CRC

Le retour de Mohamed El-Amine Souef au Mirex. Portrait d’un professionnel de la diplomatie

Azali-Souef

Entrevue ce matin entre le Ministre des Affaires Étrangères et le Président de la République

Le nouveau Ministre des Affaires Étrangères est enfin arrivé aux Comores ce lundi pour prendre ses fonctions, vingt jours après la mise en place du deuxième gouvernement du président Azali Assoumani. Fonctionnaire de ce Ministère, il y retourne après 10 ans à l’extérieur.

Une polémique était née suite à la nomination de Mohamed El-Amine Souef à ce poste, du fait qu’il est du même village que le président, qu’il est un proche et fidèle, ayant exercé le pouvoir avec lui depuis le coup d’État de 1999.

Un diplomate de formation

Mais en réalité, quel meilleur profil peut-on trouver aux Comores aujourd’hui à ce poste ? Le président Azali a fait de nombreuses erreurs de casting en cherchant absolument à remercier les militants qui ont fait sa campagne, souvent au détriment des compétences. Cette fois avec El-Amine Souef, il est certain de ne pas se tromper en mettant un vrai diplomate de formation, un homme expérimenté et dont les qualités sont reconnues même sur le plan international.

Pourtant, El-Amine Souef a connu la traversée du désert après l’arrivée au pouvoir du président Sambi et suite à la chasse aux anciens collaborateurs du président Azali à laquelle s’est livrée une justice aux ordres à partir de la fin 2006. Il a été sur la liste des chefs de la CRC (Convention pour le Renouveau des Comores) recherchés par la Justice de Sambi. Les dossiers mal montés, instruits uniquement à charge se sont tous effondrés et tous ont été libérés sauf un. Pourtant, ce n’est qu’à la fin du régime d’Ahmed Sambi qu’El-Amine Souef a terminé sa traversée du désert et a intégré l’ONU. Il est nommé Chef du Bureau Régional de la MINUAD au Soudan (à Nyala, Elfasher et Karthoum) de 2011 à 2015, puis depuis 2015 jusqu’à aujourd’hui, il exerçait à Gao (Mali) en tant que Chef du Bureau Régional de la MINUSMA. Ces deux postes lui ont permis de rencontrer de nombreuses personnalités diplomatiques et d’enrichir un carnet d’adresses qui était déjà plein. On dit qu’il aurait beaucoup hésité à quitter son poste et à interrompre sa carrière au sein de l’ONU. Le président Azali a beaucoup insisté pour avoir ce joker dans un gouvernement dont les observateurs ont dit qu’il était sans envergure.

Une carrière au MIREX

Mohamed El-Amine Souef n’a pas attendu l’arrivée au pouvoir du colonel Azali pour se faire remarquer en tant que diplomate. Il a auparavant servi trois présidents de la République avant de s’engager auprès du colonel Azali Assoumani, à partir d’avril 1999.

En effet, après un DEA de Lettres Modernes à Fez et une année d’Anglais à Tanger, il a poursuivi des études à l’Institut diplomatique d’Islamabad (Pakistan). Il est ensuite rentré au pays et après une courte période en tant que chercheur au Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS), il intègre le Ministère des Affaires Étrangères en 1991 en tant que Chef de la Division de la coopération bilatérale Afrique/Asie. En 1993, il est nommé par le Président Djohar Conseiller Technique. En 1994, le même président Djohar le nomme Ambassadeur en Égypte et Représentant des Comores auprès de la Ligue Arabe. Malgré le coup d’État de Bob Denard déposant le président Djohar et l’arrivée au pouvoir du président Taki, il demeure en place. Il est même nommé Secrétaire d’État auprès du Président de la République chargé du monde arabe en juillet 1998. La mort prématurée de Mohamed Taki en novembre 1998 a interrompu cette expérience. Il devient alors Conseiller du président par interim,  Tadjiddine Ben Massound.

Le fidèle du Président de la République

Nommé Ministre des Relations Extérieures en 1999, il le restera sans discontinuité jusqu’en juillet 2005. Il quitte alors momentanément la diplomatie pour devenir Directeur Général de la Société des Hydrocarbures. Puis, en février 2006, le Président Azali le nomme Ambassadeur des Comores aux Etats-Unis et Représentant Permanent des Comores à l’ONU. Deux mois après l’élection du président Sambi, il est contraint de quitter son poste à New York. Il entame alors sa traversée du désert.

Le nouveau Ministre des Affaires Étrangères est souvent perçu comme un technicien, comme un homme des dossiers. Pourtant, c’est aussi un homme politique, certes discret mais efficace. Il allie l’action politique à la réflexion à travers ses nombreux livres. Aux élections législatives de 2004, il est un des rares élus de la CRC. Il a également joué un rôle central dans la tentative vaine de réconcilier les deux parties de la CRC en guerre, avant et après la rupture. Mohamed El-Amine est également un homme de principes qui considère que l’amitié n’est pas un vain mot. Cela ne l’empêche pas, en privé, de dire ce qu’il pense à ses amis et notamment au président de la République.

