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Les mystères de la politique comorienne

logoRadhinouveauLes mystères de la politique comorienne. Cela fait plusieurs semaines que je m’interroge sur le fait que le parti gouvernemental (UPDC) n’a aucune représentation en France. Avec tous les moyens dont dispose ce parti, il n’a jamais pensé à se structurer. Comment un homme aussi intelligent que Youssouf Boina, son secrétaire Général, a-t-il pu autant minimiser la force de la diaspora pour un parti politique, surtout à l’approche d’élections majeures.

En regardant de plus près, je me suis aperçu qu’aucun des grands partis comoriens n’est vraiment structuré en France, mise à part le parti RADHI de Houmed Msaidie​. Juwa qui était bien parti n’a pas de véritable direction en France (si je ne m’abuse).

Mais, cela n’a pas toujours été ainsi. Je me souviens que dans les années 1990 et au début des années 2000, lorsque nous combattions le séparatisme, nous, associatifs, nous savions que nous pouvions compter sur des responsables de certains partis comme le FD (le mieux organisé et comptant le plus de militants, aguerris), Shuma, PCDP, MDP-NGDC…

L’absence de partis dans la diaspora en France a des conséquences, au moment où nous allons vers la campagne électorale. L’UPDC n’ayant aucune représentation en France, les Comités de soutien à Mamadou se multiplient et s’inventent des liens plus ou moins imaginaires avec le futur président de la République ou la future Première Dame. Chacun de ces comités se prétend être le seul représentatif et celui qui aurait l’aval des quatre candidats, même si, on le sait, aucun n’a vraiment désigné un responsable de la campagne de Mohamed Ali Soilihi en France. Malgré cela, des groupements de gens sérieux se réunissent dans des appartements tous les week-ends pour préparer la campagne de Mamadou. C’est une chance pour ce candidat, mais chacun a pu constater la cacophonie qui existe et qui n’aurait pu s’installer si l’UPDC avait une direction en France.

Au sein de ma propre formation politique (RADHI, au cas où certains l’aurait oublié), j’ai même entendu des militants nous dire : « Laissons le parti pour le moment, faisons la campagne de Mamadou car c’est lui qui sera président et le parti on verra plus tard. » Il y a quelques semaines, les mêmes militants affirmaient, sous les applaudissements de dizaines d’autres, dans les réunions du parti, qu’ils étaient prêts à faire des crédits pour la campagne de leur leader, Houmed Msaidié.

Malgré les gesticulations des uns et des autres, malgré les coups de certains dirigeants d’un certain Comité de soutien qui voudrait soumettre à leurs volontés le parti RADHI, le seul parti comorien structuré en France sera bien présent en tant que parti dans la campagne qui s’annonce. Ses dirigeants et ses cadres n’ont jamais pensé à se fondre dans des comités de soutien alors qu’ils savent pouvoir compter sur une force et une expérience dans la communication : le parti RADHI.

Mahmoud Ibrahime

Elections 2016. La candidature de Mamadou en mauvaise posture

Les déclarations de candidatures à la présidentielle et au gouvernorat de 2016 se précisent dans l’opposition alors que la coalition UPDC/RADHI/ORANGE a du mal à désigner les siennes.

Mohamed Ali Soilihi (détail de l'affiche des présidentielles de 2010)

Mohamed Ali Soilihi (détail de l’affiche des présidentielles de 2010)

L’UPDC qui incarne le leadership de cette coalition n’arrive pas, à ce jour, à se mettre d’accord sur la candidature naturelle et unique de l’actuel vice-président Mamadou à la présidentielle. Sa candidature ne fait pas l’unanimité au sein même du parti comme cela était le cas il y a un an. Le fait de se rallier à d’autres partis politiques pour former une coalition et un groupe parlementaire est vu aujourd’hui pour certains comme une force et une opportunité pour gagner les élections de 2016. Mais, pour d’autres, c’est un cadeau empoisonné, un couteau à double tranchant.

La dégradation de la situation économique du pays ne favorise pas la candidature de Mohamed Ali Soilih alias Mamadou qui est accusé à tort ou à raison par l’opinion de ne pas vouloir payer les salaires des fonctionnaires de l’Etat. Ses liens avec la Banque mondiale ne constituent pas une force pour être élu à la magistrature suprême. Les fonctionnaires ont 6 mois d’arriérés de salaires. En période de vacances et des festivités où la consommation ménagère est de plus en plus importante, les fonctionnaires n’ont pas de revenu pour affronter ces dépenses et la crise est observée dans toute l’économie nationale. Une seule personne est accusée d’être le seul responsable de cette situation« Mamadou », certains oubliant même qu’il fait partie d’une équipe gouvernementale.

Au sein du parti UPDC, cette menace est prise au sérieux par les responsables du parti. Des hommes et des femmes qui sont prêts à jouer toutes les cartes pour ne pas perdre les prochaines élections. Plusieurs d’entre eux se posent des questions sur cette candidature qu’ils jugent déjà comme un échec. « Mamadou n’est plus le candidat idéal pour nous faire gagner en 2016. Sa côte de popularité est de plus en plus en baisse au niveau de l’opinion nationale. Il est la cible de tout le monde même de son propre camp. Je pense que les Comoriens ne lui font plus confiance. Il revient à la coalition de voir quels autres potentiels candidats en son sein peuvent nous faire gagner les élections. On n’a pas droit à l’échec», nous a confié un responsable du parti qui a demandé à garder l’anonymat. Ces militants et responsables du parti sont à la recherche d’une autre solution, d’une personne qui sera capable de rassembler et combattre les autres candidats. L’essentiel c’est de gagner, de conserver le pouvoir qui est très convoité par les deux anciens présidents et d’autres grandes personnalités.

