Abdallah

40 ans d’indépendance sur fond de crise politique et économique

Ahmed Abdallah, père de la déclaration unilatérale d'indépendance le 6 juillet 1975

Ahmed Abdallah, père de la déclaration unilatérale d’indépendance le 6 juillet 1975

En 1945, le réveil nationaliste des peuples colonisés d’Asie et d’Afrique sonne le glas des empires coloniaux. Par vagues, pendant une vingtaine d’années, dans la paix ou au terme de conflits, naissent de nouveaux Etats en Afrique et en Asie.

Protectorat proclamé en 1886, colonie française rattachée à Madagascar de 1912 à 1946, puis territoire d’outre-mer en 1946, les Comores n’accèdent à l’indépendance qu’en 1975,  mais en étant amputées de l’île de Mayotte.

Said Mohamed Cheik, acteur principal de l’autonomie interne, voyait l’importance de l’indépendance. Il a voulu passer par une phase préparatoire avant d’engager la population comorienne dans une aventure incertaine. La déclaration unilatérale d’indépendance du 6 juillet 1975 par Ahmed Abdallah allait modifier les rapports de force sur l’échiquier franco-comorien.

Le référendum de décembre 1974, auquel 65% des Maorais ont répondu « Non » à la proposition d’indépendance, ne fut pas suffisant pour briser l’unité de l’Archipel. Au sein de la classe politique de l’époque, il y a eu une rivalité entre deux hommes de pouvoir : Ahmed Abdallah et Ali Soilihi. Cette rivalité allait renforcer la fracture avec la France, et par contrecoup, renforcer la crédibilité de Marcel Henry auprès du gouvernement français.

En quarante d’indépendance les Comores ont connu plus de dix sept tentatives de coups d’Etat dont trois ont abouti et ont marqué la vie politique comorienne. Cette instabilité politique illustre le manque de consensus au sein de la classe politique comorienne de ce qu’ils ont comme vision pour le pays. Cette division chronique des politiques comoriens sur la manière de diriger l’archipel alimente de fond en comble le poison du séparatisme. Il faut rappeler que sous la présidence de Taki a eu le coup d’Etat sécessionniste dans l’île d’Anjouan le 3 août 1997, il s’agit comble du paradoxe, de l’île dont est originaire le père de l’indépendance Ahmed Abdallah, premier président de la République comorienne. Pour mettre un terme au séparatisme anjouanais, les accords de Fomboni de 2001 ont institué une présidence tournante. L’esprit de ces accords ne va pas dans le sens d’une nation et un peuple indivisible car pour qu’on soit élu président de l’Union des Comores, il faut qu’on soit originaire de l’île à laquelle revient la tournante. C’est un paradoxe car on se définit Comorien que par rapport à son île et non à une nation. Les politiques comoriens pour assouvir leurs appétits du pouvoir ont installé une présidence tournante qui ressemble au gâteau chinois et ils se servent à tour de rôle ; pour eux c’est la paix retrouvée depuis 2001, mais pour le comorien lambda, rien n’a changé de son quotidien : le manque des soins dans les hôpitaux, les retards de paie pour les agents de l’Etat, et la montée inquiétante du chômage des jeunes ne cessent de se dégrader. Sur le plan économique la situation n’est pas rose, les Comores ont des PNB les plus faibles du monde ; la banque mondiale avance le chiffre de 475 dollars par habitant en 1996 ; une économie micro-insulaire à dominante agricole et vivrière, un secteur touristique qui commence à peine à se développer, une quasi-absence de ressources naturelles accentuent la dépendance des Comores aux aides de la France et des subventions de l’Union européenne, de l’ONU et de la Ligue arabe. Du coup le déficit budgétaire étant en perpétuel accroissement, à l’heure actuelle les caisses de l’Etat sont vides car la corruption est à tous les étages de l’administration et la spirale endémique du non paiement des fonctionnaires va de mal en pis ; et la crise de l’énergie plombe l’activité économique et rend le pays de moins en moins attractif. Les Comoriens souffrent en permanence des délestages à répétition et on ne veut pas privatiser la société de l’énergie car c’est une vache à lait pour tous les dirigeants successifs.

Etre libre oui ! Mais vivre durant quarante ans dans la misère et le désespoir, le Comorien lambda ne l’a jamais souhaité.

Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY

Professeur certifié d’histoire-géo à Mayotte

Parodie ou enracinement de la démocratie en Union des Comores

Ahmed Abdallah, père de la déclaration unilatérale d'indépendance le 6 juillet 1975

Ahmed Abdallah, père de la déclaration unilatérale d’indépendance le 6 juillet 1975

Les élections législatives et communales ont pris fin le 25 février 2015 et l’exécutif de l’Union a réussi son pari sur la tenue de ces élections. Le taux de participation s’élève à 73% selon le ministère de l’ intérieur de l’Union des Comores. Les représentants de la communauté internationale ont pu relever quelques anomalies, notamment des cartes d’électeurs non fiables ou insuffisamment distribuées ou des bureaux de vote fantaisistes, mais dans l’ensemble le processus démocratique a été respecté.

Depuis les élections démocratiques du temps d’Azali, suivies de celles de Sambi jusqu’à Ikililou aujourd’hui, on peut dire que la démocratie s’enracine dans les faits comme dans les esprits. Le pays vient de loin en matière de démocratie si l’on remonte à l’époque d’Ahmed Abdallah avec sa parodie de démocratie caractérisé par le dicton africain qui dit qu’un gouvernement qui organise des élections ne les perd jamais. De 1978 à 1988, Ahmed Abdallah a exercé un pouvoir de plus en plus autocratique suivi de menaces et d’arrestations de ses opposants. Cette répression continue a assuré à Ahmed Abdallah de faciles victoires électorales et s’est accompagnée d’un renforcement des pouvoirs du président.

Dans les élections législatives le parti UDZIMA a toujours remporté la totalité des sièges à l’Assemblée fédérale de l’époque, et les candidats de l’opposition étaient virés de l’administration ou mis en prison, ce n’est plus le cas aujourd’hui beaucoup de candidats de la majorité présidentielle ont été éliminés dès le premier tour ou sont passés au second tour mais en ballotage positions difficiles.

Un autre enseignement de ce scrutin est l’élimination de tous les anciens députés de l’ancienne Assemblée, c’est un message fort envoyé aux nouveaux députés : il est inutile de trop parader et les électeurs comoriens loin d’être des marionnettes qu’on peut soudoyer avec quelques billets d’argent sont capables de sanctionner de manière humiliante les députés sortants qui n’ont pas pu durant leurs mandats apporter quelques solutions à leurs problèmes quotidiens.

A un an de la présidentielle de 2016, tous les scénarios sont possibles. Mais, l’éventualité d’une modification de la Constitution pour s’éloigne. L’exercice est compliqué car dans la nouvelle Assemblée, aucun des partis représentés au palais de HAMRAMBA n’arrivera à constituer la majorité nécessaire pour modifier la constitution.

Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY,

professeur certifié d’histoire-géo à Mayotte

Les élections législatives aux Comores. Les jeux sont ouverts

Les élections législatives aux Comores

Les jeux sont ouverts

Les Comoriens sont appelés aux urnes ce dimanche pour le deuxième tour des élections législatives et pour l’élection des conseillers des communes qui éliront les Maires dans les différentes villes.

Ce premier tour a vu apparaître trois forces importantes : Juwa de l’ex-président Mohamed Sambi, Rassemblement Démocratique des Comores du Gouverneur Mouigni Baraka et l’UPDC, le parti présidentiel. Entre les trois partis, c’est celui qui réussira à rallier le plus de « perdants » qui l’emportera demain, ensuite, c’est celui qui pourra former une majorité à l’Assemblée qui pourra prétendre être la première force du pays. Le premier parti du pays sera au pouvoir au lendemain de ces élections car même si nous ne sommes pas en régime parlementaire, il est certain qui si l’UPDC n’arrive pas à constituer une majorité, elle sera obligée de faire entrer au gouvernement l’opposition ou à accepter un sabotage systématique de tous les projets qui passeront à l’Assemblée. Et puis, au-delà de la Constitution, il ne serait pas très démocratique qu’une minorité commande la majorité.

Juwa a sans doute fait le plein de ses voix, à quelques exceptions régionales près. Dans pratiquement toutes les circonscriptions, le « Tout sauf Sambi » s’est mis en place, sauf à Moroni où le parti a remporté dès le premier tour la circonscription de Moroni Nord, aux dépens surtout du député sortant, Abdoulfatahou Saïd Mohamed. Même en ballotage favorable, Mohamed Msaidié (Juwa), à Moroni Sud avait très peu de chance de gagner, mais à Moroni le « TSS » semble s’être transformé en « TSK » (« Tout sauf Kiki »), la plupart des candidats malheureux s’étant ralliés à la personnalité consensuelle du candidat de Juwa par opposition au bouillonnant Kiki de la République.

