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Révolution. Fragments d’expérience d’Idriss Mohamed

Révolution.
Fragments d’expérience d’Idriss Mohamed

Couverture du livre d'Idriss Mohamed

Couverture du livre d’Idriss Mohamed

En cette rentrée littéraire, s’il est un livre qui va marquer les consciences aux Comores, c’est bien celui d’Idriss Mohamed Chanfi, Fragments d’expérience. Parcours d’un révolutionnaire comorien paru aux éditions Cœlacanthe.
C’est un véritable régal pour ceux qui aiment à la fois l’histoire et la réflexion politique.
Les plus jeunes connaissent Idriss Mohamed comme le chef de file du Comité Maore. Ils le découvriront dans ce livre comme le révolutionnaire qu’il n’a cessé d’être depuis 1970, année oú il a poussé la porte de l’ASEC en France.
Avec comme fil conducteur l’évocation de quelques instants de sa vie, Idriss Mohamed nous entraîne dans les débats au sein des milieux étudiants dans les années 1970, puis nous l’accompagnons dans le retour au pays des principaux cadres de l’association. Il nous fait pénétrer dans les discussions au sein du Front Démocratique, parti à la fois public et clandestin, qui prépare patiemment l’insurrection qui doit libérer le peuple comorien du joug d’Ahmed Abdallah et des mercenaires français.
Idriss Mohamed est aussi le premier à nous raconter la défaite du mouvement révolutionnaire comorien en 1985, les trahisons et les tortures dans les prisons.
Même si l’on sent au fil de la plume une pointe de regret de n’avoir pas du tout saisi les objectifs d’Ali Soilihi en 1976, Idriss Mohamed ne peut s’empêcher de ressortir les arguments ancrés en lui et dans les têtes de nombreux anciens de l’ASEC sur Ali Soilihi et la révolution Soilihiste.
Pourtant, à la fin de l’ouvrage, il se montre partisans de ce rêve tant caressé par de nombreux militants, d’une unité retrouvée entre les Asecistes du Front Démocratique et les Soilihistes de la nébuleuse révolutionnaire.
Le lecteur se laisse entraîner dans l’histoire récente du pays, d’autant plus qu’Idriss Mohamed a dépouillé son texte de certains artifices littéraire, pour ne laisser que les faits qui ressurgissent de la mémoire et qu’il trempe dans le bol de la réflexion politique.

Idriss Mohamed Chanfi, Fragments d’expérience. Parcours d’un révolutionnaire comorien. Editions Cœlacanthe, collection « Bio », août 2014, 148p., 14€.

Mahmoud Ibrahime

Mes 4 Questions à IDRISS MOHAMED

Moi: Bonjour Idriss

M. Idriss Mohamed: Bonjour Irchad.

1- Moi : Aujourd’hui se tient le 4ème sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de la COI. Quelle en est votre lecture ainsi que celle du Comité Maoré qui appelle par le biais d’un communiqué la population comorienne à manifester « sa rage » à l’occasion de la visite du président français M. François Hollande.

Ne pensez-vous pas que la question du VISA BALLADUR relève plutôt de la négociation bilatérale d’autant que les autres membres de la COI semblent s’en désintéresser ?

 

1- M. Idriss Mohamed : Je pense que ce qui est important de souligner dans le déplacement de François Hollande, c’est sa position intransigeante sur la question de l’ile comorienne de Mayotte. Il n’a aucun respect pour ses partenaires comoriens. Même sur un plan diplomatique lorsqu’on a des divergences, on essaie de les exprimer d’une certaine façon. Lui non ! Les gens ont entendu les déclarations qu’il a faites à Mayotte. Donc connaissant nos autorités malgré la résistance dont ils font preuve ces derniers temps en particulier lors de la dernière conférence des ministres, on ne peut qu’appeler à une RIPOSTE ENERGIQUE pour qu’au moins la dignité de notre peuple ne soit pas piétinée et bafouée comme si nous étions des moins que rien par des gens arrogants, qui n’ont aucun sens de l’amitié entre les peuples et qui croient que les grands pays peuvent malmener les petits pays sans aucun respect des principes.

