CRC

Houmed Msaïdié : le mouvement prend forme

 

Houmed Msaïdié : le mouvement prend forme

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Houmed Msaïdié, ancien Ministre

Du vendredi 25 avril au lundi 28, les anciens Ministres Houmed Msaïdié et Kamar-Ezzamane étaient à Anjouan pour rencontrer des responsables politiques en vue de former un large mouvement national. Le succès de cette première étape est l’annonce de la concrétisation de l’accord avec l’ancien gouverneur de l’île, Moussa Toybou qui a décidé d’en faire partie.

L’ancien Secrétaire Général de la CRC, qui a été délogé à ce poste par un putsch organisé par les partisans du colonel Azali, a décidé de ne plus perdre son temps dans des procédures judiciaires et de se lancer dans une nouvelle dynamique avec ses amis.

La visite dans l’île d’Anjouan a permis aux deux anciens ministres de faire des rencontres dans des diverses régions pour ouvrir des perspectives. Ainsi, après la rencontre avec les délégués du SNND, le Secrétaire Général de ce parti, Abidhar Abdallah a organisé une réception de Msaïdié et Kamar Ezzamane dans son village natal, Vouani.

Les deux hommes ont également visité Domoni et Mirontsy pour amorcer des liens qui seront exploités dans quelques jours quand ils reviendront dans l’île.

L’Assemblée Générale du nouveau mouvement devrait se tenir à Anjouan le 24 mai. En attendant Msaidié et Kamar Ezzamane préparent un voyage à Mohéli où ils devraient également rencontrer des leaders politiques qui devraient intégrer la nouvelle formation.

Lors d’une conférence de presse le 19 avril dernier à Moroni, Houmed Msaidié confiait aux journalistes que l’objectif n’était pas d’ajouter un nouveau parti sur la scène politique comorienne mais de mettre en place un mouvement capable de faire des propositions concrètes pour faire face aux problèmes actuels des Comoriens.

Pour le moment le nouveau parti devrait se tourner complètement vers les élections législatives pour essayer de les remporter en mettant en place des alliances avec d’autres mouvements.

Avant de quitter Anjouan les deux anciens ministres ont tenu à aller se rendre compte eux-mêmes de ce qui s’est passé dans le village de Mahale.

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Rencontre avec les délégués du parti de Moussa Toybou à l’hôtel Al-Amal

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Rencontre avec les habitants de Vouani.

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Rencontre avec les habitants de Vouani

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Rencontre avec les habitants de Vouani

 

Mahmoud Ibrahime

LA PATRIMONIALISATION DES PARTIS POLITIQUES

LA PATRIMONIALISATION DES PARTIS POLITIQUES*

A l’heure où les partis politiques vont se réunir en conclave en vue d’un « Consensus Historique » sur les sujets d’intérêts nationaux, l’on s’interroge sur le devenir des partis politiques dans notre pays.

Crise des partis

AbouMoussa

Dr Abdou Moussa, juriste et Enseignant à l’UDC

Le parti politique, traditionnellement défini comme une « réunion d’hommes qui professent la même doctrine politique », a perdu sa vigueur au niveau national. Sur le plan institutionnel, les partis politiques nationaux ne s’emploient guère à l’organisation de la démocratie, en dépit des dispositions de l’article 6 de la constitution qui prévoient que les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage, ainsi qu’à la formation civique et politique du peuple. Autant parler sans ambages : il y a belle lurette que les partis politiques nationaux ne véhiculent aucune idéologie, ni politique, ni économique, ni philosophique, ni religieuse. Ils n’exercent guère leur mission d’éducation civique, politique et idéologique pour les citoyens et les générations futures. Avec l’avènement du pluralisme et l’euphorie démocratique des années 1990, l’on assistera à la prolifération effrénée des partis politiques « nucléaires ». Et avec l’institutionnalisation de la présidence tournante, les partis traversent une crise sans précédent avec les défections, les scissions, ainsi que l’éclosion des partis insulaires, régionaux, voire villageois.

La figure du père tutélaire

Pire, le parti politique comorien parait de plus en plus comme un groupement autour d’un homme, et non comme un groupe d’hommes partageant un idéal commun et des objectifs similaires et qui s’allient pour promouvoir un programme commun. Le parti est conçu comme la chose d’une personne, la chose du leader-fondateur. C’est comme si c’était la propriété du président-fondateur et celui-ci a tendance à l’administrer comme il gère ses biens patrimoniaux et familiaux. Il se personnifie au parti et place tous les autres, cadres et adhérents, sous sa tutelle. Quiconque tentera de s’affranchir de l’ombre du père tutélaire, d’émerger, de se positionner et de constituer une alternative, ou d’incarner l’alternance de cette dictature de fait, connaitra ses foudres. Il sera banni du parti et crucifié. Le leader-fondateur mourra sur le trône et le parti avec lui. Le credo c’est « soit c’est moi, soit c’est le néant ». Malheur aux ambitieux qui chercheraient à incarner la relève du père tutélaire. L’histoire politique récente le témoigne, et ce n’est pas la crise qui mine actuellement le parti CRC qui nous démentira.

Consensus historique

Ce phénomène de patrimonialisation connait son paroxysme avec la « monarchisation »des partis politiques par la nouvelle génération des leaders qui régentent leurs partis sans partage, de telle sorte qu’on confond la désignation du parti et leur propre nom. Que puisse ce « consensus historique » aboutir à des convergences de vue devant favoriser l’émergence d’un fort et véritable mouvement politique réunissant des personnalités politiques nationales, et à la tête duquel ces personnalités daigneront placer le meilleur d’entre eux. Un parti débarrassé de la figure du père tutélaire qui plane partout et qui constituera une vraie école pour le peuple et les générations futures.

Abdou elwahab Msa Bacar

*Article publié au quotidien Al-Fajr N° 92 du jeudi 10 avril 2014