C’est une bonne nouvelle pour les Comores car dans la Cour des flatteurs qui entourent le président Azali, il sera sans doute le seul à pouvoir lui dire quelques vérités. En mettant un homme de l’envergure de Souef El-Amine aux Affaires étrangères, c’est sans doute pour le chef de l’État une manière de se libérer des affaires extérieures et se concentrer sur les affaires intérieures notamment l’émergence et les réformes institutionnelles qui sont prévues après les Assises Nationales.

MI

Du serment en politique. La fin de l’idylle entre Azali et Sambi

Éditorial

Du serment en politique

La fin de l’idylle entre Azali et Sambi

 

Au cours de la courte histoire parlementaire des Comores (elle n’a commencé qu’en 1945), il y a eu de nombreux serments sur le Coran, souvent en cachette et souvent trahis.

Le plus célèbre fut le Serment de Sada en 1967 par lequel cinq élus maorais (et derrière eux tout le Mouvement Populaire Mahorais) ont juré de ne jamais se séparer avant d’obtenir la départementalisation. Et chose curieuse, on vit un chrétien, Marcel Henri, à qui le cadi apprenait sur l’instant comment faire les ablutions avant d’entrer dans la Mosquée de Sada et jurer sur le Coran de tenir sa promesse, lui aussi. Et bien sûr, le serment a été rompu puisque le MPM s’est divisé en plusieurs partis avant la départementalisation.

AccordMissiriCes derniers mois, face au spectacle des humiliations subies par les membres du parti Juwa dans le gouvernement du président Azali et leur persistance à demeurer dans une alliance dans laquelle on leur signifiait qu’ils n’avaient rien à y faire, il m’est arrivé de me demander s’il n’y avait pas eu un serment sur le Coran entre le candidat Azali Assoumani et les candidats du parti Juwa, avec le soutien d’Ahmed Sambi. Ma conviction a été confortée après la fameuse interview du Ministre de la Justice, Fahmi Saïd Ibrahim qui déclarait : « Un ministre la boucle ou il part, j’ai décidé de la boucler. » (Al-Watwan n°3073 du 16/12/2016). Ces quelques mots disaient clairement l’impossibilité pour FSI de quitter le gouvernement et donc sa résolution à tout accepter sans broncher.

La confirmation de notre pressentiment est venue d’une interview du journaliste Ortega sur Facebook. Le Coordinateur du parti Juwa à Anjouan, Mahamoud Elarif lui a révélé qu’effectivement l’alliance entre Azali et les candidats de Juwa a été scellée par une lecture du Coran. Cette hésitation, des deux côtés, à assumer l’initiative de rompre prenait enfin un sens. Pourtant chacun sait qu’Azali et FSI (vrai aussi pour Sambi) ont toujours eu des idées diamétralement opposées, la CRC et Juwa n’ont rien en commun, et il faut se rappeler qu’il y a au Palais de Justice une plainte de la CRC contre Sambi et Juwa à propos de la « citoyenneté économique ».

Tout indiquait bien qu’il y avait d’autres raisons que la politique qui faisaient que les ministres Juwa acceptaient de « la boucler ». Fahmi Said Ibrahim qui promettait pendant sa campagne de replacer la justice au centre des préoccupations de l’Etat et de la rendre indépendante a non seulement fermé la bouche, mais aussi les yeux et les oreilles sur des arrestations arbitraires, des libérations sans jugement, des appels d’offre irréguliers et des nominations complaisantes. Le Ministre Dossar a accepté, entre autres, d’assumer la rupture diplomatique avec le Qatar alors que tout le monde sait qu’il est fermement opposé à cette décision, comme son mentor, Sambi.

Sambi, c’est peut-être le seul soutien de l’alliance qui a gardé sa dignité en refusant et en disant à haute voix qu’il n’était pas de l’intérêt des Comores de rompre ses relations diplomatiques si rapidement et si facilement, à la demande d’un pays ami certes, comme s’il s’agissait d’un jeu pour la deuxième fois en une année. Mais, cette franchise a été la goutte de trop dans l’alliance entre Sambi et Azali.

Le discours du président de la République le 6 juillet dernier semble avoir marqué la fin de cette alliance. Dans un paragraphe clef Azali a dit qu’il tirait les conséquences de la sortie médiatique de son allié. Cela indique deux choses, la première c’est qu’après son élection, Azali ne considérait l’alliance avec Juwa ou Sambi que comme la soumission de ceux-ci à sa politique et à sa volonté. Et donc les ministres Juwa n’auraient jamais dû accepter de la boucler et subir des humiliations. La deuxième c’est qu’il considère que si les « partenaires » ne suivent pas ses décisions unilatérales c’est qu’ils rompent l’alliance.

Le Président Azali cherchait l’occasion de bouter les ministres Juwa hors du gouvernement, avec la déclaration de Sambi sur le Qatar, il s’est senti libéré du serment fait sur le Coran.

Tout serment en politique, même sur le Coran, même sur la tombe des ancêtres (qu’on devrait laisser en paix, au lieu de les mêler aux combinazione politiques) est voué à être rompu par les aléas et les stratégies.

Mahmoud Ibrahime

Assemblée Générale du Parti Juwa : une alliance avec Azali insatisfaisante

Le Parti Juwa a réuni ses cadres dans une Assemblée Générale extraordinaire à Mutsamudu ce 14 juillet 2017 pour un travail en ateliers. Les objectifs de cette AG semblent être l’organisation du parti et les questions nationales, notamment les relations avec le parti CRC et le président Azali.