Je crois que le général De Gaulle avait dit que les pays n’ont que des intérêts à défendre et c’est vrai, mais il faut les compléter avec autre chose. Il y’a des principes ! Si on n’applique pas un minimum de principe dans la défense de ses intérêts, le monde devient une jungle. Et c’est ce que font les français aux Comores. Donc c’est normal que nous demandions une réaction vigoureuse pour montrer aux dirigeants français et au monde que nous n’avons pas renoncé et que nous ne renoncerons pas !

S’agissant des négociations entre les Comores et la France,il faut savoir que tout conflit se règle en dernière analyse par la négociation. Nous, nous avons toujours demandé à ce que la France reconnaisse la vocation de Mayotte à réintégrer l’Etat comorien et qu’à partir de ce moment là, tout peut être mis sur la table. Mais, si la France veut négocier avec les Comores pour accorder des visas à ceux-ci et pas à ceux-là etcétéra, mais dequel type de négociation s’agit-il ? C’est de la moquerie !

Nous, nous avions avancé une idée : 1 pays, 2 administrations !

Je voudrais saisir cette occasion pour dire quelque chose. Les maorais disent que nous ne tenons pas compte d’eux lorsqu’on s’exprime sur cette question. Mais en fait ce sont eux qui ne tiennent pas compte de nous. Parce qu’ils considèrent que toutes ces questions qui concernent Mayotte, ça ne leur regarde qu’à eux seuls. Mais Mayotte est une ile comorienne, donc j’ai autant de droit qu’un maorais sur Mayotte de la même façon qu’un maorais a autant de droit que moi sur la Grande-Comore qu’un grand-comorien. C’est comme ça ! Donc, lorsque nous revendiquons Mayotte ça ne veut pas du tout dire   que nous ne tenons pas compte de leurs aspirations. C’est plutôt eux qui ne veulent tenir compte des nôtres parce qu’ils considèrent qu’ils ne sont pas comoriens. Il faut bien que les choses soient remises à leurs places. Nous savons aussi qu’à Mayotte il y’a des gens se battent pour l’indépendance et l’unité, mais jamais on ne les entend. D’ailleurs même ceux qui crient … quand on gratte un peu on se rend compte que finalement leur comorianité est là.

2-Moi : Vous venez de publier aux Editions Coelacanthes un livre sur votre parcours politique et militant. En quelques mots, pourriez-vous nous dire ses principaux jalons et les faits saillants qui vous ont marqué ? Et, votre livre constitue-t-il une forme aggiornamento ?

2-Idriss Mohamed : (rire) Je ne sais pas ce que veut dire aggiornamento !

Moi : Une forme de mise à jour!

M. Idriss Mohamed : Non. Moi ce qui m’a poussé à écrire ce livre, c’est parceque beaucoup de camarades n’arrêtaient pas de me solliciter pour que je le fasse.. Pour que j’écrive. Et même temps, plusieurs personnes ont écrit, et puis plusieurs expressions ont été faites dans les blogs. Et finalement ce sontdes personnes qui ont le droit d’écrire ce qu’ils veulent sur ce que nous avons vécu mais qui ne l’ont pas vécu de près. Et en même temps j’estime que nous avons incarné un grand espoir dans le pays et nous l’avons déçu ! Là, il y a des enseignements à tirer.

Donc le principal objet de mon livre est raconter comment j’ai vécu cette expérience de l’intérieur. Comment moi j’ai vécu les problèmes qui se sont posés à la révolution comorienne, quelles sont les réponses que nous avons apportées et pourquoi ça a échoué. Et en même temps lancer une idée d’un nouveau patriotisme qui pourrait rassembler les rescapés de tous les mouvements passés comme les nouveaux, un patriotisme qui allierait comme disait Hessel, le local à l’international. Un patriotisme internationaliste. Un patriotisme qui est fondé sur la solidarité aussi bien locale, régionale, nationale et internationale. Mon livre est une invitation à la réflexion pour la création d’un nouveau parti politique.

