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Ghizza de Faïza Soulé. Une quête intimiste

Livre

Ghizza de Faïza Soulé. Une quête intimiste

 

Couv_ghizza1Ghizza est un roman aux accents de journal intime. Il débute sur un compte à rebours devant aboutir à la réappropriation d’une identité perdue, au sens propre comme au sens figuré. Il met en scène les divagations de l’âme d’une narratrice exclusivement absente de sa propre existence et pourtant ou par conséquent, totalement pleine dans sa tête où ses idées bourdonnent sans cesse. Elle broie du noir.

A travers une plume logorrhéique, Faïza Soulé Youssouf retrace le soliloque d’une narratrice qui se débat, dans sa tête, contre les fantômes d’une histoire personnelle à écrire.

Le récit de cette jeune femme se nommant elle-même « La sans-nom » entraîne le lecteur dans une intimité faite d’interrogations, de sensations, de perceptions et d’angoisses. Au fil des pages, il suit la quête identitaire de cette narratrice qui, happée par une amnésie passagère, demeure une âme en peine, aussi errante et paradoxalement figée que les morts qu’elle visite sans cesse dans les cimetières.

L’intimité d’une voix

Dans cette traversée du néant, l’auteure propose une autre façon de décrire en contexte comorien francophone. En effet, cette plongée dans les tréfonds des doutes d’une narratrice qui prend pleinement possession de sa narration mène à la rencontre de personnages plastiques cloisonnés dans une posture ou une autre, renouvelant les ambivalences des êtres. Et par des effets de miroirs opposés, l’auteure nous offre une scène de désamour ultime, brillamment orchestrée en déroulant sous nos yeux, l’un des face à face les plus remarquables et les plus violents entre une mère et sa fille.

Besoin de se dire sans se dévoiler, conserver le mystère et la féminité comme duo indissociable, la trame de cette apparente semi-fiction questionne le lecteur, mais davantage la narratrice elle-même. En effet, dans sa quête vers une harmonisation de ses deux mondes, la voix « sans nom », construit une trajectoire qui la mène à sa propre rencontre. Pour le lecteur, le mystère de la nuit est maintenu, celui du personnage aussi. Il n’a nulle place dans l’intimité de cette voix, encore moins dans sa vie. Or Ghizza propose un cheminement dans l’intimité fragile d’une narratrice qui se sent étouffée. Le roman ne raconte pas une histoire. Il ne s’agit pas du récit d’une vie, ni des réalités d’un personnage, mais bien d’une intrusion, d’une immersion dans les perceptions et les sentiments d’une voix, monocorde et souvent discordante.

 

Une réappropriation du corps

Le lecteur n’apprendra rien de plus, rien de moins que les pérégrinations mentales d’une voix qui file le long des pages sans se soucier de qui elle charrie sur son passage. L’œuvre se profile ainsi en une sorte de « déclamation instinctive » (Ntsindami Sadani, « Youhou les poètes » in Nouvelles écritures comoriennes, Komédit) d’une liberté à disputer. A qui ? A conquérir, comment ? Au lecteur de se faire son idée. Une chose est claire, cette liberté de l’être passe en premier lieu, selon cette voix « sans nom », par la réappropriation du corps. Conquérir son corps par la certitude de la toute possession, c’est conquérir la coque dans laquelle la voix pourra se poser et former le tout manquant à cette narratrice de pensées. Ainsi, celle-ci emprunte un topos féminin de la quête du sens par la quête du soi : s’offrir à un inconnu pour se réapproprier son propre corps. Maintes jeunes femmes ont hurlé face à l’impossibilité de vivre pleinement un amour interdit « Si je ne peux m’unir à toi, alors je t’offre mon corps et ce que j’ai de plus précieux, cet hymen tant convoité », ou encore face à la certitude du mariage forcé « Je donnerai mon corps au premier venu, mon corps m’appartient ». A ce sujet, cette voix ne fait pas figure d’exception. Au contraire, elle met à exécution un projet qui souvent, reste à l’état d’expression de la colère. Ici, la narratrice conditionne chaque fait à la réalisation de cet acte de dépucelage à venir. Il sonne même le début de sa quête. Après s’être offerte sur la plage, nul interdit ne peut plus être transgressé. Car cet acte se veut l’apothéose de la scène érotique tant racontée par d’autres auteures comme Zoé Valdès dans Le néant quotidien (Actes Sud) ou mieux encore et sans équivoque par Françoise Rey, La femme de papier (. Les femmes permettent d’accéder à la description du plaisir charnel à l’état brut. Cependant cette entrée en matière de Faïza Soulé Youssouf ne nivelle pas  le plaisir ce qui rompt la sensualité recherchée. Le raccord de ces deux corps, deux inconnus, deux sexes qui se touchent, deux langues qui se cherchent et la communion fortuite de tout cet ensemble laisse quelque peu dubitatif. Scène réelle ou fantasme, ce coït-dépucelage au bord de la mer, sur une plage déserte, sous le soleil couchant, avec un Apollon aux gestes si précis qu’ils provoquent l’orgasme, a toutes les allures d’un cliché carte postale, sorti d’un film.