Toutefois du côté des proches collaborateurs de Mamadou, on se veut rassurant. Cette situation n’est que conjoncturelle et peut changer rapidement. « Mamadou est un bon candidat qui a fait ses preuves et nous sommes confiants quant à sa chance de gagner » a déclaré un de ses collaborateurs, rencontré lors de la fête de l’Indépendance, pendant laquelle Mamadou a été hué par la foule à son arrivée.

Cette situation ne laisse pas indifférent les militants des partis RADHI et Orange qui estiment que des primaires doivent être organisées pour désigner les candidats de la coalition. Il ne revient pas à Ikililou ou à un autre de trancher car c’est la responsabilité de nous tous et non d’un seul individu. « Il n’y a pas de candidature naturelle, nous avons au sein de nos partis de la coalition des hommes et des femmes présidentiables. Nous défendons partout ce principe de démocratie. Si nous voulons gagner ces élections, il ne faut pas nous imposer des candidatures. Nous voulons bien rester dans cette dynamique mais dans le respect mutuel tout en préservant notre liberté » a prévenu Charfia Ahmada une militante du RADHI dans le Oichili. « Le scénario officieux qui voyait Mamadou titulaire et Msaidié son colistier à Nagzidja ne tient pas la route aujourd’hui, nous voulons gagner ces élections, nous devons faire table rase de nos préjugés et organiser des primaires » a-t-elle ajouté.

L’UPDC a fait de l’argentier de l’Etat son candidat naturel, sans concurrent apparent au sein du parti, arguant qu’il leur fera gagner 2016 car il a les finances. Mais, cet argument a déjà produit l’effet inverse dans le passé. Combien de candidats, bourrés d’argent, l’ont dépensé dans des élections qu’ils n’ont jamais gagnées ? L’argent n’est pas le seul critère pour gagner des élections. La question est de savoir qui sera le bon candidat de la coalition ? Un responsable de l’UPDC répond en voix off « tout sauf Mamadou, la question mérite d’être examiné ».

Mbaraka Djoumbe

40 ans d’indépendance sur fond de crise politique et économique

Ahmed Abdallah, père de la déclaration unilatérale d'indépendance le 6 juillet 1975

Ahmed Abdallah, père de la déclaration unilatérale d’indépendance le 6 juillet 1975

En 1945, le réveil nationaliste des peuples colonisés d’Asie et d’Afrique sonne le glas des empires coloniaux. Par vagues, pendant une vingtaine d’années, dans la paix ou au terme de conflits, naissent de nouveaux Etats en Afrique et en Asie.

Protectorat proclamé en 1886, colonie française rattachée à Madagascar de 1912 à 1946, puis territoire d’outre-mer en 1946, les Comores n’accèdent à l’indépendance qu’en 1975,  mais en étant amputées de l’île de Mayotte.

Said Mohamed Cheik, acteur principal de l’autonomie interne, voyait l’importance de l’indépendance. Il a voulu passer par une phase préparatoire avant d’engager la population comorienne dans une aventure incertaine. La déclaration unilatérale d’indépendance du 6 juillet 1975 par Ahmed Abdallah allait modifier les rapports de force sur l’échiquier franco-comorien.

Le référendum de décembre 1974, auquel 65% des Maorais ont répondu « Non » à la proposition d’indépendance, ne fut pas suffisant pour briser l’unité de l’Archipel. Au sein de la classe politique de l’époque, il y a eu une rivalité entre deux hommes de pouvoir : Ahmed Abdallah et Ali Soilihi. Cette rivalité allait renforcer la fracture avec la France, et par contrecoup, renforcer la crédibilité de Marcel Henry auprès du gouvernement français.

En quarante d’indépendance les Comores ont connu plus de dix sept tentatives de coups d’Etat dont trois ont abouti et ont marqué la vie politique comorienne. Cette instabilité politique illustre le manque de consensus au sein de la classe politique comorienne de ce qu’ils ont comme vision pour le pays. Cette division chronique des politiques comoriens sur la manière de diriger l’archipel alimente de fond en comble le poison du séparatisme. Il faut rappeler que sous la présidence de Taki a eu le coup d’Etat sécessionniste dans l’île d’Anjouan le 3 août 1997, il s’agit comble du paradoxe, de l’île dont est originaire le père de l’indépendance Ahmed Abdallah, premier président de la République comorienne. Pour mettre un terme au séparatisme anjouanais, les accords de Fomboni de 2001 ont institué une présidence tournante. L’esprit de ces accords ne va pas dans le sens d’une nation et un peuple indivisible car pour qu’on soit élu président de l’Union des Comores, il faut qu’on soit originaire de l’île à laquelle revient la tournante. C’est un paradoxe car on se définit Comorien que par rapport à son île et non à une nation. Les politiques comoriens pour assouvir leurs appétits du pouvoir ont installé une présidence tournante qui ressemble au gâteau chinois et ils se servent à tour de rôle ; pour eux c’est la paix retrouvée depuis 2001, mais pour le comorien lambda, rien n’a changé de son quotidien : le manque des soins dans les hôpitaux, les retards de paie pour les agents de l’Etat, et la montée inquiétante du chômage des jeunes ne cessent de se dégrader. Sur le plan économique la situation n’est pas rose, les Comores ont des PNB les plus faibles du monde ; la banque mondiale avance le chiffre de 475 dollars par habitant en 1996 ; une économie micro-insulaire à dominante agricole et vivrière, un secteur touristique qui commence à peine à se développer, une quasi-absence de ressources naturelles accentuent la dépendance des Comores aux aides de la France et des subventions de l’Union européenne, de l’ONU et de la Ligue arabe. Du coup le déficit budgétaire étant en perpétuel accroissement, à l’heure actuelle les caisses de l’Etat sont vides car la corruption est à tous les étages de l’administration et la spirale endémique du non paiement des fonctionnaires va de mal en pis ; et la crise de l’énergie plombe l’activité économique et rend le pays de moins en moins attractif. Les Comoriens souffrent en permanence des délestages à répétition et on ne veut pas privatiser la société de l’énergie car c’est une vache à lait pour tous les dirigeants successifs.