ComJuwa140717Au niveau interne, les cadres ont fixé aux 16 et 17 septembre 2017 le prochain Congrès du Parti qui devra élire les nouveaux dirigeants et sans doute mettre fin aux ambiguïtés créées par la fronde du Dr Sounhadj (et de certains cadres qui lui sont proches). Celui-ci ayant assigné son parti en justice après avoir été démis de ses fonctions de Secrétaire Général adjoint et de chargé de l’organisation du Congrès.

Sur le plan national, dans le communiqué issu de cette AG extraordinaire, le parti Juwa réaffirme son « association avec le pouvoir dirigé par le Président de la République, Azali Assoumani sur la base de la plateforme d’alliance politique signée le 26 mars 2016 ». Ainsi les cadres de Juwa précisent ce qu’ils affirment depuis un moment : il n’y a aucune alliance entre Juwa et CRC, c’est une alliance avec le Président Azali. Mais, la formulation reste encore ambigue dans le sens où ils disaient jusqu’ici que le parti ne s’est jamais engagé dans cette alliance, qu’il s’agissait d’une alliance entre leurs candidats (essentiellement l’actuel Ministre de la Justice Fahmi Said Ibrahim et le Gouverneur Abdou Salami Abdou) et le candidat Azali. Le Secrétaire Général, Ibrahim Soulé l’a encore confirmé pendant la conférence de presse qui a suivi l’AG, indiquant que le parti qu’il représentait n’avait jamais signé d’accord ni avec Azali ni avec la CRC. On se rappelle d’ailleurs qu’au moment de la signature de cette alliance au stade Missiri, Ibrahim Soulé et des cadres du parti avaient sorti un communiqué disant explicitement que cette alliance n’engageait pas leur parti. Le Secrétaire Général lui-même avait appelé à voter pour Mouigni Baraka.

Pourtant, le communiqué issu de cette AG extraordinaire indique que « le parti Juwa regrette le non respect de cette plateforme d’alliance par notre partenaire ». Il semble que le parti ne sait plus sur quel pied danser à propos de cette alliance dans laquelle il n’a plus aucune prise. Ou alors, il y a deux thèses à la tête du parti Juwa : ceux qui considèrent que l’alliance faite par les candidats les engagent et ceux qui pensent que l’alliance n’a rien à voir avec le parti.

L’autre préoccupation nationale du parti Juwa est la tenue des Assises proposées par le Mouvement du 11 août depuis 2015. Le parti indique qu’il est prêt à prendre part au bilan qui doit être fait sur la gestion de l’indépendance depuis 42 ans, mais, il dénonce toute tentative de récupération du mouvement. Juwa fait-il ici allusion au soutien que le Président Azali vient d’accorder à ce mouvement ? Le parti Juwa met également en garde contre toute tentative de remise en cause de deux points qui ont été à la base de l’Union des Comores : l’autonomie des îles et la tournante.

Il est à noter que les Ministres et Secrétaires d’État du parti Juwa n’étaient pas présents à l’AG, ainsi que le Dr Sounhadj, conseiller du président Azali, exclu du parti et qui n’a toujours pas encore eu recours aux modalités prévues pour contester cette exclusion.

Mahmoud Ibrahime

 

L’alliance Sambi-CRC : un coup d’épée dans l’eau

Houmed010416L’alliance autour de Mohamed Ali Soilihi a tenu à rassurer l’opinion et ses partisans mais aussi à analyser le rapprochement entre Sambi et la Crc au cours d’un point de presse organisé en début de soirée au quartier général de Houmed Msaidié.

« Cette alliance est pour nous une victoire déclare Houmed Msaidié, vice-président de Mohamed Ali Soilihi. Une victoire dans le sens où ceux qui refusaient les résultats du scrutin ont fini par se rendre compte qu’il n’y a eu aucune fraude et que tout a été transparent. Aujourd’hui ils ont enfin décidé de mettre de côté le Mouvement Narawazé et nous les remercions d’avoir reconnu leur défaite. Sambi et les siens veulent mettre en place une guerre psychologique surtout dans les médias et cela ne nous fait pas peur. »

Pour Houmed Msaidié, cette alliance n’est pas synonyme de victoire « nous connaissons le poids de Sambi » mais il a parcouru les îles avec ses candidats or aujourd’hui Fahmi n’est plus dans la course et Salami n’a eu que 36% à Anjouan. Aujourd’hui, le président Sambi, a parlé en son nom car « conscient de la dislocation du Juwa. Beaucoup de cadors ayant un poids électoral ont rejoint notre camp ». En plus de cela, beaucoup de partisans sont déçus de la tournure des événements et ils n’ont pas apprécié cette initiative de Sambi de se détourner du mouvement Narawaze. Tout cela montre encore une fois que cette alliance Sambi-Crc est un coup d’épée dans l’eau. Et pour ceux qui disent que si la victoire leur échappe c’est parce que les votes sont truqués, « je tiens à leur rappeler qu’en acceptant de signer la convention relative à ce deuxième tour avec toutes les dispositions prises pour sécuriser les élections, ils devront accepter la défaite le moment venu ».

