Comores

Éditorial. Discours du président Azali à l’ONU : dans la continuité

Depuis hier, les fidèles du président de l’Union se livrent à de belles démonstrations de ce qu’est la propagande politique. Ils essayent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. On doit croire que le président Azali a fait un discours historique à l’ONU, un discours jamais prononcé par un dirigeant comorien.

En réalité, le discours du président comorien s’inscrit dans les discours traditionnels des présidents qui l’ont précédé depuis une vingtaine d’années ! C’est un discours duquel ne découle aucune philosophie et aucune vision du monde, le président s’enfermant dans la politique intérieure pour faire une sorte de bilan de ce qu’il a fait et de ce qu’il voudrait faire, en appelant à l’aide la communauté internationale. Seul bémol à cette affirmation, le Président Azali, plus que ses prédécesseurs semble s’intéresser un peu plus aux questions environnementales dans le monde.

Mais, il réaffirme que Mayotte est comorienne, mais lui aussi a fait effacer la « question de l’île comorienne de Mayotte » de l’ordre du jour définitif de cette AG de l’ONU. Il justifie ce geste, qui est répété chaque année depuis 1995, comme les autres présidents : il y a des discussions en cours avec la France. Les fameuses discussions bilatérales qui n’avancent pas depuis 20 ans. Le président Sambi justifiait cette politique par le GTHN, Azali, comme Ikililou avant lui, justifie par le HCP.

Comme pour ses prédécesseurs, le discours du président Azali est marqué par des contradictions qui sont encore plus flagrantes cette année. Il fait appel aux « droits de l’homme et la dignité humaine », il dénonce avec une colère feinte « les droits de l’homme bafoués au quotidien » au niveau international, et réclame des sanctions contre leurs auteurs. Pourtant, pendant un an les droits individuels, et notamment le droit à une justice équitable ont été bafoués aux Comores. Des décisions de justice, ont été piétinés, des organes de presse ont été fermées, le matériel confisqués par l’armée en dehors de tout cadre légal.

Il définit l’Islam comme étant « l’Amour du prochain, ainsi que la tolérance » et à l’intérieur du pays, des religieux sont mis en prison parce qu’ils ont des pratiques différentes de celles de l’Islam proclamé dans la constitution ou parce qu’ils ont fêté un jour à l’avance l’aïd en suivant la tradition en cours dans le pays; sans parler des mosquées qui sont détruites.

À la tribune de l’ONU, il condamne les exactions contre les minorités dans certains pays comme la Birmanie, à l’intérieur de son pays, il promet une guerre sans concession aux Shi’ites. « J’ose espérer, dit-il à ses collègues, que notre organisation saura défendre les droits les plus élémentaires des opprimés, indépendamment des considérations d’origine, de race, de sexe et de croyance ». Quand on est Comorien, on a irrésistiblement envie de lui répondre : « J’espère, monsieur le Président que vous en ferez autant dans votre propre pays ».

Les partisans du régime évoquent le fait que le président parle à l’ONU de son ambition de faire parvenir le pays à l’émergence d’ici 2030, comme si c’était une grande nouveauté. Ils oublient juste qu’avant lui, le président Taki avait demandé l’aide de la communauté international pour parvenir au « Rehemani » et que le président Sambi avait présenté ses projets pharaoniques également.

C’est un exercice classique également pour les partisans du régime que de présenter les discours à l’ONU de leur champion comme étant exceptionnels, voire historiques. Il est probable que l’année prochaine, le discours du président sera plus qu’exceptionnel. Les partisans du président Sambi avaient présenté tous ses discours à l’ONU comme historiques, ils ne sont pas forcément devenus historiques. Il y a des choses qui ne se décrètent pas.

MI

RADHI-FRANCE opposé à une suppression de la tournante

Par un communiqué daté de ce 21 août, la fédération du parti RADHI en France s’est prononcée sur l’organisation des Assises Nationales en disant qu’elles constituent un risque pour la stabilité du pays. Cette fédération demande, toutefois, si ces Assises sont maintenues, que le pays conserve pour le moment la tournante et l’autonomie des îles et ne pas risquer de « réveiller de vieux démons ».

Rien de nouveau, puisque c’est la position du parti RADHI depuis toujours et que comme le rappelle ce communiqué signé par le Secrétaire Fédéral, Jaffar Abdellahi, le leader du parti RADHI Houmed Msaidié s’est battu en tant que Ministre de l’Intérieur pour ne pas que l’ancien président Sambi ne supprime la tournante par sa candidature lorsque c’était le tour de Ngazidja. Cela a permis l’élection du président Azali.

MI

Communique-du-200817

Fermeture de la Radio Kaz par le gouvernement comorien. Le préfet s’explique.

Agwa

Abdallah Agwa

Après avoir ordonné la fermeture de Radio Kaz le 16 août dernier, le Préfet du Centre Salim Ben Mohamed Soilihi en explique les raisons dans les colonnes de la Gazette des Comores et d’Al-Watwan ce vendredi 18 août.

Dans la Gazette, il justifie sa mesure par « C’est le code de l’information, notamment l’article 1, qui m’autorise à fermer cette radio » (sic). Dans cette phrase soit le journaliste soit le préfet, l’un des deux fait une erreur car l’article 1 ne dit rien d’autre que « Le présent code est dénommé Code de l’information et de la Communication ». L’article d’Al-watwan est plus précis puisque le préfet reste sur l’article 5 évoqué dans son arrêté et précise : alinéa 1 (« non respect de la dignité humaine »). Le journal gouvernemental explique que le préfet aurait ordonné la fermeture de la Radio après la diffusion d’une interview de l’ancien journaliste Abdallah Agwa dans laquelle ce dernier s’en prenait à la dignité d’une personne. On y apprend également que dès jeudi soir, des militaires ont débarqué à la radio pour saisir le matériel, encore fois dans un cadre extra-judiciaire et hors-la-loi.

