COI

La Commission de l’Océan Indien plaide pour ses Petits Etats Insulaires en Développement (PIED)

La Commission de l’Océan Indien plaide pour ses Petits Etats Insulaires en Développement (PEID)

 

La troisième conférence internationale des chefs d’Etats et de gouvernements des Nations Unies a eu lieu à Samoa du 1er au 4 septembre dernier. Le secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien (COI), Jean Claude de l’Estrac a présenté un plaidoyer pour ses Petits Etats Insulaires en Développement (PEID) dont les Comores sont membres.

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« L’heure n’est plus aux débats. Elle est à l’action. La COI et ses PEID membres demandent à la communauté internationale d’instaurer un traitement spécifique et différencié pour les PEID », a déclaré le secrétaire général de la COI Jean Claude de l’Estrac lors de cette troisième conférence tenue à Samoa. Selon le communiqué de presse de la COI, quatre doléances ont été formulées dans le plaidoyer du secrétaire général dans le but de favoriser le développement durable de ses îles. 

D’abord, la COI demande à ce qu’une liste crédible soit agréée. Selon Jean Claude de l’Estrac, « plusieurs listes existent mais certains PEID ne sont ni des îles, ni en développement ni petits ».

Ensuite, il a été indiqué que l’organisation supporte le renforcement d’une « diplomatie » des Pays Etats Insulaires en Développement pour les PEID en vue d’une prise en compte des intérêts spécifiques de ces PEID dans les fora internationaux.

Quant à la troisième doléance, il s’agit de la facilitation de l’accès aux nouvelles sources de financement multilatéral. « Elle permettra entre autres à ce que notre région puisse mettre en œuvre des programmes disposant des financements alloués sous les fonds d’adaptation », précise le secrétaire général de la COI.

Enfin, il a été demandé qu’un nombre « raisonnable » de mesures d’appui dédiées aux PEID soient prises à la suite de la conférence. Si l’on en croit Jean Claude de l’Estrac, ces mesures devraient viser en priorité les domaines du commerce international et de la finance, des technologies et de l’énergie, du changement climatique et de la pêche.

 Le communiqué de presse de la COI indique que « La Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) soutient le plaidoyer de la COI ; et une collaboration rapprochée a été souhaitée par les deux organisations ». Pendant ces quatre jours de travail, plusieurs points ont été abordés. En effet, la COI a eu de nombreuses rencontres en ce qui concerne la résilience face au changement climatique. Un protocole d’accord a été signé entre la COI et l’Organisation Mondiale de la Météorologie (OMM) afin de faciliter le « renforcement des compétences météorologiques » pour une meilleure prévision, recherche et préparation contre les aléas climatiques de l’Indianocéanie.

 Cinq traditions de l’Indianocéanie ont été mises en valeur dans un film réalisé avec le concours de l’UNESCO. Il s’agit du Grand Mariage des Comores, du Famadiana de Madagascar, du Divali de Maurice, de la Fèt Kaf du 20 décembre à la Réunion, et du Festival Kréol des Seychelles. Et le secrétaire général de cette institution régionale explique que « ces traditions font partie de l’identité indianocéanique : notre héritage. Cette conscience collective d’un héritage commun nous pousse à collaborer plus étroitement parce que nous savons de ce fait que nous formons une communauté de destin ».

Natidja Hamidou

Les Comores soutiennent le candidat mauricien à la Francophonie

Les Comores soutiennent le candidat mauricien à la Francophonie

 

Les chefs d'État de la COI

Les chefs d’État de la COI

Le secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien (COI) Jean Claude de l’Estrac, candidat mauricien pour les élections du secrétariat général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) prévues en novembre prochain, a obtenu le soutien des pays de l’Océan Indien. 

Les chefs d’États et de gouvernement de l’Océan Indien apportent « unanimement » leur soutient à Jean Claude de l’Estrac, secrétaire général de la COI, candidat mauricien aux élections du secrétariat de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Selon un communiqué publié par l’équipe de campagne Maurice-Francophonie, « les dirigeants de l’Océan Indien ont apporté ce 23 août 2014 à Moroni, leur plein soutien à la candidature mauricienne à la Francophonie ».