Je crois que parmi les nombreux problèmes que traverse aujourd’hui notre pays, je considère que depuis la fin du FD il n’y a plus de parti révolutionnaire qui incarne les aspirations profondes du pays. À partirde ce moment là tout va à vau l’eau..

Je vais vous donner un exemple pour que les gens puissent comprendre ce que je vais dire. Lorsque nous étions là, si quelqu’un vole l’argent du pays il devait se cacher. Et ceux qui étaient contre ces vols cherchaient tous les moyens pour débusquer l’infraction et nous donnaient l’information et nous on le disait ou on le publiait. Rien que cela faisait que ceux qui volaient n’avaient le front haut dans le pays, dans les madjiliss et autres, ils avaient honte parce qu’on les attaquait. Il y avait une certaine dynamique dans la jeunesse qui faisait que celle-ci s’intéressait à ces choses la.

3- Moi : Depuis la chute du régime du président Ahmed Abdallah il y’a ¼ de siècle, la plupart de vos anciens « camarades » ont participé d’une façon ou d’une autre à la gestion du pays, avec les résultats que l’on sait.  Est-ce que selon vous le désenchantement actuel de la jeunesse, jusqu’à l’absence de mobilisation en faveur des sujets et combats importants comme la journée du 12-Novembre appelée aussi« journée-maoré » par exemple, ne trouvent pas leur source dans les errements des anciens du FD ou de leurs avatars ?  

3-M. Idriss Mohamed : Je comprends bien la question. Mais ce qu’il faut bien retenir, c’est que si quelqu’un qui a été avec nous, qui s’est battu avec nous et qui à moment donné à décidé de rompre avec nous et d’aller de l’autre côté n’est plus représentatif de nous. Bien sûr que ce n’est pas aussi simple que ça car on voit des gens aujourd’hui auxquels on peut se demander s’ils pensaient vraiment une parcelle de ce qu’ils disaient il y’a quelques années. Quand on les voit piller le pays comme ils font et qui plus est, avec arrogance!

Souefou, .. Abodo Souefou, il s’est prêté je crois, des centaines de millions et il a affronté son Conseil d’administration pour lui dire.. « mais je me suis prêté !!! ». Ce sont des gens qui ont l’audace de ce qu’ils font. Pour moi, ils sont beaucoup plus venimeux, ils font beaucoup plus de tort car c’est des gens qui ont une culture, une façon de faire et qui osent. À partir du moment où ils ont choisi de rompre et qu’ilsont changé de camps ils ne nous représentent plus.

Maintenant il faut se dire que tous les mouvements révolutionnaires dans le monde ont eu leurs transfuges. C’est un peu ce qui s’est passé chez nous. Il y a des gens qui sont partis après 1985 avec la répression, d’autres après 1989, d’autres quand il y’avait le président Azaly parce qu’ils y ont vu une porte ouverte, d’autres sont partis pour ceci ou pour cela. Ce n’est pas un bloc monolithique, d’ailleurs si c’était le cas on aurait pu penser qu’ils allaient créer quelque chose pour aller encore plus loin maisnon, rien de tout ça ! C’est des gens qui sont descendu du train mais ça n’empêche que le train devait continuer..

Mais l’interprétation que les gens font de ces errements et de ces reniements est que la politique est une mauvaise chose, c’est vraiment pourri, c’est sale.. Et le résultat fait qu’aujourd’hui on a que des larrons enfoire sur la scène politique comorienne.

Moi c’est un combat que j’ai voulu mener à un moment donnépour inciter la jeunesse à s’engager en politique. Par exemple dans Habari, pour pousser les jeunes les plus sains, les plus déterminés à servir le pays à s’intéresser à la politique car c’est là où tout se passe. Toutes les décisions se mènent là et non sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui on voit par exemple Kiki,  qui se prétend candidat et qui ambitionne d’être président de la république. On ne sait même pas d’où il vient, enfin je n’en sais rien. Mais je crois que c’est un bon symbole pour montrer que la jeunesse doit s’intéresser à la politique et doit aussi s’impliquer.

