Dr Anliane

« Après deux semaines de fonctionnement, nous venons d’ouvrir le service de pédiatrie, le service de néonatologie et le service de réanimation ».

L’hôpital de l’amitié Comores-Chine de Bambao Mtsanga à Anjouan a été inauguré le mois de mai dernier. Le lancement des services a été fait le 11 août. Pour en savoir plus sur le fonctionnement de cette nouvelle institution sanitaire, Mlimengu est allé à la rencontre de son directeur, le Dr Anliane Ahmed. Interview.

 

3172048841_1_3_b4Aj8j6D

Dr Anilane AHMED, Directeur de l’hôpital de Bambao Mtsanga

 

 

Mlimengu : quels sont les services qui sont assurés au sein de cet hôpital ?

Dr Anliane AHMED : Depuis le lancement technique de l’hôpital de l’amitié Comores – Chine, nous avons procédé à une ouverture progressive des services. On s’était fixé une phase de début avec 7 services notamment : l’imagerie médicale (scan, radio numérique et échographie), le laboratoire, la pharmacie hospitalière, les urgences, l’ophtalmologie, la stomatologie, les consultations spécialisées (cardiologie, neurologie, chirurgie infertile et générale). Après deux semaines de fonctionnement, nous venons d’entamer la phase 2 du programme et nous venons d’ouvrir le service de pédiatrie et de néonatologie, le service de réanimation. Je tiens à souligner que chaque service est patronné par un spécialiste et assisté par un médecin généraliste au moins.

 

M.L : lors de votre prise de fonction, votre allocution a laissé comprendre que vous voulez luttez contre l’immigration sanitaire. L’hôpital possède-t-il les outils indispensables ainsi que les médecins qualifiés pour répondre aux besoins des patients pour ne pas partir à l’étranger ?

A.A : Certes, la plupart des gens qui s’aventurent vers l’île sœur de Mayotte le font pour des raisons de santé. Car ils n’ont pas beaucoup confiance à notre système de santé vu le manque d’outil de diagnostic sophistiqué et aussi de personnels qualifiés. Actuellement, nous venons d’avoir l’outil de diagnostic. Nous possédons des outils techniques de dernière génération. Évidement nous avons encore des insuffisances en ressources humaines qualifiées. Nous espérons que des partenaires peuvent nous appuyer, et en formation technique, et en maintenance des ces outils.

M.L : la ministre de la santé dans son discours, a souligné que « l’accueil des patients doit être pris au sérieux ». Nul n’ignore que dans l’hôpital national, l’accueil des patients a toujours posé problème et que les médecins ne sont pas assidus et ne respectent pas les horaires de travail. Quelle stratégie adopterez-vous pour que ce fléau n’atteigne pas cette nouvelle institution sanitaire ?

A.A : L’aspect environnemental est très acceptable. Le plateau technique est très sophistiqué. Il pourra déjà servir d’élément de base pour l’accueil. L’accueil humain reste à améliorer, d’où la mise en place des formations dans ce domaine technique et administratif.

 

M.L : le président de la République a confirmé que l’État va subventionner l’hôpital pour une période limitée. Car, selon lui, à un moment donné « l’hôpital doit se prendre en charge lui-même ». Comment comptez-vous vous y prendre pour bien faire fonctionner l’hôpital sans la subvention de l’État ?

A.A: Évidement comme tout établissement public, il doit toujours être accompagné au début et se prendre en charge au fur et à mesure. Les actes, les consultations, les interventions chirurgicales, les hospitalisations, le laboratoire ainsi que la pharmacie ne sont pas gratuits. Ils ne seront peut être pas trop chers comme dans les structures privées.

M.L : les personnels seront-ils payés par l’hôpital en question ou par l’État ?

A.A : Deux statuts sont possibles : fonctionnaires et contractuels de l’hôpital.

 

Propos recueillis par Natidja HAMIDOU