En effet, le Code de l’Information aux Comores ne prévoit pas que le préfet, le Ministre ou la Gendarmerie puissent prendre des sanctions contre un média de leur propre initiative sans l’intervention du Conseil National de la Presse et de l’Audiovisuel (CNPA). Dans le cas évoqué par le préfet pour justifier la sanction prise (diffamation ou injure envers un individu), le Code prévoit que la personne lésée demande un droit de réponse (qui ne peut lui être refusé) ou que le CNPA saisisse le juge. Aucune de ces mesures n’a été enclenchée et le CNPA reste jusqu’à aujourd’hui silencieux sur cette nouvelle forfaiture du gouvernement contre un média.

Dès le 16 août, il nous semblait que c’était une autre raison qui avait motivé le gouvernement à fermer cette radio (alinéa 5 de l’article 5 du Code de l’Information : « appel au séparatisme ») et nous évoquions l’interview du Gouverneur d’Anjouan, qui devait être diffusée le lendemain et dans laquelle, Abdou Salami dénonçait la volonté du gouvernement de mettre fin à la tournante (lire ici : Comores. Radio Kaz fermée par le gouvernement). Depuis, cette interview a été diffusée ailleurs, comme nous le pressentions. Le gouvernement avance un autre argument sur un autre fait et prend une décision qui au regard du Code de l’Information est illégale.

MI

Tout un pays retient son souffle

      Dimanche prochain, a lieu le match retour opposant les Comores à la Namibie. Au match aller, l’équipe nationale de football des locaux s’était imposée chez elle sous le score de deux buts à un. C’est donc avec une légère avance que les Comores affronteront la Namibie dans exactement deux jours.

Autour du match aller

     Les matchs entre les Comores et la Namibie s’inscrivent dans le cadre du troisième et dernier tour des éliminatoires du Championnat d’Afrique des Nations ( CHAN ) qui aura lieu l’an prochain au Kenya. Pour rappel, contrairement à la Coupe d’Afrique des Nations ( CAN ) qui opposent les équipes nationales , le CHAN concerne uniquement les équipes nationales composées uniquement de joueurs évoluant dans les championnats locaux. Et c’est dans cet esprit que s’est déroulé à Moroni le match aller Comores-Namibie.

    Un stade de Moroni plein à craquer à l’occasion d’un match à guichet fermé, telle fut l’ambiance de cette rencontre. Une rencontre qui devait vaille que vaille tourner à l’avantage des hommes de Chamité au lendemain de la sortie remarquée de Ricardo Manneti, coach de la formation namibienne qui déclarait: « Les Cœlacanthes, on peut les écraser». Autant dire que la victoire des Cœlacanthes, même sans éclat, était impérative. Il faudrait à présent confirmer cette avance à Windhoek, en vue de disputer le prochain CHAN mais aussi pour garder la tête haute face aux détracteurs de tous bords.

 Coelacanthes   Ricardo Manneti a du avoir la surprise de sa vie lorsque, poussé par un public en euphorie et confiant, à la 41 ème minute, Tchenko comme on l’appelle, a ouvert le score perturbant ainsi toute l’équipe namibienne après avoir trompé une défense namibienne qui s’est avérée anémique en cette fin de première partie. Il n’a fallu à Mohamed Youssouf que quelques minutes pour doubler la mise après le mauvais dégagement de trop du gardien namibien et ainsi offrir aux siens, un repos des plus sereins.

     La deuxième partie du match fut clairement namibienne. Bien que les Coelacanthes ne se sont pas laissés écraser, ils ont montré quelques signes de faiblesse en cette deuxième mi-temps. Étaient-ils trop confiants, épuisés ou restaient-ils sur les acquis du match? On ne saurait le dire-en tout cas- à la 69ème minute, Hendrick Somaeb a lavé l’honneur de ses coéquipiers en réduisant le score sur penalty. Le match s’est ainsi achevé. Après cette performance, les espoirs sont permis côté comorien surtout parce que cette victoire intervient après une autre victoire survenue peu auparavant. Et si les Cœlacanthes locaux étaient devenus invincibles? La réponse, dimanche prochain à Windhoek.

Autour du match retour 

    La qualification se jouera dimanche. Les Cœlacanthes, déjà à Windhoek, partent avec une légère avance. Mais, il serait irrationnel de rester sur cette petite avance de 1 but à 0. Mieux équipée et bien expérimentée, l’équipe namibienne est capable de renverser la tendance à domicile. L’idée est donc d’entamer la rencontre avec la même motivation qu’au match aller. Remporter absolument ce match.

   Il faudrait donc miser sur l’attaque pour espérer marquer en premier, un premier but qui serait suicidaire pour les Namibiens. On bénéficierait alors de la règle du but marqué à l’extérieur, ce qui troublerait incontestablement les joueurs de la Namibie et conforterait l’avance de ceux des îles Comores. L’erreur serait donc de vouloir défendre à tout prix; non seulement la défense comorienne n’est pas impénétrable mais aussi, une telle tactique priverait nos attaquants d’un potentiel exploit; la défense namibienne n’étant pas non plus imperturbable. 

    Ce match est d’autant plus important que tout un pays retient son souffle. Une victoire dimanche serait historique et permettrait aux Comores de se faire un nom dans le football africain. Si l’équipe A des Coelacanthes n’a jamais atteint un tel niveau dans une compétition internationale, l’équipe B n’est pas loin de créer la surprise en faisant briller les Comores. Une chose est sûre, quelque soit l’issue du match de dimanche, les Coelacanthes, A comme B, suivent déjà une trajectoire ascendante et si cette ascension fulgurante se confirme, le monde écoutera et regardera le bled comme dirait notre Cheikh-Mc nationale. Encourageons et soutenons les nôtres, la victoire se profile.

O.M.

Comores. Radio Kazi fermée par le Gouvernement

Après la fermeture dans l’illégalité totale de la Radio Baraka FM d’Abdallah Agwa en début d’année, le gouvernement du président Azali vient de décider l’interdiction de la Radio Kaz. C’est un nouvel avertissement donné aux journalistes du pays et une invitation à l’auto-censure dans les autres médias.

