étudiants

Les funérailles de l’historien Sudel FUMA

Les funérailles de l’historien Sudel FUMA

Ibouroi_soutenance

Sudel Fuma après la soutenance de thèse d’Ibouroi Ali Toibibou (le 2e, à partir de la gauche, en chemise blanche).

Les funérailles officielles de l’historien Sudel Fuma ont eu lieu aujourd’hui, 17 juillet 2014 à Saint Denis (la Réunion), dans le quartier de « COMMUNE-PRIMA » de 11h à 14h, heure locale.

De nombreuses personnalités et amis y ont participé pour lui rendre un dernier hommage et présentér leurs condoléances à la famille du défunt. Des autorités politiques, des chercheurs, des cadres et administrateurs d’une part ont montré leur compassion envers cette personnalité sympathique, souriante, humble, d’une humeur rayonnante…. D’autre part des amis, des artistes, des étudiants et associations ont eu l’amabilité d’y assister pour partager la tristesse de sa famille.

Les médias réunionnais n’ont pas manquée de faire redécouvrir ce chercheur en diffusant les témoignages d’intervenants qui mettaient en avant sa carrière et sa personnalité. Il est une « lune qui ne s’éteint jamais » martèle l’une des personnes présentes à cette cérémonie d’adieu. « Son sourire est toujours là, je le vois », dit une autre, ajoutant : « Sudel, tu n’es pas parti, tu es parti en voyage au paradis ». « Ce Grand Homme, ce Grand Créole », ce chercheur infatigable et historien de rang magistral a reçu de nombreux saluts, en parallèle aux adieux de sa famille et de ses amis, plus particulièrement ceux des autorités, des universités et universitaires, de la communauté des historiens de Madagascar qui ont consacré un article spécial pour lui dans un journal malgache L’express n°14105.

L’Association des étudiants comoriens à la Réunion (ACER) a pris part à ces funérailles pour présenter les sincères condoléances les plus attristées à la famille du défunt, à l’Université et à la communauté scientifique.

Des chants, des poèmes, des anecdotes humours et narrations se sont succédés pour raviver la mémoire de Sudel FUMA. C’est dans ce contexte qu’Ismael Aboudou d’origine comorienne, un des candidats malheureux des dernières élections municipales du Nord présenta avec ferveur un texte humoristique qui n’avait d’autre point à retenir que la valorisation de la recherche historique entreprise par le regretté chercheur. A la fin de cette tradition festive, le cercueil a été amené par ses proches au Sud de l’île pour y reposer en paix.  

Qui était Sudel Fuma ?

Né à Saint Pierre (à l’île de la Réunion) en 1952, il est décédé au large du port (Réunion) le 12/07/ 2014. Il était historien spécialiste de la Réunion et ses recherches s’élargissent à l’Océan Indien.

Il a travaillé beaucoup sur l’histoire de l’esclavage. Parmi ses publications on distingue :

– Esclaves et citoyens, le destin de 62 000 Réunionnais : Histoire de l’insertion des affranchis de 1848 dans la société réunionnaise », 1982.

– Réflexions sur quelques aspects du racisme dans la société coloniale réunionnaise au XIXe siècle », 1983. « Sport et départementalisation » : 1946-1970, 1996.

– Un exemple d’impérialisme économique dans une colonie française au XIXe siècle : L’Île de La Réunion et la société du Crédit Foncier Colonial, Éditions L’Harmattan et l’Université de La Réunion, 2003… ainsi que nombreux articles.

-Il a aussi été un homme politique, un militant engagé et élu de gauche. Il était un militant des Droits de l’Homme

Sportif, il a représenté la Réunion dans les Jeux des îles de l’Océan Indien en tant que athlète en 1979 aux 800 et 3 000 mètres. Puis il était devenu président de la Ligue réunionnaise d’athlétisme.

Il était à l’origine de la renaissance du Morring à la Réunion.

Les fouilles archéologiques effectuées sur l’île lui ont permis de créer une association des archéologues à la Réunion. Il était membre de l’AIHOI (l’Association internationale pour l’histoire de l’océan indien).