Notre problème aujourd’hui c’est que les idées révolutionnaires dans le monde ont baissé, le libéralisme l’a emporté avec beaucoup d’arrogance et de force même si la crise qu’il a engendrée crée des situations extrêmement tendues y compris dans les grandes métropoles capitalistes mais il n’y a pas encore l’émergence d’un mouvement ou d’une riposte internationale malgré les quelques tentatives incarnées par les mouvements altermondialistes. Le monde manque de boussole mais je suis convaincu que ça viendra et que cette situation ne pourra pas perdurer.

4-Moi : Le Comité Maoré milite pour l’organisation de la prochaine tournante au profit de l’ile comorienne de Mayotte jusqu’à soutenir un candidat déclaré, alors que la Constitution vise l’île à laquelle échoit la tournante (Art.13), et non « une citoyenneté insulaire ». Ne faites-vous pas une lecture erronnée de la Constitution du 23-12-2001 sachant que tout comorien peut être candidat partout où il le souhaite ?

 

4- M. Idriss Mohamed :Tout d’abord une mise au point. Nous ne soutenons aucun candidat que ce soit clair et net. Aucun candidat !

En fait, la tournante dans la Constitution indique que l’île à laquelle échoit la présidence, il doit y avoir une primaire sur cette île. Et c’est ça l’obstacle car on ne peut pas organiser à Mayotte dans la situation actuelle pour sélectionner les 3 candidats finaux. C’est celle là la vraie question. Comment régler ce problème ? Certains vous répondent, de toutes façons on ne peut pas organiser les élections à Mayotte donc on arrête et ça retourne à Ngazidja. Les Kiki et consorts, qui sont bien évidemment des idées derrière la tête et qui soutiennent de toutes les façons possibles les positions de la France avec leur machin de France-Comores-Echanges.. Et il y’a nous qui disons qu’en fait c’est une disposition qui a été prise et qui peut être modulée. On peut penser une loi organique qui permet de sélectionner les candidats afin de pouvoir organiser des élections nationales avec eux. Mais en réalité, la vraie question est que ceux qui sont au pouvoir ne se prononcent pas.

Nous avions intenté une action auprès de la Cour constitutionnelle pour montrer que Maoré a droit à son Vice-président. Nous avons obtenu gain de cause mais ça n’a jamais été suivi d’effets. Donc on peut déduire que la vraie question est politique. Est-ce que oui ou non les Comores vont sauter le tour de la tournante maoraise sans même poser la question, sans même discuter ? Ensuite, on peut aussi pointer cette contradiction dans notre Constitution. On parle d’île mais il n’y a pas de citoyens d’île !

Nous, nous voulons que formellement l’Etat se prononce pour la tournante à Mayotte et qu’on cherche les moyens pour le faire. Certainsavaient avancé l’idée d’un scrutin numérique que tout comorien de Mayotte disposant d’une carte nationale d’identité puisse voter par internet. Lespistes existent à condition de s’y mettre. Mais la question reste politique. Il faut d’abord faire ce 1er pas. Ce sera un signal fort envoyé à la France et au monde entier. Un signal pour dire que nous n’avons pas renoncé et que nous ne renoncerons jamais..

Moi: Je vous remercie

M. Idriss Mohamed: C’est moi

Propos recueillis par Irchad ABDALLAH

Mohamed Itrisso : MILITANT UN JOUR, MILITANT POUR TOUJOURS !

Itw Mohamed Itrisso :

MILITANT UN JOUR, MILITANT POUR TOUJOURS !

Mohamed Itrisso a 38 ans et déjà une longue vie de militant derrière lui. Il est responsable associatif et dirigeant départemental du PCF13. Il a été désigné par le PCF comme candidat aux prochaines élections municipales sur la liste du Front de Gauche dans le 13e et le 14e arrondissements de Marseille (secteur 7). 