Etre libre oui ! Mais vivre durant quarante ans dans la misère et le désespoir, le Comorien lambda ne l’a jamais souhaité.

Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY

Professeur certifié d’histoire-géo à Mayotte

Sacré Iki !

ikililouUn ami poche de Hamada Madi Boléro décrivait récemment le Directeur de Cabinet du Président de la République comme un fusible pour le président Ikililou Dhoinine. Il n’avait pas tort. Mais, depuis un certain temps, tous les groupes concurrents au sein du pouvoir actuel, servent ou ont servi de rempart au chef de l’État. En a-t-il vraiment besoin ?

On peut ainsi distinguer autour d’Ikililou Dhoinine quatre murs, constitués d’hommes et femmes aux intérêts divergents.

Le premier est celui du tout puissant Vice-Président, chargé des Finances Mohamed Ali Soilihi dit Mamadou. Dans ce groupe, les personnalités les plus en vue sont un autre Vice-Président, Nourdine Bourhane et le Directeur du Port, Mohamed Djaanfari. Tous deux sont en concurrence soit pour devenir Vice-Président de Mamadou, s’il est candidat en 2016, soit pour être candidat eux-mêmes au gouvernorat d’Anjouan.

Le deuxième mur est celui de Mouigni Baraka, Gouverneur de Ngazidja et les ténors du Rassemblement Démocratique des Comores (RDC) dont le Secrétaire Général, Djaé Ahamada, vice-président de l’Assemblée de l’Union sortante.

Le troisième mur a souvent été évoqué par les médias et l’opinion publique, c’est celui formé par Mme Ikililou et le directeur de Cabinet du président, Hamada Madi Boléro. Comme souvent, l’opinion publique aime à croire que les erreurs politiques d’un président sont imputables à la domination de sa femme. Mme Ikililou n’a pas dérogé à la règle, ce qui ne semble pas trop gêner son président de mari.

La quatrième façade protectrice du président est constituée par le Ministre de l’Education Nationale, celui des Relations Extérieures, El-Anrif Saïd Hassane, ceux qu’on appelle les « Guinéens », les « Pharmaciens » et une frange du parti islamiste, Front National pour la Justice, autour de Madi Ali, conseiller privé du Président.

La préparation des élections législatives a révélé les luttes intestines entre ces quatre groupes. Le Présidet Ikililou s’est mis clairement du côté du quatrième groupe au détriment des trois autres. Dans ce choix, les premiers vainqueurs sont les « bébés ministres », Abdoulkarim et El-Anrif. Tous les deux seront les candidats du président, dotés de tous les moyens possibles pour espérer l’emporter, le premier dans le Mitsamihuli-Mboudé où il aura en face de lui, Fundi Hadji, le candidat du parti RADHI, et le second dans le Mbadjini où il est en passe de conclure une alliance avec Abdou Soefo et le même parti RADHI.

Le président Ikililou ne s’est pas contenté d’appuyer ce groupe, il lui a offert la quasi totalité des candidatures du pouvoir aux prochaines législatives. Mamadou et Mougni Baraka se retrouvent marri. L’un et l’autre doivent revoir leurs ambitions. Mamadou doit se contenter d’un candidat dans le Hamahame, Mouigni n’aura sans doute que la candidature de Djaé Ahamada dans le Washili-Dimani.

Il semble que dans le camp du pouvoir, l’entente soit devenu un marché de dupe, dans lequel le président Ikililou a imposé tous ses candidats aux dépens de ses alliés. Dans l’Itsandra, ce sera le « Guinéen » Idarous, à Moroni, ce sera le directeur de l’Aéroport, Omar Mohamed.

A Mwali, il a trouvé un terrain d’entente avec le Gouverneur Mohamed Ali Said.

A Anjouan, il a profité de la rupture entre le Parti Juwa et le Gouverneur Anissi pour se rapprocher de ce dernier.

Ainsi, ce président souvent décrit comme naïf, débonnaire et présenté comme étant sous la coupe de sa femme, se révèle sous les traits du Prince de Machiavel, habile et tacticien deux ans avant la fin de son mandat. Une de ses dernières trouvailles est de chercher à donner une épaisseur au transparent ministre des Affaires Etrangères pour espérer l’imposer comme candidat aux présidentielles de 2016.

Ahmed Ali Bacar

Communiqué du Parti RADHI

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COMMUNIQUE

du parti RADHI suite au meeting du 26/10/14

Vous avez été plus de 1400 personnes à avoir assisté au meeting du Rassemblement pour une Alternative de Développement Harmonieux et Intégré (RADHI) tenu dimanche 26 octobre 2014 au Palais des Congrès de Montreuil en Seine Saint-Denis.

Le parti RADHI, ses militants et ses sympathisants vous remercient pour avoir honoré de votre présence ce premier rendez-vous en France de notre jeune formation politique.

Les leaders venus des Comores parmi lesquels son Secrétaire Général, Houmed Msaïdié, Mihidhoire Sagaf, Abdou Soefo et Ali Abdallah ont été particulièrement sensibles à  l’engouement observé  à l’occasion de ce meeting dont l’objet était d’exposer à la diaspora les grandes lignes du projet en cours d’élaboration au sein du parti RADHI.