Amir MOHAMED

 

Sudel Fuma n’est plus, les étudiants comoriens à la Réunion sont en deuil

Sudel Fuma n’est plus, les étudiants comoriens à la Réunion sont en deuil

Ibouroi_soutenance

Sudel Fuma (2e à partir de la gauche) lors de la soutenance d’Ibouroi Ali Tabibou

Sudel FUMA, Professeur de l’Université de la Réunion, a subitement disparu hier en fin d’après midi au Port, suite à une sortie en mer.

L’historien de la Réunion et de la région de l’Océan Indien occidental a fortement contribué à la valorisation de la culture réunionnaise. Nombre de ses recherches étaient focalisées sur l’esclavage, l’histoire de l’art et de la culture, la mémoire, l’histoire économique, la colonisation… Il a mené des recherches sur la région de l’Océan Indien et même sur d’autres régions. Les contributions aux colloques et les articles scientifiques innombrables s’ajoutent aux nombreux ouvrages qu’il a publiés durant presque trois décennies. Il a été également un des piliers de la recherche en archéologie à la Réunion. Il était membre de jury et directeur de mémoires de masters et de thèses à l’Université de la Réunion. Parmi ses étudiants, se trouvent de nombreux comoriens qu’il a dirigés dans leurs recherches, comme ce fut le cas récemment pour Ibouroi Ali Tabibou (voir ici ou ). Ils sont tous en deuil aujourd’hui.

Sudel Fuma occupait également des fonctions administratives à l’université de la Réunion. Il était membre de différentes associations notamment l’Association Historique et Internationale de l’Océan Indien (AHIOI).

L’historien était un homme engagé et il ne cachait pas ses idées de gauche. Il était d’ailleurs élu sur la liste de Gilbert Annette à la municipalité de Saint-Denis depuis 1989. Il occupait la fonction d’adjoint au Maire, de Conseiller Général jusqu’au milieu des années 1990.

Il était attiré par la mer, elle l’a pris hier soir, alors qu’il était dans un bateau de pêche, son autre passion.

L’historien laisse une image inoubliable aux étudiants d’origine comorienne à la Réunion. Il était conscient des soucis qu’ils rencontraient et était toujours près d’eux pour les encadrer, les soutenir moralement et scientifiquement. C’est aussi un homme de grand cœur que perd la communauté scientifique.

 Amir Mohamed

Droits des étudiants comoriens à la Réunion : conférence de Me Mihidhoiri

Droits des étudiants comoriens à la Réunion : conférence de Me Mihidhoiri

aecr2Les associations GYK (Génération Ya Kweli) et AECR ( Association des Etudiants Comoriens à la Réunion) ont organisé une conférence-débat le 28 juin dernier au CROUS de la Réunion pour informer les étudiants comoriens présents dans cette île française de leurs droits en matière de renouvellement du titre de séjour, de changement de statut, de travail et de recours en cas de refus de délivrance de titre de séjour. Maître Mihidhoiri Ali, avocat d’origine comorienne établi dans l’île était le conférencier principal.

La conférence a commencé par une présentation de la GYK (Génération Ya Kweli) faite par la Trésorière Générale de cette nouvelle association qui a affirmé que ses principaux objectifs ne sont que sociaux : « venir en aide à la population démunie». 

En effet selon le conférencier, l’étudiant a le droit de travailler à hauteur de 60% de la durée légale. Ce qui signifie qu’il ne doit pas atteindre le barème de 35 heures par semaine. Il ne devrait pas dépasser 964 heures par an. Sa rémunération ne doit pas être supérieur à 1,5 fois le SMIC. Sont exclus les doctorants. Ces derniers peuvent demander une dérogation auprès de la préfecture leur donnant le droit à travailler conformément à la durée légale. L’avocat a rappelé cependant qu’un récépissé n’autorise pas l’étudiant à travailler.

S’agissant du renouvellement du titre de séjour, Maître Mihidhoiri a affirmé au public que, conformément à la loi française, les étudiants qui sont dans un cursus de longues études peuvent demander ou renouveler des titres de séjour pluriannuels (2 à 4 ans). Il affirme qu’un changement d’orientation peut donner droit à un renouvellement de titre de séjour si et seulement si il est cohérent avec la formation initiale.