C’est par un arrêté du Préfet du centre, Salim Ben Mohamed Soilihi, en date du 16 août  que le gouvernement a décidé la fermeture de cette radio qui collabore avec une radio installée à Marseille et qui est présente sur internet : RCM13.

Il est à signaler que dimanche dernier, c’est par un arrêté qu’un préfet a interdit un meeting dans un foyer fermé de l’opposant au régime, Mahamoud Wadaane du parti RAIFAID, qui a dû du coup se replier avec ses partisans à son domicile.

RadKaz2

L’arrêté ne précise pas les motifs de cette suspension, mais renvoie à l’article 5 de la loi sur le code de l’Information aux Comores (Loi n°10-009/AU du 29 juin 2010). Cet article dispose : « La liberté d’informer et de communiquer ne peut être limitée qu’en cas de :

  • non respect de la dignité humaine ;
  • violation de la liberté et de la propriété d’autrui ;
  • perturbation de l’ordre public ;
  • incitation à la haine entre communauté ;
  • appel au séparatisme. »

En réalité, selon certaines indiscrétions c’est le dernier point de cet article 5 qui a motivé la fermeture de cette radio par le gouvernement. En effet, la Radio s’apprêtait à diffuser une interview du Gouverneur d’Anjouan, Abdou Salami qui critique sans ambages les prochaines Assises et met en garde le gouvernement contre une tentative de suppression du principe de la tournante, inscrite dans la constitution et dont les contours ont été définis et précisés par la Cour Constitutionnelle avant les dernières élections qui ont vu la victoire d’Azali Assoumani.

On se rappelle que lors de son discours à l’occasion des 20 ans de l’Armée Nationale de Développement (AND), le Président Azali avait lancé des menaces contre quiconque profiterait des Assises pour tenir des propos séparatistes. Par la fermeture de cette radio, le gouvernement précise la pensée du président : quiconque n’irait pas dans le sens de la suppression de la tournante serait considéré comme séparatiste, et donc puni par la loi. Le débat serait donc déjà clos. Pourtant, il y a quelques jours le Gouverneur de Ngazidja, Hassani Hamadi s’était également prononcé pour le maintien de deux principes qui fondent la Constitution de 2001 : la tournante et l’autonomie des îles.

Si c’est bien l’interview du Gouverneur d’Anjouan qui est la cause de la fermeture de cette radio, le gouvernement du président Azali donnerait raison à ceux qui pensent que les Assises vont être détournées de leur objectif premier pour servir la volonté du gouvernement actuel de mettre fin à la tournante.

Il reste encore au gouvernement à comprendre qu’à l’heure des réseaux sociaux des mesures de ce genre contre la presse sont inefficaces d’un point de vue politique. Dès demain, RCM13 pourrait diffuser cette interview qui serait reprise par des milliers d’internautes aux Comores et à l’extérieur.

MI

Editorial. Il faut mettre fin aux Notes sexuellement transmissibles (NST)

L’année scolaire traine. Alors que dans d’autres pays les élèves se préparent à reprendre le chemin des cours, aux Comores, ils sont encore dans les examens. S’il fallait une preuve de la négligence de l’éducation nationale dans ce pays, celle-là pourrait suffire.

Mais, il y en a une plus grave. Elle est liée aux relations sexuelles que certains professeurs entretiennent avec leurs élèves de sexe féminin du collège jusqu’à l’université. Ces relations sont depuis quelques années résumées par les termes « Notes sexuellement transmissibles » (NST) car elles naissent dans les textos que certains professeurs envoient à leurs élèves ou étudiantes, mais elles prolifèrent bien avant la démocratisation du téléphone portable. « NST » est donc l’acronyme pour désigner cette vieille maladie. Elle est dénoncée régulièrement par les élèves eux-mêmes et quelques professeurs, mais cela reste sans effet.

Aucun Ministre de l’Éducation, aucun président de la République n’ose s’attaquer à ce phénomène. Aucune politique n’a jamais été entreprise pour lutter contre la pédophilie à l’école et tous les abus du genre dont tout le monde parle ouvertement. C’est comme si ces hommes se tenaient par la queue, aucun n’osant dénoncer l’autre de peur d’être dénoncé à son tour. Et ceux qui ne sont pas mêlés à ces histoires, ceux qui les réprouvent, y compris les enseignantes, comme les femmes ayant un peu de pouvoir dans ce pays, continuent de se taire tandis que des enfant ou des jeunes adultes sont quotidiennement harcelées.

Qu’il soit bien clair, il ne s’agit pas ici de dire que tous les professeurs aux Comores sont des prédateurs pour les enfants. C’est un phénomène qui existe ailleurs. La différence c’est qu’ailleurs des mesures existent pour lutter contre, des sanctions sont prises contre les professeurs qui se livrent à ces pratiques. Aux Comores, nous en sommes encore à la politique du « Nari sitiriyane ». Il s’agit ici de dénoncer un silence complice, un silence qui salit tout le corps enseignant et toute la hiérarchie administrative dans l’Education Nationale. Un silence qui a des répercussions dans les autres administrations où les femmes continuent à être harcelées par leurs chefs de service. Ce n’est pas normal et nous ne sommes pas dans la normalité.

Certains professeurs ont tenté de dénoncer ces dérives et je voudrais ici rendre hommage à l’ancien Secrétaire Général de l’Université, le philosophe Djaffar Mmadi et à l’ancien Directeur des Ressources Humaines, Saïd Omar Saïd Hassane qui, en 2013, ont osé porter plainte contre des collègues qui s’étaient livrés à ces pratiques et contre lesquels il y avait des preuves (la lettre d’une étudiante prise avec un sujet corrigé pendant un examen et des échanges de textos). Malheureusement, leur plainte s’est égarée dans les méandres de la justice comorienne et l’Université n’ayant pas le temps d’examiner les accusations de l’étudiante (voir PV de l’Université du 20 mars 2013), s’est contenté d’exclure pour 5 ans la victime pour fraude et suspendre les deux enseignants mis en cause (tout en continuant à les payer).