Le président de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina a souligné « la dynamique de Jean Claude de l’Estrac qui est pour beaucoup de la montée en puissance de la COI ». Quant au président seychellois, James Michel, il a vanté les qualités du candidat mauricien qui selon lui, a transformé la COI en la rendant plus audible et visible, « je ne doute pas qu’il saura transformer la Francophonie et toute la famille de la COI a pesé pour une issue heureuse à cette candidature.

Et le président Ikililou Dhoinine n’a pas manqué d’exprimer sa confiance dans la capacité de Jean Claude de l’Estrac à « lancer une nouvelle étape dans la vie de l’Organisation Internationale de la Francophonie », avant de faire part du soutien de son pays au candidat mauricien.

Rappelons que Jean Claude de l’Estrac n’est pas le seul candidat à ces élections. Deux autres candidats briguent le poste. Il s’agit de Henri Lopes, ancien premier ministre congolais (Brazzaville) et Pierre Buyoya, ancien président burundais.

Natidja Hamidou

LE CONTENTIEUX TERRITORIAL FRANCO-COMORIEN S’EST INVITE AU SOMMET DE LA COI

LE CONTENTIEUX TERRITORIAL FRANCO-COMORIEN S’EST INVITE AU SOMMET DE LA COI

MayotteLe contentieux territorial franco-comorien sur l’île de Mayotte s’est invité au quatrième sommet de la Commission de l’Océan Indien(COI).

De passage à Mayotte, le Président Hollande a annoncé les couleurs en déclarant que les Comores ne peuvent plus revendiquer Mayotte et que la question n’est plus négociable. Le président Ikililou Dhoinine a répondu à cette déclaration en prononçant un discours très offensif où il a d’emblée fait le vœu que les discussions entamées pour la résolution du différend qui oppose les Comores à la France, sur la question de Mayotte, permettent de parvenir à un dénouement heureux conformément aux résolutions des Nations Unies. Il a, dans la foulée, invité ses hôtes de la COI à engager l’organisation dans une démarche commune dans le but de mettre fin à un drame humain qui détruit quotidiennement des familles entières. Il a fait remarquer que nombreuses sont les victimes du visa instauré depuis 19994 entre les trois îles et Mayotte, la quatrième île des Comores. Des personnes à qui l’on refuse l’exercice des droits humain le plus élémentaires, à savoir la libre circulation des personnes dans les respects des traités et conventions internationaux.

A Moroni, le président français affirme que l’enjeu de sa présence sur la terre des Comores c’est de faire tomber les barrières qui séparent les deux pays et retisser le fil d’une histoire commune, trouver des formes d’unité différentes du passé et envisager des relations apaisées et constructives. Il a cependant esquivé la question du différend territorial qui oppose les deux pays. Reconnaissant qu’un drame se joue dans nos eaux territoriales, M Hollande a réduit le différend franco-comorien à une lutte contre l’immigration clandestine. En annonçant l’annulation par la France de la dette des Comores et en axant son discours sur l’engagement d’une politique de développement, on a l’impression que le chéquier peut tout résoudre.

Visiblement le véritable enjeu est ailleurs puisque le président français parle des ressources naturelles à puiser dans l’océan indien et d’espoirs sur des gisements à exploiter non loin des côtes comoriennes.

Abdou elwahab Msa Bacar

Mes 4 Questions à IDRISS MOHAMED

Moi: Bonjour Idriss

M. Idriss Mohamed: Bonjour Irchad.

1- Moi : Aujourd’hui se tient le 4ème sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de la COI. Quelle en est votre lecture ainsi que celle du Comité Maoré qui appelle par le biais d’un communiqué la population comorienne à manifester « sa rage » à l’occasion de la visite du président français M. François Hollande.

Ne pensez-vous pas que la question du VISA BALLADUR relève plutôt de la négociation bilatérale d’autant que les autres membres de la COI semblent s’en désintéresser ?

 

1- M. Idriss Mohamed : Je pense que ce qui est important de souligner dans le déplacement de François Hollande, c’est sa position intransigeante sur la question de l’ile comorienne de Mayotte. Il n’a aucun respect pour ses partenaires comoriens. Même sur un plan diplomatique lorsqu’on a des divergences, on essaie de les exprimer d’une certaine façon. Lui non ! Les gens ont entendu les déclarations qu’il a faites à Mayotte. Donc connaissant nos autorités malgré la résistance dont ils font preuve ces derniers temps en particulier lors de la dernière conférence des ministres, on ne peut qu’appeler à une RIPOSTE ENERGIQUE pour qu’au moins la dignité de notre peuple ne soit pas piétinée et bafouée comme si nous étions des moins que rien par des gens arrogants, qui n’ont aucun sens de l’amitié entre les peuples et qui croient que les grands pays peuvent malmener les petits pays sans aucun respect des principes.