En ce qui concerne le changement de statut pour un couple d’étrangers voulant renouveler leurs titres de séjour au terme d’un statut privé, il leur est nécessaire de procéder à la démarche du regroupement familial sur place ou à l’étranger. Ils doivent justifier de ressources ainsi que d’une habitation répondant aux normes mentionnées par la loi. Au cas où le couple est mixte (étranger (e)/ français (e)), l’avocat parle d’une « diarrhée législative » ; du fait que les amendements opérés sur les lois qui touchent ce sujet semblent innombrables. Le couple doit en gros justifier d’une communauté de vie avec les justificatifs de domicile (bail du loyer, factures…), d’un compte commun, d’avis d’imposition, d’un certificat de mariage, etc.).

Dans le cas d’une demande au titre de parent, ce dernier doit justifier du fait qu’il pourvoie à l’entretien et à l’éducation de l’enfant en question. Dans le cadre d’une vie commune, il y a là « une présomption » selon toujours notre intervenant. Il suffit alors que les ou le parent en atteste en mettant en avant ‘’une affection d’un parent envers son enfant’’.

S’agissant du droit commun, l’étudiant qui décroche un travail dans un territoire français est astreint à attendre que son employeur fasse les démarches : émission d’annonce auprès du pôle emploi. Et si après deux semaines aucun citoyen français ne s’est présenté, ce service délivrera une attestation lui permettant de compléter les dossiers du poste en question pour la préfecture. Maître Mihidhoiri appelle cela « le parcours du combattant ». Car, si on arrive à vaincre par miracle les chômeurs inattentifs et impatients, cela ne suffit pas. Le patron doit pouvoir convaincre sur dossier l’administration. Le titre de séjour sera délivré en fonction du contrat.

Le statut d’étudiant étranger le plus favorable est celui de travailleur, obtenu après le niveau master, qui est en cohérence avec sa formation. Celui qui en bénéficie peut avoir soit la carte de compétence talent (C.T) soit la carte scientifique comme le cas de ceux qui travaillent à l’université. Entre la fin d’études et le temps de décrocher une embauche, le futur employé peut demander l’APS (autorisation provisoire d’un séjour). Cela ne dépasse pas 6 mois.

En ce qui concerne le dernier point de l’intervention, l’expert a montré les raisons qui pourraient être à l’origine d’un refus d’une telle ou telle demande ainsi que les solutions. En somme, pour le statut d’étudiant, un refus peut être émis par l’administration compétente quand l’étudiant ne répond pas à son unique tâche. Pour les autres statuts, la seule chose qui pourrait être gênant c’est la détérioration du statut lui accordant ce titre. Donc les solutions sont : faire recours à la justice administrative si l’on croit qu’on est fondé à le faire. Sachant que la victime n’a qu’un mois pour faire ce recours. Il doit écrire à l’autorité compétente pour lui demander d’annuler la décision en attendant la délibération du juge administratif.

Amir MOHAMED

Le Gouvernement comorien veut-il renoncer aux élections de 2014 ?

Le Gouvernement comorien veut-il renoncer aux élections de 2014 ?

Palais du peuple, siège de l'Assemblée de l'Union

Palais du peuple, siège de l’Assemblée de l’Union

S’il y a un sujet sur lequel l’Assemblée de l’Union et le gouvernement comorien pourraient parvenir rapidement à une entente, c’est bien celui du report des élections législatives et communales prévues à la fin de cette année.

Pourtant, la Cour constitutionnelle a été claire. Elle a dit que le mandat des députés de l’Union se terminait au mois d’avril 2014 et celui des conseillers des îles en décembre 2014. Dans son arrêt, la Cour ajoutait : « il appartient au Président de l’Union et aux organes en charge des élections, chacun en qui le concerne de prendre les mesures propres à garantir l’organisation des élections des Députes de l’Union des Comores, des Conseillers des Iles, du Président de l’Union et des Gouverneurs des iles autonome dans les délais requis et suivant les conditions prévues par la constitution et la loi électorale » (article 5).

A la suite de cet arrêt de la Cour constitutionnelle le président Ikililou Dhoinine avait réuni, le 12 février 2014, une conférence des grands élus composée du Président de l’Union, des Vice-Présidents, des gouverneurs et des présidents des Assemblées. Cette conférence avait conclu que les élections législatives et communales pouvaient être organisées en novembre et décembre 2014.

La prolongation des mandats et le précédent Sambi

Or, il semble qu’au sein du parlement, comme au sein du gouvernement certains se satisfont de la situation actuelle. Sans vraiment avoir une majorité à l’Assemblée de l’Union, le gouvernement est plutôt préservé et aimerait certainement conserver ce consensus mou jusqu’à la fin du mandat du président Ikililou Dhoinine.