Aujourd’hui, c’est un nouvel appel au nouveau Ministre de l’Éducation et au Président Azali qui ne peut être insensible à cette question. Il faut rompre le silence et agir. Des solutions peuvent être immédiatement envisagées. Il faut spécialiser des inspectrices et des psychologues qui ne soient pas déjà de l’Éducation Nationale pour qu’elles aillent écouter les enfants du collège jusqu’à l’Université et proposer des solutions pour éradiquer ce mal. Il faut faire entrer les parents à l’École et associer les associations de parents d’élèves à la lutte contre la pédophilie. À l’Université, une mesure immédiate et sans incidence financière serait de faire en sorte que les copies des partiels soient redonnées aux élèves une fois corrigées ou du moins permettre à tout étudiant de pouvoir consulter ses copies d’examen sur simple demande. Cela permettrait d’éviter bien des injustices.

En effet, aux Comores, nous sommes dans le seul pays au monde où les étudiants n’ont pas accès à leurs copies d’examen une fois qu’ils les ont remises aux professeurs qui corrigent. Cela permet aux professeurs d’y mettre les notes qu’ils veulent sans aucun contrôle de qui que ce soit ou de les faire disparaître quand ils veulent (comme ce fut le cas en 2013 dans le département d’AES). Cela permet aussi de faire pression sur les jeunes filles, et même sur leurs petits copains qui ne pourront jamais vérifier si la mauvaise note qu’on leur a donnée était justifiée ou non.

Nous sommes dans un pays qui a inscrit sur sa Constitution que l’action de l’État doit être guidée par les principes de l’Islam et sur cette la question des NST, l’Etat, l’Éducation et les divers gouvernements depuis longtemps semblent ignorer complètement quelques principes de cette religion et en particulier le sort qui est fait aux enfants à l’École.

MI

Le retour de Mohamed El-Amine Souef au Mirex. Portrait d’un professionnel de la diplomatie

Azali-Souef

Entrevue ce matin entre le Ministre des Affaires Étrangères et le Président de la République

Le nouveau Ministre des Affaires Étrangères est enfin arrivé aux Comores ce lundi pour prendre ses fonctions, vingt jours après la mise en place du deuxième gouvernement du président Azali Assoumani. Fonctionnaire de ce Ministère, il y retourne après 10 ans à l’extérieur.

Une polémique était née suite à la nomination de Mohamed El-Amine Souef à ce poste, du fait qu’il est du même village que le président, qu’il est un proche et fidèle, ayant exercé le pouvoir avec lui depuis le coup d’État de 1999.

Un diplomate de formation

Mais en réalité, quel meilleur profil peut-on trouver aux Comores aujourd’hui à ce poste ? Le président Azali a fait de nombreuses erreurs de casting en cherchant absolument à remercier les militants qui ont fait sa campagne, souvent au détriment des compétences. Cette fois avec El-Amine Souef, il est certain de ne pas se tromper en mettant un vrai diplomate de formation, un homme expérimenté et dont les qualités sont reconnues même sur le plan international.

Pourtant, El-Amine Souef a connu la traversée du désert après l’arrivée au pouvoir du président Sambi et suite à la chasse aux anciens collaborateurs du président Azali à laquelle s’est livrée une justice aux ordres à partir de la fin 2006. Il a été sur la liste des chefs de la CRC (Convention pour le Renouveau des Comores) recherchés par la Justice de Sambi. Les dossiers mal montés, instruits uniquement à charge se sont tous effondrés et tous ont été libérés sauf un. Pourtant, ce n’est qu’à la fin du régime d’Ahmed Sambi qu’El-Amine Souef a terminé sa traversée du désert et a intégré l’ONU. Il est nommé Chef du Bureau Régional de la MINUAD au Soudan (à Nyala, Elfasher et Karthoum) de 2011 à 2015, puis depuis 2015 jusqu’à aujourd’hui, il exerçait à Gao (Mali) en tant que Chef du Bureau Régional de la MINUSMA. Ces deux postes lui ont permis de rencontrer de nombreuses personnalités diplomatiques et d’enrichir un carnet d’adresses qui était déjà plein. On dit qu’il aurait beaucoup hésité à quitter son poste et à interrompre sa carrière au sein de l’ONU. Le président Azali a beaucoup insisté pour avoir ce joker dans un gouvernement dont les observateurs ont dit qu’il était sans envergure.

Une carrière au MIREX

Mohamed El-Amine Souef n’a pas attendu l’arrivée au pouvoir du colonel Azali pour se faire remarquer en tant que diplomate. Il a auparavant servi trois présidents de la République avant de s’engager auprès du colonel Azali Assoumani, à partir d’avril 1999.

En effet, après un DEA de Lettres Modernes à Fez et une année d’Anglais à Tanger, il a poursuivi des études à l’Institut diplomatique d’Islamabad (Pakistan). Il est ensuite rentré au pays et après une courte période en tant que chercheur au Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS), il intègre le Ministère des Affaires Étrangères en 1991 en tant que Chef de la Division de la coopération bilatérale Afrique/Asie. En 1993, il est nommé par le Président Djohar Conseiller Technique. En 1994, le même président Djohar le nomme Ambassadeur en Égypte et Représentant des Comores auprès de la Ligue Arabe. Malgré le coup d’État de Bob Denard déposant le président Djohar et l’arrivée au pouvoir du président Taki, il demeure en place. Il est même nommé Secrétaire d’État auprès du Président de la République chargé du monde arabe en juillet 1998. La mort prématurée de Mohamed Taki en novembre 1998 a interrompu cette expérience. Il devient alors Conseiller du président par interim,  Tadjiddine Ben Massound.