Il est certain que Juwa a déjà perdu son pari d’obtenir la majorité à l’Assemblée et les 2/3 au Congrès pour modifier la Constitution et permettre à leur président d’honneur Mohamed Sambi de briguer de nouveau la présidence pendant le « tour » de Ngazidja. Il lui reste à limiter les dégâts en concrétisant quelques victoires à Anjouan.

Le RDC quant à lui s’est vu soudainement fermer la porte par l’UPDC, le MOUROUA, la CRC, le RADHI, le PEC et d’autres partis qui dénoncent la manière dont le Gouverneur a utilisé les moyens de l’État et de l’Île de Ngazidja pour avantager ses candidats ou le recours abusif au vote par procuration qui prête à confusion. Mais, en réalité, plus que tout, les partis craignent que le Gouverneur Mouigni Baraka ne soit le véritable vainqueur de ces élections dimanche soir et que cela ne lui permette d’apparaître comme un candidat crédible pour les présidentielles de 2016.

Enfin l’UPDC dont plusieurs observateurs ont annoncé la mort dès la fin du premier tour pourrait être la surprise du second tour tant il semble que le gouvernement a décidé de mettre le paquet partout où le parti présidentiel est au second tour. Le débauchage d’un suppléant d’un adversaire à Mohéli en est une preuve. Les résultats de dimanche pourraient conditionner la manière dont le régime du président Ikililou Dhoinine finira. Mené par Mohamed Ali Soilihi, Ministre des Finances, l’UPDC s’éloigne d’un allié de l’avant premier tour : le RDC et semble se rapprocher du parti RADHI.

Quelque soit le parti qui sortira vainqueur dimanche soir, ce qui caractérise le second tour de ces élections, ce sont les alliances à « géographie variable », selon le lieu, selon la circonscription, les alliances sont différentes et les adversaires ne sont pas les mêmes.

Mahmoud Ibrahime

Communiqué de la FCC-F : soutien au mouvement Madji Na Mwendje

Communiqué

logoFCCFLa Fédération Comorienne des Consommateurs-France a appris hier l’arrestation de Mohamed Saïd Abdallah Mchangama, président de la Fédération Comorienne des Consommateurs et d’autres acteurs du mouvement Madji na Mwendje (« Eau et Electricité »).

Parce qu’ils étaient en train de préparer un mouvement de protestation pacifique contre la privation d’eau et d’électricité à toute la population comorienne, ils sont accusés par le gouvernement d’« incitation à la haine ».

Le travail qui a été mené ces derniers temps au sein de la FCC visait à faire prendre conscience à la population que les droits ne s’obtiennent que progressivement par une lutte obstinée et non par les seules incantations. Ce travail de conscientisation est en marche et cela fait peur au pouvoir en place.

L’arrestation de responsables d’associations de la société civile avant même la manifestation annoncée, la mise en place d’un climat de peur et la réquisition de magasins comme si le pays était en guerre dénotent manifestement d’une perte de sang froid de la part du gouvernement du président Ikililou et du Ministre de l’Intérieur, M. Houssen Hassan Ibrahim.

Cela participe surtout, hélas, d’une certaine régression par rapport aux valeurs de liberté et de démocratie puisque c’est sans doute la troisième ou quatrième manifestation que le gouvernement tente d’interdire, au mépris de la Constitution et des lois du pays.

La FCC-F, fidèle à ses objectifs, soutient sans réserve le mouvement Madji Na Mwendje dans son action en cours pour l’accès de la population à l’eau et l‘électricité.

Elle exhorte le gouvernement comorien à prendre de la hauteur et à relâcher immédiatement et sans condition le Président de la FCC et toutes les personnes qui ont été arrêtées depuis dimanche.

Fait à Paris le 9 février 2015

Fédération Comorienne des Consommateurs -France

Sambi n’est plus citoyen de Mutsamudu

Sambi a voté le 25/01/15 à Batsa

Sambi a voté le 25/01/15 à Batsa

La première surprise des élections de 2015, c’est de voir que l’ancien président de l’Union des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, né à Mutsamudu (chef lieu de l’île d’Anjouan), où il a autrefois été élu comme député, a voté dans la ville de Batsa (Itsandra) à Ngazidja.

En effet, on a appris ce matin que l’ex-président Sambi est devenu citoyen de la ville de Batsa (Itsandra) où il a voté. Bien que chaque citoyen comorien a le droit de s’installer où il veut sur le territoire national, il n’y a pas de doute que ce changement d’adresse (il était citoyen de Mutsamudu) est motivé par les primaires des élections présidentielles de 2016 qui doivent se dérouler à Ngazidja. L’ancien président qui a tout fait entre 2009-2010 pour se maintenir au pouvoir à la fin de son mandat, en provoquant des échauffourées à Mwali et à Moroni, a décidé depuis un moment de se présenter aux prochaines élections présidentielles qui, selon la Constitution, doivent voir un Mgazidja prendre la tête de l’Union. Pour parodier Henri IV, il pourrait ainsi dire : « La présidence de l’Union vaut bien le renoncement à Mutsamudu, ma ville natale ».