Je crois que le général De Gaulle avait dit que les pays n’ont que des intérêts à défendre et c’est vrai, mais il faut les compléter avec autre chose. Il y’a des principes ! Si on n’applique pas un minimum de principe dans la défense de ses intérêts, le monde devient une jungle. Et c’est ce que font les français aux Comores. Donc c’est normal que nous demandions une réaction vigoureuse pour montrer aux dirigeants français et au monde que nous n’avons pas renoncé et que nous ne renoncerons pas !

S’agissant des négociations entre les Comores et la France,il faut savoir que tout conflit se règle en dernière analyse par la négociation. Nous, nous avons toujours demandé à ce que la France reconnaisse la vocation de Mayotte à réintégrer l’Etat comorien et qu’à partir de ce moment là, tout peut être mis sur la table. Mais, si la France veut négocier avec les Comores pour accorder des visas à ceux-ci et pas à ceux-là etcétéra, mais dequel type de négociation s’agit-il ? C’est de la moquerie !

Nous, nous avions avancé une idée : 1 pays, 2 administrations !

Je voudrais saisir cette occasion pour dire quelque chose. Les maorais disent que nous ne tenons pas compte d’eux lorsqu’on s’exprime sur cette question. Mais en fait ce sont eux qui ne tiennent pas compte de nous. Parce qu’ils considèrent que toutes ces questions qui concernent Mayotte, ça ne leur regarde qu’à eux seuls. Mais Mayotte est une ile comorienne, donc j’ai autant de droit qu’un maorais sur Mayotte de la même façon qu’un maorais a autant de droit que moi sur la Grande-Comore qu’un grand-comorien. C’est comme ça ! Donc, lorsque nous revendiquons Mayotte ça ne veut pas du tout dire   que nous ne tenons pas compte de leurs aspirations. C’est plutôt eux qui ne veulent tenir compte des nôtres parce qu’ils considèrent qu’ils ne sont pas comoriens. Il faut bien que les choses soient remises à leurs places. Nous savons aussi qu’à Mayotte il y’a des gens se battent pour l’indépendance et l’unité, mais jamais on ne les entend. D’ailleurs même ceux qui crient … quand on gratte un peu on se rend compte que finalement leur comorianité est là.

2-Moi : Vous venez de publier aux Editions Coelacanthes un livre sur votre parcours politique et militant. En quelques mots, pourriez-vous nous dire ses principaux jalons et les faits saillants qui vous ont marqué ? Et, votre livre constitue-t-il une forme aggiornamento ?

2-Idriss Mohamed : (rire) Je ne sais pas ce que veut dire aggiornamento !

Moi : Une forme de mise à jour!

M. Idriss Mohamed : Non. Moi ce qui m’a poussé à écrire ce livre, c’est parceque beaucoup de camarades n’arrêtaient pas de me solliciter pour que je le fasse.. Pour que j’écrive. Et même temps, plusieurs personnes ont écrit, et puis plusieurs expressions ont été faites dans les blogs. Et finalement ce sontdes personnes qui ont le droit d’écrire ce qu’ils veulent sur ce que nous avons vécu mais qui ne l’ont pas vécu de près. Et en même temps j’estime que nous avons incarné un grand espoir dans le pays et nous l’avons déçu ! Là, il y a des enseignements à tirer.

Donc le principal objet de mon livre est raconter comment j’ai vécu cette expérience de l’intérieur. Comment moi j’ai vécu les problèmes qui se sont posés à la révolution comorienne, quelles sont les réponses que nous avons apportées et pourquoi ça a échoué. Et en même temps lancer une idée d’un nouveau patriotisme qui pourrait rassembler les rescapés de tous les mouvements passés comme les nouveaux, un patriotisme qui allierait comme disait Hessel, le local à l’international. Un patriotisme internationaliste. Un patriotisme qui est fondé sur la solidarité aussi bien locale, régionale, nationale et internationale. Mon livre est une invitation à la réflexion pour la création d’un nouveau parti politique.