Cela présente plusieurs avantages pour le gouvernement. Le premier est de ne pas créer une effervescence dans une société déjà bousculée par plusieurs mouvements de contestation menés par des catégories diverses dont les jeunes qui ont manifesté trois fois en quelques mois (les lycéens contre la grèves des professeurs, les étudiants de l’université pour dénoncer leurs conditions, et dernièrement plusieurs jeunes ont suivi la manifestation pour réclamer de l’eau et de l’électricité).

Le deuxième avantage qui pourrait pousser le gouvernement à remettre à plus tard les élections législatives et communales c’est la possibilité d’éviter de renforcer l’opposition en se créant une majorité véritablement hostile à l’Assemblée, une majorité qui pourrait imposer au Président de mettre en place un gouvernement avec l’opposition. Une sorte de cohabitation à la française. Les deux dernières années du président Ikililou risqueraient ainsi d’être difficiles pour lui.

La situation actuelle semble également arranger les gouverneurs, y compris Mouigni Baraka qui n’a pas vraiment de majorité au Conseil de Ngazidja et qui a dû faire face à deux motions de censure dirigées contre ses commissaires en l’espace de quelques mois. Il se console en se disant qu’au moins il contrôle l’ensemble des communes puisque c’est lui qui a désigné les maires, sans aucune forme d’élection.

Il est d’ailleurs difficile de prévoir des élections municipales alors qu’après la loi électorale, les députés ont bloqué la loi sur la commune de Moroni sous la pression de groupes de notables. La multiplication des gestes qui peuvent retarder les élections montrent que les députés ne veulent pas quitter leurs fauteuils et les nombreux avantages, et cela ils le prévoient depuis plus d’un an, si l’on en croit les confidences de certains d’entre eux, qui n’hésitent pas à mettre en avant une entente avec l’exécutif pour regrouper toutes les élections en 2016. Mais, les députés pourraient déchanter puisque la Constitution ne prévoit pas un mandat de sept ans pour eux. Donc, à moins de s’inspirer du « cas Sambi » qui a réussi, malgré un arrêt de la Cour constitutionnelle, à faire passer son mandat de 4 à 5 ans en 2010, ils devront quitter leurs postes si les élections ne sont plus programmées en novembre et décembre 2014. Il est d’ailleurs remarquable que malgré l’arrêt de la Cour disant que leur mandat est terminé en avril, l’opposition les laisse encore siéger. Sans doute que celle-ci juge que tout le monde peut attendre les élections prévues à la fin de l’année.

Les bonnes vieilles recettes

Si l’on en croit le compte rendu fait par Beit-Salam.km après la rencontre du président avec une partie de l’opposition ce 9 juin, le président leur a indiqué qu’il fait tout pour que les élections aient lieu aux dates prévues par la conférence des grands élus. Mais, il n’a pas vraiment rassuré ces leaders de l’opposition lorsqu’il a tenu à leur apprendre d’une part que le recensement n’a pas encore atteint 80% des électeurs et d’autre part que les habituels bailleurs de fonds ne se précipitent pas.

On peut être étonné et se demander quand l’Etat comorien pourra intégrer dans son budget le coût des élections prévues des années à l’avance. Mais, on peut aussi craindre que cet argument ne soit utilisé dans quelques mois pour repousser les élections à plus tard et peut-être à 2016. Le financement reste l’argument le plus utilisé ces derniers temps quand un gouvernement veut repousser des élections.

On voit donc que tous les éléments sont réunis pour faire accepter à l’opinion publique un éventuel report des élections prévues en 2014, malgré l’arrêt de la Cour constitutionnelle et malgré le consensus établi par le président de la République lui-même. Mais, c’est un risque que prendrait le président.

D’abord parce qu’à partir de la fin de cette année, le pays s’enfoncerait un peu plus dans l’illégalité, les députés ne pouvant plus prétendre représenter les Comoriens. Les partis de l’opposition pourraient ainsi se radicaliser. Dans cette situation toute forme d’action des partis politiques ou de la société civile afin de mettre fin à cette illégalité serait légitime.