Le fidèle du Président de la République

Nommé Ministre des Relations Extérieures en 1999, il le restera sans discontinuité jusqu’en juillet 2005. Il quitte alors momentanément la diplomatie pour devenir Directeur Général de la Société des Hydrocarbures. Puis, en février 2006, le Président Azali le nomme Ambassadeur des Comores aux Etats-Unis et Représentant Permanent des Comores à l’ONU. Deux mois après l’élection du président Sambi, il est contraint de quitter son poste à New York. Il entame alors sa traversée du désert.

Le nouveau Ministre des Affaires Étrangères est souvent perçu comme un technicien, comme un homme des dossiers. Pourtant, c’est aussi un homme politique, certes discret mais efficace. Il allie l’action politique à la réflexion à travers ses nombreux livres. Aux élections législatives de 2004, il est un des rares élus de la CRC. Il a également joué un rôle central dans la tentative vaine de réconcilier les deux parties de la CRC en guerre, avant et après la rupture. Mohamed El-Amine est également un homme de principes qui considère que l’amitié n’est pas un vain mot. Cela ne l’empêche pas, en privé, de dire ce qu’il pense à ses amis et notamment au président de la République.

C’est une bonne nouvelle pour les Comores car dans la Cour des flatteurs qui entourent le président Azali, il sera sans doute le seul à pouvoir lui dire quelques vérités. En mettant un homme de l’envergure de Souef El-Amine aux Affaires étrangères, c’est sans doute pour le chef de l’État une manière de se libérer des affaires extérieures et se concentrer sur les affaires intérieures notamment l’émergence et les réformes institutionnelles qui sont prévues après les Assises Nationales.

MI

Discours du président Azali à Voidjou

Azali_Voidjou_050817Dans le cadre de la célébration des 20 ans de l’Armée Nationale de Développement (AND), ce 5 août 2017, le président Azali Assoumani a rendu un vibrant hommage à l’armée et a rappelé aux soldats leurs devoirs dans la défense de la nation comorienne. Il a également affirmé que l’armée a connu, durant ces dernières années, une modernisation que tous souhaitaient quand il était chef d’Eta-major. Elle est aujourd’hui, pour lui, « la colonne vertébrale » et « le pilier essentiel » pour le développement du pays.

Le président Azali a aussi tenu à rappeler aux militaires et au-delà à tous les Comoriens et aux partenaires extérieurs la tenue prochaine des Assises Nationales. Il les a appelés à soutenir ces Assises qui doivent faire le bilan de 42 ans d’indépendance et tracer des perspectives pour l’avenir. Il a dit avec fermeté que son gouvernement n’acceptera aucun débordement lors de ces Assises et notamment le retour de toute forme de séparatisme.

Et comme depuis quelques mois, il ne peut finir un discours sans évoquer le mot « émergence », il a qualifié l’AND par les termes « Armée de l’Émergence », appelant celle-ci à participer à la production nationale et à la formation à des métiers porteurs pour les civils.

Le Président Azali est également revenu sur l’histoire contemporaine de l’Armée comorienne qui a dû faire face au séparatisme et au risque d’éclatement du pays. Il a évoqué une période ou l’Armée a « supporté… la subordination injustifiée à des forces de pays étrangers ». Il parle là sans doute du débarquement à Anjouan pour déloger Mohamed Bacar, débarquement pour lequel le président Sambi a fait appel à des forces de pays africains, notamment la Tanzanie. Il est d’ailleurs à remarquer que le Président de la République n’a pas participé aux festivités de commémoration de ce débarquement comme le faisaient ses deux prédécesseurs, signe qu’il n’a toujours pas accepté ce débarquement. Il pourrait également faire référence aux mercenaires étrangers qui formaient une sorte de garde présidentielle pour la protection du même président Sambi. Et ce n’est sans doute pas sans raison qu’immédiatement, il revient, pour la première fois, sur l’assassinat du lieutenant-colonel Combo Ayouba, sous la présidence du même Sambi et promet que la lumière sera faite sur sa mort, pour sa famille mais aussi pour l’armée.

À Voidjou, siège de l’École Nationale des Forces Armées et de la Gendarmerie (ENFAG), le président Azali a donné un discours dans lequel domine la fonction émotive notamment quand il félicite l’AND pour sa mutation ou quand il rappelle la mort du Lieutenant-Colonel Combo, mais c’est aussi un discours assez décousu, qui va dans tous les sens, qui manque d’unité et d’ordre, comme s’il n’avait pas été écrit, et comme s’il n’avait pas été prononcé par un militaire pour des militaires.

MI


Officiers,

Sous-officiers,

Militaires du rang de l’AND,

Honorable assistance

Il y a vingt ans, la Force Comorienne de Défense (FCD), la Gendarmerie Nationale, l’Ecole Nationale des Forces Armées et de Gendarmerie (ENFAG), le Service de Santé Militaire (SSM) et le Groupement de Sécurité des Hautes Personnalités (GSHP), ont fusionné pour devenir ce que nous appelons aujourd’hui Armée Nationale de Développement (AND). En mai 2012 l’Unité des Garde-côtes est venue compléter ces corps de l’AND.

L’ENFAG où nous trouvons, qui assure des formations de toutes sortes mais aussi en matière de police judiciaire et de de police administrative, est le cadre idéal pour cet événement et je suis heureux de me trouver parmi vous aujourd’hui, pour fêter ce vingtième anniversaire et saisir cette opportunité pour célébrer avec vous cet événement : la création de l’AND.

Je suis là comme Chef de l’État et chef Suprême des armées mais aussi comme frère d’arme, et c’est avec une grande émotion que  l’ancien chef d’État major que je suis, s’adresse à vous également aujourd’hui.

C’est avec une immense fierté, que je constate votre loyauté et votre engagement envers les institutions de notre pays.

En 1996, nous avions souhaité une armée moderne, moderne dans sa mission, moderne dans son engagement  et en phase avec son temps. Cette armée est là devant moi.

Vous avez su vous hisser  au-dessus du jeu politique pour protéger les institutions et les autorités légitimes du pays.

Aujourd’hui vous êtes les garants de la stabilité de notre pays, et Dieu sait que nous venons de très loin.