Présent au point de presse comme Saïd Larifou, Bourhane Hamidou ou encore Dia, Mohamed Abdoulwahab ancien gouverneur de l’île de Ngazidja, en parlant de la cérémonie d’alliance Juwa-Crc, a insisté sur le fait que « ce qu’ils voulaient être un grand événement n’en est pas un. C’est un petit événement ». Pour lui, tous les préparatifs et les dispositions pris pour célébrer cet « événement » ont échoué car bien en deçà de leurs attentes. « Nous sommes sereins car c’est Sambi qui s’est allié avec la Crc. Le Juwa lui, ne l’a pas suivi d’où son refus de parler au nom du Juwa tout au long de son discours ». Quant au fait, que l’ex président critique le score de 17% de Mohamed Ali Soilihi, Mohamed Abdoulwahab a tenu à lui rappeler qu’à son « époque, Sambi n’avait eu que 23% sur 9 candidats lors des primaires à Anjouan, donc les 17% de Mamadou sur 25 candidats représentent un très bon score ». En plus de cela, ce score reflète le jeu démocratique et le respect de la valeur de ces élections « si Mamadou avait eu 51% sur 25 candidats, là ça aurait voulu dire qu’il y a eu de la triche ».

Pour lui, la démagogie de Sambi n’a plus aucun effet car le peuple ne vote plus des paroles mais des actions. Et l’alliance des deux ex présidents ne représente pas grand-chose, « aussi, ces deux là ambitionnent de prendre le pouvoir et non l’intérêt de la Nation comme ils le disent, sinon comment comprendre qu’hier ils ne voulaient pas se croiser et qu’aujourd’hui ils deviennent alliés ? C’est pour simplement pouvoir se passer tranquillement le pouvoir en 2021 mais malheureusement pour eux, le peuple n’est pas dupe » affirme l’ancien gouverneur. Arguant que Sambi et Azali sont des adeptes de N. Machiavel et que pour eux « tous les moyens sont bons pour atteindre le pouvoir ». Et ils veulent créer un précédent dans ce pays « revenir au pouvoir après avoir anéanti et fait sombrer le pays ».

Ali Ahmed Papa (Moroni)

À Domoni, le député Mohamed Rachadi (Juwa) a rejoint l’équipe de Mamadou

Domoni290316-

L’équipe de Mohamed Ali Soilihi a encore fait le plein dans un meeting aujourd’hui. C’était à Domoni. Plus de 5000 personnes, toutes catégories confondues, sont venues écouter Mamadou, ses colistiers et le Gouverneur Anissi.

Ahmed Jaffar était présent dans le meeting pour confirmer qu’il a bel et bien quitté Juwa et qu’il se sent à l’aise dans l’équipe de Mamadou et Anissi Chamsidine.

Le feuilleton du partage du parti Juwa n’est toutefois pas terminé et l’épisode d’aujourd’hui confirme que la CRC a tenté de faire croire aux Comoriens qu’il y a eu un accord avec le parti Juwa mais qu’il n’en est rien. Le député Mohamed Rachadi alias Gadjo (Juwa) de Domoni était également de la partie. Il a annoncé en plein meeting qu’il fait désormais campagne pour Mohamed Ali Soilihi (Mamadou). Il a aussi rappelé ce que disait le communiqué du Secrétaire Général du parti Juwa, Ibrahim Soulé : le parti Juwa n’a donné aucune consigne de vote.

Après une tournée d’une semaine à Anjouan, l’équipe de Mamadou devrait regagner Moroni demain où d’autres négociations restent en suspens, notamment avec des barons du parti Juwa. Des surprises en perspective.

Mahmoud Ibrahime

La CRC a-t-elle vraiment signé un accord avec le parti Juwa ?

Depuis quelques jours, le parti CRC dont le candidat à la présidence Azali Assoumani est à Anjouan, annonce qu’il va signer un accord avec le parti Juwa lors d’un meeting au stade de Misiri (Mutsamudu). Les militants de ce parti annonçaient dans les réseaux également la présence de Fahmi Said Ibrahim et Ahmed Abdallah Mohamed Sambi à ce meeting. Le premier est resté à Moroni, le second est encore à l’extérieur.

12524235_10154003057197380_5945090856679810231_nA l’issue du meeting de la CRC à Mutsamudu ce dimanche, ses militants ont annoncé un pacte de gouvernement entre la CRC et le parti Juwa. En réalité, en regardant de plus près les signatures, on s’aperçoit qu’aucun des chefs officiels du parti Juwa n’a signé. Ni le président Sambi ni le secrétaire Général, Ibrahim Mohamed Soulé. Il s’agit d’un accord entre des individus, des candidats et non entre deux structures politiques. On y retrouve donc la signature d’Azali Assoumani, candidat à la présidence et celle de Mohamed Dossar représentant Fahmi Saïd Ibrahim candidat malheureux des primaires.

On peut s’étonner de l’absence de Fahmi Said Ibrahim à cette cérémonie alors qu’il est à Moroni. On peut aussi s’étonner du fait que la veille de cette signature, l’ancien leader du PEC qui a fusionné son parti avec Juwa réclamait encore une fois un décompte des voix (« Narawaze ») avant le deuxième tour et affirmait que sans cela il ne pourrait s’allier avec aucun des trois candidats en lice qu’il a qualifiés de « trois voleurs ». Comment a-t-il pu changer d’avis en quelques heures ?