Je crois que parmi les nombreux problèmes que traverse aujourd’hui notre pays, je considère que depuis la fin du FD il n’y a plus de parti révolutionnaire qui incarne les aspirations profondes du pays. À partirde ce moment là tout va à vau l’eau..

Je vais vous donner un exemple pour que les gens puissent comprendre ce que je vais dire. Lorsque nous étions là, si quelqu’un vole l’argent du pays il devait se cacher. Et ceux qui étaient contre ces vols cherchaient tous les moyens pour débusquer l’infraction et nous donnaient l’information et nous on le disait ou on le publiait. Rien que cela faisait que ceux qui volaient n’avaient le front haut dans le pays, dans les madjiliss et autres, ils avaient honte parce qu’on les attaquait. Il y avait une certaine dynamique dans la jeunesse qui faisait que celle-ci s’intéressait à ces choses la.

3- Moi : Depuis la chute du régime du président Ahmed Abdallah il y’a ¼ de siècle, la plupart de vos anciens « camarades » ont participé d’une façon ou d’une autre à la gestion du pays, avec les résultats que l’on sait.  Est-ce que selon vous le désenchantement actuel de la jeunesse, jusqu’à l’absence de mobilisation en faveur des sujets et combats importants comme la journée du 12-Novembre appelée aussi« journée-maoré » par exemple, ne trouvent pas leur source dans les errements des anciens du FD ou de leurs avatars ?  

3-M. Idriss Mohamed : Je comprends bien la question. Mais ce qu’il faut bien retenir, c’est que si quelqu’un qui a été avec nous, qui s’est battu avec nous et qui à moment donné à décidé de rompre avec nous et d’aller de l’autre côté n’est plus représentatif de nous. Bien sûr que ce n’est pas aussi simple que ça car on voit des gens aujourd’hui auxquels on peut se demander s’ils pensaient vraiment une parcelle de ce qu’ils disaient il y’a quelques années. Quand on les voit piller le pays comme ils font et qui plus est, avec arrogance!

Souefou, .. Abodo Souefou, il s’est prêté je crois, des centaines de millions et il a affronté son Conseil d’administration pour lui dire.. « mais je me suis prêté !!! ». Ce sont des gens qui ont l’audace de ce qu’ils font. Pour moi, ils sont beaucoup plus venimeux, ils font beaucoup plus de tort car c’est des gens qui ont une culture, une façon de faire et qui osent. À partir du moment où ils ont choisi de rompre et qu’ilsont changé de camps ils ne nous représentent plus.

Maintenant il faut se dire que tous les mouvements révolutionnaires dans le monde ont eu leurs transfuges. C’est un peu ce qui s’est passé chez nous. Il y a des gens qui sont partis après 1985 avec la répression, d’autres après 1989, d’autres quand il y’avait le président Azaly parce qu’ils y ont vu une porte ouverte, d’autres sont partis pour ceci ou pour cela. Ce n’est pas un bloc monolithique, d’ailleurs si c’était le cas on aurait pu penser qu’ils allaient créer quelque chose pour aller encore plus loin maisnon, rien de tout ça ! C’est des gens qui sont descendu du train mais ça n’empêche que le train devait continuer..

Mais l’interprétation que les gens font de ces errements et de ces reniements est que la politique est une mauvaise chose, c’est vraiment pourri, c’est sale.. Et le résultat fait qu’aujourd’hui on a que des larrons enfoire sur la scène politique comorienne.

Moi c’est un combat que j’ai voulu mener à un moment donnépour inciter la jeunesse à s’engager en politique. Par exemple dans Habari, pour pousser les jeunes les plus sains, les plus déterminés à servir le pays à s’intéresser à la politique car c’est là où tout se passe. Toutes les décisions se mènent là et non sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui on voit par exemple Kiki,  qui se prétend candidat et qui ambitionne d’être président de la république. On ne sait même pas d’où il vient, enfin je n’en sais rien. Mais je crois que c’est un bon symbole pour montrer que la jeunesse doit s’intéresser à la politique et doit aussi s’impliquer.