Les échanges avec la diaspora au cours de cette rencontre, et entre autre  avec un groupe de jeunes venus présenter leur vision,  ont été des plus fructueux.

Oui RADHI continuera à grandir, s’il demeure ouvert, tolérant, à l’écoute, et  capable  de susciter toujours le débat avec les comoriens de  l’intérieur et de sa diaspora.

Le parti RADHI, ses militants et ses sympathisants se félicitent donc de la participation massive de la diaspora comorienne, notamment en Région parisienne, toute catégorie sociale confondue, et s’engagent à consolider et amplifier cette force née de ce rassemblement. Le RADHI s’engage également à relever les défis avec clarté, lucidité et sérénité afin de promouvoir au comorien partout où il se trouve un cadre de vie harmonieux et préserver la paix et la cohésion sociale.

Le Parti RADHI et ses sympathisants vous réitèrent leurs chaleureux remerciements et comptent sur votre engagement pour construire ensemble les Comores.

Nous donnons rendez-vous aux Comoriens de Marseille dimanche prochain, 2 novembre, pour un meeting qui se tiendra dans la salle Les Dauphins au 85 boulevard de Casanova 13014 Marseille, à partir de 14h00.

Ensemble construisons les Comores.

Le Parti RADHI en France

Le Secrétaire Général du parti RADHI promet à la diaspora le droit de vote en 2016

 « Reconstruire les Comores », tel est le projet du parti politique Rassemblement pour une Alternative de Développement Harmonieux et Intégré (RADHI), fondé par l’ancien ministre Houmed Msaidié et d’autres leaders de la politique comorienne le mois de mai dernier. Les leaders du RADHI ont tenu un meeting ce dimanche 26 octobre au Palais des Congrès à Montreuil en région parisienne. L’objectif de cette manifestation était d’exposer le projet du parti à la diaspora comorienne de France.

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Les femmes sont venues nombreuses

 

La diaspora était au rendez-vous ! Environ 1000 personnes ont répondu à l’appel du parti RADHI (Rassemblement pour une Alternative de Développement Harmonieux et Intégré). Un meeting initié par les partisans de ce parti politique a eu lieu dimanche dernier dans la ville de Montreuil en présence du président du Conseil Général de la Seine Saint-Denis, Stéphane Troussel et d’Ibrahim Dufriche-Soilihi, premier adjoint au Maire de Montreuil. Le Secrétaire Général du RADHI ainsi que d’autres membres fondateurs (Mihidhoire Sagaf, Abdou Soefo, Ali Abdallah) ont fait le déplacement depuis les Comores pour venir présenter leurs idées et leurs engagements à la communauté comorienne de France.

Après la lecture du Saint Coran, marquant l’ouverture de la manifestation, un notable parlant au nom du parti a remercié l’assistance tout en soulignant que la diaspora comorienne de France contribue en grande partie au développement des Comores. Il a affirmé également que « cette diaspora réalise des actions que le gouvernement devrait accomplir ».

Houmed Msaidié

Houmed Msaidié

L’hymne national « WUDZIMA WA MASSIWA » a retenti dans la salle annonçant la prise de parole du Secrétaire Général du RADHI, Houmed Msaidié. Il a commencé son allocution en rappelant au public la tenue des élections législatives en janvier 2015. Cet ancien ministre de l’énergie a abordé en premier lieu le problème qui est d’actualité aux Comores : le manque d’eau et d’électricité qui frappe l’archipel. Selon lui, c’est un obstacle qui freine le développement du pays et accélère la pauvreté. Il a fait appel au gouvernement pour trouver une solution rapide afin de sortir le pays de la crise.

Houmed Msaidié a également évoqué la question des infrastructures routières. Il estime que les routes aux Comores ne sont pas en bon état même s’il a admis qu’une partie non-négligeable des localités a été raccordée. L’ancien ministre des transports et du tourisme a souligné la hausse des prix des billets de transports aériens. Il a indexé le coût très élevé des taxes aéroportuaires qui se distribuent entre l’ASECNA, l’AIMPSI et COM’AIR Assistance. Pour lui, ces taxes sont en grande partie à l’origine de cette hausse des prix. « Nous devons développer le tourisme dans notre pays et permettre la création de micros entreprises », a-t-il déclaré.

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La première rangée

Au cours de son discours, le secrétaire général du parti RADHI promet à la diaspora de voter en 2016 lors des élections présidentielles prévues aux Comores. « Je vous affirme que la loi portant le droit de vote de la diaspora a déjà été votée à l’Assemblée. Pourquoi n’est elle pas promulguée ? Nous ferons tout pour que vous puissiez voter en 2016  » a-t-il avancé. Chose rare dans les meetings de ce genre, le parti RADHI a décidé de donner la parole au public. Diverses questions portant sur l’éducation, la santé, la justice, les finances.… ont été posées par l’assistance. Un dossier portant un projet sur l’hôpital El-Maarouf a été remis au Secrétaire Général du RADHI par les membres du mouvement « RILAMHA » présents dans le meeting. Houmed Msaidié a affirmé avoir pris en compte les doléances et a promis d’étudier le dossier avant de donner une réponse.