DrapItrisso

Mohamed Itrisso, candidat du 7e secteur à Marseille

Mlimengu. Mohamed Itrisso, vous êtes candidat du Front de Gauche dans le 7e secteur de Marseille, qu’est-ce qui vous motive dans ces élections ?

J’ai fais le choix de m’engager car ceux qui sont actuellement en poste, ont tendance à nous oublier au lendemain des élections et cela ne peut pas durer éternellement. J’aspire à ce que les choses changent vraiment et que nos mots et maux soient pris en compte, mais pour cela nous nous devons d’être au cœur des instances décisionnaires pour que les oubliés d’hier ne le soient plus.

Mlimengu. Comment avez-vous été désigné ?

J’ai été désigné chef de file par mes camarades de la section PCF du 14e arrondissement pour être candidat sur la liste Front de Gauche conduite par Samy Joshua, une grande responsabilité que j’ai accepté d’assumer en me rendant sur le terrain chaque jour.

Mlimengu. Depuis quand militez-vous dans le PCF ? Pourquoi avoir adhéré à ce parti ?

Je milite depuis plus de 20 ans au sein de structures humanistes et des droits de l’homme, contre les inégalités et injustices sociales. Mon adhésion a ce parti s’est fait très naturellement par rapport aux luttes, les valeurs de solidarité et surtout pour la proximité avec des personnes en difficulté.

Mlimengu. On ne vous a pas vu sur la scène des Docks lors de la Grande Messe de certains candidats d’origine comorienne. Pourquoi ?

Je n’ai pas adhéré au projet du collectif qui en réalité n’existe pas.  J’ai participé à quelques réunions ou aucune projection sur l’avenir n’était proposée malgré mes relances à ce sujet. Seule réponse :  » Nous voulons des élus d’origine comorienne pour défendre les intérêts de la communauté, pour dénoncer et combattre ceux qui la dénigre ».

Je n’ai pas attendu ce collectif pour militer, dénoncer et lutter contre tous ceux qui stigmatisent la communauté  comorienne et toutes les autres.

Mlimengu. Que pensez-vous des candidats sans parti qui se baladent entre la gauche et la droite selon leurs intérêts ? ou ceux qui changent de parti parce qu’ils n’ont pas eu des satisfactions personnelles ?Pour moi c’est un vrai problème de convictions et de légitimité. Cela va à l’encontre des vrais militants, qui œuvrent pour l’intérêt générale et non pour une place ou des intérêts carriéristes.

Je ne conçois pas la politique comme un métier ou une source de revenu mais un devoir citoyen au service du bien commun.

Mlimengu. Que pensez-vous pouvoir apporter à votre ville Marseille et au 13e et 14e arrondissement ?

J’espère répondre à la confiance de celles et ceux qui feront que demain je sois élu, pour porter la voix des invisibles, ceux qui vivent au quotidien la précarité, la misère sociale et qui subissent toutes les formes de discriminations de tous genres au plus haut niveau de la municipalité. Faire bouger les lignes au sein des instances décisionnaires pour que les citoyens soient consultés et décident aussi de leur devenir. Car nous sommes riches de femmes et d’hommes compétents dans nos quartiers mais certains, comme le maire sortant au pouvoir depuis 18 ans, ont fait le choix de nous oublier, en nous sacrifiant pour satisfaire leurs amis du privé et de la finance.

Je veux et serai un élu de terrain  pour que le peuple se réapproprie la politique et le pouvoir qui doit être le sien, afin que le vivre ensemble soit le fondement du nouveau Marseille. Il faut que l’on mette en lumière la richesse multiculturelle de Marseille, cette belle mosaïque qui n’existe nulle part ailleurs.

Propos recueillis par Mahmoud Ibrahime

Ibrahim Mze : La fidélité à ses convictions est quelque chose de fondamental pour moi

Ibrahim Mze : La fidélité à ses convictions est quelque chose de fondamental pour moi

Ibrahim Mze candidat du Front de Gauche dans le 8e secteur de Marseille

Ibrahim Mze candidat du Front de Gauche dans le 8e secteur de Marseille

Mlimengu. Ibrahim Mze, vous êtes candidat du FG dans le 8e secteur de Marseille, qu’est-ce qui vous motive dans ces élections ?