Notre problème aujourd’hui c’est que les idées révolutionnaires dans le monde ont baissé, le libéralisme l’a emporté avec beaucoup d’arrogance et de force même si la crise qu’il a engendrée crée des situations extrêmement tendues y compris dans les grandes métropoles capitalistes mais il n’y a pas encore l’émergence d’un mouvement ou d’une riposte internationale malgré les quelques tentatives incarnées par les mouvements altermondialistes. Le monde manque de boussole mais je suis convaincu que ça viendra et que cette situation ne pourra pas perdurer.

4-Moi : Le Comité Maoré milite pour l’organisation de la prochaine tournante au profit de l’ile comorienne de Mayotte jusqu’à soutenir un candidat déclaré, alors que la Constitution vise l’île à laquelle échoit la tournante (Art.13), et non « une citoyenneté insulaire ». Ne faites-vous pas une lecture erronnée de la Constitution du 23-12-2001 sachant que tout comorien peut être candidat partout où il le souhaite ?

 

4- M. Idriss Mohamed :Tout d’abord une mise au point. Nous ne soutenons aucun candidat que ce soit clair et net. Aucun candidat !

En fait, la tournante dans la Constitution indique que l’île à laquelle échoit la présidence, il doit y avoir une primaire sur cette île. Et c’est ça l’obstacle car on ne peut pas organiser à Mayotte dans la situation actuelle pour sélectionner les 3 candidats finaux. C’est celle là la vraie question. Comment régler ce problème ? Certains vous répondent, de toutes façons on ne peut pas organiser les élections à Mayotte donc on arrête et ça retourne à Ngazidja. Les Kiki et consorts, qui sont bien évidemment des idées derrière la tête et qui soutiennent de toutes les façons possibles les positions de la France avec leur machin de France-Comores-Echanges.. Et il y’a nous qui disons qu’en fait c’est une disposition qui a été prise et qui peut être modulée. On peut penser une loi organique qui permet de sélectionner les candidats afin de pouvoir organiser des élections nationales avec eux. Mais en réalité, la vraie question est que ceux qui sont au pouvoir ne se prononcent pas.

Nous avions intenté une action auprès de la Cour constitutionnelle pour montrer que Maoré a droit à son Vice-président. Nous avons obtenu gain de cause mais ça n’a jamais été suivi d’effets. Donc on peut déduire que la vraie question est politique. Est-ce que oui ou non les Comores vont sauter le tour de la tournante maoraise sans même poser la question, sans même discuter ? Ensuite, on peut aussi pointer cette contradiction dans notre Constitution. On parle d’île mais il n’y a pas de citoyens d’île !

Nous, nous voulons que formellement l’Etat se prononce pour la tournante à Mayotte et qu’on cherche les moyens pour le faire. Certainsavaient avancé l’idée d’un scrutin numérique que tout comorien de Mayotte disposant d’une carte nationale d’identité puisse voter par internet. Lespistes existent à condition de s’y mettre. Mais la question reste politique. Il faut d’abord faire ce 1er pas. Ce sera un signal fort envoyé à la France et au monde entier. Un signal pour dire que nous n’avons pas renoncé et que nous ne renoncerons jamais..

Moi: Je vous remercie

M. Idriss Mohamed: C’est moi

Propos recueillis par Irchad ABDALLAH

Houmed Msaidié : la COI doit passer à un autre palier

Houmed Msaidié : la COI doit passer à un autre palier

Houmed Msaïdié, Secrétaire Général du parti RADHI

Houmed Msaïdié, Secrétaire Général du parti RADHI

Le Secrétaire Général du Parti RADHI, Houmed Msaidié est intervenu dans les journaux de RFI ce matin du 25 juillet 2014.

À l’occasion du sommet de la COI, dont l’ouverture devait avoir lieu aujourd’hui, Houmed Msaidié s’est exprimé sur la nécessaire libre circulation au sein de l’espace indiocéanique (« l’existence d’une identité commune, d’une communauté de destin ») et sur la circulation au sein des quatre iles des Comores.

Sur la question de la libre-circulation au sein de la COI, le secrétaire Général du parti RADHI estime que la Commission devrait suivre le chemin de l’Union Européenne et que cela pourrait régler certains problèmes économiques.

« Vous étiez comme ça aussi, en Europe. Les gens circulaient avec des visas, vous etes passés à un autre palier. Justement, nous demandons à ce qu’on passe à un autre palier, qu’il y ait la libre circulation des personnes et des biens entre les pays composant la COI. Beaucoup de problèmes seraient réglés y compris les problèmes de pauvreté que connaissent un certain nombre de pays de la sous-région ».