Pour tout cela, et pour tout ce que vous avez accompli et accomplissez au service de notre pays, je vous remercie, au nom de toute la Nation. Merci pour votre loyauté. Merci pour votre engagement.

C’est parce que je sais votre loyauté  et votre engagement envers votre pays et ses représentants, que ma confiance en vous est inébranlable et que je reste serein dans ma mission qui, au delà du symbole de l’Unité nationale, du garant de l’intangibilité des frontières et de la souveraineté nationale, d’arbitre et de modérateur du fonctionnement régulier de nos institutions, me donne le devoir d’amorcer et de réussir le développement du pays.

Je me dois de rappeler aux Soldats que vous êtes, que vous êtes la colonne vertébrale de notre pays, que vous constituez le pilier essentiel de son développement et qu’au  delà de vos différents corps d’origine, de votre diversité, de vos particularités, de vos missions respectives et des spécificités qui vous distinguent, vous constituez une et une seule force : l’Armée Nationale de Développement (AND).

Vous avez la noble mission de défendre l’Intégrité Territoriale, l’unité nationale, la paix et la sécurité du pays, de protéger les personnes et les biens et de veiller sur le respect des Institutions Républicaines et des mécanismes qui les régissent.

Notre pays est encore fragile. Il faut donc que nous restions vigilants et fermes quant à son unité et sa stabilité car les risques de déstabilisation sont malheureusement réels et nombreux à nos jours.

Elles sont à la fois internes et externes : le terrorisme, la piraterie, l’extrémisme de toute sorte, le séparatisme, le régionalisme. Nous ne laisserons pas notre pays se déliter.

Ainsi, dans le cadre des Assises Nationales qui doivent faire le bilan de nos années d’indépendance, j’appelle à resserrer nos rangs, à nous rassembler et à échanger pour le bien de notre pays. Ces assises sont cruciales pour la cohésion nationale et je reste optimiste quant-à son succès et à ses résultats.

J’appelle ainsi nos partenaires bi et multilatéraux ainsi que la communauté internationale, qui ont joué un rôle primordial dans la réconciliation nationale et les Accords de Fomboni de 2001, à nous appuyer pour réussir ces assises, afin que notre pays puisse se doter des moyens nécessaires à son décollage socio-économique et social.

Toutefois, nous devons rester très attentifs et vigilants.

C’est pourquoi je voudrais dire ici très solennellement que je ne tolérerai aucun dérapage et ainsi, mettre en garde contre toute velléité de faire de ses moments importants pour le pays et la Nation, une tribune pour la division et la haine, un tremplin pour les ambitions égoïstes et personnelles.

Mon gouvernement et moi-même, serons intransigeants et ne ferons aucune concession devant toute velléité sécessionniste. Nous avons bel et bien tourné la page du séparatisme.

Mes chers  frères d’armes

Vos missions qui vous ont été dévolues par la Loi, vous donnent le devoir de préparer et d’assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes formes d’agression, la sécurité, la défense de la patrie et des intérêts supérieurs de la Nation ainsi que la sauvegarde de la population, le maintien de la paix et la sûreté publique, le maintien de l’ordre, l’exécution des lois, l’édification du processus démocratique et à la consolidation de l’état de droit.

Pour réussir ces missions, votre statut de militaire exige de vous, en en toutes circonstances, discipline, loyalisme et esprit de sacrifice.

Ces devoirs impliquent également des sujétions auxquelles les autres citoyens ne sont pas soumis mais qui vous incombent ainsi qu’aux Officiers et agents des Services de la Police nationale qui complètent vos missions et à qui je voudrais dire ici, toute notre estime et notre considération.

A ce titre, vous méritez le respect et la considération de la Nation toute entière, qui doit assurer des garanties et des compensations aux contraintes et exigences qui vous sont imposées.

Mais comme votre nom l’indique, vous participez également au développement économique et social de notre pays.

Ainsi, vous devez prendre part à la production nationale et la protection de l’environnement ainsi qu’à l’effort que déploie le Gouvernement pour créer les conditions de réussite de l’ambition qui est le nôtre aujourd’hui, d’inscrire notre pays parmi les pays émergents à l’horizon 2030.

En plus de l’Armée Nationale de Développement, vous êtes aussi aujourd’hui avec la Police Nationale ce que j’appelle, l’Armée de l’Emergence.

Dans un pays où le développement de la pêche, de l’agriculture, du tourisme et de l’artisanat, constituent les bases de cet ambition, l’AND, à travers l’ENFAG doit être en mesure d’assurer des formations dans ces domaines, à ses recrus mais aussi aux autres jeunes comoriens, afin qu’ils soient, une fois formés, beaucoup plus productifs et que, tout en assurant la sécurité du pays, pour les uns, ils puissent tous apporter leur contribution aux efforts en cours.

Officiers,

Sous-Officiers,

Militaires du rang

Votre unité est sacrée tout comme est sacrée la préservation de l’Unité du pays qui est votre mission principale et essentielle.

Certes, au cours de ces dernières années, nos compatriotes se sont interrogés à un moment ou un autre, sur l’utilité de nos forces, notamment avec les déviations des missions qui ont pu parfois être constatées.

Certes, vous avez pu, à certains moments, relever vous-mêmes des dysfonctionnements, redouté l’éclatement, la dislocation de l’Etat et la disparition des Comores en tant que pays.

Vous avez affronté l’hydre  du séparatisme et de ses conséquences, c’est-à-dire la division.

Vous avez supporté malgré vous, la subordination injustifiée à des forces de pays étrangers, subi l’odieux assassinat du Lieutenant-colonel Combo Ayouba (Paix à son âme).

Je voudrais dire aujourd’hui que dans cette affaire, restée à ce jour sans réponse, tout sera fait pour la manifestation de la vérité.

Nous le devons pour ce grand officier qui a tant servi l’Etat ; nous le devons pour sa famille ; nous le devons pour vous, ses frères d’armes et nous le  devons pour ce pays car il l’a servi durant toute sa carrière.

