Education

Éducation. Les épreuves du Bac ont enfin commencé

12850 élèves ont entamé les épreuves du baccalauréat ce samedi avec plus d’un mois de retard par rapport aux dates habituelles.

Après l’examen d’entrée en sixième le 26 juillet dernier avec 15248 candidats dans l’ensemble du pays, le tour revient au baccalauréat. Ce samedi 29 juillet, 12850 candidats ont débuté le baccalauréat dans les différents centres de l’archipel avec l’épreuve de philosophie. Les élèves inscrits au baccalauréat général ont quatre jours pour composer les différentes épreuves. Tandis que leurs camarades du baccalauréat technique finiront leurs examens deux jours après, le 3 août selon la déclaration du Secrétaire Général du Ministère de l’Éducation nationale dans les colonnes du quotidien La Gazette des Comores.

L’éducation physique et sportive (EPS) aura lieu le 2 août prochain. Ce calendrier tardif des examens nationaux est la conséquence d’une grève des enseignants. Il reste à espérer que le taux de pourcentage de réussite du baccalauréat de cette année sera positif par rapport à celui de l’année dernière qui était loin d’être satisfaisant. S’agissant du Brevet d’Étude du Premier Cycle (BEPC), le début des épreuves est prévu le 5 août prochain avec 12392 candidats. 40 490 constituent le nombre de candidats aux examens nationaux pour cette année scolaire.

       Natidja HAMIDOU

Lettre ouverte au Président de la République…

Paris, le 04 juin 2017

Lettre ouverte au président de la République française.

Son excellence M. Emmanuel Macron.

 

130 ans d’histoire unissent les peuples français et comorien. Une histoire faite de soubresOmarMirali2auts, d’aléas, de douleurs qui, malgré tout, n’ont fait que renforcer les liens de solidarité, d’amitié et de proximité entre la France et les Comores.

Cependant, en 1995, Edouard Balladur instaurait le tristement célèbre visa qui porte son nom entre Mayotte et le reste de l’archipel des Comores. Dès lors, le peuple comorien a été morcelé, des familles entières sont divisées. Et c’est bien dans ce contexte de rupture forcée, que les Comoriens se rendent, au péril de leur âme, à Mayotte. En 2012, année la plus noire de l’histoire de ces familles forcées au départ, les Comoriens ont pleuré 138 morts et disparus. Depuis, le nombre de morts entre Anjouan et Mayotte n’a cessé d’augmenter sous nos yeux impuissants.

A la mémoire de ces milliers de morts depuis l’instauration du visa Balladur, vous déclarez: «Le kwasa-kwasa pêche peu, il amène du Comorien.» Ces propos regrettables salissent notre histoire commune, et à vrai dire, vous déshonorent. Le Comorien n’est pas un vulgaire poisson à pêcher à bord d’un kwasa-kwasa.

Le Comorien est le descendant du sultan Saïd Ali, lui qui, à la veille même de sa propre mort, exhortait encore son peuple à combattre aux côtés de la France en pleine première guerre mondiale. Le Comorien est celui avec qui, vous et vos prédécesseurs vous êtes liés le 29 avril 1987 par les accords de coopération monétaire. Le Comorien est aussi celui qui a su revendiquer ses droits sur Mayotte en faisant condamner la France par une vingtaine de résolutions de l’ONU, notamment pour violation du droit international. Enfin, le comorien est celui qui sert dignement la République française. Il est médecin, avocat, cadre supérieur, artiste…Je ne vous citerai pas Soprano, Rhoff, Sultan et les autres qui portent haut et fort les couleurs de nos deux pays et de la langue française. Je ne vous parlerai que de moi qui suis enseignant en France. J’inculque les valeurs de la République française aux plus jeunes de ce pays, des valeurs d’égalité, de solidarité et de fraternité. Suis-je moi aussi un simple poisson pêché dans l’Océan Indien?

Vous qui êtes entré dans l’histoire en devenant avec Napoléon Bonaparte notamment, l’un des plus jeunes présidents de France et du monde, vous qui avez axé votre campagne présidentielle autour des valeurs d’union, vous ne pouvez pas rester insensible au désarroi du peuple comorien ami. Ce peuple ami aujourd’hui blessé et vexé par votre déclaration, vous demande de retirer vos propos et de présenter vos excuses à la nation comorienne avec laquelle la France est liée par l’histoire et partage les mêmes valeurs.