Sur la question de Mayotte, l’ancien Ministre, qui est persuadé depuis longtemps qu’il faut multiplier les échanges avec ses compatriotes de Mayotte malgré la situation actuelle, dénonce les entraves mises par le visa Balladur aux déplacements des Comoriens entre les quatre iles.

« Tout comorien qui veut se rendre à Mayotte, qui est comme tout le monde le sait un territoire comorien, est obligé d’obtenir un visa pour aller à Mayotte. Comme les autorités préfectorales sont très dures en matière d’octroi de visas, des Comoriens empruntent des pirogues pour se rendre à Mayotte et la plupart du temps ils se perdent en mer. Les 50 km qui séparent Anjouan de Mayotte sont devenus un véritable cimetière et ça c’est connu de tout le monde. »

Intervention que vous pouvez retrouver dans les journaux du matin de RFI du 25 juillet 2014.

A lire aussi…

dans Alwatwan :  « La COI ne peut pas être simple spectateur dans la question de l’ile comorienne de Mayotte »

dans lemohelien.com : Houmed Msaidie peaufine sa stratégie et ancre son parti sur la scène politique

Mahmoud Ibrahime

De la commission de l’océan indien (COI) à la communauté de l’océan indien. Quels enjeux ?

De la Commission de l’océan indien (COI) à la communauté de l’océan indien. Quels enjeux ?

 

COILe sommet des Chefs d’États qui devait se tenir à Moroni à partir de demain devait aborder la question du changement de nom. La Commission de l’Océan Indien (COI) peut-elle devenir la Communauté de l’Océan Indien ? Quelles en seraient les conséquences ?

« En cette année du 30e anniversaire de l’Accord de Victoria, je ne vois pas de plus beau cadeau que nous pourrions faire à nous-mêmes que de passer l’idée technique de Commission à l’ardente ambition de Communauté ». Ces propos sont du secrétaire général de la COI, M. Jean Claude de l’Estrac. Celui-ci affiche d’emblée cette ambition de changer la Commission en Communauté.

Il faut noter que cette volonté de changement de nom n’est pas, comme on veut le faire croire, dépourvu de conséquences, notamment juridiques.

 

Coopération ou Intégration ?

M. de l’Estrac le dit lui-même que la commission recouvre une « idée technique ». Il est vrai qu’avec la Commission, l’on est dans le domaine de la Coopération. L’idée centrale ici est de renforcer les liens d’amitié qui unissent les iles de l’Océan Indien dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité de chaque Etat. On vise à promouvoir une coopération diplomatique, économique et commerciale, ainsi qu’une coopération dans le domaine de l’agriculture, de la pêche maritime et de la conservation des ressources et des écosystèmes et la coopération dans le domaine culturel, scientifique, technique, de l’éducation et de la justice.

L’objectif principal de la COI est de rapprocher les diplomaties des pays membres. Cette organisation se donnent pour objectif de coordonner l’activité, les politiques des entités membres dans les domaines conjoints dans le respect constant de la souveraineté de ces dernières.

Cette institution se distingue aujourd’hui par la souplesse de son organisation et de son fonctionnement : présidence tournante dans l’ordre alphabétique, session ministérielle annuelle, secrétariat général, organisme permanent de liaison (OPL), et décisions qui se prennent en commun accord des parties contractantes (consensus).

Plusieurs organisations internationales se rattachent à l’objectif de coopération : OCDE, Conseil de l’Europe… En principe, les décisions se prennent ici à l’unanimité

 

Commission et communauté ne recouvrent pas les mêmes réalités

Bien que la COI jouisse de la personnalité juridique en tant qu’organisation internationale, les membres n’ont voulu renoncer à aucune compétence au profit de celle-ci. Ce qui nous éloigne de l’idée d’intégration qui caractérise la Communauté.

En effet, plusieurs organisations internationales, instituées sous forme de communauté, affichent une ambition d’intégration : Communauté économique européenne(CEE), Communauté des Etats indépendants(CEI), Communautés économique des Etats de l’Afrique de Ouest (CDEAO), Communauté économique de l’Afrique Centrale (CEMAC)

Le concept de « communauté » renvoie habituellement à l’objectif d’intégration.