Vous qui avez résisté aux manipulations, pour rester une institution républicaine, vous avez su rester le dernier rempart de notre pays.

C’est pourquoi en ma qualité de Chef Suprême des Armées, je veillerai pour que l’AND et les Services de la Police, restent des Institution respectables, respectées, dignes et capables d’assurer les missions régaliennes qui sont les leurs.

Les Comoriennes et les Comoriens ont droit au respect et à la dignité qui commencent par la paix, la sécurité, la protection de leur personne et de leurs biens ainsi qu’une vie décente et c’est vous, en première ligne, qui en avez la charge.

C’est la loi qui définit vos devoirs, qui garantit vos droits civils et politiques et qui, simultanément, vous fixe des limites au-delà desquels vous ne pouvez pas franchir, pour préserver l’honneur qui est le vôtre, qui est de servir votre pays sous l’emblème national, sous notre drapeau.

Mais vous devez rester l’exemple aussi bien dans le respect que dans l’application de la Loi.

Ainsi, vous devez mettre fin aux abus et aux dérapages.

La population apprécie son armée quand elle se montre digne de sa mission. C’est ainsi qu’elle a bien accueilli les mesures disciplinaires prises ces derniers temps à l’encontre de ceux d’entre vous, qui ont abusé de leurs missions. J’espère que de la part de tous, toutes les leçons seront tirées.

Vous devez vous montrer dignes et forcer le respect ; tout comme je ne tolérerai aucun manque de respect à votre institution, je ne permettrai à personne, de troubler l’ordre public, ou mener des actions susceptibles de mettre en péril, la paix civile, l’unité et la cohésion nationales.

Je reste donc très attentif et le Gouvernement de la République restera à votre écoute et mettra à votre disposition tout ce qui peut vous permettre de travailler pour la défense de notre pays, le maintien de l’ordre public et de la paix civile, dans la confiance retrouvée de nos citoyens.

Vous êtes emmenés à travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement et ses Ministères, notamment ceux de l’Intérieur, de la justice, et, au niveau des Iles, avec les Gouverneurs par l’intermédiaire des Commandements Régionaux, mises à leur disposition et qui sont les gardiens de la République et des Entités insulaires.

Officiers,

Sous-officiers,

Militaires du rang de l’AND,

Vous avez su montrer que vous êtes capables de suivre les profondes mutations intervenues dans le monde ces 20 dernières années.

C’est ainsi, que vous participez activement et brillamment aux missions de l’EASBRIG sur le continent africain et dans la région, pour faire face et apporter leur contribution et leur savoir-faire à résoudre les conflits régionaux et les conflits internes aux Etats.

Cette évolution positive a été illustré hier encore, avec la nomination du Colonel Chaharane Mouigni de l’AND, qui a déjà servi à l’EASBRIG, comme Commandant du Centre de Formation et de Logistique de la Brigade de la Force en Attente de l’Afrique de l’Est à l’issue de la dernière réunion des Ministres de la Défense des pays membres.

C’est une preuve de plus dont nous sommes fiers, de votre capacité à vous adapter à la donne dans le monde et sur notre continent.

Honorable assistance,

Je voudrais, avant de terminer vous renouveler, chers frères d’armes, toute ma confiance et réitérer notre gratitude aux partenaires et pays amis qui ces dernières années, ont contribué à la formation nos et au soutien logistique de nos Forces Armées. Je veux nommer la France, la Chine, les pays frères du monde arabe, du continent africain, les Etats-Unis d’Amérique et du système des Nations Unies.

Je leur renouvèle ici notre appel pour qu’ils continuent à nous accompagner activement dans l’élan nouveau  qui nous voulons imprimer à notre coopération militaire qui s’inscrit dans la politique de paix et d’amitié avec les peuples, une politique qui constitue l’axe principal de l’action diplomatique de l’Union des Comores avec laquelle nous comptons beaucoup pour créer les conditions de l’émergence de notre pays.

Je vous remercie tous pour votre présence à cette occasion et, en votre nom à tous, je souhaite un Joyeux anniversaire à l’AND, à ses Officiers, Sous-officiers, Militaires du rang, Personnels civils et militaires.

Vive l’AND et la Police Nationale

Vive la République,

Vive l’Union des Comores,

Je vous remercie

Que dire de ce monde? Neymar, un joueur de soccer coûte plus cher qu’un pays, les Comores

bajCe n’est pas un gag! C’est la triste réalité! Les 220 millions € que va coûter le transfert de Neymar sont supérieurs au budget national de cet archipel habité par près d’un million d’âmes, coincé entre l’île de Madagascar et le continent africain, à équidistance.
J’éviterai de dire que les enfants constituent la majorité de ses habitants. Les bonnes âmes pourraient y voir la raison de cette inégalité inhumaine. Vous en connaissez certainement une qui dernièrement s’est époumonée ainsi: » Écoutez, amis africains, surtout comoriens, que pêchent par dizaines les kwassa-kwassa! Pour éviter la pauvreté, faites moins de mioches! C’est prouvé par sa sainteté Malthus. »
On en rirait s’il n’y avait pas mort d’homme. On en rirait si par centaines de millions des enfants dans le monde n’étaient pas menacés de mort par la faim, comme c’est le cas actuellement en Somalie, par des maladies diverses qui ont disparu ici depuis près d’un siècle, comme au Yémen, de viol et de tortures, comme dans les favélas ou les rues du Congo. C’est une réalité que tous nous connaissons.
Certains, s’oubliant, en viennent à en vouloir au monde au point de tuer des innocents ici. Alors même qu’ils sont ceux dont les achats des maillots des dits « grands clubs » et des abonnements au stade et à je ne sais quoi permettent à ce qu’un joueur de foot vaille plus cher qu’un pays entier.
Je bouts au fond de moi quand je vois les gens commenter l’arrivée de Neymar à Paris, car les 220 millions € qu’il coûte sont supérieurs au budget de mon pays d’origine. J’enrage d’autant plus qu’il y a à peine quelques semaines une délégation de fonctionnaires du FMI exigeait que le budget des Comores n’excède pas les 81 milliards francs comoriens (CFA), soit un peu plus de 152 millions €.
Le summum de l’indécence a été dépassé!
Au diable les déclarations de bonne conscience des institutions et organisations internationales! Au diable l’hypocrisie du monde! Au diable les bonimenteurs qui vont au nom des religions construire des temples, en Afrique alors que l’Africain manque du minimum humain. Des mosquées construites par les pétromonarchies poussent aux Comores comme des champignons, alors que le Comorien manque des basic needs! Quel Dieu adore-t-on? Celui dont le Prophète a dit à la Kaaba que l’intégrité du croyant était plus importante qu’elle, bien qu’elle soit la direction de la prière du croyant musulman? Ou un autre?