Ensuite, le pays ne pourrait pas vivre deux ans sans parlement national et sans conseil des Iles. C’est une situation qui compromettrait le fonctionnement démocratique, l’équilibre et la séparation des pouvoirs.

Enfin, il serait inconcevable de regrouper cinq élections majeurs en une seule fois en 2016. On court alors le risque de déboussoler l’électeur comorien, qui pourrait être sollicité pour des meetings pour sa commune, des meetings pour l’élection de son conseiller et de son député, des meetings pour l’élection de son gouverneur et enfin pour les deux tours de l’élection du Président de l’Union. Et l’on ne parle pas des erreurs qui pourraient survenir le jour des élections, notamment en ce qui concerne l’élaboration et la compréhension du ou des bulletins de vote.

Il serait tellement plus simple pour le gouvernement actuel de mettre tous les moyens de son côté pour respecter et faire respecter les échéances, tout en se préparant à mener le combat sur le terrain pour remporter les élections, au lieu de prendre le risque de plonger le pays dans l’incertitude et dans une nouvelle crise électorale. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire plus compliqué ?

Mahmoud Ibrahime

UDC. INVESTITURE DU NOUVEAU BUREAU DE LA COOPERATIVE DES ETUDIANTS

UDC. INVESTITURE DU NOUVEAU BUREAU DE LA COOPERATIVE DES ETUDIANTS

Le nouveau bureau de la coopérative des étudiants de l’Université des Comores(UDC) a été  investi ce jeudi 10 mars sur le Campus de Nvouni. Ce bureau est composé de 7 personnes et il est présidé par Mhadji Ahmada, un étudiant de deuxième année de licence d’Administration Economique et Sociale(AES). Les autres membres du bureau sont : MM. Said Hassane (L2 Droit, Vice-president), Nourdine M’madi (L2 Droit, Secrétaire Général),Moindjié Absoir (L2 Sciences Economiques,Trésorier Général),Ali Soulé (L2 AES, Porte parole), Ahmada Saïd(L2 AES, Trésorier-adjoint) et Mlle Nadia Ali Bacar (L2 AES Coordinatrice Générale).

AbouMoussa

Abdou elwaheb Msa

La cérémonie d’investiture a été honorée par la présence du Gouverneur de l’île de Ngazidja, le commissaire à la production de l’île, celle de l’éducation, ainsi que plusieurs personnalités gouvernementales, politiques, diplomatiques, religieuses et une frange importante de la notabilité. Il faut cependant noter l’absence remarquée du ministre de l’éducation.

Plusieurs danses folkloriques ont été exécutées pour égayer la cérémonie. Plusieurs discours ont été également prononcés, à commencer par le mot de bienvenue du maire de la commune de Bambao Yadjou. Celui-ci n’a pas manqué de louer la magnificence du site de l’UDC de Nvouni et a exhorté les étudiants à persévérer dans leur travail s’ils veulent garantir la réussite de leurs études.

Le président sortant de la coopérative, M. Nadhuf Attoumani Ibrahim, a dressé un bilan sommaire de ses deux ans de mandat. Son successeur a, quant à lui, repris à son compte les revendications portées par les étudiants lors de la dernière grogne sur le campus. Sa priorité est d’œuvrer pour l’ouverture d’un restaurant universitaire, le raccordement du site au réseau internet et la résolution des difficultés sur l’électricité, ainsi que le transport. Préoccupé par la dispersion des organisations étudiantes, le nouveau président de la coopérative du campus de NVouni compte s’investir pour la réunification de toutes les coopératives universitaires pour en faire une seule et unique organisation étudiante. Il est vrai que chaque campus de l’UDC dispose de sa propre coopérative étudiante.

Quant au doyen de la faculté de lettres, vice-président de l’Université et président de son Conseil Scientifique, Dr Mbaraka Abdallah Charif, il a passé en revue toutes les difficultés que rencontre le campus de Nvouni et a sollicité solennellement le soutien des autorités étatiques. En bon père de famille, M. Hassaani Hamada alias Labrosse a, en sa qualité de chef du site de Nvouni, imploré les étudiants de se comporter en étudiants modèles et a demandé qu’on reconnaisse que depuis dix ans beaucoup a été fait à l’UDC, même si beaucoup reste à faire.