L’Intégration qu’on peut, selon les circonstances, opposer à la Coopération est définie comme une fusion de certaines compétences étatiques dans un organe super étatique ou supranational. Il s’agit ici d’accepter, d’avoir même la volonté de transférer d’une manière ou d’une autre des compétences relevant de la souveraineté des Etats à des instances administratives ou électives internationales. De telles organisations mettront en place des instances décisionnelles indépendantes (Commission, Parlement, Cour de justice…) des Etats membres ou des organes à composition intergouvernementale (Conseil…) mais délibèreront, du moins en principe, à la majorité.

Un droit communautaire (droit primaire issus des traités et droit dérivé qui résulte des directives, avis ou recommandations des instances administratives ou électives) nait. Il s’applique directement aux particuliers et il a une valeur supérieure à la loi nationale.

 

Commission ou Communauté ?

Il est normal qu’après trois décennies d’existence, la COI évolue. L’ambition affichée par le secrétariat de l’organisation de changer la Commission en communauté s’inscrit certainement dans cette logique. Mais cela n’est pas, comme on veut le faire croire, qu’une question de changement de nom. Il s’agira en réalité d’un bouleversement institutionnel aux conséquences multiples et diverses : transfert de compétences, accroissement institutionnel et budgétaire, changement de mode de prise de décisions, superposition d’un nouvel ordre juridique…

Pour ne pas porter un coup d’arrêt à l’évolution de l’organisation, on peut consentir au passage de la Commission à la Communauté tout en étant très vigilant à la méthode et au contenu. Le problème ne se posera pas sur la notion de « Communauté » mais sur le contenu dévolu à celle-ci.

ABDOU ELWAHAB MSA BACAR

Interview. Hamada Madi Boléro : « Je crois en la démocratie »

 

 

 

Interview. Hamada Madi Boléro : « Je crois en la démocratie »

Hamada Madi Bolero,           Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

Hamada Madi Bolero, Directeur de cabinet du Président Ikililou et Chargé de la Défense

 

Le Directeur de cabinet du président de la République des Comores, également chargé de la Défense était de passage en France à l’occasion du 14 juillet et du centenaire de la Première Guerre mondiale. À cette occasion les autorités françaises et comoriennes ont ouvert un chemin de mémoire dans l’Oise pour rappeler que des soldats comoriens sont venus se battre pour la France à cette occasion et que certains y sont enterrés. Nous avons voulu faire un bilan de cette visite avec Hamada Madi Boléro.

Mlimengu – Monsieur Hamada Madi Boléro, vous avez passé plus de dix jours en France, dans votre agenda qui était chargé, y a-t-il un moment qui vous a marqué plus que les autres ?

Hamada Madi Boléro – Oui bien sûr ! C’est lors la cérémonie d’inauguration du chemin de mémoire des soldats venus de l’archipel des Comores et morts pour la France en 1918 pendant la Grande Guerre.
Mlimengu – Alors est-ce que vous êtes encore venu « vendre Mayotte à la France » ? (Rires)

Hamada Madi Boléro – Je n’en sais rien ! Il faudrait peut-être demander cela à ceux qui distribuent les notes de « bons » et « mauvais Comoriens ».
Mlimengu – Comme vous en avez l’habitude maintenant, vous êtes allé à la rencontre du public et notamment des Comoriens de France. Pourquoi ce besoin ?

Hamada Madi Boléro – Vous savez, je crois en l’institution « Démocratie » dans le système politique et par conséquent, j’estime qu’il du devoir du politique, qui plus est a des responsabilités étatiques, d’essayer de répondre aux inquiétudes des citoyens, des contribuables ! J’avoue que peu font cet exercice lorsqu’ils sont au pouvoir et je ne leur en veux pas puisque cela doit être fait par conviction et non pour un autre objectif ! C’est donc pour cela que lorsqu’on me le suggère, je réponds affirmativement, si le temps me le permet !

Mlimengu – Certains se demandent pourquoi c’était vous qui avez fait ce voyage et pas le ministre des Affaires étrangères. Que leur répondez-vous ?