 

L’écriture du « Je »

Cette écriture du monologue intérieur plait ou non. Pour les amateurs de récit, d’histoires et de péripéties, la lecture de Ghizza pourra laisser sur leur faim, l’estomac, et même l’esprit. En effet, la grande question est « Dans quel intérêt ? » Pourquoi ce monologue et quel était le but ? Aux plus partisans d’un art ou d’une littérature qui a du sens, refermez le livre et passer votre chemin. Nous recherchons une universalité dans les mots et espérons rencontrer, au détour d’une œuvre, des personnages qui nous parlent car ils nous ressemblent. Ce n’est pas le cas ici, loin s’en faut. Et cette voix qui soliloque répondrait comme elle le fait si bien « Je n’en n’ai cure ». Et il est vrai qu’elle n’en a cure car si universalité du sens il y a, ou bien si texte il y a, ce n’est que dans la conception individuelle de l’écriture en tant que thérapie. Par le récit de soi, Nathalie Sarraute le disait très bien « Tu veux évoquer tes souvenirs. » (Enfance, Gallimard) ; Rousseau l’écrivait «  Je fais une œuvre qui n’eut jamais d’exemple… » (Les confessions) car l’écriture du « je » est une thérapie unique et individuelle. L’écriture permet de guérir et si cette voix ne s’arrête pas sur l’opinion du lecteur, c’est qu’à travers son soliloque lancinant par ses retours frénétiques, elle procède à sa propre cure.

Et en ce sens, le texte marque une certaine nouveauté dans l’espace littéraire comorien. En effet, la plupart des œuvres constituant la littérature comorienne d’expression française mettent une pointe d’honneur à construire un cadre, à affirmer et revendiquer le lieu source. Celui-ci est généralement, l’archipel des Comores. Ici, pas de décor, pas de description mais un étiquetage : une chambre, une maison, une bonne, un homme riche de quinze ans son aîné conduisant une petite voiture bleue. Pas de contexte : un lieu identifié par touches, sans nom lui aussi « Je vois aussi des petits en haillons, le ventre ballonné, mais qui s’amusent malgré tout » (p.126), une île, une medina, des cimetières. Le tout s’apparenterait à Moroni, capitale où vit l’auteure. Mais alors, il s’agirait d’une Moroni camouflée sous de multiples voiles afin de pouvoir être niée si découverte. Deux sociétés se fondent dans l’imaginaire de cette voix sans nom.

 

Une quête inachevée

Pour ma part, en tant que lectrice, si cette œuvre n’a pas honoré mon horizon d’attente, elle a du moins éveiller ma curiosité littéraire en questionnant le genre, le style et l’effet.