La cérémonie a pris fin avec le discours du Gouverneur de l’Île, M. Mouigni Baraka Said Soilih. Dans son allocution celui-ci a, d’emblée, annoncé que le gouvernement de l’Union a débloqué un financement pour la réfection rapide du tronçon routier reliant le carrefour de Mdé au campus de Nvouni. Il s’est, par ailleurs engagé à faire un plaidoyer pour une véritable prise en compte des légitimes doléances des étudiants par les autorités gouvernementales.

Abdou elwahab Msa Bacar

Un nouveau bureau pour l’association des étudiants comoriens à Paris 8

Un nouveau bureau pour l’association des étudiants comoriens à Paris 8

 

L’association des étudiants comoriens à l’université Paris 8, connu sous le nom d’ « Arc-en-ciel » a désormais un nouveau bureau après avoir été dirigée pedant longtemps uniquement par Ibrahim Barwane. Le Vendredi 28 mars, une soixantaine d’étudiants ont procédé aux élections des nouveaux responsables de ce groupement. « Il était temps. Cette association était inactive. Personnellement j’ignorais son existence jusqu’au 5 décembre 2013 lors du forum des associations au sein de l’université alors que je suis inscrite depuis 2012  », confirme, à la sortie des élections, Feyrouz Ahmed, étudiante en Licence 2 de Géographie.

Mahamoud Said, étudiant en Master 2 Histoire et Civilisation, est élu président de « l’Arc-en-ciel » avec 73% de voix contre 27% pour son adversaire Mahamoud Ali, ancien enseignant aux Comores et actuel étudiant en Master 2 Mathématique et Informatique. Wardat Youssouf, étudiante en Master 1 en Science et Economie devient la secrétaire générale après avoir battu Abidine, étudiant en Licence 3 de Sociologie. Le troisième élu, Abdourahim Ahamed, étudiant en Master 1 d’Economie occupe la trésorerie.

BureauParis8

Au centre, Mahamoud Saïd, nouveau président d’Arc-en-Ciel

 

« Nous allons restructurer et redynamiser l’association. Car elle était méconnue par beaucoup d’étudiants comoriens. C’est comme si elle n’existait pas. Il n’y avait qu’une seule personne qui occupait tous les postes. D’ailleurs, c’est ce qui m’a motivé à présenter ma candidature. Les étudiants comoriens notamment les nouveaux arrivants ont besoin d’être aidés sur l’intégration, l’orientation et sur les démarches administratives  », a déclaré le nouveau président avant d’ajouter que « certes la tâche n’est pas facile, mais j’estime avoir les capacités requises pour faire fonctionner l’association. J’ai déjà travaillé avec l’administration de l’université et je connais les recoins ainsi que les démarches à opter afin d’aider les étudiants comoriens à régler leurs problèmes car c’est le but essentiel de ce groupement  ».

Toutefois, Mahamoud Said regrette une absence massive des étudiants lors des élections. « Avec plus de 228 étudiants comoriens inscrits à Paris 8, une soixantaine s’est présentées pour voter. C’est déplorant. Je pense qu’il est temps de changer ces mentalités », dit-il.

S’agissant des autres postes, les nouveaux élus ont affirmé qu’ils sont en train de réfléchir aux personnes qui doivent les occuper. Interrogé sur l’Etat actuel de « L’arc-en-ciel », le président affirme « nous n’avons hérité que d’un nom et de statuts, ainsi que le local. Nous espérons la reformer ».

Le nouveau bureau espère prendre contact avec la coopérative de l’Université Des Comores et sensibiliser les étudiants de l’université des Comores sur les études en France, et informer les étudiants sur les contacts à connaître une fois l’inscription faite à Paris 8.

Quant à Ibrahim Barwane, ancien président de la structure depuis 2007, et membre fondateur, il se réjouit des réalisations qu’il a pu concrétiser. « De nombreux étudiants ont pu obtenir leurs inscriptions ou démarches administratives grâce à mon dévouement et mon soutien. Je me suis bataillé pour avoir le local de l’association au près de la présidence de l’université », dit il tout en précisant que « j’ai créé le concept vendredi de l’arc-en-ciel. Il s’agit des conférences qui se tenaient à l’université Paris 8 qui abordaient tous les sujets et qui ont permis aux étudiants d’échanger avec des chercheurs, des politiciens, des économistes ainsi que des artistes ». Ce doctorant en anthropologie avance que « j’ai réalisé ce travail bénévolement et je n’ai jamais sollicité de l’argent à quiconque et donc je n’ai pas de comptes à rendre à personne ».