Ibrahim Mze. La politique menée à Marseille depuis dix neuf ans n’a fait qu’accentuer les inégalités sociales, économiques et territoriales. Et bien entendu, cela a profondément précarisé bon nombre de Marseillais dont ceux qui vivent dans certains quartiers. Alors, pour un réel changement, il faut qu’on s’engage, qu’on soit acteur et non spectateur. Agir et non subir, voilà ce qui me motive.

Mlimengu. Comment avez-vous été désigné ?

Ibrahim Mze. Je suis Secrétaire de la section 15e Nord du Parti Communiste,  Parti dans lequel j’ai toujours milité. Alors, j’ai été désigné par ma section pour être  candidat sur la liste du Front de Gauche, co-listier de notre tête de liste Jean-Marc Coppola. Et je suis en 3e position.

Mlimengu. Depuis quand militez-vous dans le Front de Gauche/PCF ? Pourquoi avoir adhéré dans ce parti ?

Ibrahim Mze. J’ai d’abord milité au Mouvement des Jeunes Communiste depuis 1990. Ensuite, après l’assassinat de notre petit frère Ibrahim Ali par des colleurs d’affiches du Front National en 1995, j’ai rejoint le Parti communiste parce que j’ai été frappé par la forte implication et la mobilisation sans faille de ces hommes et ces femmes appartenant à ce Parti. La lutte contre le racisme et les inégalités a été un moteur essentiel pour mon engagement au sein du PCF.

Mlimengu. On ne vous a pas vu sur la scène des Docks lors de la Grande Messe de certains candidats d’origine comorienne. Pourquoi ?

Ibrahim Mze. Sur cette question, je n’ai pas de leçons à donner parce que chacun agit selon sa conscience, sa perception de l’engagement politique. Je sais seulement que dans les Partis politiques dont nous sommes issus, chacun doit être évalué sur ses compétences, son engagement, son implication. En aucun moment, l’origine sociale ou ethnique ne doit être un faire-valoir pour accéder à une liste, sinon c’est se faire injure soi-même et mettre en gage auprès des politiques la communauté dont on est issu, comme on mettrait un bijou de famille au Crédit Municipal. Voilà comment je conçois l’engagement en politique.

Mlimengu. Que pensez-vous des candidats sans parti qui se baladent entre la gauche et la droite selon leurs intérêts ? ou ceux qui changent de parti parce qu’ils n’ont pas eu des satisfactions personnelles ?

Ibrahim Mze. La fidélité à ses convictions est quelque chose de fondamental pour moi. On ne doit pas se renier. Mais, encore une fois, chacun doit interroger sa conscience.

Mlimengu. Que pensez-vous pouvoir apporter à votre ville Marseille et au 15e et 16e arrondissement ?

Ibrahim Mze. Comme je vous disais, les inégalités se sont creusées. Prenez l’exemple du logement. Nous savons que le logement est un facteur essentiel pour une meilleure intégration sociale, pour préparer l’avenir de ses enfants, or, à Marseille, comme l’emploi d’ailleurs, c’est une véritable catastrophe. La ville a un parc de 60.000 logements sociaux et 30.000 demandes non satisfaites. Devant cette situation grave et urgente, au Front de Gauche, nous disons qu’il faut impérativement repartir la construction des logements locatifs sociaux de façon équitable. Nous pouvons ainsi atteindre un objectif de 25%  dans chaque arrondissement. Nos quartiers souffrent d’autres problèmes notamment celui du transport. Il y a un manque de moyens de transport digne de la deuxième ville de France, pas de Métro ni Tramway pour desservir ces arrondissements. Nous voulons que Marseille change, que cette ville soit à gauche et ce sont les élus du Front de Gauche au Conseil municipal qui pourront influer fortement pour avoir une réelle politique de gauche. Et nous nous battrons bec et ongles contre toutes les inégalités pour apporter des réponses justes aux Marseillais.

Propos recueillis par Mahmoud Ibrahime