décès

Zoubert Adinani est décédé

Zoubert Adinani est décédé

Zoubert Adinani (photo©Mayotte 1ere)

Zoubert Adinani (photo©Mayotte 1ere)

Après l’enterrement en avril dernier de Zena Meresse, avec Zoubert Adinane, c’est une autre grande figure de l’histoire comorienne en général et de l’histoire de Mayotte en particulier, qui a disparu ce 21 juillet 2014, à la Réunion, des suites d’une longue maladie. Il a été de ceux qui se sont opposés à l’indépendance comorienne et ont lutté avec le Mouvement Populaire Mahorais (MPM) pour le rattachement de Mayotte à la France.

Zoubert Adinani était à la fois huissier, homme politique et dignitaire religieux. Il était né en juin 1939 à Tsingoni. Son père, le shayh Adinani dont les ancêtres venaient d’Anjouan, était cadi et paysan.

Le fils avait suivi la voie du père et était devenu huissier de justice. En 1962, le pouvoir local l’affecte à Anjouan et l’année suivante, il rejoint le MPM, contre le gouvernement de Saïd Mohamed Cheikh et pour s’opposer à une indépendance comorienne qui paraissait inéluctable.

Il a été élu pour la première fois à la Chambre des Députés des Comores en août 1967 sur la liste du MPM, en compagnie de Marcel Henry, Younoussa Bamana et Abdallah Houmadi. Il sera régulièrement réélu (en 1971 et en décembre 1972) jusqu’à l’indépendance des Comores. Comme les autres élus de Mayotte, il sera absent de la Chambre des Députés le 6 juillet 1975, lors de la proclamation unilatérale d’indépendance.

En 1977, il est élu Maire de Tsingoni, poste qu’il occupa jusqu’en 1995. Après l’explosion du MPM, il devient le président du Mouvement Départementaliste Mahorais (MDM) qui se rapproche du Nouveau Centre en France. 

Exerçant son pouvoir de notable, c’est lui qui après les élections de 2008, sans être élu, négocie avec tous les partis présents au Conseil Général de Mayotte et trouve une majorité (la fameuse majorité « macédoine » allant du PS à l’UMP) à Ahamed Attoumani Douchina (UMP), majorité qui tint, au détriment du PS, jusqu’en 2011.

C’est pendant cette période qu’il fut désigné président du Conseil Régional du Culte Musulman. Mais, candidat aux sénatoriales de septembre 2004, il n’obtint que 16 voix (4,75% des suffrages).

C’est donc un homme qui reflète l’histoire récente des Comores qui est parti hier vers sa dernière demeure.

Mahmoud Ibrahime

Les funérailles de l’historien Sudel FUMA

Les funérailles de l’historien Sudel FUMA

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Sudel Fuma après la soutenance de thèse d’Ibouroi Ali Toibibou (le 2e, à partir de la gauche, en chemise blanche).

Les funérailles officielles de l’historien Sudel Fuma ont eu lieu aujourd’hui, 17 juillet 2014 à Saint Denis (la Réunion), dans le quartier de « COMMUNE-PRIMA » de 11h à 14h, heure locale.

De nombreuses personnalités et amis y ont participé pour lui rendre un dernier hommage et présentér leurs condoléances à la famille du défunt. Des autorités politiques, des chercheurs, des cadres et administrateurs d’une part ont montré leur compassion envers cette personnalité sympathique, souriante, humble, d’une humeur rayonnante…. D’autre part des amis, des artistes, des étudiants et associations ont eu l’amabilité d’y assister pour partager la tristesse de sa famille.

Les médias réunionnais n’ont pas manquée de faire redécouvrir ce chercheur en diffusant les témoignages d’intervenants qui mettaient en avant sa carrière et sa personnalité. Il est une « lune qui ne s’éteint jamais » martèle l’une des personnes présentes à cette cérémonie d’adieu. « Son sourire est toujours là, je le vois », dit une autre, ajoutant : « Sudel, tu n’es pas parti, tu es parti en voyage au paradis ». « Ce Grand Homme, ce Grand Créole », ce chercheur infatigable et historien de rang magistral a reçu de nombreux saluts, en parallèle aux adieux de sa famille et de ses amis, plus particulièrement ceux des autorités, des universités et universitaires, de la communauté des historiens de Madagascar qui ont consacré un article spécial pour lui dans un journal malgache L’express n°14105.

L’Association des étudiants comoriens à la Réunion (ACER) a pris part à ces funérailles pour présenter les sincères condoléances les plus attristées à la famille du défunt, à l’Université et à la communauté scientifique.

Des chants, des poèmes, des anecdotes humours et narrations se sont succédés pour raviver la mémoire de Sudel FUMA. C’est dans ce contexte qu’Ismael Aboudou d’origine comorienne, un des candidats malheureux des dernières élections municipales du Nord présenta avec ferveur un texte humoristique qui n’avait d’autre point à retenir que la valorisation de la recherche historique entreprise par le regretté chercheur. A la fin de cette tradition festive, le cercueil a été amené par ses proches au Sud de l’île pour y reposer en paix.  

Qui était Sudel Fuma ?

Né à Saint Pierre (à l’île de la Réunion) en 1952, il est décédé au large du port (Réunion) le 12/07/ 2014. Il était historien spécialiste de la Réunion et ses recherches s’élargissent à l’Océan Indien.

Il a travaillé beaucoup sur l’histoire de l’esclavage. Parmi ses publications on distingue :

– Esclaves et citoyens, le destin de 62 000 Réunionnais : Histoire de l’insertion des affranchis de 1848 dans la société réunionnaise », 1982.

– Réflexions sur quelques aspects du racisme dans la société coloniale réunionnaise au XIXe siècle », 1983. « Sport et départementalisation » : 1946-1970, 1996.

– Un exemple d’impérialisme économique dans une colonie française au XIXe siècle : L’Île de La Réunion et la société du Crédit Foncier Colonial, Éditions L’Harmattan et l’Université de La Réunion, 2003… ainsi que nombreux articles.

-Il a aussi été un homme politique, un militant engagé et élu de gauche. Il était un militant des Droits de l’Homme

Sportif, il a représenté la Réunion dans les Jeux des îles de l’Océan Indien en tant que athlète en 1979 aux 800 et 3 000 mètres. Puis il était devenu président de la Ligue réunionnaise d’athlétisme.

Il était à l’origine de la renaissance du Morring à la Réunion.

Les fouilles archéologiques effectuées sur l’île lui ont permis de créer une association des archéologues à la Réunion. Il était membre de l’AIHOI (l’Association internationale pour l’histoire de l’océan indien).

Amir MOHAMED