Les participants n’ont pas tardé à réagir par rapport au discours du Secrétaire Général de ce parti. « Msaidié est conscient des difficultés qui touchent notre pays d’après le discours qu’il a prononcé et nous espérons qu’il tiendra les promesses qu’il a faites », affirme Ahmed Mohamed, un citoyen présent dans la manifestation. Néanmoins, Harmia Djabir, une participante dit être déçue de l’allocution de Houmed Msaidié et déclare que : « C’est regrettable que le Secrétaire Général d’un parti politique, qui prévoit d’être candidat aux élections présidentielles a omis d’évoquer la question de Mayotte. J’estime que c’est une question cruciale car les Comores ont perdu des milliers d’habitants à cause de ce visa Balladur ».

Dans son projet, le parti RADHI prévoit de « consolider l’état de droit, préserver l’intégrité territoriale, valoriser les efforts de la diaspora, mieux gérer les finances publiques, lutter contre la pauvreté et les inégalités, construire les structures du développement et enfin diversifier les sources de développement ».

Houmed Msaidié et la délégation du parti RADHI prévoient de continuer le chemin vers Marseille où doit se tenir un autre meeting le dimanche 2 novembre 2014.

 Natidja Hamidou

Révolution. Fragments d’expérience d’Idriss Mohamed

Révolution.
Fragments d’expérience d’Idriss Mohamed

Couverture du livre d'Idriss Mohamed

Couverture du livre d’Idriss Mohamed

En cette rentrée littéraire, s’il est un livre qui va marquer les consciences aux Comores, c’est bien celui d’Idriss Mohamed Chanfi, Fragments d’expérience. Parcours d’un révolutionnaire comorien paru aux éditions Cœlacanthe.
C’est un véritable régal pour ceux qui aiment à la fois l’histoire et la réflexion politique.
Les plus jeunes connaissent Idriss Mohamed comme le chef de file du Comité Maore. Ils le découvriront dans ce livre comme le révolutionnaire qu’il n’a cessé d’être depuis 1970, année oú il a poussé la porte de l’ASEC en France.
Avec comme fil conducteur l’évocation de quelques instants de sa vie, Idriss Mohamed nous entraîne dans les débats au sein des milieux étudiants dans les années 1970, puis nous l’accompagnons dans le retour au pays des principaux cadres de l’association. Il nous fait pénétrer dans les discussions au sein du Front Démocratique, parti à la fois public et clandestin, qui prépare patiemment l’insurrection qui doit libérer le peuple comorien du joug d’Ahmed Abdallah et des mercenaires français.
Idriss Mohamed est aussi le premier à nous raconter la défaite du mouvement révolutionnaire comorien en 1985, les trahisons et les tortures dans les prisons.
Même si l’on sent au fil de la plume une pointe de regret de n’avoir pas du tout saisi les objectifs d’Ali Soilihi en 1976, Idriss Mohamed ne peut s’empêcher de ressortir les arguments ancrés en lui et dans les têtes de nombreux anciens de l’ASEC sur Ali Soilihi et la révolution Soilihiste.
Pourtant, à la fin de l’ouvrage, il se montre partisans de ce rêve tant caressé par de nombreux militants, d’une unité retrouvée entre les Asecistes du Front Démocratique et les Soilihistes de la nébuleuse révolutionnaire.
Le lecteur se laisse entraîner dans l’histoire récente du pays, d’autant plus qu’Idriss Mohamed a dépouillé son texte de certains artifices littéraire, pour ne laisser que les faits qui ressurgissent de la mémoire et qu’il trempe dans le bol de la réflexion politique.

Idriss Mohamed Chanfi, Fragments d’expérience. Parcours d’un révolutionnaire comorien. Editions Cœlacanthe, collection « Bio », août 2014, 148p., 14€.

Mahmoud Ibrahime

Le 3 août 1975 : un coup d’Etat pour l’unité et la démocratie

 

Le 3 août 1975 : un coup d’État pour l’unité et la démocratie

 

Ali Soilihi Mtsachiwa, révolutionnaire comorien

Ali Soilihi Mtsachiwa (1937-1978), révolutionnaire comorien, chef d’État de 1976 à 1978.

Le 3 août 1975, moins d’un mois après la déclaration unilatérale d’indépendance des Comores, les leaders de l’opposition comorienne, regroupés au sein du Front National Uni (FNU) s’emparent du pouvoir par les armes et mettent fin à la présidence d’Ahmed Abdallah qui était alors à Anjouan.

Si l’on en croit les principaux acteurs, Ali Soilihi, à la tête d’une dizaine ou d’une vingtaine de militants a pris le contrôle de la caserne de la Garde des Comores à Moroni avec l’accord de son commandant. Le coup d’État aurait été accompli avec « deux voitures R4, quatre fusils de chasse et cinq pistolets » selon Ali Soilihi. La prise de pouvoir se poursuit les jours suivants par le ralliement de l’île de Mohéli le 7 août. Mais des négociations directes à Mayotte n’aboutissent pas au retour de l’île dans le giron comorien. À la Grande-Comore, c’est Ali Soilihi lui-même qui se rend dans le Hamahame avec 12 hommes pour mettre fin à la rébellion takiste, le 2 septembre. Bob Denard arrive dans le pays en septembre et il est chargé, le 21 septembre, d’aller à Anjouan pour capturer Ahmed Abdallah. Après cela, l’île d’Anjouan se rallie au nouveau régime.

Le coup d’État du 3 août 1975 est la conséquence directe de la manière dont l’indépendance des Comores a été préparée depuis 1972 et du mode opératoire qui a finalement prévalu : la déclaration unilatérale.

Il faut d’abord noter que jusqu’à aujourd’hui, aucune étude sérieuse n’a été menée par les historiens sur ce putsch et qu’on se contente souvent soit des explications des acteurs (particulièrement Ali Soilihi) ou des opposants (essentiellement l’ASEC et les chefs du parti Udzima qui avaient besoin de justifier le coup d’État qu’ils ont eux-mêmes commis en 1978).