La réponse du parti Juwa par l’intermédiaire de ses représentants officiels ne s’est pas fait attendre. Le Secrétaire Général et d’autres cadres ont rendu public un communiqué quelques heures plus tard, pour réaffirmer le soutien du parti Juwa à son candidat Abdou Salami au gouvernorat d’Anjouan et affirmer qu’en ce qui concerne l’élection présidentielle « aucune 10153757_10204823520226377_3947417811554373741_ndécision d’alliance n’est encore prise et conclue par le parti avec aucun des trois candidats en lice « .

Ce communiqué sonne comme un cinglant désaveu des signatures des candidats Fahmi Said Ibrahim, Ahmed Abdallah Salim et Abdou Salami Abdou et de l’action secrète du coordinateur à Anjouan, Mahamoud El Arif.

D’ailleurs, il semble que depuis quelques jour, le Secrétaire Général, Ibrahim Mohamed Soulé, met en garde les cadres sur les négociations secrètes de Mahamoud El Arif et l’équipe d’Azali Assoumani.

La signature de ce pacte de gouvernement et la réaction de la direction du parti finit de démontrer que le parti Juwa est à la dérive et qu’aucun dirigeant ne peut encore le relever sinon son président d’honneur Ahmed Sambi dont chacun guette la parole et qui devrait arriver au pays mercredi prochain.

Mahmoud Ibrahime

Elections législatives et des conseillers des Iles. Qui ? Quoi ?

Le Gouverneur Mouigni Baraka

Le Gouverneur Mouigni Baraka

Les résultats officiels des élections du 25 janvier aux Comores ne sont pas encore connus. Cependant, les recoupements faits par les états-majors des candidats et des partis, nous permettent de faire quelques observations.
D’abord, indéniablement le parti Juwa, de création récente, va s’ancrer de manière durable dans le paysage politique du pays. Avec ses élus, qui sont pour le moment loin d’une majorité de congrès à même de modifier la Constitution, l’ex-président Sambi devient le chef de l’opposition à la fois du gouvernement de l’union et des exécutifs des îles. Cependant son rêve de modifier la Constitution par voie de Congrès pour pouvoir se présenter en 2016 en toute légalité semble s’éloigner. Une véritable contrariété qui le poussera certainement à provoquer une crise pour pouvoir être dans son timing, au demeurant, répondant à des impératifs personnels, de 2016. Comment Sambi va-t-il manœuvrer pour tenter d’imposer sa candidature en 2016 ? Il importe à ce stade de surveiller l’évolution de la situation politique à Anjouan où les antagonismes entre Sambi et Nourdine Bourhane et entre ce dernier et Anisse, puis entre Anisse et Sambi vont s’exacerber.
En effet 2016 est crucial pour l’avenir de chacun de ces protagonistes. Sambi, pressé par ses impératifs idéologiques et la découverte des hydrocarbures ne peut pas attendre 2021. Anisse et Nourdine veulent rempiler pour justement pouvoir se préparer tranquillement les primaires de 2021.
Ensuite, parmi ceux qui apparaissent comme les vainqueurs de ces élections, il y a le RDC. Ce parti vert, nouvelle version, a envahi Ngazidja d’est en ouest, du sud au nord sans oublier le centre. Au deuxième tour, le RDC sera présent dans sept circonscriptions sur onze à Ngazidja, avec la probabilité de s’en sortir avec 3 ou 4 députés élus. Ce qui donne des ailes au gouverneur Mouigni Baraka qui se voit à Beit Salam en 2016. D’autan plus que sa victoire semble éclipser le frère ennemi Kiki du parti Orange, celui là même qui disait partout que Mouigni était sa création.
Alors, comment expliquer ce fulgurant « succès » du Gouverneur de Ngazidja ? Comme lors des législatives de 2009, à l’époque de Sambi, le gouverneur n’a pas hésité un seul instant à user, au mépris du cadre légal, des moyens de l’État. En outre le gouverneur, ses deux principaux lieutenants candidats dans le Bambao et le Hambou sont des anciens douaniers, disposant de moyens considérables.
Balayée à Anjouan et à Moheli, la CRC se sent pousser des ailes à la Grande Comore. Quatre de ses candidats vont aller au deuxième tour dont 1 seul en ballottage favorable.
Il est à remarquer que les gagnants sont ceux qui disposent de fonds personnels, ou de fonds de l’État (Mouigni dispose des fonds secrets comme de fonds personnels, Sambi et Azali bénéficient de fonds liés à leur statut d’anciens chefs d’État…).
Selon les projections qu’on peut faire, le Juwa de Sambi devrait s’en sortir avec au maximum 6 élus à l’Assemblée Nationale, le parti du pouvoir de l’Union, l’UPDC 5 élus, le RDC de Mouigni 4 et la CRC d’Azali 1.
Enfin, il semble qu’aucun parti ne réponde aux critères de la loi sur les partis politiques, applicable à partir de 2021. Mais, il serait plus sage d’attendre la fin du processus (2e tour et élections municipales) pour tirer des leçons sur la place des partis sur l’échiquier politique comorien.