Comme dans la majorité des œuvres de la littérature comorienne francophone, la quête reste inachevée. Malgré toutes ses aspirations, toutes ses revendications et tous ses sursauts, la narratrice ne parvient à se réaliser qu’en surface. Elle courait après son identité, cherchait à renouer avec une histoire voilée ; elle ne trouve qu’un prénom qui l’enferme davantage dans une histoire conditionnée. Et pour exister par elle-même, ne lui reste que la nécessité de tirer un trait sur son passé par un adieu définitif à celui qu’elle prenait pour son père. Or son courage n’ira pas plus loin, elle se contentera de vouloir faire sans faire. En témoigne la chute qui laisse perplexe et rend caduque sa tentative de libération. Si la voix réussit à trouver un corps en retrouvant un nom, si la quête du sens lui a permis d’aboutir à la quête de soi, par la libération d’un « moi » prisonnier d’une histoire ne lui appartenant pas, nous restons sur notre faim quant à la touche finale. Comme une clôture se voulant éclatante, la narratrice dit son départ et précise qu’elle empruntera pour cela le boutre de celui qui n’était finalement pas son père. Pire encore, les derniers mots devant sceller sa rupture et annoncer sa liberté retrouvée ne sont pas écrits par elle mais par ce personnage sans grande consistance non plus qu’est Jacob, si tant est que celui-ci le fasse. Ainsi, la rupture et donc la fin renvoie au début, une voix sans nom qui cherche à se libérer d’un corps étranger, un corps qu’elle ne s’approprie que dans la solitude de sa nudité, sur un lit, au milieu d’une chambre.

Thoueybat Djoumbe

Pour commander le livre chez l’éditeur : http://www.editions-coelacanthe.com/PBSCCatalog.asp?ItmID=18758570

 

Livre. Zaïd Omar nous offre une histoire d’amour sur fond d’enquête judiciaire

 TMP_ZOmar_couv_fin.pdfTrois ans après la publication d’Une victime criminelle aux chez Edilivre, Zaïd Omar revient avec un nouveau roman Tu as volé mon cœur qui est paru ce mois-ci de éditions Coelacanthe. Dans ce livre, il est question d’amour, de jalousie, de trahisons, de la société, de la tradition, de la procédure judiciaire et de la politique. L’auteur mêle tous ces domaines pour faire un récit d’une centaine de pages dans lequel le lecteur est plongé tantôt dans une fiction, tantôt dans une réalité de la vie quotidienne aux Comores.

Dr Djazba, personnage principal du livre, chirurgien de l’hôpital national de Moroni est accusé d’avoir empoisonné son ex-épouse Tsintunde. Toutes les preuves sont contre lui et il se voit incarcéré à la prison de Moroni malgré le fait qu’il ait nié devant le juge ce dont-on l’accuse. Les preuves à l’encontre de l’accusé suffisent-elles pour que celui-ci soit reconnu coupable ? y-a-t-il eu une erreur judiciaire ? C’est ce que l’auteur, avocat au barreau de Moroni, fera découvrir à ses lecteurs à travers la procédure judiciaire.

Ce médecin était considéré comme un individu « à part entière » puisqu’il a refusé de réaliser le grand mariage, ce qui lui valut toutes les critiques de son ancienne belle-famille. La tradition et les coutumes de son pays ne le préoccupaient pas. Djazba avait divorcé avec la mère de sa fille et vivait une relation amoureuse avec Nathalie, une jeune femme qu’il avait rencontrée avant son mariage avec Tsintunde. Passionné de politique, le chirurgien voulait se présenter aux élections des gouverneurs des îles et les sondages étaient en sa faveur.

Ne comprenant pas ce qui lui arrivait, Djazba doit désormais faire face à son emprisonnement. Quelqu’un lui en veut au point de le piéger et le faire endosser la mort de son ex-femme ? Son amour passionnel avec Nathalie a-t-elle quelque chose à avoir avec la mort de son ex ? S’agit-il d’une personne qui veut entacher sa carrière politique ? Le narrateur délivre peu à peu les réponses à ces questionnements, à la Higgins Clark.

Cette oeuvre nous interroge sur les aberrations judiciaires et nous interpelle. Il nous demande d’avoir un œil sur ce qui passe dans nos sociétés. Le dénouement de l’histoire fait penser à la fameuse citation de Machiavel « la fin justifie les moyens ».