« Le 3 août » est souvent perçu comme le coup d’État d’Ali Soilihi car c’est lui qui a incarné par la suite la révolution comorienne, par ses actions sur le terrain et ses discours à la radio. Mais, il s’agit d’un raccourci qui n’est pas conforme à la vérité historique. Ce coup d’État a été mené par l’ensemble de l’opposition au pouvoir d’Ahmed Abdallah. En grande majorité, ce sont de jeunes des grandes villes, souvent issus de la notabilité qui est alors au pouvoir depuis le début de l’autonomie interne et mieux formés que leurs prédécesseurs. Ils se sont opposés aux « Accords du 15 juin 1973 », conclus entre l’exécutif français (représenté par B. Stasi, secrétaire d’État aux DOM-TOM) et Ahmed Abdallah (président du Conseil de Gouvernement). Ces accords prévoyaient qu’après l’indépendance tous les pouvoirs seraient entre les mains d’Ahmed Abdallah et du parti vert. Or, l’opposition avait subi les excès de pouvoir des dirigeants du « parti vert » depuis le début de l’autonomie interne (1961) et savait que dans le cadre d’un État indépendant, ces excès qui étaient encore contrôlés par l’État colonial pouvaient se transformer en dictature. A ce propos, elle avait vu juste puisqu’après la restauration, le « parti vert » a mis en place une dictature soutenue par les mercenaires de Bob Denard, payés par le régime de l’Apartheid, de 1978 à 1989.

L’autre danger, soulevé depuis 1958 avec la décision de procéder au transfert du chef lieu de Dzaoudzi (Mayotte) à Moroni (Grande-Comore) était la possible sécession de l’île de Mayotte, dont les habitants avaient subi des vexations pendant toute l’autonomie interne et dont les dirigeants politiques avaient clairement exprimé, pour le moins, leur méfiance envers Ahmed Abdallah. Le Mouvement populaire Mahorais (MPM) avait d’ailleurs rejoint l’opposition pour trouver une « solution comorienne » et éviter la dictature et la sécession.

C’est donc toute l’opposition à Ahmed Abdallah, regroupée au sein du Front National Uni (FNU) qui prépare et  accomplit le putsch du 3 août 1975. Il est probable qu’Ali Soilihi n’a pas eu le rôle le plus important pendant ce putsch, au cours duquel des personnalités comme Abbas Djoussouf, Saïd Bakar Tourqui ou Naçr-Eddine Saïd Ibrahim… se sont illustrées. Malgré ce qu’on peut lire ici et là, souvent repris des slogans de l’ASEC, ce putsch n’a pas pour objectif de donner le pouvoir à Ali Soilihi. Au lendemain du coup d’État, le pouvoir est donné provisoirement au prince Saïd Mohamed Djaffar et de Paris, le prince Saïd Ibrahim se déclare solidaire des putschistes et prêt à assumer le pouvoir.

Prince Saïd Ibrahim (1911-1975), président du Conseil de Gouvernement de 1972 à 1975.

Prince Saïd Ibrahim (1911-1975), président du Conseil de Gouvernement de 1972 à 1975.

Saïd Ibrahim est en fait attendu par la grande majorité de l’opposition pour incarner le nouveau pouvoir. Depuis qu’il a été évincé par une motion de censure menée par Ahmed Abdallah et le parti vert, il cherche les moyens de revenir aux affaires et il travaille ses réseaux en France (c’est un gaulliste véritable et il a été député des Comores à l’Assemblée nationale française). C’est sans doute lui qui met en relation Ali Soilihi, Saïd Bakar Tourqui et Marcel Henry avec certains réseaux français qui vont appuyer ce coup d’État. Il symbolise alors l’unité du pays. Il est soutenu par un parti (UMMA), il peut compter sur le soutien de toute la nébuleuse autour d’Ali Soilihi et son parti (MRANDA) car le révolutionnaire comorien a un profond respect pour cet homme. Mais l’avantage du Prince sur Ahmed Abdallah, c’est qu’il a toujours eu des relations très cordiales avec les Maorais et leurs dirigeants. Après la mort de Saïd Mohamed Cheikh (1970), il a su leur parler et leur faire oublier, pour un moment, les vexations subies. Le MPM, intégré dans l’opposition à Ahmed Abdallah se dit prêt à travailler pour un État comorien dans l’indépendance si Saïd Ibrahim est au pouvoir.

Or, n’en déplaise à ceux qui disent que le coup d’État du 3 août 1975 a provoqué le départ de Mayotte, dès le 9 juillet 1975, trois jours après l’indépendance, Mayotte ne fait plus partie de l’Etat comorien. Le gouvernement français a accepté l’indépendance des Comores formé de trois îles, mais a affirmé que Mayotte restait française. Du coup, le MPM refuse de participer à l’élaboration d’une nouvelle constitution et confirme que Mayotte demeure française. La rupture est faite entre Mayotte et « l’Etat Abdallah » dès ce 9 juillet.

Donc, que l’on croit ou non à la sincérité des putschistes, les objectifs du coup d’État sont clairement affichés : empêcher Ahmed Abdallah de s’emparer de tous les pouvoirs et rétablir l’unité de l’État comorien, en permettant aux Maorais de retrouver leur place dans un État fédéral avec une autonomie large accordée aux îles.