Ahmed Ali Bacar

Moroni

Le Rédacteur en chef d’Albilad écrit à la rédaction de mlimengu.com

Le Rédacteur en chef d’Albilad écrit à la rédaction de mlimengu.com

Suite à l’opinion publiée dans le site http://www.mlimegu.com par Aniami Mchangama, responsable du parti RADHI en France, nous avons reçu une curieuse réponse de Ben Moussa Mohamed Arif (al_anrifoubillahi@hotmail.com), membre de la CRC, Rédacteur en chef du journal Albilad, vivant en France depuis au moins un an.

Le Rédacteur en chef écrit à la rédaction de mlimengu.com comme s’il s’agissait d’une réponse au texte d’Aniami Mchangama, mais il pense que « Aniami Mchangama » est un pseudonyme de Houmed Msaidié. Comme son ami Karihila (alias Abou Saoud) a besoin d’un pseudo pour se cacher et dire ce qu’il pense, il croit que tout le monde agit de même.

Il s’adresse donc à Houmed Msaidié, SG du parti RADHI en partant dans tous les sens. Tantôt, il le vouvoie, tantôt il le tutoie. Tantôt il l’insulte, tantôt il le menace. Ainsi, on peut lire : « vous aurez à faire avec l’hebdomadaire Albilad car toutes les munitions, les petites histoires sordides, que nous avons à votre égard Mr Msaidié seront rendus publics et vous serez nus devant le peuple comorien, on vous détruira en mille morceaux, votre château de carte de carrière politique et de Radhi s’écroulera en un clin d’œil.
alors décide toi Mr Houmed Msaidié et je vous rappelle qu’il ne s’agit pas d’une plaisanterie et très certainement vous savez de quoi je suis capable. »

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce monsieur a bien fait de préciser qu’il « ne s’agit pas d’une plaisanterie » car nous avons cru, à un moment, qu’il s’agissait bien d’une blague d’un enfant.

Qu’est-ce qui met dans tous ces états Monsieur Ben Moussa ? On aurait pu croire que c’est la révélation par Aniami Mchangama que la lettre qui a été récemment publiée était le fait de la CRC. Non. C’est juste parce qu’elle dit que le journal Albilad appartient à Karihila (alias Abou Saoud), ce qui est de notoriété publique à Ngazidja. Dès qu’on interroge ceux qui connaissent les médias aux Comores sur le propriétaire, ils répondent : « C’est Karihila » et certains ajoutent même « soutenu par les Wahabites ».

Le parcours de cette fameuse lettre qui devait paraître dans Albilad est riche d’enseignement. Il montre d’une part qu’on ne se précipite pas au sein de la CRC pour assumer des idées. D’autre part, on comprend comment le journal Albilad est utilisé pour répandre des rumeurs et la haine que certains dirigeants du parti d’Azali vouent à Houmed Msaidié, surtout après le lancement de RADHI.

Il apparaît que le 1er juin 2014, Chayhane Saïd Ali, Secrétaire fédéral de la CRC pour Ngazidja, envoie cette lettre par un email à Abou Saoud (le pseudonyme de Karihila) et à Chatur, secrétaire politique avec comme objet : « Article pour Albilad ». Il demande : « Veuillez mettre un nom pour le signataire ». Chatur prend alors l’article et l’envoie à son neveu Ben Moussa Mohamed Arif (le « menaceur » en question), un soutien de Karihila qui vit en France et lui demande : « Article pour albilad mettre un nom ». Ces informations sont parues dans mbeniconnect où la lettre a atterri à  cause d’une erreur de manipulation de Chatur. Mais est-ce que cela le « menaceur » le sait ? Comment expliquer qu’un texte qui doit paraitre dans un journal dont le Rédacteur en Chef affirme qu’il est libre passe par trois dirigeants de la CRC (le secrétaire général de la CRC,, le secrétaire fédéral pour Ngazidja et le secrétaire politique) avannt d’aboutir au fameux rédacteur en chef -menaceur ?

Interrogé par notre rédaction sur les menaces de Ben Moussa, l’ancien ministre Houmed Msaïdié nous a répondu : « Chiche ! J’attends qu’il mette en exécution ses menaces ! »

L’auteur de l’opinion parue dans Mlimengu (https://mlimengu.com/2014/06/04/la-crc-dazali-continue-dans-les-mensonges-et-le-denigrement/), Aniami Mchangama a tenu à faire cette déclaration :

 » Pour un rédacteur en chef d’un journal, le manque de curiosité est révélateur d’un professionnalisme défaillant. Pourtant il aurait suffit  de suivre un peu ce qui se passe sur les blogs …
Mais non, votre obsession névrotique sur Msaidié vous fait perdre la raison, à tel point que même une réalité aussi evidente vous échappe. Sérieusement, un journaliste prétendu chevronné qui suit au doigt et à l’oeil « son ennemi » juré en politique, comment a-t-il pu passer à côté d’un interview  accordé à Mlimengu ? Faut-il comprendre que vos menaces ne sont qu’affabulation, pure produit d’un esprit rongé par la haine ?
Quel crédit accorder à vos menaces si vous voyez la plume de Msaidié dans toute déclaration y compris la mienne ?
Je tiens quand même à vous informer que je serai toujours présente à chaque fois que c’est nécessaire.
Aniami Mchangama »