Il y a quelques jours, il a affirmé devant ses partisans qu’il sera candidat en 2016, même si c’est le tour de Ngazidja et manquant réellement de dignité avait lancé au Président en exercice : « Si tu es un homme, viens m’affronter en 2016 ». La classe !

Ce changement soudain et motivé de ville pose tout de même un certain nombre de questions. Est-ce qu’il n’y a pas une obligation à vivre réellement là où on s’est inscrit sur la liste électorale, au moins pendant un certain temps dans l’année ? Car s’il n’y a pas ce genre d’obligation, ce serait une porte ouverte à tous ceux qui vivent à l’étranger qui pourraient ainsi s’inscrire dans n’importe quelle ville dans le pays et ne s’y rendre que les jours de vote (voire même à voter par procuration, sans jamais y mettre les pieds).

La question qui se pose ensuite sera sans doute résolue d’une manière définitive par le Conseil Constitutionnel avant les élections de 2016. Après avoir dit qu’il était Anjouanais pour être élu en 2006, Sambi peut-il maintenant dire qu’il est Grand-Comorien pour pouvoir participer aux élections de 2016 ?

On peut aussi se demander si ceux qui lui ont donné cette idée loufoque sont les mêmes juristes que ceux qui lui ont fait croire en 2009 qu’il pouvait prolonger son mandat de 4 à 5 ans sans repasser devant le peuple.

Mahmoud Ibrahime

Communiqué du Parti RADHI

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COMMUNIQUE

du parti RADHI suite au meeting du 26/10/14

Vous avez été plus de 1400 personnes à avoir assisté au meeting du Rassemblement pour une Alternative de Développement Harmonieux et Intégré (RADHI) tenu dimanche 26 octobre 2014 au Palais des Congrès de Montreuil en Seine Saint-Denis.

Le parti RADHI, ses militants et ses sympathisants vous remercient pour avoir honoré de votre présence ce premier rendez-vous en France de notre jeune formation politique.

Les leaders venus des Comores parmi lesquels son Secrétaire Général, Houmed Msaïdié, Mihidhoire Sagaf, Abdou Soefo et Ali Abdallah ont été particulièrement sensibles à  l’engouement observé  à l’occasion de ce meeting dont l’objet était d’exposer à la diaspora les grandes lignes du projet en cours d’élaboration au sein du parti RADHI.

Les échanges avec la diaspora au cours de cette rencontre, et entre autre  avec un groupe de jeunes venus présenter leur vision,  ont été des plus fructueux.

Oui RADHI continuera à grandir, s’il demeure ouvert, tolérant, à l’écoute, et  capable  de susciter toujours le débat avec les comoriens de  l’intérieur et de sa diaspora.

Le parti RADHI, ses militants et ses sympathisants se félicitent donc de la participation massive de la diaspora comorienne, notamment en Région parisienne, toute catégorie sociale confondue, et s’engagent à consolider et amplifier cette force née de ce rassemblement. Le RADHI s’engage également à relever les défis avec clarté, lucidité et sérénité afin de promouvoir au comorien partout où il se trouve un cadre de vie harmonieux et préserver la paix et la cohésion sociale.

Le Parti RADHI et ses sympathisants vous réitèrent leurs chaleureux remerciements et comptent sur votre engagement pour construire ensemble les Comores.

Nous donnons rendez-vous aux Comoriens de Marseille dimanche prochain, 2 novembre, pour un meeting qui se tiendra dans la salle Les Dauphins au 85 boulevard de Casanova 13014 Marseille, à partir de 14h00.

Ensemble construisons les Comores.

Le Parti RADHI en France

Le Secrétaire Général du parti RADHI promet à la diaspora le droit de vote en 2016

 « Reconstruire les Comores », tel est le projet du parti politique Rassemblement pour une Alternative de Développement Harmonieux et Intégré (RADHI), fondé par l’ancien ministre Houmed Msaidié et d’autres leaders de la politique comorienne le mois de mai dernier. Les leaders du RADHI ont tenu un meeting ce dimanche 26 octobre au Palais des Congrès à Montreuil en région parisienne. L’objectif de cette manifestation était d’exposer le projet du parti à la diaspora comorienne de France.