Malheureusement, Saïd Ibrahim décéda sur le chemin du retour en décembre 1975 et le MPM avait ressérré les liens entre Mayotte et la France, contrairement aux engagements pris avant le putsch. Sans parler du fait que les jeunes notables et bourgeois qui avaient fait le coup d’État pensaient pouvoir user des honneurs et des prérogatives de l’État exactement comme ceux qu’ils venaient de renverser. Or, à la sortie de la colonisation, les changements étaient nécessaires, ne serait-ce que du point de vue économique. Ali Soilihi et quelques leaders l’avaient compris, ce sont ceux-là qui allaient transformer « le 3 août » en un geste révolutionnaire, en prenant le pouvoir en janvier 1976, cette fois par une élection régulière.

Mahmoud Ibrahime

Pourquoi ce sont toujours les mêmes qui dirigent notre pays ?

Pourquoi ce sont toujours les mêmes qui dirigent notre pays ?

On nous dit que Mouigni Baraka, Gouverneur de Ngazidja, compte aller effectuer une tournée en France avec une délégation (comme d’habitude) afin de faire la présentation de son tout nouveau Parti (RDC), créé après la rupture avec ses compagnons du Parti Orange.

Nous sommes nombreux à écrire et à dénoncer, via les réseaux sociaux, les pratiques irresponsables de ceux qui dirigent notre pays et ceux qui veulent, après un passage à Beit-Salam, y revenir pour finir le désordre qu’ils ont, sans état d’âme, légué à notre jeune nation. En lisant chaque intervention de chacun de nous, quel que soit le bord politique, mis à part celles et ceux qui sont hantés par l’ombre et les mensonges de Sambi et Azali, nous pouvons, sans nulle doute, dire que nous avons diagnostiqué les véritables maux qui rongent notre pays.

Personne n’ignore le sérieux problème qui frappe le pays depuis son accession à l’indépendance. Dans nos divers articles, nous regrettons souvent le Mongozi ALI SOILIHI MTSASHIWA, seul dirigeant qui a cru aux capacités de notre pays, en sa politique, et qui a su implanter au peuple comorien la culture du travail dans l’honnêteté. Il est le seul de nos dirigeants qui a compris que le développement de notre pays dépend d’abord des Comoriens eux-même avant les accords de coopération. Le seul qui a su montrer aux Comoriens qu’un pays ne se développe jamais dans la mendicité et que le comorien doit se mettre au travail pour avoir un avenir meilleur. Une philosophie très rapidement abandonnée par ses successeurs qui sont désormais, devenus nos bourreaux après sa mort tragique et brutale.

Ali Soilihi Mtsachiwa, révolutionnaire comorien

Ali Soilihi Mtsachiwa, révolutionnaire comorien

Durant la période révolutionnaire, le Mongozi a dénoncé les pratiques contraire aux valeurs musulmanes et républicaines, telles que le détournement des deniers publics, la corruption, l’injustice sociale, l’ingérence du Président de la République et des membres de son gouvernement dans les affaires de la justice. Personne ne pouvait échapper à la justice. Quand il nous parlait de « wu sawa wa maesha » (littéralement « l’égalité de vie »), c’est qu’il croyait fort bien en ces mots. Je ne pense pas qu’il parlait de salaire égal. Il insistait beaucoup sur ces mots pour avertir certains de nos compatriotes qui se prennent pour des personnes intouchables et non justiciables qu’elles seraient traduites en justice s’ils enfreignaient les règles imposées par la République.

Les éloges sur Mongozi sont justifiés par ses actes. L’homme qui a pu mettre paroles et actes en conformité. L’homme qui s’est respecté et a respecté le poste qu’il occupait. L’homme qui était viscéralement attaché aux valeurs républicaines. L’homme qui a su résister aux chantages de ses adversaires politiques et notables conservateurs. L’homme qui a montré que l’Etat est encore plus fort que l’intransigeance de quiconque. L’homme qui a pu résister aux démagogies et coups-bas du colonisateur dans le soucis de l’intérêt général. L’homme qui a eu le geste le plus fort, le plus grand geste pour défendre l’unité et l’intégrité territoriale de notre pays. Il a organisé et participé à « la marche rose » sur Mayotte en 1976, et il a introduit « la question de l’île comorienne de Mayotte » aux Nations Unies. Il n’était pas un prophète notre Mongozi, il a eu quelques dérives, mais qui n’ont certainement pas nui à l’économie de notre pays.

Ce sont ces valeurs que nous continuons à défendre jusqu’au jour d’aujourd’hui. Pas de justice, pas de démocratie véritable, au final, nous nous trouvons toujours dirigés par les mêmes. Comment une réelle justice peut faire émerger des nouveaux dirigeants, honnêtes pour les Comores ? La justice est toujours demeurée le fer de lance pour tout pays qui opte pour l’égalité. Sans une justice véritable, les plus forts, favorisés par le système injuste qu’ils ont eux-même établi continueront à massacrer celles et ceux qui ont été affaiblis par le même système.

Dans notre pays on ne juge jamais ceux qui ont plongé la nation dans l’impasse. Ils ont vidé les caisses de l’Etat pour corrompre une énième fois la population, pour un éventuel retour aux affaires de l’Etat. Le pouvoir les transforme et les démasque pour afficher leur vrai visage qui n’est autre que celui du corrompu. Par leur détournement des deniers publics, ils affament le peuple, ils le divisent en injectant de l’argent sale par-ci et par-là pour se redonner l’image de dirigeants politiques parfaits soucieux du développement du pays. Des pratiques contraires à la République.