Quant à la rédaction de Mlimengu, nous sommes encore à nous demander quel genre de journal est Albilad, quand ce journal peut se permettre de menacer un citoyen de se servir de ses colonnes pour détruire son parti et sa carrière ? Et en plus de cela croire un instant qu’un ancien Ministre pouvait accepter de telles menaces. Les dirigeants de la CRC nous conduisent vers de nouvelles moeurs, on imagine ce qu’ils feraient s’ils pouvaient en 2016 contrôler Alwatwan et l’ORTC…

La Rédaction de Mlimengu

 

 

La CRC d’Azali continue dans les mensonges et le dénigrement

 La CRC d’Azali continue dans les mensonges et le dénigrement

Aniami Mchangama

Aniami Mchangama

Dans une lettre destinée à être publiée dans le journal Albilad, une missive que même le Secrétaire Général Karihila, sous le pseudo de Abou Saoud, n’a pas osé assumer la paternité publiquement, renvoyant la charge à leur « comité de soutien » en France, la CRC abaisse la politique au niveau des rumeurs de caniveau.

C’est un vent de panique, une peur bleue qui secoue les hommes de la CRC après l’impressionnante mobilisation et le succès populaire du lancement du parti RADHI, lors de l’Assemblée Générale constitutive, le 24 mai dernier au foyer des femmes de Moroni.

À se demander si la CRC mesure les enjeux actuels pour notre pays. Les Azalistes préfèrent occuper le terrain coté cour… de récréation. Calomnies, injures et désinformations deviennent leur projet de société. Et bien sûr, leur cible n’est autre que le SG du parti RADHI : Houmed Msaïdié.

« Il était une fois un menteur » écrivent-ils. Ils n’ont pas encore conscience de la gravité de la situation dans laquelle se trouve notre pays, et préfère s’amuser. Oui, nous comprenons que chacun à ses fantasmes, mais pitié ! l’heure n’est pas aux enfantillages.

Ils reprochent au SG de RADHI d’avoir affirmé « que Moussa Toybou est désormais un des leurs et son parti la SNDD a fusionné avec d’autres formations politiques pour constituer le RADHI ». Les dirigeants de la CRC ont-ils perdu la vue ? ne lisent-ils pas les médias ? Le parti SNDD était représenté dans l’AG constitutive du parti RADHI par son secrétaire Général, Abidhar Abdallah, qui a été élu président du parti RADHI. Houmed Msaidié n’a donc rien affirmé, tous ceux qui étaient présents à cette AG ont pu voir Abidhar Abdallah. Mais ce n’est pas tout, quelques semaines auparavant, tous ceux qui lisent les médias, et qui ne se contentent pas des ragots des amis de Karihila dans Albilad, ont appris que les dirigeants du RADHI ont fait aboutir les négociations avec Moussa Toybou et le parti SNDD.

 

Pour information, les négociations entre Houmed Msaidié et Moussa Toybou ont débuté il y a quelques mois à Ngazidja et se sont poursuivies à Mutsamudu où Houmed Msaidié, Kamar Ezamane, Abidhar Abdallah et Moussa Toybou se sont retrouvés le 25 avril 2014.

Le 26 avril, une Assemblée Générale du parti SNDD s’est tenue dans la salle de conférence de l’hôtel Al-Amal où une cinquantaine de responsables du parti SNDD se sont prononcés pour la fusion avec le parti RADHI. Moussa Toybou a approuvé cette décision et pendant une conférence de presse le 28 avril à Anjouan, Houmed Msaidié et Kamar Ezamane ont annoncé la fusion des mouvements. La suite vous la connaissez puisque Abidhar Abdallah, non seulement a assisté à l’AG constitutive de RADHI, mais, il en est même devenu le président.

 

Mais puisqu’il faut rétablir la vérité et dénoncer la manipulation des dirigeants de la CRC, nous tenons, là aussi, à rappeler quelques autres faits : « kweli ze hidja ndrabo wudjitenga ».

Tous ceux qui ont participé à l’AG constitutive de RADHI savent que Houmed Msaidié n’a jamais évoqué des ralliements individuels et surtout pas celui de Maoulana Charif.

S’agissant du député Chabouane, c’est lui-même qui est allé voir Msaidié, chez lui, pour lui annoncer son ralliement à l’initiative RADHI. Si maintenant, il veut faire du rétropédalage c’est son droit et ça ne regarde que lui.

Quant à Fakri Mradabi, si les hommes de la CRC avaient pris la peine de se renseigner, ils auraient appris qu’il était en voyage hors du pays, cela leur aurait évité de faire des supputations et de se ridiculiser. Mais, celui-ci était bien représenté dans cette AG, et son représentant a bien confirmé qu’il faisait partie du RADHI.

Mais, pour parler politique, la CRC n’a-t-elle pour unique programme que le devenir de « ses ex » ? Dans la vie réelle, après un divorce, chaque partie se reconstruit pour le bien des foyers.

Nous autres, nous vous donnons rendez-vous aux carrefours des idées.

