que le préfet, le Ministre ou la Gendarmerie puissent prendre des sanctions contre un média de leur propre initiative sans l’intervention du Conseil National de la Presse et de l’Audiovisuel (CNPA). Dans le cas évoqué par le préfet pour justifier la sanction prise (diffamation ou injure envers un individu), le Code prévoit que la personne lésée demande un droit de réponse (qui ne peut lui être refusé) ou que le CNPA saisisse le juge. Aucune de ces mesures n’a été enclenchée et le CNPA reste jusqu’à aujourd’hui silencieux sur cette nouvelle forfaiture du gouvernement contre un média.

Dès le 16 août, il nous semblait que c’était une autre raison qui avait motivé le gouvernement à fermer cette radio (alinéa 5 de l’article 5 du Code de l’Information : « appel au séparatisme ») et nous évoquions l’interview du Gouverneur d’Anjouan, qui devait être diffusée le lendemain et dans laquelle, Abdou Salami dénonçait la volonté du gouvernement de mettre fin à la tournante (lire ici : Comores. Radio Kaz fermée par le gouvernement). Depuis, cette interview a été diffusée ailleurs, comme nous le pressentions. Le gouvernement avance un autre argument sur un autre fait et prend une décision qui au regard du Code de l’Information est illégale.

MI

Tout un pays retient son souffle

      Dimanche prochain, a lieu le match retour opposant les Comores à la Namibie. Au match aller, l’équipe nationale de football des locaux s’était imposée chez elle sous le score de deux buts à un. C’est donc avec une légère avance que les Comores affronteront la Namibie dans exactement deux jours.

Autour du match aller

     Les matchs entre les Comores et la Namibie s’inscrivent dans le cadre du troisième et dernier tour des éliminatoires du Championnat d’Afrique des Nations ( CHAN ) qui aura lieu l’an prochain au Kenya. Pour rappel, contrairement à la Coupe d’Afrique des Nations ( CAN ) qui opposent les équipes nationales , le CHAN concerne uniquement les équipes nationales composées uniquement de joueurs évoluant dans les championnats locaux. Et c’est dans cet esprit que s’est déroulé à Moroni le match aller Comores-Namibie.

    Un stade de Moroni plein à craquer à l’occasion d’un match à guichet fermé, telle fut l’ambiance de cette rencontre. Une rencontre qui devait vaille que vaille tourner à l’avantage des hommes de Chamité au lendemain de la sortie remarquée de Ricardo Manneti, coach de la formation namibienne qui déclarait: « Les Cœlacanthes, on peut les écraser». Autant dire que la victoire des Cœlacanthes, même sans éclat, était impérative. Il faudrait à présent confirmer cette avance à Windhoek, en vue de disputer le prochain CHAN mais aussi pour garder la tête haute face aux détracteurs de tous bords.

 Coelacanthes   Ricardo Manneti a du avoir la surprise de sa vie lorsque, poussé par un public en euphorie et confiant, à la 41 ème minute, Tchenko comme on l’appelle, a ouvert le score perturbant ainsi toute l’équipe namibienne après avoir trompé une défense namibienne qui s’est avérée anémique en cette fin de première partie. Il n’a fallu à Mohamed Youssouf que quelques minutes pour doubler la mise après le mauvais dégagement de trop du gardien namibien et ainsi offrir aux siens, un repos des plus sereins.

     La deuxième partie du match fut clairement namibienne. Bien que les Coelacanthes ne se sont pas laissés écraser, ils ont montré quelques signes de faiblesse en cette deuxième mi-temps. Étaient-ils trop confiants, épuisés ou restaient-ils sur les acquis du match? On ne saurait le dire-en tout cas- à la 69ème minute, Hendrick Somaeb a lavé l’honneur de ses coéquipiers en réduisant le score sur penalty. Le match s’est ainsi achevé. Après cette performance, les espoirs sont permis côté comorien surtout parce que cette victoire intervient après une autre victoire survenue peu auparavant. Et si les Cœlacanthes locaux étaient devenus invincibles? La réponse, dimanche prochain à Windhoek.

Autour du match retour 

    La qualification se jouera dimanche. Les Cœlacanthes, déjà à Windhoek, partent avec une légère avance. Mais, il serait irrationnel de rester sur cette petite avance de 1 but à 0. Mieux équipée et bien expérimentée, l’équipe namibienne est capable de renverser la tendance à domicile. L’idée est donc d’entamer la rencontre avec la même motivation qu’au match aller. Remporter absolument ce match.

   Il faudrait donc miser sur l’attaque pour espérer marquer en premier, un premier but qui serait suicidaire pour les Namibiens. On bénéficierait alors de la règle du but marqué à l’extérieur, ce qui troublerait incontestablement les joueurs de la Namibie et conforterait l’avance de ceux des îles Comores. L’erreur serait donc de vouloir défendre à tout prix; non seulement la défense comorienne n’est pas impénétrable mais aussi, une telle tactique priverait nos attaquants d’un potentiel exploit; la défense namibienne n’étant pas non plus imperturbable. 

    Ce match est d’autant plus important que tout un pays retient son souffle. Une victoire dimanche serait historique et permettrait aux Comores de se faire un nom dans le football africain. Si l’équipe A des Coelacanthes n’a jamais atteint un tel niveau dans une compétition internationale, l’équipe B n’est pas loin de créer la surprise en faisant briller les Comores. Une chose est sûre, quelque soit l’issue du match de dimanche, les Coelacanthes, A comme B, suivent déjà une trajectoire ascendante et si cette ascension fulgurante se confirme, le monde écoutera et regardera le bled comme dirait notre Cheikh-Mc nationale. Encourageons et soutenons les nôtres, la victoire se profile.

O.M.