Il faut me dire car j’ai du mal à comprendre. Depuis tout petit, on m’a appris que l’humain était le frère de l’humain. On m’a surtout appris que le musulman était par rapport à un autre musulman ce que sont deux faces d’une même pièce, aucun ne peut exister sans l’autre.
Seulement, petit, j’ai été exclusivement soigné gratuitement par soeur Cosette, qui est restée plus de 40 ans aux Comores, non pour nous convertir au christianisme, à ma connaissance, elle n’en a converti aucun, mais pour servir l’homme. Quel jeune comorien de mon âgé né aux Comores pourrait se targuer de n’être jamais passé chez Mon Péra (nom du dispensaire de Soeur Cosette, donné par les Comoriens, venant certainement de Mon Père), à part les nantis? Où étaient les pétromonarques à l’époque? Où sont-ils aujourd’hui où le bac, en raison de problèmes de salaires non versés ou non augmentés, se fait en été aux Comores, depuis plus de 20 ans, que les gens meurent des maladies les plus bénignes aux Comores, peut-être le seul pays musulman sunnite à 100% au monde?
Ils sont qui entrain de payer la djiziat à Trump, qui entrain d’investir des milliards dans le foot.
Voyez-vous, il n’y a pas les méchants non-musulmans d’un côté et les bons musulmans de l’autre. Comme l’homme n’est jamais entièrement bon, ni jamais entièrement mauvais. Il est bon seulement quand il fait plus de bien qu’il ne fait de mal et mauvais quand c’est l’inverse. Soeur Cosette, je l’aimerai naturellement parce que, comme l’a si bien dit notre mère Aisha, femme du Prophète, « les cœurs sont naturellement faits pour aimer quiconque leur fait du bien et détester quiconque leur fait du mal ». Exactement comme le Prophète a aimé son oncle Abou Talib, et ce de l’aveu même du Coran.
Il doit en exister des Sœurs Cosette musulmanes qui œuvrent pour Dieu, puis pour les hommes, sans regarder leurs confessions. Comme nous voyons qu’une convergence d’intérêts réunit Trump avec les pétromonarchies aujourd’hui. Demain, ils rompront pour les mêmes raisons. Il faudra laisser la religion de côté, quand cela se produira. N’oublions pas que pour bouter l’URSS hors d’Afghanistan, la politique états-unienne et ses alliés ont aidé à relancer le djihadisme qu’on dit combattre aujourd’hui. Comme business is business, religion doit rester religion.
Ne nous laissons pas embarquer dans des oppositions inutiles qui font s’entretuer ou s’entre-déchirer les faibles et laissent dans la quiescence les puissances.
Nous vivons dans la trumperie et la niaiserie de ceux qui, hagards, ignorent que c’est eux qui font Neymar et dans le monde tout ce bazar. Et en attendant qu’ils se réveillent, œuvrons à faire pousser des sycomores, les fruits profiteront aux Comores. On ne sait jamais.
Humainement vôtre.
Mohamed Bajrafil

le désespoir des clients d’Int’Air Iles bloqués à Madagascar

Depuis la publication du communiqué du directeur de la compagnie Int’Air Iles sur la fermeture de celle-ci, aucun vol n’a été effectué. Plusieurs passagers, qui avaient pris un billet aller-retour avec Int’Air Iles, se retrouvent actuellement à Madagascar alors qu’ils devaient être rentrés au pays la semaine dernière. Ils ignorent quand ils pourront repartir. « Personne ne nous a informés de quoi que ce soit. Nous avons appris à travers l’actualité du pays que la compagnie reprend ses vols. Mais nous ignorons la véracité de cette information. Puisqu’ aucun responsable de la compagnie ne nous a contactés » se plaint Zalhata Ibrahim*, qui se trouve à Madagascar avec sa fille pour des soins.

De son coté, Halima* est désespérée : « Je devais être rentrée depuis la semaine dernière. J’ai épuisé tout l’argent que j’avais ramené, et je n’ai pas les moyens d’acheter un autre billet. Qu’est ce que je vais devenir ? Sachant que je suis dans un hôtel et que mon visa d’un mois expire dans les prochains jours ». Selon une troisième interlocutrice, d’autres passagers qui logeaient dans le même hôtel, sont partis en achetant par leurs propres moyens des billets chez Air Madagscar. « Actuellement, nous sommes 13 personnes dans le même hôtel qui avons pris Int’Air îles. Et je suis persuadée qu’il y en a d’autres qui sont à Madagascar qui se trouvent dans la même situation ».

InterAIRIlesRappelons que dans le communiqué, le directeur d’Int’Air Iles avait précisé que les clients seraient remboursés. D’ailleurs, cela aurait commencé à Moroni. Mais que deviennent ceux qui se trouvent dans des endroits où, comme à Madagascar et Mayotte, il n’y a pas d’interlocuteurs (agences fermées) pour faire une demande de remboursement ? Il est à noter que suite à l’entrevue avec le Président de la République, le Directeur d’Int’Air Iles avait annoncé la reprise des vols aujourd’hui, jeudi 03 août.

 Natidja HAMIDOU

*Les noms cités dans l’article sont des noms d’emprunts. Les interlocuteurs ont préféré garder l’anonymat.