Nous le constatons depuis un moment, ce sont toujours les mêmes, les plus riches ou bien ceux qui se servent de l’argent du contribuable qui remportent les élections. Est-il normal d’accepter de telles pratiques détestables ? En 1990, le Parti UDZIMA s’est servi du pouvoir pour faire passer SAÏD MOHAMED DJOHAR au détriment de MOHAMED TAKI ABOULKARIM. AZALI ASSOUMANI à son tour, s’en est servi en 2002 contre SAÏD ALI KAMAL et MAHMOUD MRADABI. Qui n’est pas au courant des tricheries et de tripatouillages de MOHAMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI pour la présidence d’IKILILOU DHOININE? Il a usé de son pouvoir de président de la République, pour le faire élire. Il l’aurait lui-même avoué selon le fameux ARM. MOHAMED DAOUD alias KIKI de la République et MOUIGNI BARAKA eux-mêmes ont usé de leur pouvoir et de l’argent du contribuable également pour arriver à la tête de Ngazidja. De même pour ANISSI CHAMSOUDINE, SAMBI l’a placé comme il l’a fait pour IKILILOU.

On en conclut que sans argent, quelles que soient les idées et projets que l’on peut avoir, jamais on ne peut arriver au pouvoir si le système reste le même.

MOUIGNI BARAKA entend user des mêmes méthodes pour 2016. Là encore, il commence par une tournée. Il viendra avec des notables dont les billets et l’argent de poche seront payés par les contribuables. Nous nous rappelons encore des assises organisées à Dunkerque. Le gouverneur est venu en France avec une délégation de plus de 30 personnes, en ayant pris en charge leurs billets et le coût de leur séjour. Et cela alors qu’un mois auparavant, la ville de Vouvouni (région de Bambao) avait besoin de soutien financier et moral non négligeable suite aux inondations. Nous étions nombreux à signer la pétition contre ces assises qui n’ont rien apporté à l’île dont il est gouverneur depuis 4 ans maintenant.

Ces pratiques injustes et détestables, contraires aux valeurs de la République offrent désormais à notre pays des irresponsables pour nous diriger. Les bonnes idées et les meilleurs projets pour le développement du pays deviennent de plus en plus rares au profit de l’argent sale qui conduit les malfaiteurs et corrompus de la République au pouvoir.

Nous devons imposer la justice et la démocratie dans notre pays comme les philosophes de lumières l’ont fait dans leur pays pour sauver la majorité qui était encore soumise par la force aux règles de la monarchie absolue. Ces philosophes des Lumières, qui nous servent aujourd’hui de repères, ont risqué leurs vies, certains ont été emprisonnés, d’autre exilés parce qu’ils ont eu le courage de dénoncer et lutter farouchement contre les politiques et les mesures injustes qui donnaient des privilèges à une minorité.

Je pense que tout le monde a compris que ce n’est pas avec nos actuels dirigeants que le pays va décoller. Les élections organisées ne sont accompagnées d’aucun véritable débat permettant au peuple de connaître et comprendre les motivations de chaque candidat, ses atouts et ses limites. AZALI n’est plus avec ses compagnons d’hier, SAMBI de même, MOUIGNI BARAKA et KIKI, c’est pareil. Pourquoi ? Parce que seul le pouvoir et l’argent les unissaient autre fois.

Je pense enfin, que nous avons atteint le summum de la théorie, souvent nos bourreaux nous qualifient de donneurs de leçons, de philosophes, car nous ne voulons pas mettre en pratique tous nos dires et nos théories. Il est donc temps de penser à une stratégie plus efficace, sans quoi, l’immobilisme qui nous habite nous démotivera progressivement au profit des corrompus.

Abdourahim Bacari

Sudel Fuma n’est plus, les étudiants comoriens à la Réunion sont en deuil

Sudel Fuma n’est plus, les étudiants comoriens à la Réunion sont en deuil

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Sudel Fuma (2e à partir de la gauche) lors de la soutenance d’Ibouroi Ali Tabibou

Sudel FUMA, Professeur de l’Université de la Réunion, a subitement disparu hier en fin d’après midi au Port, suite à une sortie en mer.

L’historien de la Réunion et de la région de l’Océan Indien occidental a fortement contribué à la valorisation de la culture réunionnaise. Nombre de ses recherches étaient focalisées sur l’esclavage, l’histoire de l’art et de la culture, la mémoire, l’histoire économique, la colonisation… Il a mené des recherches sur la région de l’Océan Indien et même sur d’autres régions. Les contributions aux colloques et les articles scientifiques innombrables s’ajoutent aux nombreux ouvrages qu’il a publiés durant presque trois décennies. Il a été également un des piliers de la recherche en archéologie à la Réunion. Il était membre de jury et directeur de mémoires de masters et de thèses à l’Université de la Réunion. Parmi ses étudiants, se trouvent de nombreux comoriens qu’il a dirigés dans leurs recherches, comme ce fut le cas récemment pour Ibouroi Ali Tabibou (voir ici ou ). Ils sont tous en deuil aujourd’hui.

Sudel Fuma occupait également des fonctions administratives à l’université de la Réunion. Il était membre de différentes associations notamment l’Association Historique et Internationale de l’Océan Indien (AHIOI).

L’historien était un homme engagé et il ne cachait pas ses idées de gauche. Il était d’ailleurs élu sur la liste de Gilbert Annette à la municipalité de Saint-Denis depuis 1989. Il occupait la fonction d’adjoint au Maire, de Conseiller Général jusqu’au milieu des années 1990.

Il était attiré par la mer, elle l’a pris hier soir, alors qu’il était dans un bateau de pêche, son autre passion.

L’historien laisse une image inoubliable aux étudiants d’origine comorienne à la Réunion. Il était conscient des soucis qu’ils rencontraient et était toujours près d’eux pour les encadrer, les soutenir moralement et scientifiquement. C’est aussi un homme de grand cœur que perd la communauté scientifique.

 Amir Mohamed