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Les femmes sont venues nombreuses

 

La diaspora était au rendez-vous ! Environ 1000 personnes ont répondu à l’appel du parti RADHI (Rassemblement pour une Alternative de Développement Harmonieux et Intégré). Un meeting initié par les partisans de ce parti politique a eu lieu dimanche dernier dans la ville de Montreuil en présence du président du Conseil Général de la Seine Saint-Denis, Stéphane Troussel et d’Ibrahim Dufriche-Soilihi, premier adjoint au Maire de Montreuil. Le Secrétaire Général du RADHI ainsi que d’autres membres fondateurs (Mihidhoire Sagaf, Abdou Soefo, Ali Abdallah) ont fait le déplacement depuis les Comores pour venir présenter leurs idées et leurs engagements à la communauté comorienne de France.

Après la lecture du Saint Coran, marquant l’ouverture de la manifestation, un notable parlant au nom du parti a remercié l’assistance tout en soulignant que la diaspora comorienne de France contribue en grande partie au développement des Comores. Il a affirmé également que « cette diaspora réalise des actions que le gouvernement devrait accomplir ».

Houmed Msaidié

Houmed Msaidié

L’hymne national « WUDZIMA WA MASSIWA » a retenti dans la salle annonçant la prise de parole du Secrétaire Général du RADHI, Houmed Msaidié. Il a commencé son allocution en rappelant au public la tenue des élections législatives en janvier 2015. Cet ancien ministre de l’énergie a abordé en premier lieu le problème qui est d’actualité aux Comores : le manque d’eau et d’électricité qui frappe l’archipel. Selon lui, c’est un obstacle qui freine le développement du pays et accélère la pauvreté. Il a fait appel au gouvernement pour trouver une solution rapide afin de sortir le pays de la crise.

Houmed Msaidié a également évoqué la question des infrastructures routières. Il estime que les routes aux Comores ne sont pas en bon état même s’il a admis qu’une partie non-négligeable des localités a été raccordée. L’ancien ministre des transports et du tourisme a souligné la hausse des prix des billets de transports aériens. Il a indexé le coût très élevé des taxes aéroportuaires qui se distribuent entre l’ASECNA, l’AIMPSI et COM’AIR Assistance. Pour lui, ces taxes sont en grande partie à l’origine de cette hausse des prix. « Nous devons développer le tourisme dans notre pays et permettre la création de micros entreprises », a-t-il déclaré.

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La première rangée

Au cours de son discours, le secrétaire général du parti RADHI promet à la diaspora de voter en 2016 lors des élections présidentielles prévues aux Comores. « Je vous affirme que la loi portant le droit de vote de la diaspora a déjà été votée à l’Assemblée. Pourquoi n’est elle pas promulguée ? Nous ferons tout pour que vous puissiez voter en 2016  » a-t-il avancé. Chose rare dans les meetings de ce genre, le parti RADHI a décidé de donner la parole au public. Diverses questions portant sur l’éducation, la santé, la justice, les finances.… ont été posées par l’assistance. Un dossier portant un projet sur l’hôpital El-Maarouf a été remis au Secrétaire Général du RADHI par les membres du mouvement « RILAMHA » présents dans le meeting. Houmed Msaidié a affirmé avoir pris en compte les doléances et a promis d’étudier le dossier avant de donner une réponse.

Les participants n’ont pas tardé à réagir par rapport au discours du Secrétaire Général de ce parti. « Msaidié est conscient des difficultés qui touchent notre pays d’après le discours qu’il a prononcé et nous espérons qu’il tiendra les promesses qu’il a faites », affirme Ahmed Mohamed, un citoyen présent dans la manifestation. Néanmoins, Harmia Djabir, une participante dit être déçue de l’allocution de Houmed Msaidié et déclare que : « C’est regrettable que le Secrétaire Général d’un parti politique, qui prévoit d’être candidat aux élections présidentielles a omis d’évoquer la question de Mayotte. J’estime que c’est une question cruciale car les Comores ont perdu des milliers d’habitants à cause de ce visa Balladur ».

Dans son projet, le parti RADHI prévoit de « consolider l’état de droit, préserver l’intégrité territoriale, valoriser les efforts de la diaspora, mieux gérer les finances publiques, lutter contre la pauvreté et les inégalités, construire les structures du développement et enfin diversifier les sources de développement ».

Houmed Msaidié et la délégation du parti RADHI prévoient de continuer le chemin vers Marseille où doit se tenir un autre meeting le dimanche 2 novembre 2014.

 Natidja Hamidou