Omar MIRALI, enseignant

Des grève des collégiens et lycéens aux Comores

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Elèves manifestant à Moroni en mars 2014

Depuis 1968 on assiste à des grèves de collégiens et lycéens dans notre pays. Certes, les raisons de toutes ces grèves ne sont plus les mêmes. En 1968, les élèves ont manifesté contre les mauvaises conditions liées à leur hébergements et nourriture à l’internat du Lycée Moroni. Cette grève a très rapidement pris une dimension politique car, après le crash d’un avion près du lycée, les élèves avaient été qualifié de pilleurs par un journaliste français de l’ORTF alors que certains avaient risqué leur vie pour sauver des passagers. Cela avait agacé les élèves qui envahirent les rues de Moroni, dès le lendemain, avec des pancartes pour manifester leur colère et demander le départ de ce journaliste.

Au temps d’AHMED ABDALLAH ABDEREMANE, il y a eu peu de grèves contre le gouvernement et pour améliorer l’enseignement sous peine d’être arrêté par les mercenaires de BOB DENARD qui avaient le contrôle de notre pays pendant 12 ans.

Mais à partir de 1990, l’arrivée de DJOHAR et l’avènement de la démocratie dans notre pays bouleverse le système. De 1990 à 2009, c’est-à-dire durant 19 ans, les Comores ont connu 19 grèves des enseignants car chaque année à l’approche des examens nationaux (BAC, BEPC et concours d’entrée en 6e) ils se mettaient toujours en grève.

Ils arrêtaient brusquement les cours et menaçaient de ne pas proposer des sujets ni participer à la surveillance ou à la correction des examens. Cela a permis à des fonctionnaires non enseignants de proposer et corriger des sujets lors du BAC de 1998, tout de suite qualifié de Titanique, faisant allusion au bateaux britannique Titanique qui a fait beaucoup de victimes sauf que ici, 95% des candidats ont obtenu leur baccalauréat. Ces enseignants avaient certes raison car ils accusaient plus de 18 mois d’arriérés de salaires. Mais pourquoi ces enseignants attendent toujours l’approche des examens pour grever ? La réponse est simple. C’est pour se servir de leurs élèves comme bouclier. Une méthode qui fait beaucoup de victimes chez les élèves, souvent tabassés et même blessés à balle réelle. Beaucoup gardent en eux des séquelles de ces grèves. Ce qui est triste, c’est que les dirigeants politiques au pouvoir n’acceptent pas leurs erreurs. Ils accusent toujours les élèves d’être manipulés par leurs opposants. Ces dirigeants refusent toujours de faire leur autocritique.

A partir de 2009, les grèves contre les arriérés de salaires étaient finies. Le Qatar est venu en aide au gouvernement comorien avec une somme considérable qui a permis à ce dernier de payer ses fonctionnaires six mois de salaires d’un coup. Bravo ! Un bon geste louable. Depuis, les enseignants reçoivent leurs payes à chaque fin du mois. Mais au prix de quoi ? Tout le monde le sait très bien qu’il a fallu pour nos dirigeants politiques, précisément SAMBI et les siens, vendre notre nationalités à des étrangers que personne ne connaît.

Aujourd’hui encore, les grèves continuent mais cette fois-ci pour réclamer des avancements. Les enseignants ont encore raison car cela fait plus de 20 ans qu’il n’y a pas eu d’avancement. Là encore, les enseignants ont profité des élèves. Les cours ont repris après une semaine de souffrance infligée aux élèves. Mais quand est-ce que ces enseignants vont-ils grever pour un programme cohérant pour l’ensemble des écoles publiques et privés aux Comores ?

Les enseignants ne doivent pas se limiter aux grèves pour leurs salaires. Ils doivent travailler main dans la main avec leur ministre en proposant une feuille de route vu que le ministère de l’éducation nationale est souvent géré par des personnes qui n’ont aucune expérience ou vision de ce que doit être l’enseignement aux Comores. Jusqu’à maintenant, chaque enseignant a son programme, choisi ses manuel pour assurer ses cours. Un système qui conduit nos élèves à l’échec. Nous le constatons lors des résultats des BAC et BEPC dans lesquels plus de 70% de nos enfants échouent.

   Abdourahim Bacari