Natidja HAMIDOU

Zaïd Omar, Tu as volé mon coeur, Coelacanthe, octobre 2015, 147p., 14€.

A commander sur www.editions-coelacanthe.com

Chamanga : « Le recueil d’El Mahad : c’est un régal ! »

Mohamed Ahmed-Chamanga, linguiste

Mohamed Ahmed-Chamanga, linguiste

 

Interview/Mohamed Ahmed-Chamanga, linguiste

« Le recueil d’Elmahad me semble bien écrit, avec quelques mots recherchés, c’est un régal ».

 

 

« Roho Itangao » est le titre d’un recueil de poèmes paru aux Editions Cœlacanthe le mois de mai dernier. C’est le premier recueil de poèmes en Shikomori. L’auteur est Ibrahim Abdou El Mahad, un étudiant comorien. À cette occasion, la rédaction de Mlimengu a interviewé Mohamed Ahmed-Chamanga, linguiste qui se bat depuis quelques années pour l’adoption d’une seule graphie du shikomori et l’introduction de cette langue nationale dans l’enseignement.

  

Mlimengu – Un recueil de poèmes écrit en shikomori a été publié aux éditions Cœlacanthe au mois de mai dernier par un étudiant comorien, Ibrahim Elmahad. En tant que linguiste spécialiste de la langue comorienne, quelle est votre impression ?

 

Mohamed Ahmed-Chamanga (MAC) – Je pense que c’est une bonne chose. Cela prouve qu’il y a des gens qui se soucient de l’avenir de notre langue. Ce recueil de poèmes, écrit dans un langage simple et agréable, dans une assez bonne orthographe, confirme chez les jeunes comoriens une prise de conscience de la valeur intrinsèque de leur langue maternelle. Pour promouvoir et sauvegarder sa langue, quoi de plus évident que de développer aussi une littérature écrite. Signalons qu’il ne s’agit pas de la seule publication en comorien. Rappelons le premier roman écrit en shiKomori de Mohamed Nabhane (Mtsamdu kashkazi, kusi Misri, Komedit 2011), les histoires bouffonnes de Djoha traduites en comorien par Ibrahim Foumdjimba (Djoha n’empundra, Komedit, février 2014). D’autres titres vont bientôt paraître (poésie : Kaulu mshindji de Zalfata Mouhalide, Komedit ; roman : E nambe ! de Bourhane Hassane, Komedit). D’autres encore sont en gestation.

Ceci dit, le recueil d’El Mahad me semble très bien écrit, avec quelques mots recherchés. C’est un régal…

Tous ces ouvrages seront très utiles quand l’introduction du comorien dans le système éducatif sera effective, et ils serviront dans toutes les études et les recherches sur le comorien.

Mlimengu – L’auteur de ce recueil de poèmes a affirmé dans une interview, parue sur le site des Éditions Coelacanthe (« Le shikomori est un choix naturel ») , que la langue comorienne « tend à disparaître », une des raisons qui l’a motivé à écrire en Shikomori. Et dans un Article paru dans Al-Watwan, Touhfat Mouhtar, une écrivaine parle d’une langue « oubliée ». Partagez vous ces avis ?

 MAC – Dans le monde, de nombreuses « petites »[1] langues disparaissent chaque année. Pour la langue comorienne, la situation n’est pas encore désespérée. Je ne vois donc pas ce qui amène cet auteur à tirer cette conclusion. La langue comorienne est bien vivante. Comme toute langue vivante, elle voit un certain nombre de mots naître ou disparaître et/ou remplacés par de nouveaux mots. Cela fait partie de l’évolution normale de toute langue.

Lorsque les Arabes sont arrivés dans notre pays, ils nous ont transmis une partie de leur vocabulaire. Avec le développement de l’Islam et l’enseignement coranique, beaucoup de mots d’origine arabe se sont imposés.

