Cour

Le Président Ikililou a fixé les élections au 2 novembre

Le Président Ikililou a fixé les élections au 2 novembre

ikililouLe 2 août, le Président Ikililou Dhoinine a signé le décret fixant les élections des députés de l’Union, des conseillers des Iles et des conseillers municipaux au 2 novembre prochain. Le deuxième tour des élections des députés aura lieu deux semaines après conformément à la Constitution, les deux autres scrutins se déroulent en un seul tour.

Nous étions nombreux à douter de la tenue de ces élections aux dates prévues, le Président Ikililou nous surprend encore une fois. En effet, les pré-requis semblaient nombreux et difficiles : obtenir les fonds, recenser plus de 80% des inscrits sur les anciennes listes électorales, régler les problèmes de mise en place des communes… En signant ce décret du 2 août, le Président fait le pari que tous les problèmes seront réglés entre temps, et surtout avant l’ouverture de la campagne électorale fixée au 4 octobre.

Cependant le consensus qui a prévalu jusque-là pour la date de l’organisation de ces élections semble voler en éclat. En effet, plusieurs personnalités et partis politiques remettent en cause la liste des membres de la Commission électorale indépendante.

A la tête de la fronde se trouve, encore une fois, le député de Moroni, élu du parti Orange, Abdoulfatah Saïd Mohamed. Dès l’annonce de la liste, il a dénoncé les irrégularités commises au niveau de l’Assemblée de l’Union pour la désignation des députés au sein de la CENI. En effet, l’article 44 du code électoral prévoit que c’est au Bureau de l’Assemblée de désigner les cinq membres qui doivent siéger à la CENI. Or le Bureau, dont il est membre, n’a jamais été convoqué pour cela. Il a ensuite saisi la Cour constitutionnelle qui aurait donc empêché les membres désignés par l’Assemblée de prêter serment tant qu’elle n’aura pas procédé à l’examen de la requête du député.

Cette affaire révèle un des problèmes que posent les institutions actuelles. En effet, on remarque qu’il est possible d’avoir un parti majoritaire à l’Assemblée qui soit dans l’opposition nationale. Il est donc difficile de trier entre l’opposition et la majorité.

Le Président de la République a décidé également d’attribuer l’unique siège de l’opposition nationale à un groupement de cinq partis qui se sont manifestés récemment, notamment en lui rendant visite à Beit-Salam. Il se trouve que ces cinq partis ne représentent qu’une partie de l’opposition et qu’aucun de ces partis n’est représenté à l’Assemblée de l’Union.

Mohamed Dossar, membre du Parti Juwa et Houmed Msaidié, Secrétaire Général du parti RADHI, deux personnalités dont les partis sont dans l’opposition et sont représentés à l’Assemblée ont confié leur étonnement et doute, ce matin, à la Gazette des Comores dont un article avait pour titre : « Le chef de l’état cherche-t-il à légitimer une opposition de papier ? »

Mahmoud Ibrahime 

Pourquoi veut-on, encore une fois, modifier la constitution ?

Deux ans avant les élections présidentielles et à quelques mois des législatives et municipales, les grandes manœuvres ont commencé.

Le gouvernement débute les hostilités avec une révision de la constitution dont le but est de prolonger les mandats des députés. L’argument reste toujours le même : « l’harmonisation des élections ». Le prédécesseur du président Ikililou, Ahmed Sambi, l’a fait pour essayer de prolonger son mandat d’un an, malgré la Cour Constitutionnelle. Tout dans l’histoire récente de notre pays nous rappelle que le respect de la constitution est le dernier des soucis de nos dirigeants.

Le Président de la République, censé faire respecter la constitution, est le premier à la fouler aux pieds. Une simple convocation de ses conseillers et collaborateurs suffit pour changer ce que le peuple, par sa majorité a choisi. C’est donc l’avenir de notre pays qui a du plomb dans les ailes. C’est encore une fois les intérêts personnels qui l’emportent sur l’intérêt général. Ce geste malveillant crée d’emblée un mécontentement populaire grandissant. Il faut respecter la constitution ! Cette question concerne tout le pays, c’est donc au peuple de trancher.

Depuis cinq ans maintenant, qu’est-ce que nos Députés et Conseillers des îles respectives nous ont apporté. Que des disputes inutiles, insensées, basées sur des intérêts personnels. Au stade où nous sommes, nos dirigeants ne doivent pas ignorer que par leurs erreurs ils aiguisent la conscience politique des Comoriens. Une prise de conscience qui peut devenir un mouvement brutal contre ceux qui osent manipuler la constitution en leur faveur.

Pourquoi avoir une Cours Constitutionnelle alors que personne ne veut la respecter ? Celle-ci a rappelé la fin des mandats des députés et des conseillers des Iles. Or les Grands élus convoqués par le Président de la République décident des modifications constitutionnelles qui ne tiennent pas compte de l’arrêt de la Cour. Par ce geste, le Président d la République diminue le pouvoir dévolu à la Cour Constitutionnelle. Il est inadmissible que des élus censés défendre et protéger la Constitution, la manipule à leur guise et selon leurs intérêts.

Abdourahim Bakari Papadjo