Notons que parmi les universités françaises, Paris 8 est celle qui accueille le plus d’étudiants d’origine comorienne chaque année, elle a donc été rebaptisée Nvouni-sur-seine par les Comoriens, en référence au site de Nvouni de l’Université des Comores.

 

Cependant, ces étudiants regrettent le fait qu’ils ne reçoivent aucune aide de la part du consulat des Comores à Paris. « Nous sommes livrés à nous même. Certes le consul nous délivre des attestations boursières qui nous permettent de pouvoir régler nos problèmes à la préfecture, mais rien de plus. La preuve il y a eu la mort d’une étudiante comorienne qui était à Paris 8 en juillet dernier, et aucun responsable du consulat n’était présent lors de la prière à la défunte et aucun communiqué de condoléances n’a été diffusé », déclare avec désolation Ibrahim Saandi Kemba, étudiant en Master 2 en Sciences politiques.

Fondée le 14 février 1998, selon les statuts, l’Arc-en-ciel a comme principal but de préserver l’unité et la solidarité des tous les étudiants comoriens de Paris 8 et de défendre les intérêts communs et personnels de ses membres au sein de l’université.

Natidja Hamidou

Grève des étudiants à l’Université des Comores

Grève des étudiants à l’Université des Comores

Manif_UDC_250314

Les étudiants manifestent à Mvoun. © Ali Abdallah

Deux semaines après la grève des lycéens, les étudiants du campus universitaire de Nvouni ont observé ce mardi 25 mars un arrêt de cours, suivi d’une marche vers la capitale. Mais la force publique s’est interposée en s’employant à stopper cette marée humaine qui allait déferler vers Moroni. Des heurts ont eu lieu entre la police et les étudiants et sont soldés par l’arrestation de plusieurs étudiants.

Il faut savoir que le site de Nvouni abrite près de 3000 étudiants, soit la moitié de l’effectif des étudiants de l’université des Comores. C’est l’Union des étudiants de l’université des Comores, un groupement alors inconnu de l’administration, qui a été à l’origine du mouvement. Il a fait savoir ses revendications en adressant un courrier en date du 19 mars à certains responsables du site de Nvouni, ainsi qu’à la présidence de l’université en déplorant « l’aliénation » des droits des étudiants. Ce collectif exigeait que « les maux dont sont victimes les étudiants soient endiguées » et énumérait une liste de revendications dont il « implorait la réalisation » avant le lundi 24 mars, sinon les étudiants allaient exprimer leurs « mécontentements en arrêtant les cours jusqu’à nouvel ordre ». Les revendications sont axées sur les conditions de transports, l’absence de sanitaires dans le campus, le dysfonctionnement de la mutuelle de santé et surtout l’incapacité de l’université à délivrer les relevés de notes et les diplômes.

Il faut reconnaitre que les autorités universitaires ont fait preuve d’une négligence en n’ayant pas daigné recevoir ces étudiants avant la date butoire. Situé dans les hauteurs de l’île, le site de Nvouni n’est pas facilement accessible pour des étudiants dépourvus de moyens financiers conséquents et qui ne bénéficient d’aucune assistance financière de la part de l’Etat. Aucune disposition n’est prise pour assurer leur transport vers le campus. Les conditions de vie dans le site sont ardues. Outre le fait que l’électricité manque toujours aux heures de cours, le site n’est pas raccordé à l’internet et ne dispose pas de restaurant universitaire.

Le campus de Nvouni connait une surpopulation étudiantine à tous les niveaux, avec des salles exigües dépourvus de sonorisation.

Les responsables des étudiants ont fini par être reçus dans la journée par les responsables de l’université en présence du directeur de cabinet du ministre de l’enseignement supérieur. Après des heures de négociation, les responsables de l’université se sont engagés à honorer toutes les revendications des étudiants, même si aucun protocole d’accord n’est établi. Les étudiants ont exigé avant toute reprise des cours la libération de leurs camarades détenus dans les locaux de la gendarmerie. Il faut dire que toutes les conditions sont réunies pour qu’un jour cette cocote minute explose. Et nos autorités ne diront pas qu’elles n’auront pas été averties.

Mlimengu

https://mlimengu.wordpress.com/