Hamada Madi Boléro – Je leur demande d’abord pourquoi cette question ! C’est à la fête du 14 juillet 2014, la France l’a placée sous la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, vous avez certainement remarqué que la majorité des pays invités, avec 3 militaires pour leur drapeau national, ont envoyé le Ministre des militaires, donc de la Défense. Ensuite, après consultation avec la partie française, les départements de la défense de l’Union des Comores et de la France, avons convenu d’inaugurer le chemin de mémoire des soldats comoriens morts pour la France pendant le premier conflit mondial, quelques jours après justement la fête du 14 juillet. Dans ces conditions, au lieu d’envoyer deux Ministres différents, le Gouvernement a jugé bon d’envoyer celui de la défense. Et enfin, un Gouvernement décide en Conseil des Ministres et tous les membres sont solidaires des décisions.

Mlimengu – Pourquoi était-il important que l’Etat comorien soit présent, par votre intermédiaire, le 14 juillet aux Champs-Elysées et le 19 juillet dans l’Oise ?

Hamada Madi Boléro – Pour le 14 juillet, le Gouvernement français a proposé à ce que tous les pays qui ont combattu avec la France pendant la Guerre 14-18, soient présents aux Champs-Elysées pour marquer la solidarité internationale. J’ajouterai si vous me le permettez que ce symbole est fort pour envoyer un message de paix aux pays où la guerre fait rage ! Je pense bien sûr à l’Est de l’Ukraine, à Gaza, et ailleurs.

Pour le 19 juillet à Ourscamps et Cuts, nous ne pouvions pas ne pas y être puisque la cérémonie était organisée en l’honneur des soldats venus de nos quatre îles, il y a cent ans !

Mlimengu – À l’occasion de la commémoration des tirailleurs comoriens, vous avez reçu la légion d’honneur, est-ce une récompense pour « services rendus » comme on peut l’entendre ici et là ?

Hamada Madi Boléro – C’est encore à moi de répondre à cette question ou au pays qui me l’a décernée ? La France comme l’Union des Comores d’ailleurs, étant un pays indépendant, les autorités de ce pays comme celles du mien, exercent librement les prérogatives que la législation nationale leur a dévolues !

Mlimengu – En quoi cette légion d’honneur revêt-elle une importance pour vous ?

Hamada Madi Boléro – J’avoue que je n’en sais rien ! Toutefois, permettez-moi de profiter de cette opportunité pour remercier le Chef de l’Etat français et tous ceux qui ont pensé que ma très modeste personne pouvais bénéficier d’une si haute distinction de la part d’un pays si important dans les relations internationales.

Mlimengu – Sur l’affaire des personnes arrêtées pour « tentative de coup d’Etat » ou « atteinte à la sûreté de l’Etat », le commissaire de la République a annoncé des révélations, qu’est-ce que les juges comoriens ont appris auprès des juges français ?

Hamada Madi Boléro – Très franchement je ne sais pas plus que vous. Par contre, je savais depuis longtemps que des personnes que la justice comorienne soupçonnait de faire partie de ceux qui étaient considérés comme commanditaire de la tentative de déstabilisation, étaient interpellés et placés en garde-à-vue en France. Certainement la justice comorienne a pris connaissance du dossier parisien et attendons justement qu’elle nous fasse cette communication lorsqu’elle sera en mesure de le faire.

Mlimengu – Dans quelques jours, les Comores vont recevoir le Président de la République française. Pourquoi est-il là ? Un accord sera-t-il signé entre les deux pays ?

Hamada Madi Boléro – Un Accord sur quoi ? Allons, replaçons les choses à leur place. Un Sommet de la Commission de l’Océan Indien (COI) se tiendra aux Comores, à Moroni le 26 juillet prochain. La COI est formée des Etats, Union des Comores, République française, République de Madagascar, République de Maurice et République de Seychelles. Et puisque c’est un Sommet, alors sauf cas justifié, les Etats sont représentés au plus haut niveau et ce sera le cas. Pour cette raison donc, oui les Comores vont recevoir François Hollande, Chef de l’Etat français comme tous les autres chef d’État de la COI.

Les Ministères des Affaires Etrangères de l’Union des Comores et de la France sont en pleine activité et on verra si pour certains départements comme celui des finances, nos administrations pourront proposer quelque chose à la signature de nos deux Présidents. Sinon, je répète, c’est une visite dans le cadre multilatéral et plus précisément de la COI.

Propos recueillis par Mahmoud Ibrahime