 

Aniami Mchangama

2008 : L’accord secret entre le président Sambi et le colonel Azali

2008 : L’accord secret entre le président Sambi et le colonel Azali

 

Le 8 juillet 2008, j’écrivais dans mon ancien blog « MiB*Extras et Caetera » un billet intitulé « De la couardise en politique ». Je parlais de l’opération « mains propres » menée par le Ministre de la Justice du président Sambi depuis le début de l’année 2007 et qui s’était soldée par un échec cinglant en 2008, principalement parce qu’elle n’avait comme objectif que de museler l’opposition et flatter les instincts les plus primaires. Mal préparée, bâclée, l’opération avait abouti à la libération de tous les collaborateurs du colonel Azali dont le président Sambi voulait se débarrasser.

J’écrivais dans ce billet de 2008 :  »

Tous les condamnés firent appel. Ils attendirent près de six mois avant de se retrouver devant un nouveau juge. Celui-ci ne pouvait que dire l’évidence : les dossiers avaient été bâclés ! Tout le monde retrouve ou retrouvera dans quelques jours la liberté. Aux uns on a fait bénéficier un « vice de procédure », aux autres on a fait en sorte que le nombre de mois passés en prison correspondent à leurs nouvelles condamnations.

Et l’opération « mains propres » dans tout cela ? Il y a belle lurette qu’elle est terminée. Elle risque même de se retourner contre ses propres protagonistes à la fin du régime Sambi, puisque même l’avocate de l’Etat dans cette affaire a révélé à la presse, en compagnie du Vice Président, lorsqu’elle était en dispute avec le Ministre Mourad Saïd Ibrahim, que les pratiques pour lesquelles ils ont condamné certains hommes politiques étaient toujours en vigueur (…)

Ce qui m’a le plus frappé dans cette affaire, en plus de la fuite de certains responsables politiques, c’est le silence du principal responsable. Il semble que quelqu’un (le ministre ? le président ? tous deux s’en défendraient et laisseraient un lampiste assumer leurs décisions) ait décidé qu’il ne fallait jamais mettre en cause l’ancien président, le colonel Azali Assoumani. Et celui-ci, virtuellement président du parti Convention Républicaine des Comores (CRC) dont les deux secrétaires généraux se trouvaient en prison, n’a eu rien à dire. Ni aux juges, ni aux médias. Aucune manifestation de ce parti pour dénoncer les irrégularités que chacun pouvait noter. Il était invité, comme tout notable, aux places d’honneurs dans les diverses manifestations organisées par le nouveau pouvoir. Il était neutre. Ni pour ni contre ses anciens collaborateurs. Il ne fallait pas se faire remarquer. »

photo publié par les partisans de Sambi sur facebook (Sultan Seyid)

photo publié par les partisans de Sambi sur facebook (Sultan Seyid)

Jusqu’à aujourd’hui, le silence du colonel Azali Assoumani était resté un mystère pour bon nombre d’observateurs de la vie politique comorienne. Et l’on ne pouvait l’expliquer qu’en pensant à l’attitude que celui-ci avait eu face au coup d’État de 1995, en allant se réfugier dans l’Ambassade du pays où étaient originaires les mercenaires qui attaquaient son pays, en laissant sur le terrain ses principaux lieutenants dont certains ont été grièvement blessés.

Un des plus fervents partisans du colonel Azali avait tenté une explication qui n’avait convaincu personne. Il expliquait il y a quelques mois sur facebook que le silence du colonel était une stratégie politique, en quelque sorte se taire pour mieux revenir en politique.

Et voilà qu’au lendemain du Congrès de la CRC, au cours duquel le président Sambi fut malmené par le colonel Azali, un partisan du Parti Juwa dans la région du Washili, un certain Ahmed Mohamed publie une « Lettre ouverte au colonel putschiste Azali Assoumani ».

L’énigme est enfin résolu. On sait pourquoi le colonel Azali est resté silencieux pendant tout le régime du président Sambi et pourquoi il n’a jamais eu un seul mot de soutien pour ses collaborateurs qui se sont parfois sacrifiés en ne prononçant jamais son nom devant les juges. En effet, Ahmed Mohamed explique :

 » Je me rappellerais toujours de ce dimanche d’avril 2007, où vous vous êtes rendu personnellement à Beit-Salam, rencontrer discrètement le président Sambi pour négocier votre sort. A bord d’une Peugeot 306 d’un de vos collaborateurs proches, vous avez débarqué au bureau de Sambi, les larmes aux yeux, tremblant comme un collégien puni par son professeur le premier jour de sa rentrée scolaire en classe de 6ème. Vous avez signé le pacte de la honte vous interdisant de critiquer Sambi tout au long de son mandat et pire, vous avez lâché vos collaborateurs auxquels vous ont servi pendant votre mandat, en fermant les yeux, et les laisser moisir en prison. Savez-vous mon colonel ce que Sambi a pensé lorsqu’il vous a vu débarquer dans son bureau ? Il a pensé que vous êtes venu pour négocier la libération des vôtres et non négocier seulement votre protection. »

Ainsi, on comprend que par un pacte avec son adversaire politique, il a pu sauver sa peau, tout en sacrifiant ses amis et collaborateurs. Ce récit est en tout point à l’image du colonel Azali tel que nous le connaissons. Il confirme l’homme.

Mahmoud Ibrahime