Lorsqu’au XIXe siècle les waMakua du Mozambique sont arrivés en assez grand nombre aux Comores, ils nous ont légué beaucoup de mots de la vie quotidienne comme le mataba ou madaba, putu ou budu, etc. Depuis le XIXe siècle, avec la colonisation française, l’enseignement publique et l’administration en français, il est tout à fait normal que le comorien s’enrichit de vocabulaire d’origine française. Or on a tendance aux Comores à penser qu’on ne parle pas bien comorien lorsque dans une phrase on emploie un mot d’origine française. Et on parle de « créolisation » du comorien. Or on ne porte pas le même jugement, lorsqu’on utilise des mots d’origine arabe. Pourtant, l’arabe a beaucoup plus perturbé la structure bantoue du comorien que le français…

Maintenant, que faire pour éviter l’intrusion peut-être trop anarchique et massive de mots d’origine étrangère qu’on observe aujourd’hui ? Il n’y a pas mille solutions : il faut intégrer le comorien dans le système éducatif, l’utiliser dans l’administration – même partiellement – et encourager le développement d’une littérature écrite dans cette langue. Cela contribuera grandement à enrichir la langue et à mieux conserver des mots qui risquent d’être « oubliés » si je peux répondre à Touhfat Mouhtar. Pour y arriver, il est nécessaire de définir une politique linguistique claire et réaliste, en faisant les choses étape par étape.

Mlimengu – Ibrahim Elmahad, le poète dont il s’agit, parle d’une langue « très riche ». Quelle est donc la richesse de la langue comorienne ? A-t-elle une particularité comparée à d’autres langues bantoues comme le Swahili ?

MAC – En linguistique, il n’y a pas de langues « pauvres » et de langues « riches ». Toutes les langues se valent, s’adaptent à leur environnement et répondent au besoin des populations qui les parlent. Il est évident que lorsqu’une langue est utilisée dans le système éducatif et dans l’administration, son vocabulaire sera beaucoup plus riche qu’une langue qui reste confinée à son usage strictement oral. Lorsque celle-ci change de statut ou s’ouvre à d’autres domaines, son vocabulaire s’enrichit inévitablement. Pour le cas de la langue comorienne, la politique linguistique du régime d’Ali Soilihi de 1975-1978 nous le rappelle. Lorsque le besoin de vouloir exprimer des notions nouvelles se fait sentir, la langue dispose de plusieurs moyens pour y faire face ou pour trouver la solution. Cela peut être par « emprunt » ou par « création », etc.

Si on compare le swahili au comorien, on peut dire que le swahili est plus « riche » car il est parlé dans une zone beaucoup plus vaste et, en plus, il est enseigné à l’école, utilisé dans l’administration et dans beaucoup de journaux qui sont lus…

Mlimengu – A l’université des Comores, dans le département des lettres, particulièrement en troisième année de licence, est dispensé un module intitulé « linguistique comorienne », alors qu’en réalité c’est l’histoire de la langue qui est enseignée et non l’écriture et la langue en question. Pourquoi ce choix unique dans ce département ? Et pourquoi il faut attendre jusqu’à l’université pour dispenser l’enseignement de cette langue ?

 MAC – N’ayant aucune responsabilité et n’exerçant pas dans cette institution, je ne saurai vous répondre. Je sais seulement que j’ai déjà eu l’occasion de déplorer cette situation depuis sa création. Il est très malheureux en effet de constater que l’Université comorienne n’attache pas beaucoup d’intérêt à ce qui constitue pourtant le fondement de notre identité et notre culture. Sur ce plan, l’ENES de Mvuni (école Nationale d’Enseignement Supérieure), dans les années 80-90, avait fait beaucoup mieux que l’Université actuelle.

Suite à l’étude réalisée en 2007-2008, à la demande du ministre Abdourahim Saïd Bacar du gouvernement Sambi, j’avais établi un calendrier pour l’introduction progressive de l’enseignement de la langue comorienne dans les collèges, les lycées et l’université, avec au préalable bien évidemment, la formation des enseignants et la préparation des manuels. Après la mandature du Président Sambi, le projet n’a pas intéressé le gouvernement Ikililou, ou du moins n’a pas reçu l’appui nécessaire du ministre de l’éducation nationale, Mohamed Ismail.

 

Propos recueillis par Natidja Hamidou

 

[1] Numériquement parlant bien sûr.